L’albergement est un contrat féodal par lequel un paysan recevait d'un seigneur une terre pour une longue période moyennant une redevance annuelle, appelée introge... Cette forme de tenure était l'équivalent d'une location ou bail emphytéotique ou emphytéose..
Ce terme était essentiellement utilisé au Moyen Âge dans le Dauphiné et en Savoie. Les bénéficiaires d'un albergement pouvaient être appelés les « albergers ».
Étymologie L'historien Pierre Duparc note, dans son article « Les tenures en hébergement et en abergement », que les deux termes sont apparus tous deux au plus tôt vers le , trouvant leur formation dans les verbes « heberger - esbergier » et « haberger - abergier ».. La racine de ces mots est germanique avec un sens de « loger » ou « camper ».. Ces mots connaîtront un certain nombre de dérivés selon les régions et notamment dans le sud-est où il prendra la forme de « albergum » et notamment le « sens de maison, famille, tènement et même de fief, seigneurie »..
Les historiens et époux Leguay indiquent que le terme d'« albergement » se distingue de celui de « abergement » ou « hostice ». Il semble être l'équivalent d'albergum mais avec un « sens d'exploitation ou de famille » comme en Savoie ou en Suisse. Le comtois, Théophile Perrenot, publie en 1942 un livre sur La toponymie burgonde dans lequel il indique : « Hariberga (...). En Burgondie, le mot est devenu abergamentum, puis abergement, albergement, fréquent dans le Doubs, le Jura, la Côte-d'Or, l'Ain, la Suisse romande ».
Sens dérivé En Savoie, l'albergement avait aussi un autre sensMadeleine Lazard dans Les avenues de Fémynie, éd. Fayard, octobre 2001, 419 pages, il désignait une coutume qui dans la société paysanne donnait faculté aux jeunes filles d'accueillir (alberger) dans leur lit un garçon de leur choix venu leur rendre visite un samedi ou jour de fête, le consentement parental étant très généralement acquis. S'en remettant à la loyauté de leurs partenaires, elles devaient garder leur chemise et (en principe) exiger la promesse que serait respectée leur vertu..
Dans ce sens, l'« albergement » a la même racine que les termes « hébergement » et « auberge » dans le sens « maison ».
Des usages similaires avaient cours notamment en Bresse (« taboulage »), dans le pays de Montbéliard, dans le pays de Vaud, dans le Marais vendéen (« maraîchinage »), en Suisse alémanique (Kiltgang) et plus généralement dans les pays allemandsÀ l'époque de la Renaissance, l'écrivain Noël du Fail rapporte que , cité par Scarlett Beauvalet, dans son Histoire de la sexualité à l'époque moderne (2010), Lire en ligne. et scandinavesScarlett Beauvalet, Histoire de la sexualité à l'époque moderne, éd. Armand Colin, 2010, 320 pages..
Pour ce qui est de l'« albergement » savoyard, l'Église catholique en fit un motif d'excommunication en 1609, mais il fallut encore deux siècles avant qu'il soit définitivement éradiqué, au début du Robert Wheaton et Tamara K. Hareven, Family and Sexuality in French History, University of Pennsylvania Press (1998), .
Voir aussi Bibliographie
Abergement de Guillaume de la Sarraz en faveur de Jean Secrestain, d'Orny, du (transcrit de l'original latin par Louis Junod et trad. en français par Roger Grand), [Lausanne] : [s. n.], .
Articles connexes Amodiation Amodiateur
Notes et références Notes
Références
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