Le château de Duras se situe dans la commune de Duras, dans le département de Lot-et-Garonne et la région Nouvelle-Aquitaine. Il est classé monument historique en 1970.

Histoire Origine de Duras L'origine de l'occupation du site se trouve à l'église de Saint-Ayrard, aujourd'hui disparue, qui était située à du château. L'église est donnée en 977 à l'abbaye de La Réole par Gombaud, évêque de Vasconie, et Sanche, son père, duc de Gascogne. En 1087 Bertrand de Taillecavat donne le quart de l'église de Saint-Ayrard à l'abbaye de La RéoleAbbé J. Dubois, Inventaire des titres de la Maison d'Albret, , Recueil des travaux de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, 1913, deuxième série, tome 16 (lire en ligne). En 1127 le prieuré de Saint-Ayrard ou une villa est détruite par le vicomte de Besamont qui est probablement le vicomte de Bezaume. Il fait alors construire une maison et une chapelle sur le site actuel de Duras. Une charte de 1233 attribue au prieur de La Réole les droits sur la ville de Duras qu'il possédait sur le prieuré de Saint-Ayrard. Cette charte est signée par Géraud de Malemort, archevêque de Bordeaux, Raymond, évêque d'Agen, et Guillaume de Bouville, seigneur de Duras.

Le premier château de Duras date du , construit sur un piton rocheux surplombant la vallée du Dropt. Le château a appartenu à la famille de Bouville. Celle-ci a perdu en 1254 les vicomtés de Benauges et de BezaumeJacques Gardelles, . saisies par Henri III après la révolte des seigneurs gascons. Il les transmit à son fils, le futur Édouard .

La famille de Got, la construction du château de Duras et sa transmission à la famille de Durfort Il est devenu la propriété de Gaillard de Got, frère de Bertrand de Got, le pape Clément V, probablement par don du roi d'Angleterre qui souhaitait avoir la famille du pape parmi ses fidèles.

Deux modes de transmission par héritage du château de Duras à Marquèse de Got et la famille de Durfort ont été décrits : D'après La Chesnaye des Bois, Gaillard de Got prévoit de transmettre le château de Duras à sa nièce Marquèse de Got dans le testament qu'il fait le Voir Philippe Lauzun, 1921, ]. D'après les Annales de ToulouseBarnabé Farmian Durosoy, Annales de la ville de Toulouse, tome 3, , Chez la veuve Duchesne, Paris, 1772 (lire en ligne)), Bertrand de Got, fils d'Arnaud Garcie de Got, frère du pape Clément V, vicomte de Lomagne et d'Auvillar, est ensuite seigneur de Duras. Grâce à l'argent donné par son oncle Clément V il a fait reconstruire le château à partir de 1308. De son mariage avec Béatrix de Lautrec il a eu une fille, Régine (ou Reine) de Got. Celle-ci est mariée, encore mineure, avec Jean d'Armagnac, en 1324. Dans son testament rédigé en il fait de sa fille unique son héritière universelle mais prévoit une clause de substitution si elle n'a pas d'enfant de son mariage. Bertrand de Got meurt en 1324. Régine de Got meurt un an plus tard sans enfant. Elle a fait son testament en faisant de son mari son héritier universel et prévoyant une clause qu'il héritait « avec ses enfants mâles qui seraient procréés de son propre corps avec quelque femme que ce fut ». L'oubli de la substitution va conduire à des oppositions avec ceux qui auraient dû hériter. La substitution prévoyait que les châteaux de Duras, Puyguilhem, Allemans et Monségur reviennent à Marquèse de Got, sœur de Bertrand de Goth, mariée à Arnaud II de Durfort, seigneur de BajaumontJean B. Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la Couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, tome 6, , Paris, 1826 (lire en ligne), seigneur de Clermont-Dessus, seigneur de Fenouillet et de Gagnac depuis l'achat de ses seigneuries en 1310Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome 3, , Toulouse, 1837, mort en 1324, puis à leur fils Aymeric de Durfort. Philippe Lauzun indique que dans un acte du roi d'Angleterre Édouard II, le , Bertrand de Got est qualifié de seigneur de Duras et de Blanquefort. Gaillard de Got a été tué le , à Lyon, peu après le sacre de son frère, dans une rixe opposant des Gascons à des gens des cardinaux italiens. À partir de cette date c'est Bertrand de Got qui est qualifié de seigneur de Duras. Après la mort de Régine de Got, les Durfort vont demander l'application des substitutions prévues dans le testament de Bertrand de Got. En 1327, probablement à la demande d'Alphonse de La Cerda (1289-1327) dit Alphonse d'Espagne, seigneur de Lunel, lieutenant du roi en Languedoc dans la guerre de GascogneH. Castillon (d'Aspet), Histoire des populations Pyrénéennes du Nebouzan et du pays de Comminges, tome premier, , Delsol éditeur, Toulouse, 1862 (lire en ligne), le roi de France souhaitant un accord avec le comte d'Armagnac obtient que ce dernier conserve les vicomtés de Lomagne et d'Auvillar et que les Durfort aient la jouissance des châteaux dont celui de DurasVoir Philippe Lauzun, 1921, ..

Aymeric de Durfort Aymeric de Durfort est seigneur de Duras, de Puyguilhem, de Monségur, d'Allemans, de Blanquefort. Il est d'abord l'allié du roi de France dans la campagne du maréchal de Trie. En récompense, il reçoit en la justice et le château de Lacour. En 1336, il passe un accord avec le comte d'Armagnac concernant la succession de son oncle, Jean de Durfort, seigneur de Flamarens, avec les terres de Mongaillard et de Durance. En , il conclut un autre accord avec Philippe VI de Valois ratifiant l'accord passé en 1327 par son père qui renonce aux vicomtés de Lomagne et d'Auvillars. Il reçoit en échange les terres de Villandraut et de Blanquefort. Il s'oblige à remettre au roi de France son château de Duras si la guerre reprend avec le roi d'Angleterre. Mais il semble qu'il soit passé au service du roi d'Angleterre en 1338. Deux ans plus tard il revient dans la fidélité au roi de France. En 1345, Édouard III décide de reprendre la Guyenne et envoie le comte de Derby qui entreprend le siège de Bergerac au cours duquel Aymeric de Durfort meurt de ses blessures. Le château de Duras est pris par les Anglais d'après Jean Favre, mais Froissart ne le cite pas parmi les châteaux pris mais il est probablement occupé par les Anglais. Gaillard (ou Galhard) de Durfort La position des seigneurs de Duras dans le conflit est fluctuante. Le , le comte de Derby, au nom du roi d'Angleterre, donne Gaillard (ou Galhard) de DurfortNote : Gaillard de Durfort est surnommé l'archidiacre car il a été clerc, docteur et professeur en droit canon. Il a quitté l'église pour se marier à la mort de son frère Aymeric ., « en récompense des services signalés qu'il vient de lui rendre en lui facilitant la soumission, non seulement de nombreux châteaux, villes et localités de la région, mais celle de plusieurs seigneurs », le château et la seigneurie de Blanquefort. Il est fait baron de Duras. Dans une lettre datée de Calais le , Édouard III remercient dix seigneurs gascons pour leur fidélité : Pommiers, Fossat de Thouars, Fronsac, Grailly de Benauges, sire d'Albret, Castillon-Médoc, Durfort de Duras, Durfort de Frespech, Lescun, LesparrePatrice Barnabé, Guerre et mortalité au début de la guerre de Cent Ans : l'exemple des combattants gascons (1337-1367), Note 86 , Annales du Midi, 2001, volume 113, (lire en ligne). Mais 7 ans plus tard on le retrouve au service du roi de France qui s'est engagé de lui payer par an pour les pertes qu'il a subies à la suite de la saisie de ses terres données à Bernard Ezy V d'Albret (1295-1358). Il a peut-être participé à la bataille de Poitiers car il est dit que quand le roi Jean II le Bon est emmené prisonnier à Bordeaux sous la surveillance du prince de Galles, le baron de Duras l'accompagne avec d'autres seigneurs gascons. Le , le prince de Galles ordonne à Auger de MontautNote : mort près de Reims, le 30 décembre 1359 (voir Patrice Barnabé, Guerre et mortalité au début de la guerre de Cent Ans : l'exemple des combattants gascons (1337-1367), note 138)], seigneur de Mussidan, de se dessaisir de la seigneurie de Blanquefort et de la rendre à Gaillard de Durfort à qui elle appartenait avant sa révolte. Il meurt en 1357. Sa veuve, Marguerite de Caumont, tutrice de ses enfants, rend hommage la même année au sire d'Albret.thumb|436x436px|Château de Duras sous la brume, en 2015.

Gaillard II de Durfort et incendie du château de Duras en 1377 Le , le roi d'Angleterre confirme au seigneur de Duras les libéralités faites par le prince de Galles avec les donations de Blanquefort, d'Eyzines, de Bruges, de cinq paroisses de Sainte-Foy, des bastides de Beaumont, Molières, Miramont, Castelsagrat... Gaillard II rend hommage au prince de Galles dans la cathédrale de Bordeaux pour les seigneuries de Blanquefort et de Duras, en 1364. Même cérémonie en 1371. Il se marie la même année avec Éléonore de Périgord, sœur d'Archambaud IV de Périgord. La guerre reprend. Charles V envoie une armée sous les ordres du duc d'Anjou et de Du Guesclin. Ils mettent le siège devant Bergerac le . Thomas Felton, sénéchal de Bordeaux, envoie une troupe pour aider Bergerac. Cette troupe tombe sur l'armée française le , près d'Eymet. Elle est battue et les seigneurs de Duras, Mussidan, Langoiran, Rauzan sont faits prisonniers ainsi que Thomas Felton. Le duc d'Anjou leur accorde la liberté s'ils prêtent serment de rester fidèles au roi de France. Mais Gaillard II n'ayant pas respecté son serment, le duc d'Anjou décide de prendre ses terres. Il met le siège devant Duras le . Le siège a duré six jours. Le château pris, il est incendié et le duc d'Anjou a décidé de le faire détruire. Toutes les terres de Gaillard II de Durfort sont saisies par le roi de France. Le château n'a pas été détruit mais confié à la garde d'Hervé de Lesonencens. Par une lettre datée du , le duc de Berry demande à Louis de Sancerre, maréchal de France, de remettre le château et la terre de Duras au sire d'Albret. Gaillard II de Duras ayant perdu tous ses domaines s'est réfugié à Bordeaux depuis 1377 jusqu'à sa mort, probablement en 1395.

Gaillard III de Durfort En 1395, Charles VI rend à Gaillard III de Durfort la seigneurie de Duras et la plupart de ses terres alors qu'il est au service du roi d'Angleterre. Henri IV le nomme sénéchal de Guyenne en 1399, jusqu'en 1415. Il est qualifié de seigneur de Blanquefort et de Duras. Le , Henri VI lui donne la prévôté de Bayonne et le nomme sénéchal des Landes. Jean Favre écrit, sans preuves, qu'il est passé au service du roi de France avec le comte d'Armagnac ce qui aurait conduit le duc de Bedford à s'emparer du château de Duras en 1424. On ne sait pas à quelle date il est mort. De son mariage avec Jeanne de Lomagne, il a eu deux fils, Jean Gaillard et Médard.

Gaillard IV de Durfort. Saisie du château de Duras par le roi de France en 1453 et sa restitution en 1476