vignette|Chou moëllier. Autrefois avant l'avènement de l'ensilage, les choux fournissaient un fourrage frais très apprécié en automne-hiver. vignette|Fourrage industriel en bouchons pour moutons et chèvres vignette|Séchoir à fourrage, utilisé en Slovénie vers 1680 Un fourrage est, dans le domaine de l'agriculture, une plante ou un mélange de plantes utilisé pour l'alimentation des animaux d'élevage.

Lorsque l'on utilise ce terme en élevage ou en zootechnie, on signifie généralement fourrages grossiers (par opposition à aliments concentrés comme les grains). Ces fourrages sont d'une grande diversité dans leur nature botanique, leurs caractéristiques morphologiques et physico-chimiques qui déterminent leur valeur nutritive et leur appétibilité.

Il s'agit en premier lieu des parties herbacées des plantes (feuilles, tiges d'herbe), mais aussi de racines, de parties de plantes ou de plantes entières que l'on utilise soit à l'état frais, soit conservées fraîches ou plus ou moins séchées. Il s'agit également de l'appareil végétatif aérien d'arbustes. Certaines parties de plantes sont utilisées comme fourrages après transformation comme la pulpe de la betterave à sucre ou les tourteaux des différentes espèces oléifères...

Les fourrages sont utilisés pour nourrir les bovins, caprins, ovins, équins, mais également pour les porcins, camélidés, canards, oies, lapins

L'affouragement est l'action de donner du fourrage au bétail.

On parle aussi d'insectes-fourrage pour les animaux domestiques, de phytoplancton-fourrage ou d'algues-fourrage pour les copépodes planctoniques, les bivalves, les poissons phytophages voire pour les ruminants.

Étymologie et vocabulaire dérivé Le terme fourrage est dérivé du français feurre (aussi fouarre), « fourrage pour les animaux » en ancien français, puis « paille de céréales » et « paille longue utilisée pour empailler les sièges, couvrir les habitations rurales » de manière plus contemporaine, suivi du suffixe -ageSite du cnrtl : étymologie de feurre. Ce mot est désuet. Il trouve son origine dans un terme vieux bas francique *fodar, même sens, apparenté au moyen néerlandais voder et néerlandais voeder/voer, au vieux haut allemand fôtar qui a donné l'allemand Futter et à l'anglais fodder.

On parle aussi de

surface fourragère, qui est en France pour l'administration agricole la somme des surfaces destinées à l’alimentation des animaux (en France : de janvier à fin juillet, à l'exclusion des parcours) ; elle est maintenant déclarée au travers des seuls intitulés de cultures et tout manquement au système de déclaration de surfaces fourragère peut impliquer une pénalité (réduction des aides PAC de l’année). Il peut s'agir de prés et prairies (naturelles ou non, permanentes ou non), d'estives (tant qu'il s'agit d'une surface non-partagée), de cultures fourragères annuelles (betterave fourragère…) ainsi parfois que de maïs et céréales autoconsommées dans le cadre d'un système de type polyculture-élevage (notamment dans le cas des indemnités compensatoires des handicaps naturels, dits « ICHN »)PAC : Surfaces fourragères - 2014, par la chambre d'Agriculture de Normandie (2014). Sous d'autres latitudes ou dans le passé, la surface fourragère peut aussi être partagée et gérée de manière communautaire (ex : prés communaux en France) système fourrager, calendrier fourrager, bilan fourrager : notions techniques concernant l'organisation générale de l'approvisionnement en fourrages, sa prévision et sa vérification au niveau d'une exploitation d'élevage région fourragère, une région où les systèmes herbagers sont dominants. poisson fourrage (le poisson pêché par la pêche minotière pour être transformé en farine de poisson ensuite utilisée dans l'alimentation animale) et insectes fourrage (insectes élevés pour servir de nourriture aux poissons et éventuellement aux porcs et volailles). Ces expressions sont parfois utilisées bien qu'il ne s'agisse pas de végétal.

Système fourrager Cette notion est évolutivePlanquaert P & Mathieu J (1977) « Évolution probable des systèmes fourragers en France », Fourrages n? 72,239-246. ; on lui a d'ailleurs donné plusieurs définitions ; elle désignait d'abord l', pour A. Pousset (1974, 1978)Pousset A (1974) « Physionomie actuelle de la production fourragère et de sa fertilisation », Fourrages 57,3-42Pousset A (1978) : « Évolution récente des productions fourragères en France et de leur intensification », Fourrages 73, 3-30., il s'agit d' (notion proche de celle d'assolement fourrager ou pour d'autres, c'est - de manière plus précise - , puis la définition a encore évolué pour aussi désigner Moreau JC, Delaby L, Duru M, Guérin G (2009) Démarches et outils de conseil autour du système fourrager : évolutions et concepts ; Fourrages 200, 565-586, éventuellement (depuis les années 2000 à l'aide de logiciels de simulationCROS M.J., DURU M., GARCIA F., GRASSET M., LEGALLA., MARTIN-CLOUAIRE R., PEyRE D., DELABy L., FIORELLI J.L., PEyRAUD J.L. (2000) : “ Évaluation d’un simulateur de stratégies de pâturage de vaches laitières”, rencontres rech. ruminants, 333-336. et/ou d'aide à la décision de choix de gestion et d’affectation/utilisation de parcelles en herbeDelaby L, Peyraud JL., Faverdin P (2001) : “Pâtur’IN : le pâturage des vaches laitières assisté par ordinateur”, Fourrages, 167, 385-398. C'est en tous cas l'un des éléments caractérisant le « système d'exploitation » et sa mise en œuvre dans l'espace et dans le temps. Pour l'Institut technique des céréales et des fourrages (ITCF) et l'établissement départemental d’élevage (EDE) d'Ille-et-Vilaine en 1977, il se définit aussi par le choix des espèces, de leur agencement combiné, de leurs proportions et de leurs modes de culture (fertilisationSalette J, Bonischot R, CapIllon A, Cossée B, Demarquilly C, Jourdan O, Pousset A & Saget J (1990) “remarques et réflexions sur les attitudes et comportements des éleveurs en matière de fertilisation”, Fourrages, 122, 113-118., irrigationJarrige R (1988) « Dépenses, besoins et capacité d'irrigation » ; Alimentation des bovins, ovins et caprins, INRA, 17-28....) et d'exploitation (fauche, ensilage...), de l'assolement à la récolteITCF EDE d'Ille-et-Vilaine (1977) Bilan de trois années d'observation d'un système fourrager destiné à l'alimentation des vaches laitières, Rennes, E.D.E. d'Ille-et- Vilaine.. Il peut être simple, mixte ou complexe. Une diversification des espèces, et un choix d'espèces complémentaires en termes de période de germination et de croissance (pour avoir du fourrage toute l'année), et en termes de nutrition (en associant graminées et légumineuses par exemple) et une certaine biodiversité sont des facteurs permettant de sécuriser le système et de le rendre écologiquement plus résilient face à divers aléas (ex : forte pluviométrie, grêles, gel, sécheresses, inondations, sécheresse ou canicule, etc.)Produire des fourrages toute l'année pour faire face aux aléas climatiques, Polyculture-élevage, Arvalis, 2012-11-08, consulté 2014-07-08. . Dans tous les cas, il faut que les plantes fourragères soient bien adaptées au contexte édaphique et écopaysager local.

Cependant ces logiques se heurtent à un autre souci des éleveurs qui est de ne pas trop complexifier ces systèmes pour des raisons de travail, d'investissements et de rentabilité. On peut constater que certains types d'élevages industriels (feed-lots, porcs) ont simplifié leurs méthodes au point que l'on n'y parle plus de systèmes fourragers. En dehors des élevages extensifs, traditionnels et bio, des animaux réputés difficiles (chèvres), la plupart des animaux d'élevage, de la poule à l'escargot en passant par la carpe et le porc, qui avaient autrefois une alimentation diversifiée, reçoivent aujourd'hui un aliment industriel unique où maïs, tourteau de soja et coproduits de l'industrie alimentaire dominent. Pour les ruminants on a aussi la formule : aliment industriel + foin. Les feedlots et élevages porcins de grande taille ont souvent leur propre usine d'aliments sur place.

Liste des plantes fourragères (Pour une revue générale des ressources fourragères mondiales, voir le site Feedipedia de l'INRAE .)

Les fourrages sont principalement constitués de plantes prairiales herbacées, essentiellement des graminées et secondairement des légumineuses pour les herbivores, mais de nombreuses autres espèces de plantes sont cultivées pour l'alimentation des animaux domestiques en général et entrent dans la catégorie des plantes fourragères. vignette|Citrouille de Touraine, considérée autrefois comme une excellente variété fourragère. Un grand nombre d'espèces ou du moins leurs variétés fourragères ont été très utilisées comme fourrages dans le passé mais ne le sont plus guère. On peut citer : la carotte fourragère, la pomme de terre, le rutabaga, le panais, le topinambour, les choux, la citrouille et même le radis fourrager, la laitue, la chicorée fourragère (Cichorium intybus), le pissenlit et l'ajonc. Cette utilisation persiste pour les élevages familiaux de lapins, chèvres et brebis naines, etc..

D'autre part aujourd'hui, les déchets valorisables, écarts de triage de légumes, tourteaux de graines destinées à l'alimentation humaine sont souvent récupérés pour l'alimentation animale surtout pour les élevages industriels. Exemples : pulpe de betterave sucrière, drèches de brasserie, corn gluten feed.

Des plantes très utilisées en alimentation humaine comme le maïs, les mils (dont le sorgho), le manioc, la patate douce, les pois et fèves fournissent aujourd'hui une grande partie de l'alimentation animale. Leur utilisation fourragère est donc en compétition avec la consommation humaine directe.

Plantes sarclées

Les racines et éventuellement les parties aériennes des plantes sarclées sont utilisées comme fourrage. Le repiquage de ces plantes couvrantes permettait d'espacer les plants, de favoriser leur mise en place, de limiter le nombre de sarclages et de binages tout en obtenant des racines plus grosses ; il est toujours d'actualité par exemple pour les boutures de patates douces. Betterave fourragère, Beta vulgaris L. subsp. vulgaris, Amaranthacées Navet fourrager, ou chou navet Brassica napus L. var napobrassica (L) Rchb., Brassicacées Chou fourrager, Brassica oleracea L. convar, acephala (DC) Alef., Brassicacées Radis fourrager ou oléifère, Raphanus sativus L. var. oleiformis Pers., Patate douce, tropicale

Plantes de grande culture Les parties aériennes sont récoltées et utilisées comme fourrage. Le colza, la navette et le sorgho peuvent être pâturés. Les mélanges de plantes annuelles sont appelés méteils Colza fourrager, Brassica napus Navette fourragère, Brassica rapa L.var silvestris gauche|vignette|Seigle, pois fourrager et vesce en méteil.Pois fourrager, Pisum sativum L. subsp., Fabacées vignette|Le maïs récolté plante entière ou épis entiers en ensilage est l'une des principales plantes fourragères au monde.Maïs fourrage, Zea Mays L., Poacées Sorgho fourrager, Sorghum sudanense Stapf, Sorghum bicolor (L.) Moench., Poacées vignette|Jeunes pousses de blé cultivées en hydroponie et destinées à être utilisées en fourrage (agriculture biodynamique, comme « vitamines » en élevage industriel, etc.).céréales à paille, poacées, les céréales à paille les plus utilisées comme fourrage (on dit plante entière) sont l'avoine, le triticale, le seigle et divers millets (fonio, certaines Echinochloa etc.), surtout en zone tropicale et méditerranéenne mais le moha (setaria italica) est aussi cultivé en zone tempérée. Le blé tendre (variétés fourragères) et l'épeautre sont utilisés occasionnellement. Protéagineux, les fanes d'arachide , de pois protéagineux et de féverolle sont utilisables comme fourrage.

Plantes de prairies