thumb| École du dimanche dans une église baptiste de Lejunior (Comté de Harlan (Kentucky)), États-Unis, 1946. L’école du dimanche ( en anglais) est une institution protestante, notamment évangélique, d'enseignement de la Bible aux enfants et aux adolescents.
Cet enseignement a pour cadre une salle ou un bâtiment distinct du lieu de culte, pendant le service Britannica, Sunday school, britannica.com, USA, consulté le 21 mars 2020. Dans certaines Églises, l'école du dimanche est aussi destinée aux adultes avant ou après le service. Il met l'accent sur la lecture personnelle de la Bible (sola et tota scriptura).
À l'origine, l'école du dimanche n'était pas un catéchisme pour enfants : lorsque les premières d'entre elles ont été fondées, des leçons se donnaient en marge de l'office religieux. Cela permit à cette institution de se développer largement dans l'ensemble des Églises protestantes et au-delà. Le contenu des cours se compose essentiellement d'étude de récits bibliques et de chants.
Historique Les précurseurs du mouvement L'enseignement du catéchisme était déjà apparu au avec Charles Borromée à Milan au sein de l'Église catholique, et quelques écoles du dimanche surgissent au avec Joseph Alleine et Hanna Ball (1733-1792), méthodiste de High Wycombe, en Angleterre. D'autres précurseurs seraient à signaler aussi dans le judaïsme pour ce qui relève de la tradition judéo-chrétienne.
Le mouvement anglais à partir de 1780 alt=Sttue en bronze sur un socle en pierre, dans un parc.|thumb|redresse|Statue de Robert Raikes (1736-1811) à Londres. La première École du dimanche débute en été 1781 à Gloucester, en Angleterre, avec le rédacteur en chef du Gloucester Journal, Robert Raikes John Carroll Power, The Rise and Progress of Sunday Schools: A Biography of Robert Raikes and William Fox, Sheldon, UK, 1863, p. 240.
Structuration du mouvement anglais (début ) thumb|redresse=0.6|Monument à dans la cathédrale de Gloucester.
La est fondée par le diacre baptiste William Fox le dans l'église baptiste de Prescott Street, à Londres Michael J. Anthony, Warren S. Benson, Exploring the History and Philosophy of Christian Education: Principles for the 21st Century, Wipf and Stock Publishers, USA, 2011, p. 266. Ce dernier avait été touché par des articles de Robert Raikes, sur les problèmes de délinquance juvénile William H. Brackney, Historical Dictionary of the Baptists, Rowman & Littlefield, USA, 2021, p. 231. Le pasteur Thomas Stock et Raikes inscrivent ainsi une centaine d'enfants de six à quatorze ans. La société publie ses manuels et réunit près de 4 000 écoles du dimanche Dan Graves, Fox Organized Sunday School Society, christianity.com, USA, 3 mai 2010.
La (SSU) est fondée le . La société a diffusé en : syllabaires, Nouveaux Testaments et Bibles.
De la littérature est produite, des bibliothèques créées et même une « école biblique » pour former les moniteurs et les monitrices. Le mouvement se développe à la même époque où les sociétés des traités, de colportage, des missions mobilisent de nombreux acteurs. Des Sociétés dénominationnelles sont créées plus tard, avec celle de l'Église méthodiste, qui est particulièrement active dans ce domaine.
La branche de l’École du dimanche qui prend un caractère plus spécifiquement religieux nait après le , jour de la première fête célébrée en son honneur, dans l'église de Painswick. Celle-ci a réuni près de 400 enfants venus passer un examen public, chanter des cantiques, et écouter la prédication du Dr Gasses. Les enfants de familles protestantes étant davantage scolarisés en semaine, l'apprentissage de la lecture, dans ce cadre là, se justifiait moins. Ces enfants pouvaient au moins aller à la charity school en semaine, ce qui n'était pas le cas des jeunes ouvriers pour qui Raikes ouvre la première École du dimanche.
Premiers bilans Le taux de criminalité est affecté par le mouvement. Auguste Schaffner en témoigne ainsi en 1893 : Auguste Schaffner, « Mon petit journal, l'Angleterre et les Écoles du Dimanche », in Journal des Écoles du Dimanche, 1893, .
alt=Un homme en en perruque et en robe de pasteur prêche à la chaire, la main sur une bible ouverte.|thumb|Le pasteur méthodiste John Wesley (1703–1791), par William Hamilton.
Les années suivantes, le nombre d’écoles du dimanche augmente considérablement en Angleterre et dans beaucoup d'autres pays. En 1788, à peine cinq ans après les débuts de l’expansion du mouvement, le méthodiste John Wesley (1703-1791) tint ces propos : D'après A.L., Montandon, « Les Écoles du Dimanche de l'Église réformée de Paris », in Magasin de l'École du Dimanche, 1851, .
Cette école rassemblait les enfants ne fréquentant pas le culte, pour leur donner le matin une instruction générale : lecture, écriture, calcul et histoire sainte. La lecture se faisait dans la Bible. Les premières Écoles se tenaient dans la cuisine de , qui accueillaient les enfants chez elles et étaient rémunérées pour cela. Le bénévolat qui a toujours été la règle en France s'est imposé en Angleterre comme seule mesure appropriée, pour éviter la mort du mouvement victime de son succès, ne pouvant plus assurer les frais. L'implication des laïques et des femmes marque fortement le mouvement anglophone. Robert Raikes conduisait la classe l'après-midi au temple, où le catéchisme était dispensé.
L'engagement des femmes dans le mouvement Bien qu’au début cette initiative fût fort appréciée, elle fut rapidement confrontée à plusieurs obstacles. On leur reprochait, d’une part, l'importante place du rôle des femmes dans ces écoles et, d’autre part, de ne pas respecter le jour de repos en faisant travailler des moniteurs ce jour-là.
Le pasteur Henry Paumier (1820-1899), alors secrétaire du Comité de la Société des écoles du dimanche, rapportait les propos du pasteur James Inglis qui se fit l'écho de trois griefs à l'encontre du Mouvement naissant en Écosse : la violation du shabbat, la place prise par les laïques et les femmes dans cette œuvre : "Quelques-uns [des pasteurs] allèrent même jusqu’à déclarer du haut de la chaire que l’instruction des enfants par les laïcs était une violation du quatrième commandement [relatif à l’interdiction pour les laïques de travailler le shabbat] ; ils menacèrent même d’interdire la communion à quiconque oserait se joindre à cette œuvre […] M. Inglis releva enfin, un autre préjugé auquel le temps et l'expérience ont fait justice, celui de l’instruction par les femmes. En 1820, "on ne comptait en Écosse, sur instructeurs, que 140 femmes, tant on se défiait de leur travail et de leur influence ; aujourd’hui la proportion était bien changée ; les femmes comptaient pour moitié dans les rangs de cette noble phalange dévouée à l’instruction religieuse des enfants"
Le mouvement des écoles déguenillées (1844-1870) alt=Des enfants dans la boutique d'un cordonnier. Un lit la Bible debout à haute voix.|thumb|John Pounds (1766-1839). Les , accueillent de leur côté les enfants les plus « désocialisés » (Grigg, 229). Initiées par le cordonnier John Pounds (1766-1839), le mouvement se développe grâce à l’action du pasteur anglican Thomas Guthrie (1803-1873), et de Lord Shaftesbury (1801-1885), fondateur de l’Union des ragged schools. Trois types de Ragged schools se sont développées : l'une le dimanche, une autre sous forme de cours du soir en semaine, et enfin la dernière en journée aux jeunes les plus motivés des cours du soir, sous forme d'éducation industrielle.
L'œuvre du docteur Thomas Barnardo (1845-1905) illustre ces actions menées à Londres au . Le pasteur Ruben Saillens (1855-1942), alors encore étudiant en théologie à Londres témoigne du caractère périlleux du dispositif mis en place :
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Le mouvement cesse lorsque la réforme Forster est mise en place, créant un réseau d'école publiques en 1870. L'école primaire devient obligatoire en 1880 en Angleterre et au Pays de Galles (en 1872 en Écosse).
Organisation parallèle La Ligue pour la lecture de la Bible est fondée en 1867 à Londres en Angleterre sous le nom de Mission spéciale au service des enfants (en anglais ) par Josiah Spiers George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christian Education, Volume 3, Rowman & Littlefield, USA, 2015, p. 135 Andy Walton, Scripture Union - Famous evangelical organisation marks 150th anniversary, christiantoday.com, UK, 2 juin 2017 . En 2017, la ligue est présente dans 120 pays AIP, La ligue pour la lecture de la bible célèbre ses 150 ans samedi, news.abidjan.net, Côte d’Ivoire, 10 aout 2017 .
Le mouvement en France à partir de 1814 alt=Un bâtiment de brique à toit d'ardoise, avec de hautes fenêtres. |thumb|Le temple protestant de Luneray (Normandie), où la première école du dimanche française a été ouverte par le pasteur Laurent Cadoret le 7 août 1814.
À cette époque, les enfants s'y rendaient avec leurs parents, et les moniteurs interrogeaient les enfants sur ce qu'ils avaient compris au culte. Les écoles du dimanche sont des associations à la fois distinctes de l'Église locale par leurs statuts propres, tout en étant liées à elles par ses acteurs. Au , le pasteur en est souvent le directeur. Si administrativement c'est en particulier en raison de ses diplômes universitaires, professionnellement, c'est avant tout parce que dans la tradition protestante, l'enseignement est la fonction principale de ce métier. Ce sont les membres de l'Église qui instruisent les jeunes enfants en commençant par l'alphabétisation des jeunes non scolarisésAnne Ruolt (2010) thèse de doctorat, université de Rouen, 2010 : « La petite école des deux cités, histoire et contribution des écoles du dimanche à l'éducation populaire en France de 1814 à 1902, une éducation pan-anthropique ». La place des femmes enseignantes a toujours été très importante dans ce mouvement. Il a été en France l'occasion de la création de la Société d'encouragement pour l'instruction primaire parmi les protestants de France qui a développé l'enseignement primaire avant les lois Ferry (1881-1882).
Même si des écoles du dimanche laïques ont été créées, avec comme porte-parole en France Nicolas de Condorcet (1792), offrant une éducation secondaire le dimanche aux employés (1833), comprises comme une école industrielle dans la loi Fallouxloi Falloux(1850), ou pour les par l'Anglais Tom Anderson (1894), l'initiative du mouvement revient à des pédagogues protestants. Le terme école du dimanche tel qu'il est employé ici désigne un dispositif initialement d'éducation populaire propre au protestantisme à l'époque des Réveils. et des initiatives philanthropiques.
Les premières Écoles du dimanche françaises (1814-1829) alt=Ruben Saillens (1855-1942)|thumb|Ruben Saillens (1855-1942). En France, les écoles du dimanche prirent plus de temps pour se développer et se structurer et furent plus centrées sur l’église qu'en Angleterre. Ruben Saillens dit à propos de celles de Lyon où les moniteurs sont recrutés auprès de l'Young Men's Christian Association (YMCA) (ou Union chrétienne de jeunes gens, UCJG) et de l'Union chrétienne de jeunes filles : . Après une initiative sans suite au moment de la Révolution française, les premières écoles du dimanche sont créées presque simultanément en Normandie et dans la région de Bordeaux au sein des Églises réformées. Une lettre http://a.ruolt.free.fr/Cadoret_lettre_1814_Montandon.pdf de Laurent Cadoret (1770-1861), citée dans le Journal des Écoles du Dimanche, témoigne de l'antériorité de son initiative en 1814 dans le temple protestant de Luneray (Seine-Maritime). Formé à la théologie à l'Institut de David Bogue (1750-1825) à Gosport, c'est stimulé par ce dernier et soutenu par la Mission de Londres . qu'il initia non sans résistance la première École du dimanche à Luneray. Celle de Paris s'ouvrit en 1822, à l'Oratoire du LouvreAgnès de La Gorce, Wesley, Maître d’un peuple (1703-1791), Paris, Albin Michel, 194 . Le pasteur Frédéric Monod (1794-1863) en étant le directeur.