La Comédie humaine a eu très tôt des admirateurs : Victor Hugo, Barbey d'Aurevilly et, plus tard, Émile Zola et Marcel Proust qui se sont tous deux inspirés du cycle romanesque et de ses personnages récurrents ; mais elle a eu également ses détracteurs, et cela longtemps après la mort de Balzac, comme l’indique Raymond Trousson :
Pierre Larousse, en particulier, reprochait à La Comédie humaine ce qui constituait sa base : le principe des personnages reparaissants.
Les détracteurs C'est de Sainte-Beuve que viennent les premières attaques contre le projet d’une œuvre construite sur plusieurs romans, avant même que ne soit publiée La Comédie humaine de l’édition Furne dans sa totalité. Balzac avait pourtant mis tous ses espoirs dans Sainte-Beuve dont il admirait les critiques et dont il espérait un soutien lors de la publication de son roman Les Chouans., dont Sainte-Beuve ne dit pas un mot. Mais à la parution de La Recherche de l'absolu (1834), année qui précède la parution du Père Goriot et où Balzac annonce son grand projet, Sainte-Beuve rappelle que Balzac est un grand habitué des effets d'annonce et que, déjà dans Le Vicaire des Ardennes, il prétendait construire une œuvre d'au moins trente volumes.Lire l'article intégral .. Dès 1838, il classe La Comédie humaine dans la « littérature industrielle » quand Balzac, à la tête de la Société des gens de lettres, réclame une rémunération des auteurs.. Il l'accuse de pur mercantilisme. Ce n'est qu'après la mort de l'écrivain qu'il reviendra de mauvaise grâce sur ce jugement, avec un hommage bref.
De la construction littéraire qui est en train de se faire à un rythme accéléré, il critique dans Portraits littéraires dues au réemploi des personnages. Et, quand Balzac commence à connaître un certain succès, avec La Peau de chagrin, qui ouvre la partie Études phisosophiques de La Comédie humainesection : lecture et commentaires., Sainte-Beuve souligne .
Sainte-Beuve n'est pas le seul à voir dans l'élaboration de La Comédie humaine une opération commerciale. Jacques-Germain Chaudes-Aigues considère le procédé comme dans la critique qu'il fait paraître dans la Revue de Paris en L'article est cité dans la bibliographie critique de La Comédie humaine., quatre ans après la parution du Père Goriot.
Les critiques opposés à Balzac s'insurgent contre qui implique la re-publication de textes et les remaniements. Ainsi Jules Janin dans le Journal des débats proteste contre la réédition remaniée de La Transaction sous le titre Le Colonel Chabert lorsque le texte paraît dans les Scènes de la vie parisienne, au de La Comédie humaine, publiée par Furne, Dubochet et Hetzel le Pierre Citron, Le Colonel Chabert, édition critique, Didier, 1961, cité par ., alors que le même Janin avait précédemment salué l'adaptation théâtrale de La Transaction, dans le même journal, en 1832Section lecture et commentaires.. Jacques-Germain Chaudes-Aigues considère que le lecteur qui n'a pas lu l'ensemble des livres, peut se trouver embarrassé devant tant de changements de noms, et que le stratagème de Balzac peut aboutir à une lassitude de la part du public. Il accuse même Balzac de charlatanisme et de spéculation :
Entreprise commerciale encore pour Paul Gaschon de Molènes :
Lorsque des voix s'élèvent pour défendre La Comédie humaine, après la mort de son auteur, Armand de Pontmartin s'indigne de ce que n'y aient pas repéré toute l'immoralité qu'elle contenait. Pontmartin a auparavant précisé que le soutien de Balzac à l'Église catholique était cent fois pire que des insultes..
Les admirateurs En exprimant son admiration pour La Comédie humaine dans son éloge funèbre de Balzac, Victor Hugo résume l'importance de l'œuvre prise dans son ensemble (ce que Paul de Molènes qualifie « d'entreprise ») et non roman par roman :
George Sand insistait beaucoup sur cette globalité qui en faisait la richesse et elle s'élevait contre « l'émiettement » de cette somme. Sollicitée pour écrire la préface d'une nouvelle édition complète (chez Houssiaux), elle rappelle ses réticences devant la publication séparée de certains romansClaire Barel-Moisan dans..
Théophile Gautier analyse de la même manière l'importance de la globalité de La Comédie humaine. Selon lui, Balzac n'a pas simplement inventé deux à trois mille personnages qui jouent un rôle plus ou moins important dans plusieurs romans. Il les a vécus lui-même.
Barbey d'Aurevilly place les dix neuf volumes de La Comédie humaine sur le même plan que les douze volumes du théâtre de Shakespeare.. Émile Zola la compare à une tour de BabelLire en ligne, ..
La liste des admirateurs de La Comédie humaine, de la mort de Balzac à nos jours, est longue. On y trouve le philosophe Alain, François MauriacLire sur wikisource les citations concernant La Comédie humaine.. Et encore Jean Paulhan, qui écrivait :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . Réédition des trois volumes en un seul en 1993, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1224 pages . .
. . . Raymond Trousson, « Quand Pierre Larousse jugeait La Comédie humaine, revue littéraire Bon à tirer, , , lire en ligne. . Armand Baschet, Balzac. Essai sur l'homme et sur l'œuvre, préface de Champfleury, Librairie D. Giraud et J.Dagneau, 1852.
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