vignette|L'Ariège et les provinces et pays qui occupaient son territoire avant la Révolution : L'histoire de l'Ariège est celle du territoire du département de l'Ariège, créé le en application de la loi du , à partir du Comté de Foix et du Couserans.

Préhistoire et protohistoire

Le cadre naturel pyrénéen Le paysage ariégeois s’est fixé dans sa forme actuelle à la fin du . Il était jusque-là l’objet de constants bouleversements, principalement dus aux aléas climatiques. Les glaciers pyrénéens descendaient beaucoup plus profondément dans les vallées, rendant difficile l’accès aux montagnes. La plaine ariégeoise et les Prépyrénées, plus verdoyantes, étaient les lieux de pacage des grands herbivores : mammouths, bisons, chevaux, rennes.

Des alluvions, tantôt graveleuses, tantôt plus arénacées, ont été transportées par les torrents pyrénéens, et se sont déposées au fond des vallées et dans les plaines. Elles y favorisent l’agriculture, et constituent pour les hommes préhistoriques un réservoir inépuisable de galets, essentiellement du quartzite. De même, le silex est très abondant dans le massif calcaire prépyrénéen, et fut exploité dès avant notre ère, jusqu’à une époque très récente, puisqu’on l’utilisait encore au début du pour les meules à grain et les pierres à briquets.

L’établissement de l’homme moderne L’implantation de petits groupes humains dans les limites de la plaine et les prépyrénées est à situer entre et . L’arrivée de l’, vers avant notre ère, est bien représentée par l’entrée ouest de la grotte du Portel, à Loubens. Des silex provenant de lieux éloignés, utilisés dans la création d’outils nouveaux, y ont en effet été retrouvés, un signe de leur passage dans les Pyrénées centrales.

Les premières traces d’art mobilier, caractéristique de l’Aurignacien, ont été trouvées dans deux grottes, la Tuto de Camalhot à Saint-Jean-de-Verges, et au Mas-d'Azil. Il s’agit principalement d’os et d’ivoires décorés. Le , qui s’est développé parallèlement à l’Aurignacien, est quant à lui attesté par la mise au jour de burins de Noailles — caractéristiques de cette industrie lithique —, datant de dans la grotte d'Enlène, à Montesquieu-Avantès.

En même temps que l’ère glaciaire touche à sa fin apparaît en Europe une nouvelle culture, le Magdalénien. Leur présence sur le territoire ariégeois est attestée dès par des vestiges découverts dans la grotte d’Enlène. Les Magdaléniens ont laissé des traces de leur passage dans pas moins d’une trentaine de cavités, avec au premier plan le Mas-d’Azil, Enlène et la grotte de la Vache.

De l’Azilien au Néolithique À la culture magdalénienne succède la riche culture azilienne, du nom de la célèbre grotte du Mas-d'Azil, située sur le massif du Plantaurel, dans les prépyrénées ariégeoises. Autrefois désigné comme étant une culture du Mésolithique, l’Azilien tend à être inclus dans la phase Épipaléolithique ; il est donc à proprement parler antérieur au Mésolithique. L’Azilien se distingue essentiellement par des galets coloriés et des harpons plats, retrouvés en abondance au Mas d’Azil.

Le territoire ariégeois se caractérise par le très faible nombre de vestiges de cultures du Mésolithique ayant été retrouvés. Il en va de même pour les débuts du Néolithique ; est-ce dû à une recherche insuffisante, ou plutôt à une absence de l’homme dans cette partie des Pyrénées, du fait de la carence en limons, essentiels au développement de l’agriculture naissante ? Quoi qu’il en soit, il faut attendre le néolithique final pour assister à un repeuplement des montagnes, avec une occupation généralisée des grandes grottes sur le territoire ariégeois, et plus particulièrement dans le bassin de Tarascon.

Protohistoire La protohistoire s’ouvre avec l'Âge du cuivre (chalcolithique), par des apports venus du midi méditerranéen, et en particulier des silex, retrouvés en abondance dans la montagne comme dans la plaine ariégeoise. Les trois grandes phases de l’âge du bronze (ancien, moyen et final), qui lui succède, sont clairement distinguées dans la céramique et les objets en métal. Des objets en bronze ont été retrouvés en grand nombre, et la plupart du temps en bon état. Plusieurs indices laissent à penser qu’une métallurgie locale a existé dans la région.

On trouve un certain nombre de sépultures collectives de cette époque : des dolmens, mais surtout des cavités sépulcrales, près d’une centaine. Plus tard, lors du bronze moyen, apparaîtront également des tumulus et des champs d’urnes. À Saint-Félix-de-Tournegat a été découvert au début du un dépôt d'urnes funéraires remontant à 700 avant J.C.

Antiquité : de -500 au vignette|inscription retrouvée à Saint-Lizier datant du (musée Saint-Raymond, Toulouse). vignette|inscription funéraire retrouvée à Bethmale datant du (musée Saint-Raymond, Toulouse).

On dispose de plusieurs preuves d'activités gallo-romaines dans cette région. monnaies et statuette en bronze de Mercure datant du , ainsi qu'un puits funéraire remontant à 30 ou 50 av. J.-C. découverts à Pamiers l'oppidum de La Tour d'Ope (à Saint-Jean de Verges) a été occupé de la fin de l'âge du fer jusqu'à la fin de l'Empire Romain. Il a livré de nombreux vestiges mobiliers (pièces, statues, vases, bijoux...) inscription funéraire retrouvée à Arrien-en-Bethmale, datant du Inscription datant du à Saint-Lizier. Découverte à Saint-Girons en 1994 d'un trésor de 13.000 pièces en billon datant du après Jésus-Christ (entre 250 et 280).

Moyen Âge : du au

Les premiers pas de la chrétienté 498 - Martyre de Saint Volusien 506 - Martyre de Saint Antonin Avant 807 - Fondation de l'Abbaye du Mas-d'AzilGuillot, Revue du Comminges, Tome CXXII, 2006, pp.31-50 (cf. note No 7) lire en ligne Avant 849 - Fondation de l'Abbaye de Saint-Volusien à Foix 937 - Fondation de l'Abbaye Saint-Antoine-et-Saint-Pierre de Lézat-sur-Lèze.

Le Catharisme et ses conséquences 1207 - Colloque de Pamiers 1212 - Statuts de Pamiers 16 mars 1244: N'ayant pas renié leur foi, 205 cathares sont brûlés au pied du château de Montségur 1295 - Création de l'évêché de Pamiers

La dynamique des bastides

Des villes nouvelles dénommées bastides vont être créées dans un vaste mouvement d'urbanisation et de compétition féodale qui concernera le grand Sud-Ouest. Elles le seront généralement en paréage entre des nobles et des ecclésiastiques implantés dans des abbayes très structurantes dans leur terroir, des avantages définis par une charte seront accordés à leurs habitants. Selon Alcide Curie-Seimbres : « Les bastides furent toutes fondées a novo, d'un seul jet, à une date précise, sur un plan préconçu, généralement uniforme, et cela dans la période d'une centaine d'années (1250-1350) ». Elles furent plus d'une vingtaine en Ariège qui connurent des fortunes diverses quant à leur développement mais se fut globalement une période faste de développement urbain.

Un très difficile Si le fut opulent, le siècle suivant se caractérise par un fort recul démographique dû à la grande famine des années 1310, initiée ou amplifiée par les prémices du petit âge glaciaire, puis la peste noire en 1348 avant que ne survienne la guerre de Cent Ans précédée par des pillages ponctuels commis par des Routiers.

Puissant chef de guerre au service du royaume, le connétable de France Louis de Sancerre, plus connu sous le nom de Maréchal de Sancerre soumet le comté de Foix à Saverdun et les autres domaines à l'autorité royale : les habitants prêtent fidélité au roi le 30 août 1398. Louis se rend maître des Bordes, du Fossat, de Daumazan, de Saint-Ybars, de la Bastide-de-Besplas… et entreprend la prise du château de Montaut le . Le 10 mai 1399, par le traité de Tarbes, le comte de Foix-Grailly abandonne le parti anglais. Le connétable de Sancerre avait déjà conquis quelques-uns de ses châteaux.

Époque moderne : du à la Révolution

Guerres de Religion et gentilshommes verriers Depuis la fin du XVIe siècle jusqu'au début du XVIIe siècle, le département est secoué par les conflits entre protestants et catholiques. Les deux camps s'en prennent aux biens des catholiques et aux lieux de culte (pillages et incendies d'églises, de châteaux et de villages). Par exemple, des pillages et des destructions effectués par les huguenots sont cités à plusieurs reprises sur Aulus en 1568, en 1574 et en 1587. Les huguenots ruinent l'église de La Tour-du-Crieu en 1621. En 1629, Pamiers est ravagée par Henri II de Bourbon-Condé à la suite de soulèvements qui firent des centaines de morts dans la ville. De même, les églises et abbayes de Foix, Tarascon-sur-Ariège, Saint-Girons, Saverdun, Le Mas-d'Azil, sont incendiées et ruinées.

Bénéficiant d'un privilège royal, les gentilshommes verriers étaient des nobles protestants à l'origine, dès 1530, d'importantes verreries à Gabre, Fabas, Sainte-Croix... nécessitant d'importantes ressources en bois. La dernière perdurera à Mercenac à l'aube du avec une centaine de salariés.

Le gouvernement de Foix fut une circonscription militaire de l'ancien régime administrée par un gouverneur.

La Révolution et la création du département vignette|Carte de l'Ariège (1790) De 1791 à 1793, les trois districts (Saint-Girons, Mirepoix et Tarascon) du département de l'Ariège fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux.

Époque contemporaine : du à aujourd'hui

Une jacquerie ariégeoise

Une importante jacquerie appelée guerre des Demoiselles débuta dans le Castillonnais entre le printemps 1829 et le printemps 1830. Déguisés en femmes et grimés, les révoltés étaient nombreux et déterminés. Ce mouvement s'est progressivement élargi à d'autres parties forestières de l'Ariège. C'est le vote, le 27 mai 1827, d'une nouvelle réglementation du code forestier, effectivement appliquée à partir de 1829, qui mit le feu aux poudres. Ce nouveau code impose « une nouvelle réglementation de l'usage des forêts, en particulier concernant le ramassage du bois, les coupes et surtout le pâturage désormais mis en défens (interdit), le droit de marronnage, et les droits de chasse, de pêche et de cueillette ». Il s'agit surtout de la rupture de l'équilibre entre le système traditionnel agro-sylvo-pastoral pyrénéen et le système technico-économique de propriétaires s'appuyant sur le code forestier et désirant intensifier le charbonnage afin d'alimenter principalement l'industrie naissante.

Le choléra dévastateur La maladie du choléra sévit en France à plusieurs reprises au . En Ariège, L’épidémie de 1854 a été terrible avec sur , à comparer avec les environ pour toute la France. L’Ariège a été le département le plus éprouvé, ce qui laisse transparaître rétrospectivement des conditions d'hygiène alors particulièrement dégradées.

Inondations majeures en 1875 Le 23 juin 1875, des crues centennales se répandent dans le midi de la France ; Toulouse concentre le plus de décès et de dégâts mais l’Ariège n’est pas épargnée, notamment à Verdun et La Bastide-de-Besplas où se rendra le président de la République Patrice de Mac Mahon le 2 juillet.

L'âge industriel L'industrie au est en plein essor. La force hydraulique proposée par les nombreux cours d'eau y est pour beaucoup. Le département possède aussi une réserve importante en minerai de fer avec notamment une mine exceptionnelle: la mine de Rancié. Ainsi, la métallurgie se développe en particulier. L'usine métallurgique de Pamiers créée en 1817, les forges de Montgailhard et de Niaux, les hauts fourneaux de Tarascon-sur-Ariège, en sont quelques exemples. Dès 1907, une aluminerie apparait à Auzat pour la fabrication de lingots et de billettes d'aluminium, puis en 1929 à Quié (usine de Sabart) avec comme corollaire la mise en place de barrages hydroélectriques ou de conduites forcées. La vallée de Vicdessos supplée ainsi la fermeture de la mine de fer de Rancié en 1929 par l'industrie de l'aluminium et l'hydroélectricité.