Le de tirailleurs tunisiens () est un ancien régiment d'infanterie de l'Armée d'Afrique, appartenant à l'armée de terre française. Héritier du de marche de tirailleurs constitué au début de la Première Guerre mondiale, il se distingue sur le front français entre 1914 et 1918, puis participe à la guerre du Rif de 1925 à 1926. Il est engagé en France en 1940 lors de la bataille de France et est dissous en juin de la même année.
Historique
Première Guerre mondiale
Le de marche de tirailleurs () est constitué en à partir des et du régiment de tirailleurs indigènes, au sein de la d'infanterie. Renuméroté de marche de tirailleurs algériens au début de 1915, il est rejoint par le du même régiment en et reprend son numéro 8 le Historique du régiment de marche de tirailleurs. Campagne 1914-1918 : , et bataillons du régiment de tirailleurs indigènes, Bizerte, Imprimerie française...
Le régiment reste au sein de la d'infanterie jusqu'en , avant de passer dans la d'infanterie.
Le RMT participe aux premiers combats de la bataille des Frontières en 1914, puis à l'attaque du plateau de Craonne en septembre et aux opérations sur l'Yser en Belgique.
En 1916, il est engagé dans la bataille de Verdun, notamment sur la cote 304 de mai à juillet, puis à Fleury en août. Il participe en octobre à la reprise du fort de Douaumont, puis combat à Vacherauville et Bezonvaux en décembre.
En 1917, le régiment participe aux combats du Chemin des Dames et à la bataille de la Malmaison.
En 1918, il est engagé notamment à Orvillers-Sorel en mars, puis à Longpont et Parcy-et-Tigny en juillet, à Carlepont en août et septembre, et enfin en Thiérache en octobre. Il participe aux combats de Mont-d'Origny, qui lui valent sa cinquième citation à l'ordre de l'armée.
À l'issue de la guerre, le régiment est titulaire de cinq citations à l'ordre de l'armée, qui lui valent la Croix de guerre 1914-1918 avec cinq palmes et la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire, obtenue en .
De 1920 à 1925
Le RMT est transformé en de tirailleurs tunisiens par décision ministérielle du 10 décembre 1919, avec effet au . Le régiment recueille alors le drapeau et les titres de guerre du RMT ; le même processus conduit, la même année, à la reconstitution en Tunisie d'un régiment-souche distinct, le RTT, si bien que les deux unités descendent d'une même formation de 1914, le en étant l'héritier au titre du régiment de marche.
Constitué à l'armée du Rhin, le régiment tient garnison en Rhénanie au titre de l'occupation jusqu'en 1925.
En octobre 1924, il prend temporairement le nom de de tirailleurs nord-africains (), avant de reprendre, en février 1926, celui de de tirailleurs tunisiens ().
Guerre du Rif (1925-1926)
Alors qu'il tient garnison en Rhénanie au titre de l'occupation, le régiment reçoit l'ordre de rejoindre le Maroc afin de renforcer les troupes françaises engagées contre la révolte d'Abd el-Krim lors de la guerre du RifL'inscription portée au drapeau et la désignation officielle de la campagne retiennent « Maroc 1925-1926 ». Jean Bournizeau intitule toutefois son étude « 1925-1927 », le régiment ne regagnant la métropole qu'au printemps 1927..
Parti d'Allemagne le , il débarque à Marseille, puis à Casablanca entre le 9 et le 12 août. Il gagne ensuite le secteur d'Ouezzane, où il est engagé au sein de la division d'infanterie. À son arrivée au Maroc, le régiment est commandé par le colonel Eugène Vanbremeersch. Le 25 août, le commandement passe au colonel Benoît DétangerJean Bournizeau, « Les tirailleurs tunisiens dans la guerre du Rif », Revue historique des armées, , 1987, (lire en ligne)..
Au début du mois de septembre, les et bataillons enlèvent le massif d'Issoual. La position est conquise le 5 septembre, puis tenue malgré plusieurs contre-attaques rifaines. Appuyés par des chars, les tirailleurs s'emparent de Bab Hoceine le 12 septembre. Cette journée coûte au régiment sept tués et trente-quatre blessés.
Le régiment occupe ensuite plusieurs postes, notamment Issoual, Bab Hoceine, Oued Hamrine et Teroual, durant l'hiver 1925-1926.
vignette|Carte des différentes tribus concernées.
Après novembre 1925, le RTT est le seul régiment de tirailleurs tunisiens maintenu au Maroc. Au printemps 1926, il reprend l'occupation du pays des Beni Mestara, puis, durant l'été, combat chez les Beni Zeroual et les Beni Mestara. Son bataillon est également engagé dans le Moyen Atlas, sur le massif du Tichchoukt.
Le combat d'Aïn Ghtar, les 23 et 24 juin 1926, occasionne plusieurs tués et blessés dans les rangs du régiment. Le 14 juillet 1926, le drapeau du régiment et deux de ses sections défilent à Paris. Le 15 août, le lieutenant-colonel Edmond Poupillier prend le commandement du régiment.
À l'automne 1926, le régiment participe à la réduction de la tribu des Guezaoua, au nord-est d'Ouezzane. Le poste de Kechachda, évacué le 28 septembre, est repris le 3 octobre.
Après un hiver marqué par des opérations de surveillance et des harcèlements, le régiment regagne progressivement la métropole entre janvier et mars 1927. Il se rassemble au camp de Sathonay au début du mois d'avril.
Ses pertes pendant la campagne sont estimées à une quarantaine de tués et environ 130 blessés. Le bataillon est cité à l'ordre de l'armée et la compagnie reçoit sur son fanion l'inscription « Issoual ». Le droit d'inscrire « Maroc 1925-1926 » sur le drapeau du régiment lui est accordé en 1927.
De 1927 à 1939
À son retour du Maroc, le régiment tient garnison à Sathonay, Chambéry, Valence et Bonifacio. À partir de 1938, il est stationné dans la région de Montélimar.
Seconde Guerre mondiale
En 1939, avant la mobilisation générale, le RTT est stationné dans la région de Montélimar. Il appartient à la d'infanterie nord-africaine.
Lors de la mobilisation, la division est placée sous les ordres du colonel Fernand Arnault de la Ménardière, puis le régiment est commandé par le lieutenant-colonel Joseph Raymond Trabila à partir de décembre 1939.
Le RTT est engagé dans la bataille de France au printemps 1940, notamment lors des combats de la Meuse. Le lieutenant-colonel Trabila est tué le 20 mai 1940 et reçoit la mention Mort pour la France.
Le régiment est finalement dissous en juin 1940, après la défaite française.
Chefs de corps
octobre 1920 - octobre 1921 : lieutenant-colonel Claude Dufoulon octobre 1921 - août 1925 : colonel Eugène Vanbremeersch août 1925 - juin 1926 : colonel Benoît Détanger août 1926 - mars 1927 : lieutenant-colonel Edmond Poupillier avril 1927 - mars 1929 : colonel Jean Giraud mars 1929 - septembre 1931 : colonel François Dupont septembre 1931 - avril 1934 : colonel Pierre de Person avril 1934 - avril 1937 : colonel Louis Coustillière septembre 1937 - décembre 1939 : colonel Fernand Arnault de la Ménardière décembre 1939 - mai 1940 : lieutenant-colonel Joseph Raymond Trabila (mort pour la France)
Drapeau du régiment
vignette|Dessin du revers du drapeau du , avec les inscriptions réglementaires.
Formé sur la base du RMT, le régiment conserve d'abord le drapeau que celui-ci avait porté sur le front — décoré de la Croix de guerre à cinq palmes et de la fourragère de la Médaille militaire — jusqu'à la remise d'un drapeau neuf, à son propre numéro, en 1923.
Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantesDécision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007. :
Verdun 1916 La Malmaison 1917 L'Avre 1918 Mont d'Origny 1918 Maroc 1925-1926
Décorations
La cravate du drapeau est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 avec cinq palmes, correspondant à cinq citations à l'ordre de l'armée.
Le régiment est également titulaire de la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire.
Devise
Plaise à Dieu
Notes et références
Notes
Références
Sources et bibliographie
Jean Bournizeau, « Les tirailleurs tunisiens dans la guerre du Rif », Revue historique des armées, , 1987, (lire en ligne). Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique. 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994. Éric de Fleurian, Historique sommaire du régiment de tirailleurs tunisiens, les-tirailleurs.fr (lire en ligne). Robert Huré, L'Armée d'Afrique : 1830-1962, Paris, Charles-Lavauzelle, 1977. Historique du régiment de marche de tirailleurs. Campagne 1914-1918 : , et bataillons du régiment de tirailleurs indigènes, Bizerte, Imprimerie française.
Articles connexes
4e régiment de tirailleurs tunisiens 8e régiment de tirailleurs tunisiens Histoire de la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale Guerre du Rif Tirailleur Troupes d'Afrique
Liens externes
Marche des tirailleurs Chant des Africains Insigne du RTT
TIR TUN, 028 028 Catégorie:Unité militaire française dissoute Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1940