Le musée d'État de l'Ermitage () est un musée situé à Saint-Pétersbourg en Russie, au bord de la Neva.

Fondé en 1764, c'est le plus grand musée du monde quant au nombre d'objets exposés (plus de soixante mille pièces dans près de mille salles tandis que près de trois millions d’objets sont conservés dans les réserves).. Avec ses de surface, dont consacrés aux expositions., il s'agit de l'un des trois plus grands musées d'art du monde aux côtés du Louvre et du Musée national de Chine. Le journal Art Newspaper l'a classé sur la liste des musées d'art les plus visités au monde, avec en 2022The Art Newspaper, mars 2023.. Les bâtiments abritant le musée de l'Ermitage occupent un vaste ensemble de six bâtiments historiques constituant un des principaux ensembles architecturaux du centre de Saint-Pétersbourg qui est classé au patrimoine mondial de l'Unesco.. Le musée présente, à côté de nombreuses pièces de l'Antiquité, une grande collection d'œuvres d'art européen de la période classique. Il abrite notamment la plus grande collection du monde de peintures, avec plus de seize mille toiles. Parmi les œuvres exposées figurent des peintures de maîtres hollandais et français comme Rembrandt, Rubens, Henri Matisse et Paul Gauguin. On y trouve également deux peintures à l'huile de Léonard de Vinci ainsi que trente-et-une peintures de Pablo Picasso. Le musée emploie deux mille cinq cents personnes et utilise l'aide de nombreux stagiaires gérés par le service des volontaires du musée de l'Ermitage.

En 2014, le musée a ouvert un département consacré à l'art photographique. Celui-ci compte des œuvres recouvrant différentes époques et styles, notamment de Willy Ronis, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, San Damon, Ansel Adams, Brassaï, Richard Avedon

Bâtiments Initialement, seul le bâtiment désigné sous le nom de « Petit Ermitage » portait ce nom. Aujourd'hui, l'Ermitage regroupe un complexe de plusieurs bâtiments construits aux . À côté du Petit Ermitage, on trouve le « Grand Ermitage », le « Nouvel Ermitage » (et ses célèbres atlantes), et le « théâtre de l'Ermitage » ainsi que la majeure partie du « palais d'Hiver », autrefois résidence principale des empereurs de Russie. Au cours de ces dernières années, une partie du bâtiment d'État-major situé de l'autre côté de la place du château, ainsi que le « palais Menchikov », sont venus s'ajouter au complexe de l'Ermitage.

thumb|center|550px|Le complexe de l'Ermitage. De gauche à droite : le théâtre de l'Ermitage, le Vieil Ermitage, le Petit Ermitage, le palais d'Hiver (le Nouvel Ermitage, situé derrière le Vieil Ermitage, n'est pas visible).

Palais d'Hiver thumb|Vue du palais d'Hiver et du bâtiment d’État-Major. thumb|Le grand escalier de l'Ermitage, dit « escalier du Jourdain ».

Le premier palais d'Hiver est construit en 1711 ; reconstruit en 1721 à la mort de Pierre le Grand, il est remplacé dans les années qui suivent par un ouvrage de l'architecte Domenico Trezzini. L'impératrice Élisabeth, qui estime que le bâtiment résultant manque de grandeur, le fait reconstruire en 1754 par Bartolomeo Rastrelli.

En décembre 1837, le palais est ravagé par un incendie (l'incendie dure trente heures), mais les œuvres sont sauvées grâce aux pompiers qui établissent un mur d'eau sur les parois séparant la zone en feu de la partie contenant les œuvres. L'empereur ordonne sa reconstruction à l'identique : au printemps 1839, les travaux de reconstruction sont achevés. Le bâtiment ne sera par la suite pratiquement plus modifié. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le palais d'Hiver est endommagé durant le siège de Léningrad mais réparé par la suite. Le bâtiment est aujourd'hui confronté aux problèmes soulevés par l'afflux des visiteurs, à l'instabilité du sol marécageux sur lequel il a été bâti ainsi qu'à l'humidité engendrée par la proximité de la Neva. Des travaux de restauration ont été menés en 1984 et 2005.

Le palais est aujourd'hui considéré comme un joyau de l'art baroque russe. Le palais d'Hiver est de plan rectangulaire avec de grandes cours intérieures ; chaque façade est décorée différemment. Des statues de décorent la façade extérieure du palais.

La ligne céleste de Saint-Pétersbourg

Le tsar russe , qui habitait dans le palais d'Hiver, signe une loi qui interdit la construction de bâtiments à Saint-Pétersbourg qui dépasseraient la hauteur de la résidence impériale, car personne ne devrait vivre au-dessus des tsars.

Cette loi crée un phénomène architectural qui est connu dans le monde entier sous le nom de « ligne céleste de Saint-Pétersbourg »..

Petit Ermitage thumb|Vue du Petit Ermitage.

Le Petit Ermitage, construit dans un style classique par Jean-Baptiste Vallin de La Mothe, sert entre 1764 et 1775 de refuge à Catherine II et est le plus petit des bâtiments du complexe de l'Ermitage. C'est dans cet immeuble que Catherine entrepose les premières peintures dont elle fait l'acquisition.

Grand Ermitage thumb|Vue du Grand Ermitage.

Le Grand Ermitage (ou Vieil Ermitage) est construit de 1771 à 1787 par l'architecte Georg Friedrich Veldten pour abriter une collection en rapide croissance : c'est le bâtiment le moins décoré du complexe. En 1792, Giacomo Quarenghi ajoute au Grand Ermitage un bâtiment qui abrite la Loggia Raphaël. Le premier étage du bâtiment abrite les collections de peinture italienne et son rez-de-chaussée est occupé par l'administration du musée.

Nouvel Ermitage thumb|Le nouvel Ermitage et son portique soutenu par des atlantes.

Leo von Klenze dessine les plans du Nouvel Ermitage, qui est construit entre 1839 et 1852, et qui est peut-être la seule de ses œuvres qui échappe aux styles que lui a imposé Louis de Bavière et peut-être à ses propres conceptions artistiques. C'est le seul bâtiment du complexe qui ne se trouve pas le long de la Néva, mais rue Millionnaïa, qui est parallèle au fleuve. Ce bâtiment a également été bâti pour faire face à la croissance des collections ; on y trouve, entre autres, la reconstitution complète d'une loggia construite par Raphaël au Vatican. Les statues d'atlantes qui se trouvent sur sa façade sont peut-être les œuvres de ce type les plus célèbres au monde.

Théâtre de l'Ermitage thumb|Théâtre de l'Ermitage.

Le théâtre de l'Ermitage est bâti entre 1783 et 1787. Le théâtre impérial est à l'époque le premier théâtre de Saint-Pétersbourg. Des pièces y sont jouées jusqu'en 1796 et à nouveau à partir de 1989 : en hiver, le théâtre Mariinski, entre autres, y monte des spectacles. Il sert aujourd'hui essentiellement de siège pour l'administration de l'Ermitage, mais il conserve une scène et une salle de spectacles. Le théâtre est le plus petit de la ville, car il était à l'origine conçu pour des représentations privées pour la famille impériale. Le théâtre de l'Ermitage n'est normalement pas ouvert au public.

Palais de l'État-Major thumb|Palais de l'État-Major.

Le Palais de l'État-Major, qui se trouve de l'autre côté de la place du Palais, abrite dans sa partie orientale les collections d'art du , ainsi que des parties destinées à l'art contemporain et aux expositions temporaires. Cette partie a été entièrement refaite en 2014.

Collections Parmi les 250 musées de la ville, l'Ermitage est, avec ses trois à quatre millions de visiteurs annuels, le plus visité et le plus réputé. C'est un des musées d'art les plus importants du monde. Il héberge une énorme collection de peintures européennes pour la période courant jusqu'en 1917. L'accrochage particulièrement serré des peintures, qui résulte de la densité des collections présentées, a reçu le nom daccrochage pétersbourgeois.

Le musée compte trois millions cent deux mille objets au total. dont : numismatiques (une des plus importantes collections du monde) ; archéologiques ; d'art : arts graphiques (dont ), (la plus vaste collection du monde), (une des plus grandes collections du monde) ; d'arts appliqués ; et armures (, ) ; .

Le musée conserve dans ses réserves de pièces ; soixante-cinq mille pièces sont exposées dans trois cent cinquante salles et rassemblées en six collections : culture préhistorique ; art et culture de l'Antiquité, comme la collection égyptologique ; art et culture des peuples orientaux ; art de l'Europe occidentale ; art russe.

Préhistoire

thumb|right|Défense de mammouth gravée (lac Baïkal, Paléolithique supérieur). thumb|right|Peigne scythe, Solokha. Le musée a été célèbre pour sa collection d'art scythe, qui a été pendant un temps la plus importante au monde. Nombre de ces pièces scythes ne sont plus à l'Ermitage mais ont regagné leur pays, l'Ukraine, et sont à présent exposées à Kiev, dans un musée consacré à l'Or des Scythes, situé dans l'enceinte de la « Lavra de Kiev », un monastère immense aussi nommé « laure des Grottes ». L'Ermitage conserve néanmoins quelques exemples d'art scythe en or, notamment le célèbre Peigne en or de Solokha.

Les pièces les plus remarquables sont une série d'objets particulièrement bien conservés du peuple des Huns. Le tapis de Pazyryk, trouvé à Balyktouïoul, est considéré comme le plus ancien du monde. On trouve également une collection particulièrement riche d'objets retraçant l'histoire de la Sibérie, comme les écrits des retrouvés dans les grottes de Mogao, en Chine. L'Ermitage expose le plus ancien témoignage d'écriture mongole ainsi qu'un grand nombre d'objets de la Russie kiévienne. Environ un tiers des pièces exposées sont des pièces de monnaie dont l'Asie orientale et la Russie. La chambre dite des Trésors retrace l'histoire de la bijouterie et de la fabrication des objets en or depuis le

Art et culture de l'Antiquité

La collection abrite cent six mille objets de la Grèce et de la Rome antiques, dont certains proviennent des fouilles entreprises aux sur le littoral de la mer Noire. Elle comprend une immense collection de pièces issues des cultures grecque, romaine et étrusqueJean-Marc Irollo, Histoire des Étrusques, . : cent vingt mille monnaies antiques (dont soixante-quatre pièces grecques et quarante-six mille romaines). On y trouve quelque quinze mille vases grecs et romains, des sarcophages, gemmes, camées, et plus de deux cents bustes de marbre d'époque romaine. La collection de pierres précieuses antiques comprend environ . Parmi les chefs-d'œuvre, on trouve la Vénus Tauride, le célèbre Camée des Gonzague, la monumentale statue de Jupiter ou encore la copie romaine du Discobole de Myron.

La collection égyptologique du musée est plus réduite, puisqu'elle ne compte qu'un peu plus de cinq mille cinq cents œuvres.

Objets d'art

À côté des collections mondialement connues d'art de l'Europe de l'Ouest, l'Ermitage contient également un nombre de pièces variées. Ainsi, on y trouve une collection d'icônes remontant au originaires entre autres de Kiev, Moscou et Novgorod, une collection de bijoux de l'atelier de Fabergé et un grand nombre de costumes historiques. Les empereurs ont également rassemblé des objets issus de l'artisanat russe tels que des tapis et des porcelaines ; la collection d'habits russes du est particulièrement impressionnante. Parmi les vêtements, on trouve de la garde-robe de Pierre le Grand.

Arts de l'Europe occidentale et orientale La constitution des collections a depuis le début été centrée sur les œuvres d'art de l'Europe de l'Ouest et de l'Europe orientale, mais les acquisitions sur ce thème ont été particulièrement importantes au . Il existait à l'époque dans toute l'Europe un grand nombre de collections d'œuvres majeures et l'impératrice avait la réputation d'être un grand acheteur de collections de valeur. En 1772, la plus grande collection de l'époque, celle du baron Joseph-Antoine Crozat, fut achetée sur le conseil de Diderot. Parmi les œuvres achetées à cette occasion figuraient la Danaë du Titien, la Sainte Famille de Raphaël, La Camériste de Rubens, des œuvres de Louis Le Nain, de Jean Siméon Chardin