Bath est une ville du comté de Somerset, au sud-ouest de l'Angleterre. Elle se situe à à l'ouest de Londres et à au sud-est de Bristol, et compte . La reine lui a accordé le statut de cité par charte royale en 1590 et la ville fut faite county borough en 1889, ce qui lui donna l'indépendance administrative par rapport au comté du Somerset. Elle est rattachée au comté d'Avon, un district non-métropolitain, lorsqu'il est créé en 1974. Depuis 1996, l'année où le comté d'Avon a été supprimé, Bath est le centre principal de l'autorité unitaire de Bath et du nord-est du Somerset (B&NES).
En 50 ap. J.-C., les Romains fondèrent la ville pour en faire un lieu thermal qui s'appelait en latin Aquae Sulis (« les eaux de Sulis »). Cependant, la tradition orale semble suggérer que Bath était connue avant cette date. Ils construisirent des bains et un temple dans les collines aux alentours de la ville, dans la vallée de l'Avon autour de sources chaudes. Edgar d'Angleterre fut proclamé roi à l'abbaye de Bath en 973. Bien plus tard, la ville devient populaire en tant que station thermale pendant l'époque georgienne qui conduit à une importante expansion, laissant un important héritage architectural fabriqué avec la pierre de la région.
La ville de Bath est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987. Elle compte une diversité de théâtres, musées et autres lieux culturels et sportifs, ce qui a aidé à faire de la ville un haut lieu du tourisme, avec, par an, plus d'un million de visiteurs qui font de longs séjours, et plus de qui ne restent que pour la journée. On trouve à Bath deux universités et plusieurs écoles et établissements secondaires. On y trouve aussi un important service tertiaire ; les industries de l'informatique et de la création se développent et fournissent du travail aux habitants de Bath et sa région.
Histoire Périodes celte et romaine vignette|gauche|alt=Photograph of the Baths showing a rectangular area of greenish water surrounded by yellow stone buildings with pillars. In the background is the tower of the abbey.|Le Grand Bain des thermes de Bath. Toute la structure au-dessus du niveau des piliers de base date d'une reconstruction plus récente. Des recherches archéologiques démontrent que le site de la principale source des thermes de Bath était considéré comme un lieu saint par les Celtes, et était dédié au culte de la déesse Sulis que les Romains identifiaient à Minerve. Cependant, le nom de Sulis continua d'être employé même après l'invasion romaine et donna le nom dAquae Sulis à la ville (littéralement, « les eaux de Sulis »).. Des messages qui lui était destinés inscrits sur du métal, plus connu sous le nom de tablette de défixion, ont été retrouvés près de la Source sacrée par des archéologues. Ces tablettes étaient écrites en latin, et servaient à lancer des malédictions aux gens qui avaient offensé la personne jetant le sort. Par exemple, si un citoyen s'était fait voler ses vêtements aux bains, il écrivait une malédiction en nommant les suspects sur une tablette qui serait par la suite lue par la déesse Sulis Minerve. vignette|Grand Bain de Bath vu d'en bas. Date du 25 juillet 2018. Le temple fut construit entre 60 et 70 ap. J.-C., et le complexe thermal petit à petit pendant les trois cents années suivantes. Pendant l'occupation de l'Angleterre par les Romains, et peut-être sur les ordres de l'empereur Claude, des ingénieurs mirent des piles de chênes dans la boue afin de rendre les fondations stables et entourèrent la source irrégulièrement d'une chambre en pierre doublée de plomb. Au , la source fut entourée par un bâtiment en voûte en berceau fait en bois, qui abritait le caldarium (bain chaud), le tepidarium (bain tiède) et le frigidarium (bain froid). Des murs défensifs furent ajoutés à la ville, probablement vers le . Après le retrait des troupes romaines, dans les premières décennies du , les bains se délabrèrent et furent finalement perdus à cause de l'ensablement.
Périodes post-romaine et saxonne vignette|alt=A vertical inscribed stone rising from gras with treest in the background.|redresse|La pierre runique de Nävelsjö (Suède) commémorant la mort d'un Viking à Bath. Les environs de Bath sont identifiés par Montmouth comme le lieu de la bataille du mont Badon (vers l'an 500) où le roi Arthur est censé avoir vaincu les Saxons, bien que cela soit contesté. La Chronique anglo-saxonne mentionne que Bath tombe aux mains des Saxons en 577, après la bataille de Dyrham. Il se peut que le poème anglo-saxon, connu sous le nom de The Ruin (La Ruine), décrive l'aspect du site romain de l'époque. En 675, Osric des Hwicce, roi des Hwicce, mit en place une maison monastique à Bath, en utilisant sûrement les murs de la ville comme enceinte. Nennius, historien du , parle d'un « lac chaud » dans la contrée de Hwicce, qui se trouvait le long de la Severn, et ajoute : « Il est entouré par un mur fait de brique et de pierre, et les hommes peuvent aller s'y baigner quand ils le souhaitent, et n'importe quel homme peut prendre le bain qu'il aime. S'il le désire, son bain sera froid ; et s'il veut prendre un bain chaud, alors il sera chaud« It is surrounded by a wall, made of brick and stone, and men may go there to bathe at any time, and every man can have the kind of bath he likes. If he wants, it will be a cold bath; and if he wants a hot bath, it will be hot ». » Bède décrit aussi les bains chauds dans son introduction de l'''Histoire ecclésiastique du peuple anglais dans des termes très similaires à ceux de NenniusCampbell et al., The Anglo-Saxons, pp. 40–41.. Le roi Offa de Mercie prit le contrôle du monastère en 781 et y construisit une église dédiée à saint Pierre. Dès le , le schéma des vieilles rues romaines n'existe plus et Bath devient une possession royale avec le roi Alfred le Grand qui conçut de nouveau la ville, laissant le quartier sud-est comme enceinte de l'abbaye. Edgar d'Angleterre est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Bath en 973. Les Anglo-Saxons appelaient la ville Baðum, Baðan ou Baðon, ce qui veut dire aux bains, et c'est de là que vient le nom actuel de la ville.
Périodes normande, médiévale et de la maison Tudor alt=Yellow stone building with large arched windows and a tower.|vignette|gauche|L'abbaye de Bath. Le roi céda la ville à un médecin royal, Jean de Tours, qui devint évêque de Wells et abbé de Bath en 1088. C'était une règle papale qu'un évêque soit transféré à des sièges en ville, et il déplaça le sien de Wells à BathHuscroft, Ruling England, .. Il élabora et commença la construction d'une église beaucoup plus grande que sa cathédrale à laquelle était rattaché un prieuré, avec l'évêché à côté. De nouveaux bains furent construits autour des trois sources. Cependant, les évêques suivants transférèrent à nouveau leur siège épiscopal à Wells, tout en gardant le nom de Bath dans leur titre : l'évêque de Bath et Wells.
À partir du , l'abbaye-église de Bath est en très mauvais état et a besoin d'être réparée. , évêque de Bath et de Wells, décide en 1500 de la reconstruire à une échelle plus petite. La nouvelle église fut terminée seulement quelques années avant que le prieuré de Bath ne soit dissous en 1539 par . La restauration de l'abbaye-église débuta avec l'ère élisabéthaine et devint l'église paroissiale. La ville connut un renouveau en tant que station thermale. Les thermes de Bath furent améliorés et la ville commença à attirer l'aristocratie.
Début de l'époque moderne vignette|alt=Semicircular terrace of 3 story buildings with matching windows and roofs, stone bands run the length of the terrace.|droite|The Circus. Pendant la Première Révolution anglaise, le , la eut lieu au nord de la périphérie de la ville. , étudiant en chimie et en médecine au Wadham College d'Oxford, emménagea à Bath et y ouvrit un cabinet en 1688. Il s'intéressa aux propriétés curatives des eaux et écrivit le Traité sur Bath et ses eaux. Et quelques questions sur la nature de l'eau, en 1676. Cet écrit attira l'attention du pays sur les propriétés bienfaisantes de ces eaux minérales et chaudes. Bientôt, l'aristocratie commença à affluer dans la ville pour en profiter. vignette|gauche|alt=Aerial photograph of semicircular terrace of stone buildings with large expanse of grass in front and to the left. Also shows surrounding terraces of buildings.|Le Royal Crescent vu du ciel : les goûts architecturaux de l'ère géorgienne ont favorisé la régularité des rues et des places de Bath, provoquant un contraste flagrant avec la nature. Quelques quartiers de la ville se développèrent pendant le règne des Stuarts, et encore plus pendant l'époque georgienne, en réponse au nombre croissant de visiteurs, ce qui demandait plus de logements. Les architectes John Wood l'Aîné et son fils, John Wood le Jeune, conçurent de nouveaux quartiers avec des rues et des places aux façades identiques donnant une sensation de grandiose étendue mêlée à un décorum classique. La majeure partie de la pierre de Bath, de couleur or-crème, qui a été utilisée pour la construction de la ville, fut extraite des mines de Combe Down and Bathampton Down Mines, propriété de Ralph Allen (1694-1764). Afin de faire de la publicité mettant en valeur la qualité de la roche calcaire qu'il extrait, Allen chargea John Wood l'Ancien de lui construire une maison de campagne dans sa propriété de Prior Park entre la ville et la ville. C'est aussi lui qui a amélioré et étendu le service postal de l'ouest de l'Angleterre, dont il a détenu le contrat pendant quarante ans. Bien que la politique ne fut pas sa passion, Allen avait un grand sens civique et fut membre de la Bath Corporation durant de nombreuses années. En 1742, à 50 ans, il devient maire de la ville pendant un mandat.
Au début du , le premier vrai théâtre, Bath Theatre à Orchard Street, était géré par John Palmer (1742-1818) qui attirait les plus grandes stars de la scène du tels que (1747-1785), Mme Siddons (1755-1831) et Mme Abington (1737-1815). Palmer persuada le roi d'accorder des lettres patentes à son théâtre, faisant de ce dernier le Theatre Royal, Bath, premier théâtre provincial à être honoré de la sorte, distinction qu'il ne partagea toutefois qu'avec Covent Garden et Drury Lane. Thomas Gainsborough réalisa le portrait de John Palmer vers 1775. Il est aujourd'hui conservé au Philadelphia Museum of ArtNotice du Philadelphia Museum. À cette époque, Bath avait également le Grand Pump Room rattaché aux thermes romains et l'Assembly Rooms de Bath. Beau Nash, animateur de spectacle qui présida la vie sociale de la ville de 1705 jusqu'à sa mort en 1761, établit un code de comportement lors des divertissements publics.
Le portraitiste Thomas Lawrence au talent précoce, y soutenait sa famille avec ses portraits au pastel à l'âge de dix ans.
Période contemporaine vignette|alt=Yellow stone terraced houses alongside a steep road.|Maisons « en terrasse » dans l'est de Bath. La population de la ville atteint lors du recensement de 1801, faisant de Bath l'une des plus grandes villes d'Angleterre. En 1822, William Thomas Beckford acheta une maison à et finit par acheter deux autres maisons dans le croissant pour former sa résidence. Après avoir acquis le terrain entre son domicile et le haut de , il créa un parc de plus de de long et construisit tout en haut.