Le lycée César-Baggio, du nom de la personne qui a permis sa fondation, est un lycée d'enseignement général, technologique et professionnel de la ville de Lille situé dans le quartier de Moulins. Le bâtiment est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1997.
Indicateurs académiques Classement du Lycée En 2015, le lycée se classe sur 99 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et 1590 au niveau nationalClassement Départemental et National des lycées français. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)Méthodologie du classement national des lycées français.
Classements des CPGE Le classement national des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se fait en fonction du taux d'admission des élèves dans les grandes écoles. En 2015, L'Étudiant donnait le classement suivant pour les concours de 2014 : Filière Élèves admis dansune grande école* Tauxd'admission* Taux moyensur 5 ans Classementnational Évolutionsur un an PSI / PSI* Classement 2015 des prépas PSI 1 / 49 élèves 2 % 2 % ex-æquosur 120 33 PT / PT* Classement 2015 des prépas PT 6 / 60 élèves 10 % 11 % ex-æquosur 62 3Source : Classement 2015 des prépas - L'Étudiant (Concours de 2014).* le taux d'admission dépend des grandes écoles retenues par l'étude. En filières scientifiques, c'est un panier de 11 à 17 écoles d'ingénieurs qui a été retenu par L'Étudiant selon la filière (MP, PC, PSI, PT ou BCPST).
L'école pratique d'industrie de Lille Dès le début du , des cours professionnels sont assurés au sein des Écoles académiques de Lille créées en 1755, rue des Arts et rue du Lombard, où une école primaire supérieure est établie en 1836, suivie par l'École des arts industriels et des mines en 1854.
Ce n'est que trois ans après la mort de César Baggio, que le projet de création d'une école pratique d'industrie est repris par la municipalité du maire socialiste Gustave Delory. Charles Debierre, maire adjoint à l'Instruction publique, propose la création d'une école, à l'image de celles de Paris : les écoles Diderot (1872), École Boulle (1886) et École Estienne (1886). Les buts sont simples : lutter contre l'apprentissage, qui se résume souvent à une surexploitation des enfants et donner une qualification professionnelle aux fils de la classe ouvrièreCf. Leclercq I. et Bocquet C., 2004, Lille d'antan: lille à travers la carte postale ancienne, HC éd., 104 p., p. 57, ..
En , le ministère du Commerce et de l'Industrie autorise la création de l'école, qui ouvre un an plus tard le . Le le ministre du Travail Alexandre Millerand inaugure les locaux de la rue Racine, qui abrite aujourd'hui la mairie annexe du quartier de Wazemmes.
27 élèves sont inscrits en 1899. Trois sections sont ouvertes : le bois, le fer et le livre pour former à 12 professions : forge, ajustage, tours sur métaux, menuiserie, ébénisterie, typographie, lithographie, gravure, photographie, phototypie, électricité et mécanique industrielles sont enseignés à l'école Baggio. Le bâtiment est le premier établissement scolaire lillois à être équipé de l'éclairage électrique dès . Victor Bertrand, licencié ès sciences physiques et mathématiques, est le premier directeur nommé le . Son salaire est fixé à F alors que celui d'un professeur est de F et celui d'un maître-adjoint de F.
Les élèves suivent une scolarité de 3 ans de 12 à 15 ans. La semaine de classe dure 45 heures la , 48 heures la et 51 heures la . 28 à 31 heures sont consacrées à l'atelier. L’école abrite par ailleurs les cours du soir.
Après la Première Guerre mondiale, la croissance des effectifs impose l'ouverture de l'annexe Saint-Venant, rue des Sarrazins. Dès le début des années 1930, le succès de l'établissement est tel qu'il faut envisager de construire un bâtiment beaucoup plus vaste qui puisse accueillir d'une part les sections industrielles et d'autre part les sections commerciales.
Baggio dans le quartier Lille-Moulins
Lille était construite sur des marécages en particulier le quartier du Vieux-Lille. Lille était entourée de moulins, surtout situés à Esquermes et au faubourg des moulins qui deviendra en 1833 la commune de Moulins (Moulins-Lille en 1849), laquelle sera annexée en 1858. Au , Moulins est appelé Faubourg des malades, du fait de la présence d'une maladrerie, qui remontait au . Elle fut installée dans ce secteur afin d'écarter les malades de l'enceinte de la vieille ville. Un relief légèrement plus élevé à cet endroit, donc plus exposé au vent, ainsi que sa situation au sud-est, laissait penser que les vents dominants d'ouest éloigneraient les maladies à l'opposé de la ville, afin de réduire les risques de contagion. Quand le Premier Consul entra, en 1808, dans Lille par la porte des malades, il admira les 277 moulins à huile, hautes tours de maçonnerie supportant de grandes ailes garnies de toiles rouges ou simples maisonnettes en bois montées sur pivot. C'était le pays des « olieux » ou fabricants d'huile, fins observateurs des vents.
Néanmoins, c'est avec l'industrie que le quartier connaît son essor. Dès 1830, quelques industriels lillois - Courmont, Leblan et Wallaert - se sentent à l'étroit dans l'enceinte fermée de la cité lilloise. Ils achètent des terrains militaires, obtiennent la création de la commune de Moulins en 1833 et tracent les principaux axes du quartier : la place Déliot, la rue de Trévise et les rues adjacentes. Ils font construire par l'architecte Charles Benvignat l'église Saint-Vincent-de-Paul aujourd'hui disparue. La fusion avec Lille accélère l'occupation du secteur, qui devient à la fois l'un des plus industriels de la ville et l'un des plus insalubres. Les fabriques de coton et de lin suscitent le développement des entreprises de mécanique qui assurent la fabrication et l'entretien des machines à vapeur. Les ouvriers affluent des campagnes du Nord, du Pas-de-Calais mais aussi de Belgique. L'agitation grandit avec les difficultés sociales. En 1891, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, est arrêté après les émeutes du Premier Mai à Fourmies. Le parti ouvrier français le fait alors élire triomphalement député de la circonscription. Lille-Moulins, surnommé le Belleville lillois, devient alors le siège des organisations ouvrières. La coopérative l'UnionLes espaces de sociabilité s'installe dans la rue d'Arras en 1902, dans le premier bâtiment en béton armé de l'agglomération. Pendant la Première Guerre mondiale, l'explosion du dépôt de munitions des Dix-Huit-Ponts, porte de Valenciennes détruit une grande partie du quartier jusqu'à la porte d'Arras. Après la guerre, les grandes usines et les courées sont reconstruites à l'identique. La destruction du rempart, à partir des années trente, ouvre à l'urbanisation de larges espaces, sur lesquels sont édifiés l'école de plein airLes écoles de plein air (1925), l'observatoireLaboratoire d'Astronomie de Lille (1932), l'institut Diderot (1938), les bains-douches et le jardin botaniqueSite officiel de la mairie de Lille : Le jardin des plantes (1948). Dans les années 1960, une ceinture d'HLM est édifiée pour faire face aux problèmes de la pénurie de logements.
De l'institut Diderot au lycée Baggio
Le lycée César-Baggio est l'image du progrès technique et architectural des années 1930. À l’origine, l'établissement prend le nom d'Institut Diderot, car il réunit d'une part l'école primaire supérieure Benjamin-Franklin et d'autre part l'école pratique d'industrie César-Baggio. Il est l'un des éléments du vaste plan d'urbanisme conçu en 1930-1931 par Roger Salengro, maire de Lille. Le projet est adopté en 1934 ; les travaux commencent en 1936 et le bâtiment est inauguré en 1938. L'ensemble se divise en deux parties distinctes : l'école théorique, tournée vers le sud, et l'école pratique orientée au nord. L'ensemble est marqué par le style Art déco : utilisation des briques vernissées, de lignes géométriques qui soulignent le retour à un certain classicisme architectural. Le décor de la façade et de la grande entrée est constitué d'étoiles et de soleils aux formes géométriques, qui évoquent la lumière et la raison et où l'on perçoit l'influence du compagnonnage et de la franc-maçonnerie. Deux ailes assurent la liaison entre les deux écoles, mais l'une d'entre elles a été partiellement détruite lors du bombardement de . L'école théorique, longue de 158 mètres, rappelle les anciens remparts qui passaient au même endroit que le lycée, et son entrée imposante n'est pas sans rappeler les portes de la ville. L'école pratique, située en face du bâtiment théorique, le long du boulevard d'Alsace, ressemble à une usine.
La construction aux abords du lycée d'un nouveau bâtiment en 1982 a permis le déplacement de l'hébergement (restauration scolaire et internat), de l'administration et la création d'un internat. Un nouveau bâtiment a été construit au sein même de la cour en 1986 pour les enseignements technologiques.
Pourquoi Denis Diderot ?
Denis Diderot est né à Langres dans une famille aisée. Il est un élève brillant mais indiscipliné des jésuites. Il abandonne ses études de droit pour mener une vie de bohème à Paris à partir de 1735.
Il écrit différents ouvrages philosophiques : La lettre aveugle, Le Rêve de d'Alembert et Le supplément au voyage de Bougainville. Dramaturge, il compose Le Fils naturel et Le Le Père de famille. Mais ce sont ces romans qui demeurent aujourd'hui ses œuvres les plus accomplies : Les Bijoux indiscrets, La Religieuse, Jacques le fataliste et Le Neveu de Rameau.
De 1745 à 1772, il déploie toute son énergie à la réalisation de l'Encyclopédie, qui comporte 17 volumes de texte et 11 volumes de planche. Pour réaliser une œuvre aussi gigantesque, Diderot mobilise les meilleurs spécialistes de chaque discipline et les plus grands écrivains de son temps. « Il faut fouler aux pieds toutes ces vieilles puérilités, renverser les barrières que la raison n'aura point posées, rendre aux sciences et aux arts une liberté qui leur est si précieuse…». Son audace lui vaut l'hostilité du pouvoir.
Charles-Joseph Panckouke, issu d'une famille d'imprimeurs lillois, est l'un des éditeurs de l'Encyclopédie de Diderot à la fin du .
Lorsqu'il faut donner un nom au nouvel établissement qui réunit, en 1938, l'école pratique Baggio et l'école primaire supérieure Franklin, le nom de Denis Diderot s'impose à la fois comme éditeur de l'un des ouvrages les plus prestigieux qui soit imprimé au et comme l'un des Philosophes des Lumières qui doivent éclairer le monde.
L'architecte de Baggio : Jacques Alleman
thumbnail|right| Médaillon au plafond
Jacques Alleman est né le à Bordeaux. Il fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Paris jusqu'en 1909, puis il réside à Lausanne jusqu'en 1914 où il est mobilisé suivant le décret du . Il sert aux armées de 1915 à 1919. Le il est démobilisé. Sergent de réserve dès 1906, il reçoit la croix de guerre, la médaille de la victoire et la médaille commémorative, pour ses actions héroïques pendant la Grande Guerre.
Il s'installe alors dans le Pas-de-Calais à Béthune puis à Nœux-les-Mines, région dans laquelle il a combattu et où il se marie avec Germaine Lafon, dont il a deux enfants.
Il participe à la reconstruction de Béthune. On lui doit particulièrement l'hôtel de ville de Béthune, le palais de Justice et un certain nombre de maisons particulières de la Grand Place. Il adopte un style régionaliste et expressionniste. Il obtient plusieurs médailles à l'exposition des Arts décoratifs de Paris, qui lance le style du même nom. Son œuvre est toujours marquée par une symbolique ésotérique, inspirée par la franc-maçonnerie.