vignette|redresse=1.2|Les inculpés au procès Krupp : au premier plan, Alfried Krupp, puis Ewald Loeser, , , Friedrich Janssen, Karl Pfirsisch, Karl Eberhardt et Heinrich Korschan.
Le procès Krupp (officiellement The United States of America vs. Alfried Krupp, et al.) a été le dixième des douze procès pour crimes de guerre organisés par les autorités américaines dans leur zone d'occupation en Allemagne à Nuremberg après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le procès s'est déroulé du au au Palais de justice de Nuremberg. Onze accusés ont été reconnus coupables et un a été acquitté.
Présentation Ces douze procès ont été menés par des tribunaux militaires américains et non par le tribunal international de Nuremberg, mais ils se sont tenus au même endroit, sous l’appellation « Procès de criminels de guerre devant le tribunal militaire de Nuremberg ». Le procès de Krupp AG est le troisième concernant des industriels allemands, avec le procès Flick et le procès IG Farben.
Dans le procès Krupp, douze anciens dirigeants du groupe sont accusés d’avoir permis l’armement des forces armées allemandes, et ce faisant, d’avoir activement participé à la préparation des guerres d’agression menées par les nazis. Ils sont également poursuivis pour avoir eu recours à de la main d’œuvre forcée. Les principaux accusés sont Alfried Krupp von Bohlen und Halbach, directeur général du groupe depuis 1943 et son père, Gustav Krupp, qui figurait parmi les accusés initiaux du procès international de Nuremberg, sans être traduit en justice pour raisons médicales.
Les juges de cette affaire, traitée par le tribunal militaire III-A, sont Hu C. Anderson, président de la cour et président de la cour d’appel du Tennessee, Edward J. Daly, du Connecticut et de Seattle ; le procureur en chef est Telford Taylor. L’acte d’accusation est présenté le et le procès se déroule du au .
L’accusé Karl Heinrich Pfirsch est acquitté, tous les autres sont condamnés à des peines de prison variant de trois à douze ans d’emprisonnement. En outre, le principal accusé, Alfried Krupp, se voit contraint de vendre ses actions de la société.
Pendant le procès, Alfried Krupp nie toute culpabilité.
Effectivement, le groupe Krupp a prospéré sous le régime nazi. Selon des estimations prudentes, il employait près de , dont de guerre.
Les accusations Crimes contre la paix en participant à la préparation de guerres d’agression en violation de traités internationaux. Crimes contre l’humanité, pour le pillage, la destruction et l’exploitation des territoires occupés. Crimes contre l’humanité pour participation au meurtre, à l’extermination, à l’esclavage, à la déportation, à l’emprisonnement, à la torture et à l’utilisation du travail forcé de civils des territoires occupés par les troupes allemandes, d’Allemands et de prisonniers de guerre. Participation à un complot contre la paix.
Tous les accusés sont inculpés des quatre chefs d’inculpation, sauf Lehmann et Kupke qui ne sont pas poursuivis pour le second. Les premier et quatrième chefs d’inculpation sont rapidement abandonnés, faute de preuve.
Le jugement NomFonction dans le groupeCondamnationAlfried KruppPropriétaire et directeur général12 ans et confiscation de ses biensEwald LoeserAncien directeur financier7 ansDirecteur, responsable des aciéries10 ansDirecteur, section des armements12 ansFriedrich Wilhelm JanssenDirecteur financier, successeur de Löser10 ansKarl Heinrich PfirschAncien directeur des ventesAcquittéMax Otto IhnPersonnel et renseignement, adjoint de Löser et de Janssen9 ansKarl Adolf Ferdinand EberhardtDirecteur des ventes, successeur de Pfirsch9 ansHeinrich Leo KorschanAdjoint pour les aciéries6 ansContre-espionnage, relations publiques et police des usines (Werkschutz)12 ansWerner Wilhelm Heinrich LehmannResponsable de la main d’œuvre, adjoint de Ihn6 ansHans Albert Gustav KupkeResponsable des camps de travail2 ans et dix mois
Sur les onze condamnés, tous sont reconnus coupables d’utilisation de main d’œuvre forcée (chef d’accusation 3) et six sont également condamnés sur la base du deuxième chef d’accusation.
Le , deux ans et demi après leur condamnation, ils sont tous en liberté. Alfried Krupp est libéré le , lors d'une amnistie accordée par la haut-commissaire américain John McCloy. La confiscation des biens de la société est annulée et on lui restitue sa fortune personnelle de dix millions de dollars (de l'époque)William L. Shirer, Le , éd. Stock, ., et il reprend le contrôle du groupe en 1953.
Notes et références
Annexes Bibliographie Grietje Baars: Capitalism´s Victor´s Justice? The Hidden Stories Behind the Prosecution of Industrialists Post-WWII. In: The Hidden Histories of War Crime Trials. Kevin Jon Heller and Gerry Simpson, Oxford University Press 2013, . D. M. Friz, Alfried Krupp und Berthold Beitz — der Erbe und sein Statthalter, Zürich: Orell-Füssli 1988; . Kevin Jon Heller: The Nuremberg Military Tribunals and the Origins of International Criminal Law. Oxford University Press, 2011, . Kim Christian Priemel: Der Sonderweg vor Gericht. Angewandte Geschichte im Nürnberger Krupp-Prozess. In: Historische Zeitschrift 294, 2012, Nr. 2.
Liens externes Trial proceedings (en partie) de la Mazal Library. du U.S. Holocaust Memorial Museum. Transcription d'une émission allemande diffusée en 1999 sur les procès Krupp et IG Farben (en allemand avec des citations en anglais). Autre description du procès.
Catégorie:Procès de Nuremberg