Roquebrune-Cap-Martin est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Toponymie Le nom d'origine du village est ou , ce qui signifie « Roche Brune » en langue d'oc, en référence à la couleur brune des roches que l'on peut observer dans le vieux village. Ce nom est successivement italianisé puis francisé en et Roquebrune respectivement. En 1890, le nom de la commune est modifié en Cabbé-Roquebrune"N°23092. Décret portant que la commune de Roquebrune (Alpes-Maritimes) portera à l'avenir le nom de Cabbé-Roquebrune." “15 Décembre 1890”. Bulletin des lois n°1379, 24 décembre 1890. p. 1795. En 1913, la commune change à nouveau de nom et devient Roquebrune-Cap-Martin"N°5377. Décret autorisant la commune de Cabbé-Roquebrune (Alpes-Maritimes) à porter à l'avenir le nom de Roquebrune-Cap-Martin." “Du 5 Avril 1913”. Bulletin des lois n°103, 24 avril 1913. p. 716, ce qui donne Ròcabruna e Caup Martin en occitan.
Les traductions du nom officiel contemporain sont Roccabruna-Capo Martino en italien et Rocabrüna-Cavu Marti̍n en monégasque.
Géographie Localisation La commune est limitrophe de la principauté de Monaco, le vieux village en est distant de Itinéraires, et est situé à de Menton et de Beausoleil.
Géologie et relief Roquebrune s'étage sur les trois corniches et l'autoroute A8. Le vieux village est repérable par son donjon, situé à d'altitude, dans un cirque montagneux que domine le mont Agel.
Espaces naturelsBiodiversité : Un espace protégé hors Natura 2000 : Cap martin. Terrain acquis par le Conservatoire du LittoralCap martin. Terrain acquis par le Conservatoire du Littoral. Deux espaces protégés Natura 2000 : Corniches de la RivièraCorniches de la Rivièra, Cap Martin. Continental et marinCap Martin. Continental et marin. Une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) : Cap MartinCap Martin, Adrets de Fontbonne et du Mont GrosAdrets de Fontbonne et du Mont Gros, Mont AgelMont Agel, Collines de Rappalin et de la CoupièreCollines de Rappalin et de la Coupière, Établissement de pêche de RoquebruneÉtablissement de pêche de Roquebrune.
Hydrographie La commune dispose de six forages, quatre sources et un puitsL'eau dans la commune.
Roquebrune-Cap-Martin dispose de la station d'épuration d'une capacité de Station de traitement des eaux uséesStation d'épuration de la commune.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux () et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Peille à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Histoire Antiquité Dès l'Antiquité, le territoire de Roquebrune a été investi par les occupants romains, comme en témoignent les traces de la présence romaine qui y subsistent. La Via Augusta, voie côtière qui la reliait à Rome, le traversait, et on y a trouvé deux bornes milliaires : la première est dédiée à l'empereur AUGUSTE et datée de moins 12 avant J-C ; la seconde est dédiée à Caracalla et datée des années 212 à 213 après J.C. Cette dernière est conservée au Musée d'Anthropologie de Monaco. Comme c'était l'usage chez les romains, un grand monument funéraire a été construit probablement au de notre ère au bord de la voie romaine. On peut voir les vestiges du Mausolée de Lumone au 41 avenue Paul-Doumer (départementale 52).
La fondation de Roquebrune remonte à 970 par le comte de Vintimille, Conrad , notamment pour renforcer la protection de sa frontière occidentale, sur la seule route alors existante : la via Julia Augusta, voie romaine qui perdure jusqu'à nos jours.
Moyen Âge La forteresse comprend alors tout le village. En 1355, les Vento vendent Roquebrune et Menton qui deviennent possession de la famille des GrimaldiChâteau des Grimaldi pour cinq siècles, durant lesquels la puissance militaire du donjon est augmentée. Roquebrune n’a jamais fait partie du comté de Nice historique.
Période contemporaine En 1793, Roquebrune devient française, puis redevient monégasque en 1814 avant de s’ériger en ville libre en 1848 avec Menton sous la protection du roi de Sardaigne. Pour le remercier de son aide à l'unification italienne, le roi Victor-Emmanuel II cède à la France le comté de Nice. C'est donc en 1860, que les habitants consultés par plébiscite sont rattachés à la France. En 1861, Roquebrune et Menton deviennent véritablement françaises, le gouvernement de Napoléon III payant à la principauté de Monaco quatre millions de francs-or en échange de la cession à la France des villes de Menton et Roquebrune sur lesquelles elle détenait des droits.
La construction d'une route plus proche du littoral traversant son territoire est un projet de Napoléon Bonaparte, réalisé en 1804, qui a contribué à son rattachement économique au reste de la Côte d'Azur (l'actuelle Moyenne Corniche). Le Cap-Martin, où se trouve une église, faiblement habité mais cité dès le (loco dicitur u Capo de Sanct Martin vers 1303), fait partie de la seigneurie.
À partir du milieu du XIX siècle, avec la construction de la ligne de chemin de fer Marseille-Vintimille, cette partie de la côte devient également un pôle d'attraction ou une résidence secondaire pour les personnalités connues. Élisabeth de Wittelsbach a passé plusieurs mois des dernières années de sa vie, de 1894 à 1897, à l'hôtel du Cap-Martin. Eugénie, veuve de Napoléon III, y possédait une villa. Au XX siècle, Le Corbusier y construit un cabanon, selon une conception architecturale minimaliste. Il s'est noyé dans la mer le et a été enterré dans le cimetière local. Coco Chanel a acheté la villa La Pausa, dans laquelle Winston Churchill fut, parmi d'autres, un invité régulier. Aujourd'hui, entre autres, la famille royale belge est propriétaire d'une villa au Cap-Martin.
Urbanisme Typologie Au , Roquebrune-Cap-Martin est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Menton-Monaco (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération internationale regroupant neuf communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Menton-Monaco (partie française) comprend une ville-centre et huit communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Monaco - Menton (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (57,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (33,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (57,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (22,5 %), forêts (18,9 %), eaux maritimes (0,7 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Planification de l'aménagement
La commune dispose d'un plan local d'urbanismeProjet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD).
Entre le village perché et la ville s'étendent les nombreuses résidences au long des départementales 6007 et 6098 (ex RN7 et RN98). Roquebrune s'étage sur les trois corniches et l'autoroute A8.
De plus, l'ensemble de Roquebrune constitue le seul spécimen, existant en France, des châteaux dits carolingiens, embryons de ceux élevés deux siècles plus tard et qui marquèrent l'apogée de la féodalité. Il y a l'ancien et le nouveau village, tous deux séparés par la rue principale. On y voit la différence d'architecture des maisons due au décalage de temps entre leur construction ; la ville, au sein de laquelle on peut encore distinguer : le Cap Martin, où se situent la Mairie et le bureau de Poste principal, le Parc des Oliviers, très grand parc offert par un ancien maire de la ville, nombreux hôtels et résidences privées. Carnolès (à l'est), où se situent écoles, collège, lycée religieux et une grande partie de la population ; à sa limite avec Menton, avenue Florette, le torrent de Gorbio a aussi son embouchure, avec la nouvelle station d'épuration et la piscine municipale. Saint-Roman (à l'ouest), limitrophe de Monaco, où se trouvent les terrains de tennis du Monte Carlo Country Club, Monte Carlo Beach hôtel.
Voies de communications et transports Voies routières Roquebrune s'étage sur les trois corniches et l'autoroute A8. Le village est desservi par les départementales 6007 et 6098 (ex RN7 et RN98).
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur