vignette|La population mondiale en juin 2014 est d'environ 7,2 milliards d'individus..

Une décroissance démographique, un déclin démographique, ou, plus anciennement, une dépopulation, est, pour une zone ou un pays donné, une situation dans laquelle le nombre d’habitants diminue. Les causes peuvent être un taux de mortalité supérieur au taux de natalité, ou des flux d’émigration nets supérieurs à l’accroissement naturel. Ces flux migratoires peuvent être induits par des guerres, des événements socio-politiques, des crises économiques ou des événements environnementaux (séismes, éruptions volcaniques, inondations)Julien Gargani, Crises environnementales et crises socio-économiques, L'Harmattan, 2016.. Une forme importante du déclin démographique est le crash démographique.

La décroissance démographique est également une conception politique et sociale qui prône une diminution de la taille de l'humanité, en particulier pour faire face aux enjeux actuels du réchauffement climatique, des ressources non renouvelables et du déclin de la biodiversité.

Statistiques En 2022, plus des deux-tiers de la population mondiale vivait dans un pays ou une région où l'indice synthétique de fécondité était inférieur à 2,1, le niveau approximatif pour maintenir une population. En 2021, seules l'Afrique sub-saharienne (4,6 enfants par femme), l'Océanie hors Australie (3,1), la région Afrique du nord-Moyen-orient (2,8) et l'Asie centrale et méridionale (2,3) avaient une natalité supérieure au seuil de remplacement. Les autres régions du monde (au sens de l'ONU) avaient une natalité menant à un déclin en l'absence d'immigration d'autres régions : l'Amérique latine (1,9) et l'Australie-Nouvelle-Zélande (1,6) étaient suivies par l'Amérique du Nord et l'Europe (1,5) et l'Asie de l'est et du sud-est (1,5) ONU, Département des affaires économiques et sociales, Division Population (2022), World Population Prospects 2022: Summary of Results, page 15, 2022..

Théories favorables à une décroissance Malthusianisme

Le malthusianisme est une théorie politique prônant la restriction démographique, inspirée par les travaux de l'économiste britannique Thomas Malthus (1766–1834). Le terme a été utilisé pour la première fois par Pierre Joseph Proudhon en 1849. À l'origine, cette doctrine était hostile à l'accroissement de la population d'un territoire ou d'un État et préconisait la restriction volontaire de la natalité. Selon Malthus, l'augmentation démographique est beaucoup plus rapide que la croissance de la production alimentaire, ce qui nécessite une limitation de la natalité pour éviter les famines dues à la surpopulation. Le mot malthusianisme désigne aussi par extension et dans un sens péjoratif de la part de ses adversaires idéologiques, toute attitude craintive devant la vie et le développement.

Néomalthusianisme

Le néomalthusianisme est une actualisation de la doctrine de Thomas Malthus et de sa prise de conscience des ressources limitées de la planète. L'explosion démographique humaine des a remis sur le devant de la scène cette théorie.

Ses partisans prônent la stabilisation de la démographie mondiale en équilibrant au mieux le taux de natalité et le taux de mortalité, arguant du fait qu'une croissance illimitée de la population sur une planète limitée est tout simplement impossible. Cet équilibre démographique permettrait de ne pas trop consommer les ressources naturelles de la planète (sols cultivables, eau douce etc.), de préserver la biodiversité et le climat via une diminution de la pollution et de la pression de l'agriculture, l'élevage et la surpêche sur les écosystèmes, et par ce biais réduire les tensions géopolitiques liées à l'accès aux ressources, la pauvreté, et enfin de maintenir un certain niveau de vie pour tous. Elle doit permettre l'accession à une démographie stabilisée dont le seuil est déterminé.

Différents philosophes, scientifiques ou organisations ont pointé du doigt une catastrophe démographique potentielle désormais jugée imminente : l'écrivain britannique Aldous Huxley, le professeur d'université de Stanford Paul R. Ehrlich, l'anthropologue américain J.Kenneth Smail, l'association Démographie Responsable, ou encore le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) dans son rapport de 2011rapport 2011.

Mesures politiques de ralentissement de la croissance démographique thumb|La population mondiale est en constante augmentation. Le ralentissement de la croissance démographique a été un objectif politique dans de nombreux Etats, poursuivi à travers des mesures qui sont dans la plupart des cas de nature incitative (planning familial, incitation à la stérilisation, etc.), mais parfois de nature coercitive.

Dans les pays du Sud, les mesures de limitation des naissances visent à freiner la croissance démographique rapide qui reste largement positive : l'ajustement à la baisse de la fécondité suit avec plusieurs décennies de retard en moyenne la baisse très forte de la mortalité, surtout après 1945. De 1950 à 2018, la population du Sud (Asie hors Japon et Sibérie, Afrique, Amérique latine) a environ quadruplé, passant d'à peu près 1,5 milliard à un peu plus de 6 milliards d'habitants.

Mesures coercitives En Chine

Jusqu'au début des années 1970, la Chine connaissait une très forte croissance démographique. Afin de limiter la croissance de sa population, elle a adopté en 1979 la politique de l'enfant unique limitant la taille des familles urbaines (à l'exception des minorités ethniques) à un enfant, à deux enfants pour les familles rurales ayant eu une fille comme premier enfant. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 pour mille en 1990 à 12,4 pour mille en 2003. L'accroissement démographique est quant à lui de 0,6 % en 2003 contre 1,44 % en 1990.

Le , Zhang Weiqing – responsable de la « Commission d'État pour la population et le planning familial » – a indiqué, dans une interview accordée au site internet du gouvernement chinois, que la politique du planning familial avait aidé la Chine à éviter la naissance de 400 millions de bébés au cours des trois dernières décennies. Il a fait remarquer que la Chine avait mis environ trente ans pour réaliser l'objectif du contrôle de la population, alors que cela en avait pris cent dans les pays développés. « L'objectif d'assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n'aurait pas pu être réalisé si nous avions 400 millions de personnes supplémentaires » a souligné M. Zhang.

Le , l'agence Chine nouvelle annonce que le plénum du Comité central a décidé d'assouplir progressivement sa politique de l'enfant unique : jusqu'ici, les couples pouvaient avoir deux enfants s'ils vivaient à la campagne et que leur premier nourrisson était une fille, ou lorsque les deux parents étaient enfants uniques ; désormais, même les couples qui ne comptent qu'un seul parent enfant unique pourront avoir deux enfants.. Le , lors du plénum du Comité central du Parti communiste chinois, l'abandon complet de cette politique est annoncé., tous les couples sont autorisés à avoir deux enfants à partir du .

En Inde Durant l'état d'urgence, en 1975, le premier ministre Sanjay Gandhi, fils d'Indira Gandhi, lance une campagne de stérilisation contrainte des hommes pauvres ; en un an, 6,2 millions d'Indiens sont stérilisés..

Mesures incitatives

Quelques exemples :

En Chine En 1971, après la révolution culturelle, est lancée la de planification des naissances, dite wan xi shao (littéralement : « mariage tardif, naissances peu rapprochées et peu nombreuses »), dont le résultat a été spectaculaire : en dix ans, l’indice synthétique de fécondité a baissé de plus de moitié, passant de 5,7 enfants par femme en 1970 à 2,8 en 1979. La politique de l'enfant unique n'a fait que poursuivre cette évolution.

En Inde En dehors de la courte période de l'état d'urgence (1975), les efforts de limitation volontaire des naissances ont été constants : cette politique a commencé dans les années 1970, encouragée par des prêts de la Banque mondiale, de l'Agence suédoise pour le développement international (Swedish International Development Authority) et du Fonds des Nations unies pour la population. En 2013-2014, près de quatre millions de stérilisations ont été pratiquées.

En Iran Contrairement aux idées reçues sur l'incompatibilité entre la limitation des naissances et la religion musulmane, l'Iran a connu une transition démographique assez rapide grâce à plusieurs périodes de politiques de planning familial : la planification familiale a été mise en œuvre à partir d' ; en 1977, la proportion de femmes mariées acceptant la planification familiale atteignait déjà 11 % ; l'avortement a été légalisé en 1976 ; la révolution islamique de 1979 ralentit le programme, mais en 1980 l'ayatollah Khomeini autorise l'emploi des moyens contraceptifs à condition que l'époux l'accepte ; la guerre Iran-Irak pousse le gouvernement à adopter une politique nataliste, mais dès sa fin en 1988, le gouvernement islamique s'engage à nouveau dans une politique de contrôle des naissances ; en 1991, 45 % des femmes de 15 à 45 ans utilisent un moyen moderne de contraception, et l'indice synthétique de fécondité est passé de 7,6 enfants par femme en 1970 à 3,5 en 1993.

Sur la période 2010-2015, l'indicateur conjoncturel de fécondité de l'Iran est tombé à 1,75 enfant par femme, largement au-dessous du taux de 2,1 considéré comme nécessaire pour le maintien à long terme de la population (voir page 34).

Aux États-Unis En 1970, la loi sur le service public de la santé (Public Health Service Act) institue, dans son titre X, le programme de planning familial du titre X, programme fédéral géré par l'Office of Population Affairs (OPA) dont les cliniques de planning familial dispensent les conseils et réalisent les gestes médicaux nécessaires pour les personnes à bas revenus et non assuréesFunding History, U.S. Department of Health & Human Services (HHS), Office of Population Affairs..

Au Vietnam Le , le Comité permanent de l'Assemblée nationale vietnamienne a modifié l'ordonnance sur la population de 2003, de façon à rappeler plus clairement la population à la règle de deux enfants maximum par famille. Des exceptions sont tolérées pour les couples issus de minorités ethniques dont la population est inférieure à 10 000 individus, pour ceux dont les enfants souffrent d'infirmité congénitale ou accidentelle ou pour les couples issus de remariages souhaitant avoir des enfants de leur second lit. Aucun délai minimal n'est fixé entre les naissances et aucune sanction n'est prévue pour les couples qui ne se plieraient pas à la règle, contrairement à ce qui se faisait dans les années 1980 et 1990La limitation des naissances reste une priorité au Vietnam, Le Monde, 14 janvier 2009.. L'indice synthétique de fécondité du Vietnam est tombé de 5,5 enfants par femme sur la période 1975-80 à 1,96 sur 2010-2015.

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