Matra, acronyme de Mécanique Aviation Traction, autrefois Capra (Compagnie anonyme de production et réalisation aéronautique), était une entreprise française ayant existé de 1941 à 2003.

Historiquement, elle couvre une large palette d'activités dans l'aéronautique, l'aérospatiale, l'automobile, le sport automobile, le transport, les télécommunications et la défense. Elle s'est progressivement orientée vers les métiers de l'horlogerie (avec Yema), de la presse, des médias, du divertissement et du sport sous l'impulsion de Lagardère SCA, en particulier sous le nom de Matra-Hachette.

En 2014, le groupe Lagardère vend ce qu'il reste de la marque, Matra MS, spécialisé dans les vélos et scooters électriques, au groupe normand Easybike.

Historique Fondation Marcel Chassagny, sur les ruines de la Société des Avions Bernard en liquidation judiciaire, crée en 1937 la Compagnie anonyme de production et réalisation aéronautique (Capra). La société vit alors de contrats de sous-traitance. Marcel Chassagny en est tout à la fois le fondateur, le dirigeant et l'un des actionnaires.

Repliée en zone libre au début de la Seconde Guerre mondiale dans la région de Toulouse, la Capra est renommée Mécanique-Aviation-Traction (Matra) en 1941, pour fabriquer de l'armement pour le compte de l'Allemagne nazie. En 1942, après l'occupation de la zone libre, la société revient à Paris. Elle échappe aux sanctions à la Libération grâce à Jacques Piette, haut fonctionnaire socialiste chargé de faire le tri, durant l'épuration, dans les entreprises à poursuivre.

Après guerre, Matra se spécialise dans les lance-roquettes, puis dans les missiles. En 1962, elle se diversifie d'une part dans l'aérospatiale et d'autre part dans les activités de René Bonnet, l'automobile et la plasturgie. Elle est alors présente dans l'armement, l'aérospatiale, l'aéronautique, la construction automobile, le sport automobile et les sports nautiques. Elle construit également des "piscines Tournesol" dont l'enveloppe extérieure en forme de dôme dispose de rangées de hublots sur toute leur périphérie.

Lagardère En 1962, Jean-Luc Lagardère est nommé secrétaire général aux côtés du fondateur, Marcel Chassagny, en accord avec l'actionnaire principal, Sylvain Floirat. En 1977, il est nommé président de Matra par le conseil d'administration du groupe. La société rencontre des succès dans les satellites, les missiles ou des matériels militaires C3I. Matra rachète Europe 1 puis Hachette, Manurhin (armes terrestres, machine-outil), Péritel et Depaepe (télécommunications), le Suisse Jaeger et Jaz (horlogerie)et Solex.

En 1979, Matra forme une coentreprise de semi-conducteurs avec l'Américain Harris : Matra Harris Semiconductors (MHS), dont elle se retirera en 1989. Au terme de nombreux changements, MHS sera rachetée par Atmel. Matra sponsorise l’équipe de football du Racing Club de Paris.

Matra Transport est à l’origine du véhicule automatique léger (VAL) à Lille.

En 1980, sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, Matra et le groupe Hachette se rapprochent : c'est la première tentative de diversification, hors secteurs armement et industrieVincent Nouzille et Alexandra Schwartzbrod, L'Acrobate. Jean-Luc Lagardère ou les armes du pouvoir, Le Seuil, 1998, .

Après , le nouveau gouvernement socialiste nationalise toutes les entreprises de Défense. Jean-Luc Lagardère obtient que l’État ne prenne que 51 % du capital, mais la branche communication doit rester séparée des autres métiers industriels. Le groupe va alors rencontrer quelques difficultés dans le secteur civil, il se désengage de certains secteurs pour ne garder que ses filiales automobiles (avec le modèle Espace distribué par Renault), de télécommunications et d’informatique. Dans le secteur militaire, Matra, comme ses concurrents, doit faire face à une baisse des crédits européens de la Défense.

En 1983, Matra inaugure le métro de Lille et revend la Compagnie industrielle de matériel de transport (CIMT) à Alsthom-Atlantique.

Privatisation de Matra En 1987, Matra est privatisé, Jean-Luc Lagardère en devient l’actionnaire de référence alors qu'il n'en possède seulement que quelque 5 % à 6 %.

Hachette, alors détenue par Jean-Luc Lagardère, de son côté reprend La Cinq, opération qui se termine par la liquidation de la chaîne, qui engloutit tous les fonds propres du groupe. Jean-Luc Lagardère y voit son « plus grave échec ».

Jean-Luc Lagardère crée alors Lagardère SCA afin de ré-équilibrer les finances de Matra d’une part et de Hachette d’autre part. Grâce au statut de société en commandite par actions, Jean-Luc Lagardère conserve le contrôle de la gestion avec quelque 10 à 13 % des actions. Mais, comme associé gérant à titre personnel, il est responsable du passif sur ses biens propres. Son fils unique Arnaud est désigné comme son successeur.

En 1992, lors de la vente d'avions Mirage à Taïwan par un groupement réunissant Thomson-CSF, Snecma, Dassault Aviation et Matra, ce dernier réussit lors des négociations à doubler sa part dans le contrat, au détriment de ses partenaires. Le président de Thomson, Alain Gomez cherche alors à faire payer Matra. Il monte l’opération « Couper les ailes de l'oiseau » qui, à coup de guérilla judiciaire, aboutit à une haine tenace entre les états-majors des deux entreprises.

En 1996, le gouvernement français souhaite privatiser Thomson-CSF avec une « logique européenne ». Candidat, Matra noue alors des alliances avec le britannique General Electric Company et l’allemand DASA.

Auparavant, Matra Defense et British Aerospace ont mis en commun leur activité « missiles tactiques » avec la création de Matra BAe Dynamics (à l’origine de MBDA). Alors que les activités téléphoniques de Thomson-CSF sont reprises par Alcatel, Matra est à l’origine de la consolidation des industries de la Défense.

Fusion de Matra avec Aérospatiale et cession des activités restantes Successivement, entre 1980 et 2014, Jean-Luc Lagardère et son fils Arnaud ont cédé des pans entiers de Matra, puis d’Hachette pour créer un groupe « 100 % média », sous la pression des investisseurs et des banques accompagnant (ou dictant) le groupe dans toutes ses opérations de restructuration ; les acteurs financiers souhaitant avoir une plus grande visibilité de sa stratégie et exigeant des structures simplifiées « Introduction », in: Michel Diard, Le groupe Lagardère face aux mutations desindustries de la culture et de la communication, Sciences de l’information et de la communication, Université Sorbonne Paris, 2015 — En ligne sur HAL Open Science..

En , la participation de Siemens atteint 95 % du capital de sa filiale spécialisée dans le transport, Matra Transport.

En 1999, grâce à Jacques Chirac, Lionel Jospin, et Dominique Strauss-Kahn, le petit Matra fusionne alors avec Aérospatiale, groupe public pourtant beaucoup plus important et plus diversifié, qui pilote les géants mondiaux Airbus et Ariane, devenant le groupe Aerospatiale-Matra, lors de sa privatisation, avec Jean-Luc Lagardère à sa tête..

En 2000, Aerospatiale-Matra forme avec l’allemand DASA et l’espagnol CASA le groupe EADS..

En 2001, Siemens achète les 5 % d'actions encore détenues par Matra dans Matra Transport qui devient en , Siemens Transportation Systems. La même année, Matra BAe Dynamics fusionne avec Alenia Marconi Systems et l'ancienne filiale missile d'Aérospatiale pour créer MBDA.

En 2003, Matra Espace devient Astrium en 2000 après l'apport de ses actifs à Aérospatiale-Matra. Elle deviendra l'entité Space Systems de Airbus Defence and Space en 2014.

Scission de Matra Automobile

En , le groupe Pininfarina SPA fait l'acquisition des activités d'ingénierie, d'essais, d'avant-projets et prototypes de Matra Automobile. La société d'ingénierie ainsi créée a pour nom Matra Automobile Engineering, rachetée en 2009 par Segula Technologies.

En , Matra Automobile, composé des activités automobiles non cédées comme l'activité liée aux pièces de rechange, devient Matra Manufacturing & Services (Matra MS), alors dernier détenteur de la marque Matra.

En 2012, l'implication du groupe Lagardère est de courte durée : les actions EADS seront vendues avec une plus value de 1,8 milliard d'euros.

En 2014, le groupe Lagardère vend ce qu'il reste de l'entreprise, Matra MS, détenteur de la marque Matra, au groupe normand Easybike rebaptisé « Rebirth ».

Gouvernance Liste des différents présidents-directeurs généraux de Matra :

Marcel Chassagnysitematrarama.free.fr Sylvain Floirat Jean-Luc Lagardère Philippe Guédon (Automobile) : 1977 - 2003 Bernard Labet : 2003 - 2010 Jacques Bonneville : 2010 - 2014

Domaines d'activités Automobile et sport automobile

Le nom Matra devint célèbre en 1964 quand il vint dans la construction automobile en reprenant l'acquis des Automobiles René Bonnet pour former l'écurie Matra Sports, active jusqu'en 1978.

Matra Automobile coopère avec Simca de 1973 à 1983, qui devient Peugeot-Talbot en 1980, puis avec Renault de 1981 à 2003.

La première Matra produite fut en fait une évolution de la René Bonnet Djet, rebaptisée Jet. La première voiture de conception propre était la 530, puis la Bagheera en 1973, puis la Rancho en 1977, un des premiers véhicules de loisirs, puis le succès de production ira culminant avec la Renault Espace. Il entra en Formule 3 où Jean-Pierre Beltoise fut consacré champion de France en 1965, et en Formule 1 en 1968, Jackie Stewart devenant champion du monde l'année suivante au volant d'une Matra Sports propulsée par le moteur Cosworth. En course d'endurance avec son moteur V12 Matra Sports, la 670 gagna aux 24 Heures du Mans en 1972, 1973 et 1974, et remporta le championnat du monde des marques en 1973 et 1974.

En raison de ventes insuffisantes de l'Avantime en 2003, et alors que Renault cessait de confier la fabrication de l'Espace à Matra pour la transférer dans sa propre usine de Sandouville, l'usine de Romorantin est fermée cette même année avec la vente aux enchères du commissaire-priseur industriel Roux Troostwijk. Originaire de Romorantin, où son père travaillait pour le site de Matra, la journaliste Nassira El Moaddem signe Les filles de Romorantin, un ouvrage où elle raconte son retour dans sa ville en 2019 qu'elle a quitté pour ses études au moment de la fermeture du site. Elle dresse notamment un portrait de cette ville de la Sologne et de ses habitants après le départ de l'ancien centre névralgique économique de la région « Les Filles de Romorantin » : Nassira El Moaddem signe un saisissant portrait de la France d'aujourd'hui, Elle.fr, 25 octobre 2019 : un saisissant portrait de la France d'aujourd'hui« Les Filles de Romorantin » : Nassira El Moaddem signe un saisissant portrait de la France d'aujourd'hui, lanouvellerepublique.fr, 25 septembre 2019, par Pierre CalmeillesLa journaliste Nassira El Moaddem pour son livre " Les Filles de Romorantin", FranceBleu.fr, 15 novembre 2019.

En , le groupe Pininfarina SPA fait l'acquisition des activités d'ingénierie, d'essais, d'avant-projets et prototypes de Matra Automobile. La société d'ingénierie ainsi créée a pour nom Matra Automobile Engineering, rachetée en 2009 par Segula Technologies.

Les activités automobiles non cédées, dont l'activité liée aux pièces de rechange toujours implantée à Romorantin, sont regroupées au sein de Matra Manufacturing & Services. En 2004, Matra Manufacturing & Services a adopté une stratégie de développement technologique et de produits ainsi que de marketing dans le domaine des véhicules récréatifs, électriques légers et de proximité. L'entreprise aujourd'hui développe, produit et commercialise, du deux au quatre roues, des solutions de transport électrique de proximité. Elle fait toujours office de société innovante grâce à des produits comme son vélo électrique Iflow, son scooter Emo qui ont accumulé les premiers prix.

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