Paul Harter, né à Uckange le et mort à Forbach (Moselle) le , est un homme politique français.

Biographie Paul Harter est employé des Mines de la Sarre comme ingénieur avant et après 1945. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il préside la section de Forbach des Poilus d'OrientLe Lorrain, 8 décembre 1934, Ibid., 3 octobre 1932.

C'est un militant de l'Union républicaine lorraine, parti politique mosellan d'orientation sociale-chrétienne, au début des années 1930. L'URL est alors opposé aux partis de gauche et aux autonomistes du Parti chrétien-social de Victor Antoni. Il préside la réunion constitutive de la section de Forbach de ce parti en 1931Le Lorrain, 22 avril 1931. C'est qu'il préside le comité cantonal de ce partiLe Lorrain, 22 septembre 1931, Ibid., 19 mars 1930, Ibid., 17 novembre 1930.

Il est élu maire de Forbach en à la faveur d'une élection partielle, à la suite du décès du maire précédentLe Petit Journal, 5 novembre 1934., et réélu en 1935. Sa liste comprend deux royalistes, dont un militant royaliste notoire (Emile Frieden et Weyland, industriel) et un membre de la Solidarité française (Joseph Wack, mineur). C'est qu'il a voulu l'union des nationaux pour battre la gauche. Les 27 candidats de la liste sont élusEn revanche, Frieden s'est présenté aux législatives de 1936 et a refusé de se désister : Jean-François Colas, op. cit., , Le Lorrain, 27 avril 1935 . Il fonde avec les dirigeants locaux de l'URL et le rédacteur en chef du quotidien bilingue L'Echo de l'Est/Bürger Zeitung, Edouard HeiterNé à Forbach en 1872, il a été journaliste à la Forbacher Bürgerzeitung (1909-1914), puis il a été rédacteur en chef de La Libre lorraine/Lothringer Zeitung, l'organe de l'abbé Louis Hackspill (homme politique), jusqu'à son éviction en octobre 1923. L'Echo de l'Est est né d'une fusion de journaux en 1928. Candidat aux législatives en 1932, vice-président de la section de Forbach du Souvenir français, il a présidé en 1934 à Forbach une réunion de la Solidarité française. Il est inscrit au Carnet B en 1937. Sur son quotidien essentiellement germanophone, cf. Les journaux de Forbach de 1871 à 1939, dans Chroniques de Forbach et sa région, , François Roth, Le temps des journaux: presse et cultures nationales en Lorraine mosellane 1860-1940, Éditions Serpenoise, 1983 , un parti indépendant, le parti chrétien-national du progrès (Christlich-nationalen Fortschrittspartei). Son champ d'action se limite au canton de Forbach mais in ne s'agit pas d'un simple comité électoral car il tente de mettre en place des formes partisanes modernes : réunions de propagande, réunions mensuelles avec les militants, création d'un groupe de jeunes. Il revendique en Jean-François Colas, op. cit., .

L'année suivante, il est élu, dès le premier tour, député de la Moselle, dans la circonscription de Forbach, en tant que candidat des partis chrétiens (Parti chrétien-national et Parti chrétien-social de Victor Antoni et Antoine Straub), et avec l'appui des Croix-de-feu ainsi que des groupuscules royalistes et francistes, contre le sortant communiste dissident Victor Doeblé, un socialiste et un communiste Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002. Avec le soutien aussi du Bürger Zeitung, qui fait campagne contre le Front populaireBürger Zeitung, 22 avril 1926: ., du quotidien messin Le Lorrain, l'organe des catholiques francophonesLe Lorrain, 19 avril 1936. Et celui du groupement des catholiques du canton de ForbachLe Lorrain, 11 février 1936.

Il s'inscrit au groupe des Indépendants d'action populaire, qui regroupe de nombreux élus d'orientation chrétienne et sociale issus des régions de l'est de la France. En Moselle, il devient membre du comité du Front lorrain, opposé au Front populaire, et participe à des réunions publiques de ce groupementLe Lorrain, 11 mai 1937 ou à des réunions anticommunistes auxquelles prennent part les représentants locaux de tous les partis (PSF, PPF, parti chrétien social, Front lorrain), aux côtés d'Heiter et de Victor AntoniLe Lorrain, 14 septembre 1937. Il est cependant un opposant relativement modéré - il vote par exemple pour la loi instituant les et pour l'ordre du jour consistant à examiner le dossier militaire de Roger Salengro.

Le , Paul Harter vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain; vote qu'il justifie en 1945 par sa crainte de voir l'Alsace-Moselle arrachée de force à la France par les Allemands : Olivier Wieviorka, Les orphelins de la république; Destinées des députés et sénateurs français ( 1940-1945 ), Paris, Seuil, 2001, . Il rejoint sa mairie de Forbach mais il est expulsé de Moselle et spolié de ses biens en Ibidem, . Il se réfugie alors à Angoulême, jusqu'en 1945.

Il est relevé de son inéligibilité en 1945 par le jury d'honneurIbidem, . Il ne retrouve néanmoins pas de mandat politique après la Libération : il est battu aux municipales en 1945, comme candidat du MRP.

Bibliographie Jean Kieffer, « Paul Harter », dans Jean El Gammal (dir.), Les parlementaires lorrains de la république, Metz, Ed. Serpenoise, 2006, . Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002. , .

Notes et références

Voir aussi

Article connexe Liste des maires de Forbach

Liens externes

Les maires de Forbach de 1789 à 1945,

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