Mont-Dauphin est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Essentiellement constituée du fort du Mont-Dauphin, la commune est membre du Réseau des sites majeurs de Vauban, ensemble inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCOLe dossier du Réseau des Sites Majeurs de Vauban mené par Besançon a été choisi par le Ministère de la Culture en janvier 2007, la décision prise par l'Unesco en juillet 2008..
La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.
Géographie Situation et description Mont-Dauphin est situé à 5,7 km de Guillestre et à 18,2 km au nord-est d'EmbrunItinéraires, sur un plateau rocheux qui surplombe le confluent des vallées de la Durance, du Guil et du torrent de la Chagne, qui drainent les vallées menant aux cols Agnel, du Montgenèvre et de Vars.
Depuis 2025, la commune fait partie de l'association Les Plus Beaux Villages de France..
Voies de communications et transports Voies routières La commune est située à proximité du carrefour de la route nationale 94 qui relie Gap à Montgenèvre et l'Italie par Briançon et de la route départementale 902 qui permet de rejoindre le Queyras au nord-est et la vallée de l'Ubaye au sud-est par le col de Vars..
Lignes d'autobus La commune est desservie par le réseau régional de transports en commun Zou !.
Desserte ferroviaire vignette|gauche|La gare de Montdauphin - Guillestre en hiver. La commune est desservie par la ligne de Gap à Briançon, à la gare de Montdauphin - Guillestre. Cette gare offre notamment l'accès aux trains SNCF Intercités de nuit pour Paris.
Transports aériens Les aéroports les plus proches sont : Aéroport Marseille-Provence Aéroport de Nice-Côte d'Azur Aéroport de Lyon-Saint-Exupéry
Communes limitrophes La commune de Mont-Dauphin a la particularité de n'être limitrophe que d'une seule commune puisqu'elle est enclavée dans la commune d'Eygliers.
Géologie et relief Mont-Dauphin est bâti sur une terrasse fluvio-glaciaire. Coupée en deux par le Guil, cette terrasse constitue maintenant deux plateaux : le plateau de Mont-Dauphin en rive droite, où se trouve la commune et le plateau de la Chalp en rive gauche, dans la commune de Guillestre.
Cette terrasse de moraine est constituée de poudingues très indurés à galets bien arrondis, plus ou moins stratifiés. L'érosion épargne plus cette roche, formant des pinacles constitués de poudingue particulièrement résistant.
Hydrographie vignette|La fontaine pétrifiante vue en 1936. Le plus spectaculaire est surnommé localement « la Main du Titan »La Main du Titan, site classé par arrêté du . Une faille majeure qui permet la remontée d'eau profonde, est à l'origine d'une source thermale se trouve à son pied (Plan de Phazy) ainsi que d’une source pétrifiante (source de Réotier).
L’alimentation en eau Il a été envisagé de creuser des puits, mais la dépense parut excessive.
L’alimentation en eau fut d’abord assurée par le captage de la source de Champ-Chignon, située entre Eygliers et Mont-Dauphin. Le tracé de la conduite en mélèze est marqué par une borne de marbre toutes les deux toises.
Une deuxième source est captée, celle de la combe de Loubatière, sur le mont de Catinat. La conduite est construite sur un socle en maçonnerie : la partie inférieure est en fonte, et couverte de grès.
En 1746, la conduite de Champ Chignon est refaite en terre cuite. Les deux sont ensuite refaites en ciment (1854), moins cher que le plomb.
Ces deux conduites alimentent quatre fontaines, et deux citernes creusées pour la troupe. La première de , sous le pavillon du Génie. Une seconde de est creusée en 1727-1730, en deux salles de à de haut, entre les casernes. Les deux ensembles permettaient à une garnison de et à la population civile de tenir (sans incendie).
Un nouveau captage, à la source de Gros, est réalisé en 1955-1957, et un nouveau réservoir construit en 1980.
Sismicité Commune située dans une zone 4 de sismicité moyenneDidacticiel de la réglementation parasismique.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Crépin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Mont-Dauphin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Guillestre, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. La commune est en outre hors attraction des villes...
Occupation des sols Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
La commune est régie par le Règlement national d'urbanismeLa commune est régie par le Règlement national d'urbanisme.
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Systèmes culturaux et parcellaires complexes 73,0 %42,9Forêts de feuillus 0,3 %0,2Forêt et végétation arbustive en mutation 26,7 %15,7Source : Corine Land Cover.
Toponymie C'est lors de sa construction d'une place forte à la fin du , en , que le plateau va devenir Mont-Dauphin, nommé ainsi en référence au Grand-Dauphin, le fils aîné du roi de Louis XIV, la place forte est située dans le Dauphiné..
Le site se verra appelé Mont-LyonJacques Cellard, Éric Vial - Trésors des noms de famille, des noms de villes et de villages - . en 1793, qui sera orthographié Mont-LionLouis Réau - 1959 - Les monuments détruits de l'art français: histoire du vandalisme - pages 191 et 405., pour redevenir Mont-Dauphin en 1814.
Mont Daufin en occitan.
Avant la construction de la forteresse, ce plateau s'appelait Millaures (mille aures en occitan), ce qui signifie balayé par « mille vents ». Sur certaines cartes anciennes, le lieu est nommé Saint Antoine du Bouchet jusqu'en 1700.
Histoire Fondée en 1693 par Vauban, Mont-Dauphin est avant tout une place forteL'intervention de la Fondation du patrimoine : Restauration des Remparts de la Place Forte à Mont-Dauphin destinée à verrouiller les accès des vallées de la haute Durance et du Guil. Mont-Dauphin est membre du Réseau des sites majeurs de Vauban, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en Le dossier du Réseau des Sites Majeurs de Vauban mené par Besançon a été choisi par le Ministère de la Culture en janvier 2007, la décision prise par l'Unesco en juillet 2008..
La place forte : construction et description Fondation de la ville et première phase de construction : 1693-1708 Avec l’accord de Versailles (le ), les travaux commencent dans l’urgence, pour être finis en un minimum de temps, Versailles craignant une nouvelle offensive savoyarde. Mais le poudingue est non seulement plus dur à creuser que prévu, mais aussi moins compact et donc moins stable que ne le pensait Vauban. Du coup, les fossés doivent être maçonnés pour ne pas s’effondrer. La réalité du chantier, à d’altitude, véritable défi à la montagne, n’est pas non plus conforme aux plans prévus : les travaux sont interrompus chaque année dès octobre. L’emploi des galets de déblai et du Guil dans la maçonnerie entraîne l’effondrement de la demi-lune de Berry en 1697
La place est carrée, suivant le profil du promontoire. Trois côtés sont peu menacés, dominant les alentours de de haut. Le front qui subira l’attaque est le front d’Eygliers, donc il reçoit les principales défenses. Les fronts du Guil et de la Durance sont secondaires. Le front d’Embrun surveille la route de Briançon.
thumb|alt=Arsenal de Mont-Dauphin|
Le front d’Eygliers, doté de trois bastions et qui barre le plateau, est presque achevé lors de la seconde visite de Vauban, en 1700. À cette date, la place est presque fermée sur les trois autres fronts. .
Bénéficiant de franchises fiscales, la communauté de Mont-Dauphin (réunie à celle d’Eygliers en 1753, avec trois consuls dont le premier était toujours de Mont-Dauphin), a toujours maintenu un instituteur, financé grâce au privilège de non-taxe sur le bétail à pied fourchu entrant dans la place, et proposé une instruction gratuite. Après 1826, les écoles de filles et de garçons sont séparées.
Pour limiter la dépense en ravitaillement, et les désertions causées par la situation difficile de la ville, la garnison qui compte deux bataillons au début du siècle (qui participent aux travaux), est répartie entre un bataillon logé à Embrun, et un autre bataillon dont une partie est casernée à Gap et l’autre qui garde effectivement la place de Mont-Dauphin.
En montagne et en l’absence de routes, le mulet, animal de bât, a l’avantage sur les animaux de trait grâce à sa force, sa sobriété et à sa grande capacité à évoluer en terrains accidentés. Au , la place dépendait entièrement des mulets pour son ravitaillement : ils furent ainsi entre 100 et 300 à stationner à Mont-Dauphin durant plus de deux cents ans. Vivres et munitions étaient acheminées par de longues caravanes de mulets bâtés.
Formidable instrument de dissuasion, la place forte n’a jamais connu de siège et faute d’habitants qui acceptèrent de vivre près de la garnison, les soldats furent condamnés, comme l’explique un contemporain, « à ne trouver dans leurs camarades que l’ennui qui leur est devenu commun ». Et c’est ainsi que Mont-Dauphin battit des records de désertion.
Guerres de la Révolution et de l’Empire