Jean-Claude Gaudin , né le à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le à Saint-Zacharie (Var), est un homme politique français.
Implanté dans les Bouches-du-Rhône, il est président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) de 1986 à 1998, maire de Marseille de 1995 à 2020 et président de la métropole d'Aix-Marseille-Provence entre 2015 et 2018.
Il est député de 1978 à 1989, sénateur entre 1989 et 2017 et à plusieurs reprises vice-président du Sénat. De 1995 à 1997, il est ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration dans le second gouvernement Juppé.
Sur le plan partisan, il appartient à plusieurs partis de centre droit et de droite, notamment l'UDF, dont il préside un temps le groupe à l'Assemblée nationale, et Démocratie libérale, dont il a été le vice-président. Dans les années 1980, il conclut une alliance avec le Front national pour prendre la présidence de la région PACA. Par la suite, il est vice-président de l'UMP, président par intérim à deux reprises du parti et président du groupe UMP au Sénat.
Situation personnelle Origines familiales et vie privée Jean-Claude Gaudin naît le à Marseille, dans le quartier de Mazargues (situé aujourd'hui dans le )..
Son père est artisan maçon, membre du Mouvement républicain populaire (MRP), parti d'inspiration démocrate-chrétienne créé en 1944 ; sa mère travaille dans les corderiesAriane Chemin, « L'ogre Gaudin », M, le magazine du Monde, semaine du 28 septembre 2013, p. 55-61.. Il fréquente durant sa jeunesse l’église Saint-Roch et les patronages, développant un goût pour les traditions locales ainsi que pour l'histoire du Vatican..
Jean-Claude Gaudin est resté célibataire et n'a pas d'enfant..
Carrière professionnelle Après des études supérieures d'histoire-géographie, il enseigne ces disciplines pendant plus de 15 ans au collège et lycée Saint-Joseph-les-Maristes à Marseille.
Parcours politique Débuts En 1965, il est élu du Centre national des indépendants et paysans sur la liste socialo-centriste menée par Gaston Defferre, contre la liste gaulliste UNR. Il est alors le benjamin du conseil municipal de Marseille. Réélu en 1971, Jean-Claude Gaudin est conseiller municipal délégué à la police administrative et à la protection civile et préside la commission extra-municipale de l'urbanisme.
Alors que les socialistes et les communistes se sont rapprochés, Jean-Claude Gaudin adhère en 1973 aux Républicains indépendants et participe, l'année suivante, à la campagne présidentielle de Valéry Giscard d'Estaing.
Aux élections cantonales de 1982, il enlève au premier tour le de Marseille, avec 72,8 % des suffrages exprimés.
Député Candidat UDF en 1978 dans la des Bouches-du-Rhône, il bat le député sortant, le socialiste Charles-Émile Loo, avec 53,7 % des suffrages exprimés.
Seul député de droite réélu à Marseille en 1981 face à la vague socialiste, cette victoire l’impose comme chef de son camp dans la ville. Jean-Claude Gaudin est réélu député en 1986 et 1988. Il préside le groupe UDF à l'Assemblée nationale de 1981 à 1989, date de son élection comme sénateur.
Au début de la première cohabitation en 1986, Jacques Chirac propose à Jean-Claude Gaudin de devenir ministre chargé des Relations avec le Parlement. Gaudin décline, faisant partie des responsables politiques de la nouvelle majorité ayant préféré conserver leur siège de député afin de demeurer en contact étroit avec leur circonscription, dans l'hypothèse, largement répandue alors, selon laquelle la cohabitation ne durerait pas.
Président du conseil régional de PACA En 1986, Jean-Claude Gaudin conduit dans les Bouches-du-Rhône les listes UDF aux élections législatives et aux élections régionales. À l’issue du scrutin régional, la droite obtient 47 sièges, la gauche 45 et le Front national 25 sièges. Le , avec l’appui du parti d’extrême droite, il devient président du premier conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur élu au suffrage universel direct. Il a été élu président au suffrage universel indirect, par les conseillers régionaux. La gauche perd ainsi la tête du conseil régional, qu'elle détenait depuis sa création, en 1974..
Jean-Claude Gaudin considérant que la priorité est de battre la gauche, il dirige le conseil régional avec le Front national, qui se voit attribuer trois vice-présidences et la présidence de quatre commissions. Au cours de son premier mandat à la tête du conseil régional, une dizaine de conseillers FN sont débauchés par la droite, ce qui renforce sa majorité. En 1986-1987, Jean-Claude Gaudin est proche de la rédaction de Minute, alors dirigée par Patrick BuissonTancrède Ramonet (réal.), Patrick Buisson, le mauvais génie, France 3, 27 octobre 2016..
En 1988, après la dissolution de l'Assemblée nationale, Jean-Claude Gaudin passe dans les Bouches-du-Rhône des accords de désistement réciproques avec le Front national... En 1991, les partis de droite condamnent officiellement toute alliance avec le FN, qu’elle soit nationale ou locale. Considérant que sa décision de s’allier localement avec l’extrême droite en 1986 est responsable de son échec aux élections municipales de 1989 à Marseille, Jean-Claude Gaudin ira même jusqu'à soutenir, au second tour des élections législatives de 1993, le communiste Guy Hermier face au candidat du Front national.
À la tête de la région, il conduit notamment une politique de construction et de réhabilitation des lycées. Le renouvellement du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1992 provoque une élection particulièrement médiatisée : Jean-Claude Gaudin affronte Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen. Il est réélu président du conseil régional le sans avoir besoin des suffrages du Front national.
À l’issue des élections régionales de 1998, la droite obtient le même nombre d’élus que le Front national. Alors que plusieurs conseillers de droite menés par Christian Estrosi se montrent favorables à une nouvelle alliance entre la droite et le FN pour empêcher l'élection de Michel Vauzelle à la présidence du conseil régional, la tentative de rapprochement entre les deux camps échoue sous la pression d’élus comme François Léotard. Jean-Claude Gaudin se tient en retrait et quitte la tête de la région le ..
Sénateur En , il est élu sénateur dans le département des Bouches-du-Rhône. En , les sénateurs Républicains et Indépendants l'élisent président de leur groupe au Sénat.
Le , il est réélu sénateur dans les Bouches-du-Rhône à la tête d'une liste renouvelée, rajeunie et féminisée, qui conserve ses trois sièges. Le suivant, il est élu pour la vice-président du Sénat, fonction à laquelle il renonce le , à la suite de son élection à la présidence du groupe UMP du Sénat, en remplacement de Gérard Longuet, devenu ministre. Il est reconduit dans cette fonction, le , à l'issue du renouvellement triennal par moitié de la Haute-Assemblée qui voit la droite perdre la majorité au Sénat.
Il vote contre la loi ouvrant le mariage aux homosexuels en 2013, mais soutient l’année suivante l'organisation de l'Europride à Marseille et critique les réactions homophobes qui ponctuent sa décision.
En , il est réélu au Sénat. Le , il devient premier vice-président de la Haute Assemblée. En , il décline la proposition du président du Sénat, Gérard Larcher, de siéger au Conseil constitutionnel, préférant continuer à se consacrer à Marseille et à la mise en place de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
En raison de l'interdiction du cumul des mandats, il démissionne de son mandat de sénateur le .
Il est cité dans une affaire de détournement de fonds publics au sein du groupe UMP au Sénat« 117 sénateurs sont soupçonnés d'avoir détourné 8 millions d'euros », lepoint.fr, 13 octobre 2017..
Ministre Le , Jean-Claude Gaudin devient ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration. Par la loi du relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville, il crée les zones urbaines sensibles (ZUS), formalisant juridiquement la notion de « quartiers en difficulté ». En , avec la dissolution de l'Assemblée nationale, il cesse ses fonctions ministérielles.
Cadre de l’UMP Après avoir participé à la fondation de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP, rebaptisée « Union pour un mouvement populaire »), il en devient le vice-président lors du congrès qui a lieu la même année et est l'un des premiers dirigeants de la majorité à soutenir Nicolas Sarkozy dans la course à l'élection présidentielle de 2007, ce dès 2004« Gaudin se lâche », Le Point, 1995, 9 décembre 2010, 58..
Du au , Jean-Claude Gaudin préside l'UMP à la suite de la démission d'Alain Juppé, inculpé dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Tout en demeurant membre de l'équipe dirigeante de l'UMP, Jean-Claude Gaudin devient, le , à la demande du président de la République, président du Comité de liaison de la majorité présidentielle. Ce comité regroupe l'ensemble des formations politiques qui concourent à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy.
À l'occasion du congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012, il soutient la candidature de Jean-François Copé. En , dans le cadre de la direction « partagée » mise en place à la suite de l'accord entre Jean-François Copé et François Fillon, il devient à nouveau vice-président de l'UMP avec cinq autres personnalités du parti, en plus du vice-président délégué Luc Chatel.
Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire française de la droite et du centre de 2016Ludovic Vigogne, « Primaire à droite: la liste des premiers soutiens parlementaires », lopinion.fr, 20 avril 2016.. Il parraine Laurent Wauquiez pour le congrès des Républicains de 2017, scrutin lors duquel il est élu le président du partiLudovic Vigogne, « La liste des 136 parrains de Laurent Wauquiez », lopinion.fr, 11 octobre 2017..
Maire de Marseille
Aux élections municipales de 1983 à Marseille, il conduit la liste de l'opposition contre Gaston Defferre, alors ministre de l'Intérieur. Il est battu par Gaston Defferre, bien que celui-ci obtienne voix de moins que lui. En tant que ministre de l'Intérieur, Gaston Defferre venait de modifier le mode de scrutin dans les villes de Paris, Lyon et Marseille : l'élection se fait dans chaque arrondissement pour les deux premières villes, et Marseille bénéficiait d'un découpage en secteurs adapté au maire sortant. Ce découpage a été modifié après sa mort. Jean-Claude Gaudin crée un incident au premier conseil municipal afin de ne pas participer à l’élection finale de son adversaire. Il se présente une nouvelle fois à la mairie de Marseille en 1989, mais il échoue face à Robert Vigouroux.
En 1995, Jean-Claude Gaudin devient maire de Marseille après avoir conduit une liste d'union UDF-RPR. Le responsable départemental du RPR, Renaud Muselier, devient premier adjoint au maire.
Resté grand admirateur de Gaston Defferre, Jean-Claude Gaudin fait remonter des réserves municipales le bureau et la lampe de son prédécesseur et tente de s'inspirer de ses méthodes : entente avec le syndicat majoritaire Force ouvrière, mainmise sur les comités d’intérêt de quartiers (CIQ), la Société des eaux de Marseille (SEM), ou encore l’AP-HM, les hôpitaux de Marseille, explique Le Monde.
Jean-Claude Gaudin retrouve son poste de sénateur après les élections de 1998, après avoir quitté le gouvernement, puis prend la charge de vice-président du Sénat, le . Il quitte alors l'UDF pour devenir vice-président de Démocratie libérale, le parti d'Alain MadelinPage de Gaudin. Il partage son temps entre ses différents mandats ; pendant trois décennies, il passe trois jours par semaine à Paris, laissant la gestion courante de Marseille à son directeur de cabinet Claude Bertrand.
Le , il devient président de la nouvelle communauté urbaine Marseille Provence Métropole, qui compte 18 communes et habitants. En 2001, il est réélu maire de Marseille. Il préside l'Association des communautés urbaines de France de 2002 à 2003.