vignette|Écusson d'épaule des diplômés de Topgun vignette|Northrop DT-38A Talon devant le hangar de Topgun à Miramar en 1974. Noter les symboles de victoires des diplômés de l'école peints sur le hangar
L'orthographe initiale (en deux mots) a été rapidement remplacée par l'appellation actuelle. Elle a été cependant conservée dans le titre de nombreux ouvrages et dans celui d'un film célèbre – officiellement le (USNSFTIP)Programme de formation des instructeurs de tactiques de chasse-bombardement. Comme le changement de nom de Fighter Weapons School vers Strike Fighter Tactics Instructor program l'indique, il s'agit maintenant d'un programme de formation d'instructeurs – rendu célèbre auprès du grand public par le film du même nom, est un programme de formation pour les instructeurs spécialisés en combat aérien de l'aéronavale américaine. Pendant ses premières années d'existence, c'était un simple stage de perfectionnement : les pilotes ou les équipagesL'équipage d'un appareil de combat biplace est composé d'un(e) pilote et d'un(e) officier système d'arme (OSA) qui gère plus particulièrement certains équipements (communications, guerre électronique) et armements. Lors d'un combat aérien rapproché, l'OSA (ou NOSA si on tient compte de la fonction Navigateur) assiste également le pilote en assurant la veille optique, et plus particulièrement sur les arrières de l'appareil. Dans la marine américaine, l'OSA du F-4 est appelé RIO (). sélectionnés étaient détachés temporairement de leur escadronL'unité de base de l'aéronavale américaine (), qui comprend les avions de la marine () et ceux du Corps des () est le . L'appellation d'escadron est utilisée dans cet article pour le traduire. À noter cependant que la Marine nationale française utilise à sa place le terme de flottille. pendant quelques semaines puis y retournaient pour transmettre les connaissances nouvellement acquises à leurs camarades mais ce système n'a plus cours et les diplômés deviennent maintenant instructeurs à temps pleinWilliam B. Scott vol. 150, No 10, 8 mars 1999 p. 57-58.
Créé en 1969 pendant la guerre du Vietnam, alors que l'aéronavale américaineL'aéronavale américaine ( regroupe les avions de la marine () et ceux du Corps des (). La formation des pilotes est commune. Les escadrons des marines sont normalement basées à terre mais sont parfois déployés sur porte-avions pour renforcer un groupe aérien de la marine – comme d'ailleurs l'armée de l'air – obtient des résultats médiocres en combat aérien face à l'aviation nord-vietnamienne, contribue à restaurer la supériorité de la lors de la reprise des combats aériens à partir de la fin de 1971. Initialement établi au sein des deux escadrons de transformation opérationnelleAppelés (FRS) – ou parfois encore (RAG) un nom datant de la Seconde Guerre mondiale mais qui reste encore utilisé à l'époque – les escadrons de transformation opérationnelle assurent la formation d'une part des pilotes ou des équipages issus du cursus de formation initiale au cours duquel ils volent successivement sur des appareils plus sophistiqués mais pas encore sur les avions d'arme en service opérationnel et d'autre part, de ceux qui retournent en unité opérationnelle après une affectation à terre ou qui proviennent d'une unité équipée d'un autre type d'appareil. À l'époque, il existe sur chacune des côtes Est et Ouest des États-Unis un escadron FRS pour chaque type d'appareil. Ainsi, on trouve notamment à Miramar le VF 121 (transformation sur F-4 II) et le VF 124 (transformation sur F-8 ). Du fait de l'engagement massif des USA pendant la guerre du Vietnam, ces escadrons rassemblent à l'époque des effectifs très importants. Ainsi en 1969, alors qu'un escadron opérationnel typique déploie une douzaine d'appareils, le VF-121 en compte près de 70, mis en œuvre par près de 1400 personnels - Source : . VF-124 (F-8 Crusader) et VF-121 (F-4 Phantom II) basés à Miramar (Californie), Topgun se développe finalement surtout au sein de l'escadron VF-121 et devient une école autonome en 1972 sous le nom de (École des armes de la chasse de la marine). En 1996, l'école déménage vers la base de NAS Fallon dans le Nevada lorsque la base de Miramar est transférée à l'aviation du Corps des . devient alors l'un des programmes spécialisés offerts par un centre d'excellence appelé (Centre naval d'attaque aérienne et de combat aérien), qui sera lui-même rebaptisé (Centre de développement des techniques de combat de l'aéronavale) en 2015.
Aujourd'hui, , qui a été créé il y a plus de cinquante ans comme un cours supérieur () de combat aérien, a suivi l'évolution des tâches remplies par les avions de l'aéronavale et porte autant sur les missions d'attaque/bombardement que sur celles de chasse « pure ».
Le contexte de la naissance de Topgun vignette|gauche|MiG-21F "Fishbed C" avec un F-4 Phantom à gauche vignette|Pilotes Nord-vietnamiens devant leurs MiG-17
En 1969, la guerre aérienne au-dessus du Nord-Vietnam oppose l'aéronavale et l'armée de l'air américaines à la défense antiaérienne et à l'armée de l'air du Nord Vietnam depuis 5 ansLes premières attaques aériennes américaines datent du mois d'août 1964 lors des Incidents du golfe du Tonkin. Cette dernière, équipée de chasseurs soviétiques MiG-17 et MiG-21qui seront complétés à partir de 1970 par des MiG-19 fournis par l'URSS ou construits sous licence en Chine et appelés F6. relativement peu sophistiqués, se révèle pourtant un adversaire beaucoup plus tenace qu'attendu et, même si la plupart des appareils américains perdus sont abattus par l'artillerie antiaérienne et les missiles sol-air SA-2 GuidelineSur un total de 881 avions américains perdus « au nord » pendant , environ 82 % ont été abattus par l'artillerie anti-aérienne, 12 % par les missiles SAM) et 6 % par les MiG. Richard P. Hallion, p. 84, le taux d'échange obtenu en combat aérien (nombre d'avions ennemis abattus divisé par le nombre d'avions amis perdus) dépasse à peine le ratio de 2 pour 1, ce qui est beaucoup plus bas que les résultats obtenus par les forces américaines pendant la Seconde Guerre mondiale ou la guerre de Corée. Déjà médiocre, ce ratio diminue encore pour se rapprocher de 1 pendant certaines périodes en 1968. Les raisons en sont multiples. En premier viennent les restrictions imposées aux pilotes américains engagés dans l' comme l'interdiction d'attaquer les aérodromes ennemis et de détruire les avions nord-vietnamiens au sol – qui ne sera levée qu'en 1967Richard P. Hallion, Rolling Thunder 1965-1968, Johnson's air war over Vietnam p. 40-43. Mais les règles imposées par l'administration Johnson ne sont qu'une partie du problème…
Le problème américain vignette|Chargement de missiles Sidewinder sur un F-8E Crusader). vignette|gauche|F-4J Phantom II en vol. On distingue ses missiles sous les ailes et sous l'arrière du fuselage. L'aviation américaine dispose d'une supériorité numérique écrasanteEn 1968, tous modèles confondus, l’ dispose sur le théâtre d'opérations du Sud-Est asiatique de plus de chasse ou d'attaque (700 au Vietnam et 600 en Thaïlande) alors que la déploie généralement dans le golfe du Tonkin au moins trois porte-avions mettant en œuvre environ 250 avions embarqués. Source : Richard P. Hallion, Rolling Thunder 1965-1968, Johnson's air war over Vietnam p. 11. Les renseignements US estiment que, de son côté, à la fin de Rolling Thunder, le Nord-Vietnam aligne environ 112 MiG 17 et 38 MiG 21. Source : mais ses avions et ses missiles sophistiqués sont mal adaptés – ou mal employés – dans ce type de conflit.
En effet, après la fin de la guerre de Corée, les États-Unis ont résolument tourné la page du combat tournoyant () – dans lequel les chasseurs manœuvraient pour essayer de se placer derrière l'avion ennemi afin de l'abattre au canon ou avec un missile à guidage infra-rouge de faible portée. L'Amérique a ainsi développé une nouvelle génération d'avions de chasse optimisés pour le combat (hors de portée visuelle) à l'aide de missiles air-air guidés par radar pour éliminer l'adversaire à distance. D'ailleurs, le principal chasseur américain, le , qui est en service tant dans l' que la n'est même pas équipé de canons ! En conséquence, la formation des équipages est presque entièrement orientée vers l'interception, l'entraînement au combat tournoyant étant considéré non seulement comme obsolète mais dangereux, car il oblige à faire évoluer les appareils à la limite de leur domaine de volDans ces conditions, les avions effectuent des manœuvres violentes à des angles d'attaque élevés, ce qui risque de provoquer le pompage de leurs réacteurs et le décrochage de l'avion qui, s'il n'est pas rattrapé entraîne une vrille dont il est souvent pas possible de sortir, surtout si elle intervient à basse altitude. L'éjection du pilote ou de l'équipage devient alors impérative avec des chances de survie limitées si elle intervient tard. L'appareil est perdu..
Or, au-dessus du Nord-Vietnam, il est quasiment impossible d'identifier les avions ennemis au radar de manière certaine et donc de les engager à distanceEn effet, les avions de l'armée de l'air sont basés en Thaïlande tandis que les porte-avions de la marine sont dans le Golfe du Tonkin. Leurs raids respectifs proviennent donc de directions opposées et ne sont pas coordonnés. De plus les radars de l'époque sont peu efficaces pour détecter les avions volant à basse altitude, dont les échos sont brouillés par ceux du terrain.. Quand la distance diminue, l'identification reste problématique car les MiG sont plus petits que les et donc difficiles à voir alors que les réacteurs des F-4 émettent une longue trainée de fumée tant qu'ils n'enclenchent pas la postcombustion, ce qui facilite encore leur détection. Guidés directement sur les arrières des avions américains par un réseau de contrôle radar au sol efficace, les MiG sont alors doublement avantagés – d'une part par leur maniabilité et d'autre part par leur armement qui comprend des canons alors que le principal chasseur américain (le F-4) ne dispose que de missilesL' équipe certains de ses F-4 d'un canon monté dans un conteneur suspendu sous son fuselage et obtient quelques succès mais ce montage n'est pas possible sur ceux de la marine car cet emplacement central est réservé au réservoir supplémentaire dont l'appareil a impérativement besoin pour pouvoir assurer ses missions.. Les deux modèles principaux de missiles utilisés par la sont le , à guidage infra-rouge, qui est bien adapté au combat rapproché mais pas toujours très fiable et le à guidage radar, qui a été conçu pour l'interception à distance de bombardiers lourds et se révèle peu adapté pour abattre un chasseur en combat tournoyant rapproché. De plus, le est – à cette époque – encore moins fiable que le .
Le résultat est qu'il faut tirer au moins dix missiles en moyenne pour qu'un avion nord-vietnamien soit abattuSur près de tirés par l et la entre juin 1965 et septembre 1968. (). , 1969, Résumé introductif, p. 1.
Le diagnostic de la Navy : Le Rapport Ault vignette|Deux F-16N et deux A-4F "Agresseurs" de Topgun en 1991