vignette|Un chandelier ou candélabre à trois branches en bronze.

Un chandelier est un objet qui sert de support à des chandelles, des cierges ou des bougies.

Chandelier désigne également un métier, c'est-à-dire l'artisan qui fabrique et vend des chandelles de suif.

Étymologie et sens « Chandelier » est un terme dérivé de « chandelle », qui apparaît en 1294 mais il signifie alors autre chose que de nos joursFrédéric Godefroy, Lexique de l'Ancien Français, Paris, 1971. « Chandelier » : Fête de la chandeleur / Officier préposé au soin des luminaires / Serf qui paye sa redevance en cire / Personne qui travaille à la chandelle.. À l'époque médiévale, l'ustensile destiné à recevoir des chandelles ()« Ustensile, instrument qui sert à mettre des chandelles, des cierges, ou des bougies pour éclairer », .Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie, Ed. CLD, Paris, 2001, se dit chandelis, et le fabricant de chandelles s'appelle chandillon, chandelon, chandillier ou chandilleur..

Il est à remarquer que « chandelier » et « candélabre » possèdent la même étymologie à travers le latin candelabrum.

De nos jours, on utilise parfois « chandelier » pour « candélabre » et même pour « lustre » suspendu « candélabre » et « lustre » ont, quant à eux, des sens spécifiques.

Par extension sémantique, il est désigné par « chandelier électrique » un appareil d'éclairage électrique en forme de chandelier et pourvu d'abat-jour, que l'on pose sur la tableLarousse ménager, 1926, p. 521.

Description et désignation vignette|gauche|redresse|Chandelier en bronze, , antiquité étrusque, Musée du Louvre. vignette|Hannoukia, Europe du Nord, 1808. On distingue le chandelier à verge (pique-cierge) du chandelier à bobèche. Pour l'un, on fiche le cierge sur une pointe, pour l'autre, on place la base de la bougieLe mot « bougie » apparaît au s. et provient de la ville de Bougie (Béjaïa) en Algérie d'où l'on importait la cire pour cierge. ou de la chandelle dans un petit vase qui la maintient, Article « Chandelier ».. Un chandelier peut porter une ou plusieurs bougies. Quand un chandelier à pied comporte plusieurs branches portant des bougies, on peut le nommer « candélabre »

Au , on appelait souvent « flambeau », Flambeau : p. 6 & 17. Terminologie, p.85 et Annexes/Nomenclature, p.14. le chandelier à pied de qualité portant une bougie de cire d'abeille. Ces flambeaux, quand ils sont l'ouvrage de grands orfèvres ou de grands bronziers, sont des objets d'art à part entière Flambeau, pp. 83-101 et p. 57. et ils se trouvent exposés dans les plus grands muséesExemple : Chandelier de Meissonnier au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Lire en ligne au même titre que les peintures et les sculptures.

L'un des principaux symboles du judaïsme est le chandelier à sept branches appelé menorah (« de la flamme ») dont la description se trouve dans le livre de l'Exode (25:31-40). Le chandelier à neuf branches est quant à lui appelé « hanoukkia » et sert au culte lors de Hanoucca, la « fête des lumières » célébrée en hiver par les Juifs.

Il est abusif de nommer « bougeoir » un chandelier à balustre, qui porte une bougie en hauteur. Un bougeoir est un chandelier bas comportant un petit vase porte-bougie directement fixé sur un petit plateau Bougeoir., qui se transporte au moyen d'un manche ou d'un anneau avec poucier ; c'est habituellement un chandelier de table de nuit, Bougeoir. Terminologie p. 65 et Annexes/Nomenclature, p. 5..

Chandelle vignette|Jeune fille lisant une lettre à la bougie, Jean-Baptiste Santerre, La chandelle est une sorte de bougie grasse fabriquée avec du suif par le chandelier qui transforme en combustible des graisses animales en les fondant, clarifiant, épurant puis en les moulant, le tout pour un faible coût, « Chandelle ». Terminologie p. 66 et Annexes/Nomenclature p. 12. / Duhamel du Monceau. Art du chandelier et art du cirier, 1762..

Cette chandelle en suif et plus tard, au , la bougie stéarique inventée par le chimiste Eugène Chevreul, ont été des moyens d'éclairage communs et relativement peu onéreux.

Tout au contraire, la bougie de cire d'abeille purifiée, beaucoup plus coûteuse, est longtemps restée l'apanage « de l'autel et du Louvre »Jean de La Bruyère, Les Caractères, "De la Ville", 22., c'est-à-dire de l'église, du roi et des plus riches : elle donne un meilleur éclairage, brûle plus lentement et ne dégage pas d'odeur désagréable. La cire d'abeille employée pour ces chandelles est parfois à distinguer de la cire utilisée pour les lettres et les sceaux composée d'une gomme laque fondue et colorée appelée « cire du Portugal ».

La chandelle de suif est fabriquée par un chandelier quand la bougie en cire est fabriquée par un cirier.

Forme vignette|200px|Chandelier en métal, église de Malchow (Allemagne) À partir du Moyen Âge, les chandeliers élaborés prennent souvent des formes en ronde-bosse de type anthropomorphe, zoomorphe, voire fantastique. Ceux d’église portent parfois des dragons qui sont un symbole de la victoire de la lumière sur l’esprit des ténèbres.

Matériaux Le métal (alliages cuivre, argent, étain, fer blanc), la céramique (faïence et porcelaine), le bois (chandeliers de Bagard, « Flambeaux de Bagard à Nancy (bois de Sainte Lucie) ».) et même le verre et le cristal, article « Chandelier » : « Il y en a de bois, de terre, de fayence, de verre, de porcelaine, d'étain, de cuivre, d'argent, et d'or ». sont employés dans la fabrication des chandeliers. Du , l’émaillerie limousine produit de remarquables chandeliers champlevés« Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France », 1976, Séance du 13 octobre, Marie-Madeleine Gauthier, Les Inscriptions des émaux champlevés limousins du : essai de classement chronologique.. Plus rarement, d'autres matériaux peuvent s'y allier comme le marbre pour le socle des chandeliers sur pied.

Mode d'éclairage Au , chandeliers et bougies sont d'abord concurrencés par les lampes à huile techniques à cheminée de verre (lampe d'Argand, lampe CarcelArgand et Carcel, du nom des inventeurs ou des fabricants de ces lampes.), puis par les lampes à pétrole, enfin par l'éclairage au gaz de ville. Au , avec l'arrivée progressive de la « fée électricité » dans les habitations, ces divers moyens d'éclairage vont définitivement céder la place aux lampes électriques à filament incandescent, plus propres, plus lumineuses et moins dangereuses.

De nos jours, les chandeliers, le plus souvent en métal, sont encore utilisés dans les régions où l'électricité n'est pas ou peu présente ainsi que dans la plupart des lieux de culte, où leur fonction spirituelle de « porteurs de lumière » demeure.

Certains chandeliers anciens sont convertis en lampes électriques. Ces transformations sont réalisées pour des raisons esthétiques mais aussi afin de rester en accord décoratif avec un mobilier d'époque.

Girandole vignette|160px|Girandole française en bronze doré, cristal, porphyre et marbre, La girandole (du latin gyrare, « tourner ») appartient au genre des chandeliers et à l'espèce des candélabres.

À la fin du , c'est un chandelier à pied comportant plusieurs branches disposées en pyramide, ordinairement garnies de cristaux ou de fleurs de porcelaine. Ce type de girandole accompagne le plus souvent des lustres dont elles sont la répétition lumineuse et décorative.

Dans la seconde moitié du , les girandoles peuvent aussi se présenter avec des branches simplement dorées disposées en bouquet. Elles sont alors montées sur un trumeau, dans un vase, ou, elles sont encore portées par une statuette« Déjà depuis longtemps, on ne garnit plus les cheminées que de girandoles. (…) Elles ne sont plus, comme autrefois, de cristal, attachées contre les glaces, et scintillantes aux yeux ; elles sont de cuivre doré d'or moulu, elles sont mises sur pieds, dans des vases de marbre noir, ou bleu, ou vert antique, (...) ou sur des colonnes, etc. » in ..

Selon leur importance, les girandoles peuvent être placées en applique contre les glaces, sur les cheminées, ou encore sur une table, un buffet, un guéridon, ou sur une torchère, Terminologie et Annexes/Nomenclature / . Article « Girandole » : "Chandelier composé de plusieurs branches et bassinets, qui aboutit en pointe, et qui a un pied servant à le poser sur des buffets ou de hauts gueridons. Il est ordinairement garni de plusieurs morceaux de cristal."/ / Musée du Château de Versailles, Dossier pédagogique enseignant « Les Grands Appartements », Salon de Mercure, et Salon d'Apollon, . Article « Guéridon », .Une torchère est un grand vase métallique dans lequel brûle une matière combustible pour produire de la lumière (torchère de la flamme olympique). Aux , les torchères sont de grands guéridons de bois doré qui portent en hauteur un luminaire amovible qui peut être un gros flambeau de cire à plusieurs mèches semblable à une grosse bougie ou un grand candélabre à plusieurs lumières (Salon Apollon du château de Versailles). Parfois, souvenir de l'époque médiévale, les torchères sont fixées en console sur les murs et ont alors souvent la forme d'une grosse corne à enroulement. Plus près de nous, la torchère, avec l'arrivée du gaz et de l'électricité, est devenue un lampadaire d'une seule pièce. Comme par le passé, elle continue d'éclairer de grandes salles..

Enfin, on nomme aussi parfois « girandole », un accessoire amovible du chandelier comportant deux ou plusieurs branchesIl s'agit d'« un flambeau d'argent à girandoles, à deux branches, dans le goût le plus nouveau; (…) extrêmement riche en ciselure et en gravure. » in .. Il s'agit alors d'un « bouquet » de lumières placé dans la bobèche du chandelier. Cet accessoire transforme un simple chandelier à pied en candélabre.

Pique-cierge 160px|vignette|Coulées de cire sur un pique-cierge. Un pique-cierge est un chandelier comportant une pique pour embrocher les bougies.

Les plus remarquables dans les églises catholiques sont le plus souvent destinés au cierge pascal (dénommé pied de cierge pascal).

Chandelier à « faire binet » 180px|vignette|Chandeliers à faire binet. il s'agit d'un type de chandelier où le binet est considéré comme un fond de chandelier réglable. C'est un chandelier à système qui permet de brûler la chandelle jusqu’au bout en la repoussant vers le haut du chandelier« Faire binet » signifiait : lever un bout de chandelle sur le haut du chandelier, afin qu'il se consume tout à fait. « C'est un avare qui a donné le bal, où les bougies étaient si courtes, qu'il a fallu faire binet. » ().. Au , la locution « faire binet » tombe en désuétude ; elle survit néanmoins aujourd'hui dans l'expression « Faire des économies de bout de chandelles ».

On distingue : Le chandelier à binet tournant sur une rampe hélicoïdale. C'est le plus rustique et le plus ancien. Il est constitué d'un fer forgé enroulé en spirale. Le fond du chandelier monte par rotation d'une prise dans une gorge en hélice laissée libre. Ce type de chandelier est parfois dit « queue de cochon » par les antiquaires. Le chandelier à binet coulissant. Il est composé de tôle étamée ou de laiton. Le fond du chandelier monte en coulissant une prise dans une fente verticale ouverte dans le fûtLe principe du binet à coulisse est longuement expliqué dans . Article « Chandelier », rubrique « Chandeliers d'ateliers ». Le chandelier à binet repoussé par un ressort. Il s'agit là d'un luminaire technique de scène de théâtre en fer laqué comportant un petit réflecteur étamé en demi-lune et d'un ressort grâce auxquels la flamme peut toujours rester à hauteur pour éclairer convenablement en direction de la scène. Ce type de chandelier deviendra ensuite très commun en tant que luminaire de lanterne de fiacre.

Chandelier mural vignette|gauche|Chandelier mural (aujourd'hui électrifié), s., théâtre Bamberg.