Les Dames du bois de Boulogne est un drame romantique français écrit et réalisé par Robert Bresson sorti en 1945..
Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle l’Histoire de de la Pommeraye, insérée dans le roman Jacques le Fataliste et son maître (1784) de Denis Diderot, qui a également inspiré le film Mademoiselle de Joncquières (2018) à Emmanuel Mouret.
Controversé à sa sortie, le film trouve des défenseurs enthousiastes chez des cinéastes comme Jacques Becker, qui fait éloge au parti-pris de Bresson dans le choix de son sujet, à son style absolument neuf, dans son Hommage à Robert Bresson publié par L'Écran français ( du 17 octobre 1945). Son réalisateur, quant à lui, le considère comme « un mauvais film »Télé 7 jours, , semaine du 3 au 9 mai 1975, page 50, article publié à l'occasion de la diffusion du film sur TF1 le lundi 5 mai 1975, à partir de dans le cadre de l'émission La Caméra du lundi - Chefs-d'œuvre du cinéma français..
Synopsis Hélène souffre d'être délaissée par son amant Jean. Elle feint de ne plus l'aimer pour voir sa réaction, et comprend avec horreur qu'il est soulagé par cette révélation mensongère. Ils se séparent, mais Hélène, blessée, décide de se venger. Agnès, la fille de Madame D., est danseuse de cabaret depuis la faillite de sa mère. Hélène paie leurs dettes, installe mère et fille dans un appartement de Port-Royal et organise la rencontre de Jean et d’Agnès au bois de Boulogne, près de la Grande Cascade. Jean s'éprend d'Agnès. Celle-ci repousse d'abord ses avances, puis tente de lui avouer son passé mais sans succès, car Hélène continue de tirer les ficelles.
Fiche technique Titre original : Les Dames du bois de Boulogne Réalisateur : Robert Bresson Assistant réalisateur : Roger Mercanton Scénariste adaptateur : Robert Bresson Œuvre originale : d'après la nouvelle l’Histoire de Mme de la Pommeraye, épisode du roman Jacques le Fataliste et son maître (1784) de Denis Diderot Dialoguiste : Jean Cocteau Directeur de la photographie : Philippe Agostini Chef-opérateur : Marcel Weiss Ingénieur du son : Robert Ivonnet Compositeur de la musique originale : Jean-Jacques Grünenwald Décorateurs : Max Douy, Robert Lavallée Assistants décorateurs : James Allan, Robert Clavel Créatrices des costumes : Madame Grès, Elsa Schiaparelli Monteur : Jean Feyte Producteur : Raoul Ploquin Société de production : Les Films Raoul Ploquin Affichiste : Bernard Lancy (France) Pays de production : Langue originale : français Format : Noir et blanc - Son monophonique (Tobis-Klangfilm) - 1.37:1 Genre : Drame romantique Durée : 84 minutes Dates de sortie : France : États-Unis : Affiches : Claire Finel, Bernard Lancy (France)
Distribution
Production Projet Le réalisateur transpose à l'époque contemporaine une pratique fallacieuse employée sous l'Ancien régime, consistant à faire épouser une prostituée à un ingénu chevalier. Cette mésalliance exclut ledit chevalier de tout accès à la cour ou à la noble société. La transposition en 1945 brise évidemment ce ressort dramatique.
Choix des interprètes Le rôle de Jean devait initialement être tenu par Alain Cuny, puis par Jean Marais, et fut finalement attribué à Paul Bernard.
Tournage vignette|Devant la Grande Cascade du bois de Boulogne, un des lieux de tournage. Les conditions de tournage du film ne sont pas simples ; la France est toujours occupée et les Alliés bombardent régulièrement Paris. Robert Bresson et son équipe doivent ainsi affronter de nombreuses coupures d’électricité, des alertes aux bombardements et différentes restrictions imposées par les Allemands ou les circonstancesVincent Pinel, Le Siècle du cinéma, .. La Libération de Paris interrompt le tournage commencé fin . Il reprend quelques mois plus tard avec une équipe technique en partie différenteTélé 7 jours , semaine du 3 au 9 mai 1975, page 51, article de Geneviève Coste..
Lors d'une scène, il est prévu que Maria Casarès verse quelques larmes. Elle commence par plisser les yeux et grimacer pour les faire venir mais Bresson n'est pas satisfait. Il lui propose d'utiliser des larmes de glycérine. L'actrice refuse et s'acharne à battre des cils et à froncer le nez pour réussir à pleurer. Cela ne convient pas au réalisateur qui veut à tout prix un visage immobile : Elle réussit à y parvenir mais, perfectionniste, Bresson exige de tourner sept prises du plan. Maria Casarès a donc réussi sept fois de suite à pleurer tout en conservant un visage impassible.
Maria Casarès garde donc un très mauvais souvenir du tournage, ainsi qu'elle en a témoigné : Télé 7 jours, , semaine du 3 au 9 mai 1975, page 50, article de Geneviève Coste, avec le témoignage de Maria Casarès..
Autour du film Le film devait initialement s'intituler Les Dames de Port-Royal (square devenu le square Louvois, devant la Bibliothèque nationale) ; ce détail contribua à faire taxer Besson de « janséniste » par la critique. Robert Bresson a déclaré au sujet de son film : . André Bazin caractérisa ce film en écrivant : « Bresson a spéculé sur les dépassements d'un conte réaliste dans un autre contexte réaliste. Le résultat, c'est que les deux réalismes se détruisent l'un l'autre, les passions se dégagent de la chrysalide des caractères [...] mais sa stylisation n'est pas l'abstraction "à-priori" du symbole, elle se construit sur une dialectique du concret et de l'abstrait par l'action réciproque d'éléments contradictoires »A. Bazin in IDHEC (1951).
Autre version En 2018, Emmanuel Mouret s'est inspiré du même épisode de Jacques le Fataliste et son maître pour réaliser Mademoiselle de Joncquières, avec Cécile de France et Édouard Baer.
Références
Voir aussi Bibliographie Jean-Michel Frodon, Robert Bresson, Paris, Cahiers du cinéma, 2008, p. 18-23 Vincent Pinel, Le Siècle du cinéma, Bordas, 1994 Paul Guth, Autour des Dames du Bois de Boulogne : journal d’un film, Paris, Julliard, 1945 ; rééd. Ramsay poche cinéma, 1989 Les Dames du Bois de Boulogne, Avant-scène cinéma n° 196,
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