Zhang Sanfeng (), probablement né à () dans la péninsule du Liaodongwikisource:zh:明史/卷299 (Histoire des Ming, rouleau 299), dans l'actuelle province du Liaoning, est un daoshi, et moine taoïste errant partiellement légendaire, spécialiste des arts martiaux internes (neijia), ayant vécu entre les Song et le début des Ming, . La tradition lui attribue la fondation de l’école d’arts martiaux du mont Wudang et, depuis le , l’invention du tai-chi-chuan, ce dont les historiens doutent fortement. C’est en tout cas un personnage populaire du folklore et des arts martiaux chinois, à propos de qui circulent de nombreuses légendes. Surnommé « Zhang Le souillon » (), il est souvent représenté en tenue de moine avec un chapeau de paille à large bord dans le dos.
Son surnom de Sanfeng signifierait « Trois pics » et viendrait selon la légende des sommets de Baoji dont la beauté l’aurait impressionné. Comme « pic » () est écrit sous sa forme simplifiée (丰), utilisée de nos jours plus souvent pour un autre caractère homonyme, « abondance » (), ce dernier remplace parfois « pic » dans certaines graphies.
Biographie-légende 170px|gauche|Zhang Sanfeng L’érudit Huang Zongxi () des Qing en fait un personnage de la dynastie Song, opinion reprise par les écoles de tai-chi, mais la plupart des sources le situent entre la fin des Yuan et le début des Ming, opinion majoritaire dans les écoles taoïstes. Certains ont envisagé l’existence de deux personnes distinctes - un spécialiste d’arts martiaux et un taoïste de la mouvance Quanzhen - à l’origine du Zhang Sanfeng de la tradition. Ce dernier aurait eu pour nom ou prénom social Junbao (君寶) ou Quanyi (全一), et serait originaire de Yizhou (懿州) au Liaodong (遼東), au sud-ouest de l’actuel xian de Zhangwu au Liaoning. Il aurait brièvement exercé une fonction publique près de l’actuel Anguo au Hebei, avant de devenir taoïste errantSelon l’Histoire des Ming.
Sa biographie est essentiellement légendaire. Il est décrit sous l’aspect fantastique d’un immortel se confondant avec la nature, invisible et unissant en lui les extrêmes : ses os sont ceux d’une grue et sa posture celle du pin, symboles de longévité ; il est aussi bien capable d’avaler une quantité incroyable de nourriture que de rester à jeun pendant de longues durées ; par trois fois, des empereurs envoyèrent des délégations à sa recherche pour l’inviter au palais, mais personne ne put jamais le trouverTaizu en 1391, Chengzu et Yingzong à l’ère Tianshun.
Il aurait ressuscité et appris des secrets alchimiques auprès de l’immortel du Dragon de feu (). Il aurait construit un ermitage sur le mont Wudang et aurait invité ses disciples à s’y installer, mais lui-même n’y resta pas et reprit sa vie errante vers le Sichuan, passant entre autres par les monts Qingcheng et Heming () visités jadis par Zhang Daoling.
Une variante de sa légende en fait un ancien moine de Shaolin, une autre un condisciple de Liu Bingzhong () (1216 — 1274), personnage politique important du début de la dynastie Yuan. La version qui le fait vivre sous les Song prétend qu’il défit à lui seul une centaine de bandits à la demande de l’empereur Huizong.
Il a été titré en tant que divinité par les empereurs MingTongweixianhua zhenren (通微顯化真人) en 1459, Daoguangshangzhi zhenxian (韜光尚志真仙) en 1486, et Feilongxianhua hongrenjishi zhenjun (飛龍顯化宏仁濟世真君) en 1623 par Xizong à qui il était apparu.. Son anniversaire divin est le du mois lunaire.
Postérité et lignée Un corpus assez important d’écritsDiscours du grand Dao (), Leçons directes sur le Mystère (), Chapitre du Mystère (), Arbre sans raçines (), entre autres lui est attribué, rassemblé dans l’Intégrale de Zhang Sanfeng () par Li Xiyue () des Qing, fondateur d’une secte importante qui prétendait avoir reçu de lui un enseignement secret. Ces textes ne sont pas directement liés aux arts martiaux, mais témoignent d’un taoïsme typique de la période post-Tang : emphase sur le travail du xing et du ming par l’alchimie interne, syncrétisme des Trois enseignements (Taoïsme confucianisme bouddhisme) et importance de la morale. On y trouve aussi une base théorique pour les pratiques sexuelles (yinyang shuangxiu ).
À partir des Ming de nombreuses sectes taoïstes se réclament de lui, mais c’est au qu’il est revendiqué comme ancêtre du tai-chi par Yang Luchan, Wu Yuxiang () (1812-1880) et Li Yishe (李亦畬) (1832-1892). Ce dernier le désigne dans sa Brève introduction au tai-chi comme inventeur de cet art vers la fin de la dynastie Song, opinion reprise par Yang Chengfu (1883-1936), petit-fils de Yang Luchan, dans l’Intégrale des exercices de tai-chi-chuan. Il aurait été inspiré par un combat entre un oiseau et un serpent. Certains en font aussi l’inventeur du style de la Grue blanche et de l’épée jiandao.
Selon les sectes taoïstes, il a hérité de la tradition des légendaires Huolong (), Mayi/Li He (), Liu Haichan (), Chen Tuan (). Selon les arts martiaux, il a pour héritiers Wang Zongyue, Chen Zhoutong, Zhang Songxi et Jiang Fa.
Culture populaire Il apparait dans le roman de Jin Yong L'Épée céleste et le sabre du dragon. L’auteur le fait naître sous les Song et reprend la légende de ses débuts au monastère de Shaolin. Il est également héros de films, téléfilms et feuilletons d’arts martiaux.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Wile, Douglas Lost T'ai-chi Classics from the late Ch'ing Dynasty (1996) State University of New York Press, Albany. Wong Shiu Hon Investigations into the Authenticity of the Chang San-Feng Ch'Uan-Chi: The Complete Works of Chang San-Feng Austrlian Natl Univ Faculty of Law () MARDAGA, Grégory, Zhang Sanfeng : Les légendes du mont Fuquan (2025), autoédition Amazon KDP.
Articles connexes Wushu Taijiquan Qigong Wudang quan Neidan
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