Les sylphes ( au féminin) sont, dans certaines mythologies, des esprits de l'air. Ils sont décrits comme des élémentaires de l'air par Paracelse. Le terme vient du latin sylphus que le dictionnaire qualifie de GAFFIOT, Félix, Dictionnaire illustré Latin-Français, Paris, Hachette, 1934, s. u. sulfi (sylfi, sylphi), p. 1511..
Dans le monde anglophone, les sylphes évoquent le poème héroï-comique d'Alexander Pope, La Boucle de cheveux enlevée (The Rape of the Lock), où ils constituent des sortes d'anges gardiens chargés de protéger les jeunes filles.
Étymologie Le mot français sylphe est emprunté au latin sylphus (aussi orthographié sulfus ou sylfus), que le dictionnaire caractérise de « génie [chez les Gaulois] ».
Le Dictionnaire historique de la langue française nous dit que l'origine de sylphus est obscure, peut-être gauloise. Le mot latin n'est attesté que dans quelques inscriptions, et il est repris au par Paracelse au sens de « génie nain des airs et des bois » ; l'auteur emploie aussi dans ce sens silvestres. De ce terme dérive le féminin « sylphide » qui est le nom d'un génie aérien féminin, caractérisé par sa grâce, d'où le sens étendu de « femme mince et gracieuse », « créature féminine de rêve », aujourd'hui archaïque, littéraire ou plaisantREY, Alain (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Tome 3, Paris, Le Robert, 2019 (cinquième édition), s. u. sylphe, p. 3722..
Les sylphes proviendraient des mythologies gauloise, celte et germanique. Ils ont également été incorporés au folklore arabe pré-islamique ( [silf]), et assimilés à des djinns.
Description Les sylphes et sylphides sont un symbole de beauté, de subtilité et d'aspiration spirituelle. Esprits élémentaires de l'air, ils se situent à mi-chemin entre les anges et les elfes.
Paracelse compte sept races de créatures sans âme : les génies à forme humaine mais sans âme ni esprit (inanimata) des Éléments, les géants et les nains, les nains sur la Terre. Il croit aux génies des quatre Éléments. La Terre, par génération spontanée, produit des nains qui gardent les trésors sous la montagne ; l'Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres ; l'Air, les elfes. Ensuite viennent les géants et les nains issus de l'air, mais qui vivent sur la TerreLe livre des nymphes, des sylphes, des pygmées, des salamandres et de tous les autres esprits (Liber de nymphis, sylphis, pygmaeis et salamandris et de caeteris spiritibus), trad. de l'all., Nîmes, Lacour, 1998, 308 p..
Nicolas-Pierre-Henri de Montfaucon de Villars, dit l'abbé de Villars, dans un roman célèbre, le Comte de Gabalis ou Entretiens sur les sciences secrètes (1670) simplifie Paracelse dans sa théorie des :
Les sylphes ont pour compagnes et filles, les sylphides. D'apparence diaphane, ils sont grands, minces et dotés d'une merveilleuse beauté.
Bienveillants aux êtres humains et dociles, ils inspirent les artistes et les êtres versés dans la spiritualité. Pour passer le temps, ils sculptent les nuages pour leur donner des formes familières.
Les sylphes et surtout les sylphides prennent souvent forme humaine pour approcher les hommes et se faire aimer d'eux. Mais les gracieuses sylphides ne supportent pas les grossièretés, ni les mauvaises manières : si l'être humain avec qui elles vivent devient grossier, elles le quittent aussitôt.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Articles connexes esprit (surnaturel) La Sylphide, ballet romantique de Filippo Taglioni et Adolphe Nourrit (1832). Le Ballet des sylphes dans la Damnation de Faust d'Hector Berlioz (1846). Les Sylphides, ballet de Michel Fokine (1909).
Liens externes À la loupe : L'Amant sylphe sur le site Mémoire vive patrimoine numérisé de Besançon
Catégorie:Esprit aérien