Commencé en 1306 par l'accueil des juifs chassés du Languedoc Au début du , la ville d'Arles accueille les juifs chassés du Languedoc. Le rabbin et philosophe juif averroïste Joseph ibn Caspi (Yossef ibn Kaspi ou Yossef Kaspi) ben Abba Mari, (1279, L'Argentière - 1340) également connu sous son nom provençal de Sen Bonfos ou Don Bonafoux de l'Argentière, s'installe ainsi en Provence d'abord à Tarascon en 1306 puis à Arles en 1317. D'après Louis Stouff, la ville aurait alors compris environ 250 feux de confession juive, chiffre qui ne sera jamais plus égalé et qui restera le plus important dans l'histoire d'Arles , le Moyen Âge tardif arlésien se termine par le pogrom de 1484 Sac de la juiverie d’Arles le 7 juin 1484 suivi de l'expulsion des juifs de la cité Le 23 septembre 1493, un édit de Charles VIII ordonne l'expulsion des juifs d'Arles., après le rattachement de la ville au royaume de France en 1483. Entre ces deux dates, la ville d'Arles, affectée par des guerres et la peste, va vivre un profond déclin démographique avec un plus bas de à la fin des années 1430 avant que n'apparaisse une lente reprise dans la seconde moitié du .

Début de siècle prospère Au début du , Arles bénéficie d'une prospérité à la fois intellectuelle, démographique et économique.

Vie intellectuelle La ville d'Arles accueille en 1306, les juifs chassés du Languedoc. Le rabbin et philosophe juif averroïste Joseph ibn Caspi également connu sous son nom provençal de Sen Bonfos ou Don Bonafoux de l'Argentière, s’installe ainsi en Provence d'abord à Tarascon en 1306 puis à Arles en 1317 où il se lie avec Kalonymos ben Kalonymos (Shem Tov ben Shem Tov) et rédige son introduction au Pentateuque, le Tirat Kessef, qui lui valut de se brouiller avec Kalonymos ben Kalonymos et les maîtres de celui-ci. D'après Louis Stouff, la ville aurait alors compris environ 250 feux de confession juive, chiffre qui ne sera jamais plus égalé et qui restera le plus important dans l'histoire d'Arles Les juifs seront également chassés d'Arles à la fin du , puis de Provence au début du . Entre-temps à Arles, leur nombre va décroître régulièrement jusqu'à la période de 1420 (conflit avec les catalans supposés entretenir des relations avec les juifs d'Arles) et aux incidents de la seconde moitié du liés aux prêches enflammés des frères mineurs (cf. pogrom de 1484).. La ville avec presque feux 2194 feux en 1319, cf. Louis Stouff, Arles au Moyen Âge, page 110, soit environ habitants, est alors la deuxième ville de la Provence.

Vie économique thumb|Les moulins de la colline des Mouleyres ; cette image de 1660 montre une activité déjà bien développée au .

Sur le plan économique, la ville affiche une prospérité robuste grâce à la production agricole de ses affars À cette époque (1300-1330), les campagnes sont exploitées avec une présence humaine permanente dans les mas et la production de grains arlésiens atteint un sommet. Vers 1340, le mode d'exploitation des affars de l'archevêque, du Chapître et des Hospitaliers est l'exploitation directe ; à l'inverse les frères de Saliers utilisent la facherie, plus efficace. Ce nouveau mode d'exploitation va se répandre rapidement sur tout le territoire arlésien., à la qualité de son élevage ovin En février 1334, un passage d'une lettre d'un marchand italien appelé Dantini renferme le passage suivant : Andréa di Bartolomeo de Sienne est allé, le 11 janvier à Arles, pour commencer à acheter de la laine… À présent, le dit Bartolomeo est à Aigues-Mortes pour les embarquer. ; Cette lettre rappelle le rôle important que joue alors l'élevage ovin dans l'économie arlésienne. qui alimente le commerce de la laine et des peaux et à la richesse de ses salins L'ensemble des droits frappant le sel est donné à ferme par le roi ; Après 1332, les marchands italiens accaparent ce fermage. En 1334, huit salins situés au nord du Vaccarès produisent de sel : c'est l'apogée des salines d'Arles.. La ville compte également de nombreux moulins à vent (23 en 1332), essentiellement sur la colline du Mouleyres et un port actif qui se développe dans la première moitié du à destination de Tarascon et Aigues-Mortes.

....Rajouter une synthèse de la situation d'Arles entre 1320 et 1345 : les métiers... ; l'arrivée de négociants italiens qui deviennent des notables arlésiens ; En 1307, les courtiers sont au nombre de 42 : 35 juifs et 7 chrétiens.

Suivi par des famines, la peste et des guerres Premières difficultés Pourtant, des prémices annonçaient déjà un recul du rayonnement de la cité. Sur le plan politique, la ville qui avait perdu un grand nombre de privilèges au milieu du , s'était effacée devant la capitale comtale Aix. De même pour l'archevêché d'Arles, le ne s'annonce pas plus favorable que le avec l'installation dès 1309 de la papauté à Avignon. À ce déclin déjà commencé sur le plan politique, administratif et ecclésiastique, se rajoutent au début des années 1320, les premières difficultés économiques : des récoltes insuffisantes apparaissent dès 1315 et s'aggravent dans les années 1323, 1329 et 1332.

thumb|200px|right|Carte de diffusion de la peste noire, 1347-1351 Ce n'est toutefois qu'à partir du milieu du , que la situation se dégrade. La ville d'Arles, aux prises avec des disettes, subit plusieurs épidémies dont la fameuse peste noire de 1348 et une série de guerres ; elle voit sa population se réduire fortement.

Disettes et peste

La peste noire apparaît dans la ville d'Arles initialement en janvier 1348, puis à plusieurs reprises jusqu'à la fin du siècle En particulier en 1397-1398. En éliminant presque la moitié des consommateurs elle apporte un répit à la famine mais les terres désormais en friche et les surtout les guerres de la seconde moitié du rendent tout approvisionnement difficile. Les famines font leur réapparition en 1357 et surtout entre 1368 et 1375.

Guerres gauche|thumb| de la guerre de Cent Ans Les guerres apparaissent peu après et touchent une population fortement affaiblie par les disettes et les épidémies. Venant du continent, elles commencent en 1355 et se terminent en 1399. Essentiellement locales, elles s'inscrivent toutefois dans le contexte de l'époque, la guerre de Cent Ans.

Guerres liées au contexte de la guerre de cent ans

Tout débute en 1355 quand le sénéchal de Provence, Fouques d'Agout, fait le siège du château des Baux où s'est réfugié Robert de Duras qui meurt en 1356 à la bataille de Poitiers.

La région est ensuite la proie de bandes armées désœuvrées pendant les trêves de la guerre de Cent Ans. Dès le des bandes de Routiers, conduites par Arnaud de Cervola dit l'Archiprêtre, appelées par les comtes des Baux, franchissent le Rhône. Ils ne repartent de Provence qu'en octobre 1358. Entre-temps, le , pour lutter contre ces Routiers, le sénéchal fait appel au comte d'Armagnac qui amène entre Arles et Tarascon mille sergents. Leur intervention est aussi terrible que celle des Routiers. Enfin en juin 1361, les troupes d'Henri de Trastamare venant d'Espagne arrivent jusque sous les murs d'Arles. Le territoire arlésien est ravagé. Une bulle du pape Innocent VI, datée du , signale par exemple que l'église et les bâtiments conventuels des Prêcheurs ont été détruits et que les pierres ont été réemployées pour renforcer les remparts de la ville.

La ville bénéficiant alors de quelques années de tranquillité, le , Charles IV roi de Bohême se fait couronner roi d'Arles comme son prédécesseur Frédéric Barberousse, à la cathédrale Saint-Trophime par l'archevêque Guillaume de la Garde.

Tentative d'annexion de la Provence par Charles V

thumb|Bertrand du Guesclin Mais le répit est de courte durée. À partir de 1367, les ambitions de Louis d'Anjou en Provence constituent un nouveau danger Cuvelier, Jean - Chronique de Bertrand Du Guesclin, page 369 : Le véritable motif de cette guerre est resté fort obscur ; on suppose que l'empereur Charles IV ayant cédé au duc d'Anjou ses droits au royaume d'Arles, celui-ci voulut les faire valoir en l'absence de la reine de Naples. Le pape intervint et ménagea un arrangement entre les deux parties. . Ainsi du au , la ville est assiégée sans succès par les grandes compagnies conduites par Bertrand Du Guesclin, représentant les intérêts de Louis d'Anjou en Provence Cf. Chronique de Bertrand Boysset : L'an du Seigneur 1368, le 11 avril, qui fut le de Pâques, le seigneur Louis, duc d'Anjou, frère du roi de France, assiégea la cité d'Arles et le seigneur Bertrand du Guesclin, comte de Longueville mena pour lui le siège ; il dura jusqu'au mai. Ce jour-là, ils s'en allèrent sauf les morts qui restèrent. Les prétentions de Louis d'Anjou, frère du roi de France Charles V et lieutenant du Langudoc, l'entrainent à se lancer avec l'aide des compagnies de Bertrand Du Guesclin à l'attaque de la Provence. Tarascon fut prise le 22 mai 1368. Les troupes du sénéchal Raymond d'Agoult furent battues à Céreste. L'intervention d'Urbain V auprès de Charles V, l'excommunication de du Guesclin le septembre 1368 amenèrent la retraite de celui-ci et la signature d'un traité de paix le 13 avril 1369 qui fut suivi d'une trêve signée le 2 janvier 1370. Mais il y eut surtout, grâce à la médiation de Grégoire XI, le traité de paix définitive du 11 avril 1371 avec Louis d'Anjou qui abandonna ses prétentions sur Tarascon.. En Provence la situation est confuse. La ville de Tarascon est prise le à l'issue de combats de rue acharnés. Les troupes du sénéchal Raymond d'Agoult sont battues à Céreste. Le mercredi , Bertrand du Guesclin et ses routiers sont devant Aix défendue par le vicomte de Tallard. Pendant que les Bretons préparent le siège avec leurs machines de guerre, Raymond d’Agoult, fils du sénéchal, fait attaquer Aigues-Mortes afin de bloquer les arrières français (Aigues-Mortes, est à l'époque le port français le plus utilisé sur la façade méditerranéenne). À Arles, les tensions sont exacerbées. L’archevêque d’Arles, Guillaume de la Garde, s’étant ouvertement déclaré pour Louis d’Anjou, est mis en accusation pour trahison et crime. Le sénéchal donne ordre à son lieutenant Luquet de Girardières de se saisir du temporel de l’archevêque. Finalement l'intervention d'Urbain V auprès de Charles V amène progressivement la paix avec le traité du , la trêve du et le traité de paix définitif du où Louis d'Anjou abandonne ses prétentions sur Tarascon.

Guerre de l'Union d'Aix

thumb|left|200px|Jeanne de Naples (1326-1382), dite « la reine Jeanne », reine de Naples et comtesse de Provence. thumb|right|Charles de Duras soutenu par les Ligueurs de l'Union d'Aix À l'automne 1380, l'adoption de Louis d'Anjou par la reine Jeanne remet toute la Provence en émoi. La Provence est coupée en deux : d'un côté les partisans de Louis d'Anjou conduits par les villes de Marseille et d'Arles qui soutient désormais son ennemi d'hier, de l'autre ceux de Charles Duras regroupés autour des villes d'Aix, Nice et Tarascon. De 1382 à 1387, pendant ces troubles appelés guerre de l'Union d'Aix, la confusion est à son comble. L'épisode le plus dramatique pour Arles se déroule en 1384. Au printemps de cette année, le chef tuchin allié de Charles Duras, Étienne Augier plus connu sous le nom de Ferragut, s’installe dans les Alpilles et fait régner la terreur jusqu'au Rhône et Arles qu'il prend, avec des complicités internes, dans la nuit du Jean-Pierre Papon, Jules Frédéric Paul Fauris de Saint-Vincens - Histoire générale de Provence, page 255 ici. Le viguier de la ville est tué Il s'agit de Manuel de Puget, dont la sœur Galiena deviendra quelques années plus tard de 1391 à 1416, abbesse de Saint-Césaire. Après quelques heures de troubles, les habitants se révoltent contre les Tuchins et les chassent de la cité. Le lendemain, une répression sévère est menée contre leurs partisans Cf. Louis Stouff, Arles au Moyen Âge, page 101 :