L’aviation légère de l'Armée de terre (ALAT) est une composante de l'Armée de terre française.
Elle est historiquement issue de l'artillerie dont elle constituait en 1952 les moyens d'aviation sous le nom d'aviation légère d'observation d'artillerie (ALOA). L'ALAT devient une arme distincte de l'artillerie en 2003Arrêté du , sur le site « boc.sga.defense.gouv.fr »..
Cette aviation légère militaire utilise principalement des hélicoptères dont les différents rôles sont l'éclairage des forces au sol (chars et infanterie), le repérage de cibles pour l'artillerie, le combat contre les éclaireurs adverses, le combat (par exemple antichar), le ravitaillement, ainsi que la dépose et la récupération de soldats en zone ennemie. Elle sert principalement à l'appui des troupes au sol. Elle regroupe environ 70 % des hélicoptères de l'Armée française.
Historique Origines vignette|gauche|redresse|Transport du ballon l’Entreprenant, de Maubeuge à Charleroi en 1794. La notion de groupe aérien de reconnaissance puis de soutien d'artillerie est ancienne : la compagnie d'aérostiers a été créée en 1794 par l'armée révolutionnaire française. Elle comprenait des montgolfières dont la mission était d'observer l'ennemi pour renseigner l'armée et aider au placement de l'artillerie. Elle constitue la première unité aérienne militaire au monde..
Débuts de l'aviation militaire vignette|Avions alignés à Dijon en 1914. L'aviation militaire apparaît au tout début de la Première Guerre mondiale ; elle dépend de l'Armée de terre et dans une moindre mesure, de la Marine nationale. L'Armée de l'air est créée en 1934. Le rôle de l'aviation militaire était uniquement l'observation puis ultérieurement le guidage d'artillerie. Le premier haut fait de cette arme nouvelle, dont l'apport a peut-être été décisif, a eu lieu le : des avions d'observation de l'escadrille REP 15, rattachés à la (Maunoury), rendent compte que « les colonnes de von Kluck filent vers le sud-est […]. Il ne peut plus être question d'une attaque sérieuse vers Paris. » L'espoir venait de renaître dans le camp français, renforcé par les rapports concordant des avions du corps expéditionnaire britannique. Dans les heures qui suivent, les aviateurs repèrent minutieusement les différents corps d'armée allemands. Un trou s'est formé entre la (von Kluck) et la (von Bülow). Les rapports parviennent à Joffre qui profite sans plus attendre de cette possibilité. Le , la bataille de la Marne interrompt définitivement l'avancée allemande.
Début du L'aviation légère de l'Armée de terre se développe entre les deux guerres mondiales. Après la création de l'Armée de l'air, l'Armée de terre installe de nouveau des groupes d'observation d'artillerie (GOA)., en 1937. Les besoins de secours sanitaires au plus proche des troupes favorisent l'introduction de l'hélicoptère dont les performances sont reconnues à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. vignette|Hiller 360 au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.
Les groupes aériens d'observation d'artillerie (GAOA) sont créés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et s'illustrent au cours de la guerre d'Indochine. L'Armée de l'air se dote d'hélicoptères américains Hiller 360 pour les évacuations sanitaires à Saïgon..
Guerre d'Algérie vignette|gauche|Nord 3400 au Musée de l'Épopée de l'Industrie et de l'Aéronautique, à Albert (Somme). vignette|Sikorsky H-34A construit sous licence par Sud-Aviation pour l'ALAT.
L'aviation légère d'observation d'artillerie (ALOA) est instituée par décret, le . Le , l’Armée de terre prend le commandement de l’ensemble des formations d’ALOA et les éléments "Air" correspondants sont dissous. L'aviation légère de l'Armée de terre (ALAT) est créée le . Elle utilise de nombreux avions d’observations : Piper L-18, Cessna L-19, SNCAC NC.856 Norvigie remplacé par des Nord 3400 Norbarbe reçus à 150 unités entre 1959 et 1961, soit 695 avions légers en 1960. Elle est aussi dotée d'hélicoptères armés (dont certaines Alouette II reçues à 229 unités) couplés à des hélicoptères de transport Vertol H-21 « Banane », Sikorsky H-19 et Sikorsky H-34 durant la guerre d'Algérie. Ces derniers déposent des troupes en secteurs contrôlés par l'ennemi. Ces pratiques donnent naissance aux tactiques de guerre aéromobile toujours en vigueur aujourd'huiLes hélicoptères durant la guerre d'Algérie, Histoire militaire..
Après les expérimentations américaines du couple hélicoptère de combat/missile antichar durant les dernières phases de la guerre du Viêt Nam puis à l'occasion des manœuvres de l'OTAN, l'ALAT se dote également des unités spécialisées dans ce domaine pour lutter contre la menace blindée du pacte de Varsovie.
De 1962 à 1980 À compter de 1962, les unités se disséminent dans le territoire national.
En 1975, l'ALAT compte , et du rang soit 2 % des effectifs de l'Armée de terre.
Son parc aérien représente à cette date une centaine d'avions légers : des Cessna L-19 progressivement retirés du service - tandis que le reliquat de 24 Piper PA-22 entré en service à partir de 1957 entre 1974 et 1975 - et remplacés par des hélicoptères et (, , , auxquels s'ajoutent à livrer).
Puis elle regroupe légers dont de reconnaissance, anti-char dont (ces missiles entrant en service à partir de 1978) et de manœuvre Puma. Elle effectue de vol dont ..
Les régiments d'hélicoptères de combat (ou RHC) apparaissent en 1977..
Années 1980 et 1990 : la division aéromobile vignette|gauche|Une SA.341F2 Gazelle de l'ALAT durant l'opération Daguet. vignette|Deux SA.330 Puma en Arabie Saoudite durant l'opération Daguet. vignette|Exercices de manœuvre du 6e RHCM, Haute-Marne, 1997. vignette|gauche|EC-665 Tigre de l'ALAT durant un exercice de tir franco-américain depuis la base opérationnelle avancée Morales-Frazier le en Kapissa (Afghanistan). vignette|Un EC-725 Caracal de l'ISAF en Afghanistan. Huit sont en service. vignette|gauche|Le TCD Foudre, l'EDIC Rapière, 2 chalands de transport de matériel et des hélicoptères de l'Armée de terre, pendant l'exercice Écume éternelle, le .
Au début des années 1980, l'Armée de terre constitue une brigade aéromobile expérimentale (BAE) comportant deux régiments d'hélicoptères de combat et le d'infanterie (régiment de combat aéromobile). Elle devient la aéromobile () en 1985 et se trouve renforcée d'un troisième régiment d'hélicoptères de combat, d'un régiment d'hélicoptères de commandement et de manœuvre (RHCM) ainsi que d'un régiment de soutien aéromobile (RSAM). En plus des régiments de cette division unique en son genre, chacun des trois corps d'armée compte un régiment d'hélicoptères de combat.
Lors de l'opération Daguet, 132 hélicoptères de l'ALAT sont déployés, ce qui en fait la deuxième force aéromobile de la coalition : 88 Gazelle (60 armées de missiles Hot, 14 de reconnaissance et 14 SA341F canon, 3 de ces dernières sont adaptés sur place pour l'emport de missiles Mistral pour une capacité air-air) et 38 Puma (dont le prototype SA 330B Puma Orchidée/HORUS équipé d'un radar de surveillance du champ de bataille.). En date de 2025, cela reste de loin le plus important déploiement en opération extérieure (OPEX).
La aéromobile, constituée de deux régiments d'hélicoptères, est créée le . En cas de crise, elle est chargée de mettre en place un groupement de sûreté et d'intervention. La brigade est dissoute seulement deux années plus tard en 1997.
Depuis 1999 La aéromobile devient la aéromobile en 1999 dans le cadre de la professionnalisation des armées. Elle est dissoute en 2010. Les trois régiments d'hélicoptères qui la composaient sont alors directement rattachés à la division aéromobilité du commandement des forces terrestres.
Le , l'ALAT devient l'une des armes de l'Armée de terre (arrêté 726, du , BOC/PP du ).
La d'aérocombat () est réactivée en . Elle regroupe trois des quatre régiments d'hélicoptères de l'Armée de terre et le régiment de soutien aéromobile. Le d'hélicoptères des forces spéciales est pour sa part subordonné au commandement des actions spéciales terre.
L'ALAT participe à quasiment tous les engagements militaires ainsi qu'humanitaires français dans le monde : guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, guerre du Golfe, conflit du Liban, du Tchad, indépendance du Territoire français des Afars et des Issas, guerre en Somalie, guerre de Bosnie-Herzégovine, guerre du Kosovo, occupation indonésienne du Timor oriental, maintien de la paix en République de Côte d'Ivoire, aide humanitaire en Indonésie, guerre d'Afghanistan., intervention militaire de 2011 en Libye.
Le , le commandement de l'aviation légère de l'Armée de terre quitte Vélizy-Villacoublay, où il était basé depuis 1967, pour s'installer à Metz, au sein de la caserne NeyArmée : Metz récupère le commandement de l’Alat et ses 145 militaires et civils, Le républicain lorrain, le 25 février 2025..
Organisation Organigramme fin 2010 vignette|La piste d'envol du RHCM à Compiègne en 1997. vignette|Aérocordage de membres de la Légion étrangère.
L'ALAT comprend au :
Commandement de l'aviation légère de l'Armée de terre (COMALAT) Il est implanté à la base aérienne 107 Villacoublay.
Division aéromobilité du commandement des forces terrestres Elle est implantée à Lille. Elle comprend : le d'hélicoptères de combat () de Phalsbourg doté de , de , de NH90 Caïmans depuis 2012 et de (en 2020) ; le d'hélicoptères de combat () d'Étain était doté de 15 Gazelle, 9 Puma et 6 Caïman en 2023. Il recevra le H160 Guépard à l'horizon 2030 ; le d'hélicoptères de combat () de Pau doté de , , et .
ALAT « spécialisée » Cette entité regroupe des unités ne relevant pas du commandement des forces terrestres pour remplir des missions particulières ; à l'exception du d'hélicoptères des forces spéciales, ces unités ne sont habituellement pas projetées : le d'hélicoptères des forces spéciales () de Pau doté de , , et (, et et en 2012) ; l'escadrille de transport et de convoyage de matériel (ETCM) de Montauban du de soutien aéromobile doté de ; le détachement ALAT de Djibouti doté de et ; le détachement ALAT du Gabon doté de ; l'escadrille d'avions de l'Armée de terre (EAAT) basée à l'aérodrome de Rennes Saint-Jacques dotée de . ; le groupement « AéroMobilité » de la section technique de l'Armée de terre (GAMSTAT) basée à Valence doté de , , , HAD et .
Les écoles de formation EALAT (École de l'ALAT) du Cannet-des-Maures () dotée de , , et EALAT de Dax () dotée de . Le centre de formation interarmées pour le NH90 a ouvert ses portes en .. Ecole franco-allemande de formation des équipages Tigre (EFA Tigre) du Cannet-des-Maures (). Centre franco-allemand du personnel technico-logistique Tigre (CFA-PTL Tigre) de Fassberg en Allemagne chargé de la formation des mécaniciens Tigre des deux nationalités Française et Allemande ; École Militaire Préparatoire Technique (EMPT) de Bourges (EMB) qui forme les futurs techniciens spécialisés de l'ALAT.
Organigramme en 2026 Unités subordonnées au commandement de l'Aviation légère de l'Armée de terre de Metz : UnitéAbréviationLocalisationGroupe avions de l'Armée de terreGAATSaint-Jacques-de-la-LandeÉcole de l'aviation légère de l'Armée de terre base école Général Lejay base école Général Navelet École franco-allemande de formation des équipages Tigre Centre de formation inter-armées NH90 Centre de formation franco-allemand pour le personnel technico-logistique TigreEALAT BAGL BAGN EFA Tigre CFIA NH90 CFA PTLLe Cannet-des-Maures, Dax et Fassberg (Allemagne)
d'aérocombat de Clermont-Ferrand : vignette|70px|Insigne de la . RégimentsAbréviationLocalisation d'hélicoptères de combatPhalsbourg d'hélicoptères de combatÉtain d'hélicoptères de combatPau-Uzein de soutien aéromobileMontauban de commandement de transmissions et soutien d'aérocombat CCTSAClermont-Ferrand
Autres unités :