vignette|Le canal Młynówka à Opole. Février 2021.

Opole ( ; ; , ) est une ville du sud de la Pologne, capitale de la voïvodie du même nom. Opole est une ville-powiat et est le chef-lieu du powiat d'Opole sans se trouver sur son territoire. Avec en 2021, il s'agissait de la vingt-deuxième plus grande ville polonaise.

Opole se situe dans la plaine silésienne, le long de l'Oder, à environ 270 km de Varsovie et à environ 40 km de la frontière Tchèque.

Fondée au , la ville est pourvue des libertés et privilèges relatifs au droit de Magdebourg en 1217, sous le règne de , seigneur de la dynastie des Piasts, dont Opole est une place forte. À l'époque de la Renaissance, la ville profite de sa position avantageuse, à la croisée de plusieurs routes commerciales, et devient un centre économique régional majeur, à la frontière entre sphères germaniques et polonaises. En 1655, l'invasion suédoise de la Pologne pousse le roi Jean II Casimir Vasa et sa cour à se retirer à Opole, d'où le souverain publie un manifeste appelant tous les Polonais à la guerre contre l'envahisseur. En 1668, Opole passe aux mains des Habsbourg avant d'être rattachée à la Prusse par le traité de Breslau (1742). Rebaptisée Oppeln, elle est intégrée à l'Empire allemand en 1871. La ville ne redeviendra polonaise qu'en 1945 à la suite de la conférence de Potsdam et retrouvera son nom polonais d'origine.

Son histoire mouvementée a façonné l'architecture de la ville et ses nombreux monuments, à la fois d'inspiration polonaise et allemande. La population d'Opole fut toujours un mélange de polonais et d'allemands, ce qui demeure encore aujourd'hui, la voïvodie d'Opole comptant une importante minorité allemande et plus de .

Il existe quatre établissements d'enseignement supérieur dans la ville, totalisant plus de 25 000 étudiants. Le Festival national de la chanson polonaise a lieu dans la ville annuellement depuis 1963, le plus important de ce type en Pologne.

Histoire vignette|droite|Plus ancienne vue connue d'Opole (1535) vignette|droite|Vue d'Opole au vignette|droite|Représentation d'Opole dans une gravure de 1734 Les origines de la ville La région d'Opole fut le berceau de la tribu des Opolans, une tribu slave appartenant au groupe des slaves occidentaux. La première mention d'Opole date de 845 dans une note d'un géographe bavarois anonyme, Descriptio civitatum et regionm ad septentrionalem plagam Danubii, écrite pour Louis le Germanique. En 985, la Silésie et Opole furent annexées à la Pologne par Mieszko . À la suite de l'invasion par Bretislav en 1039, Opole passa sous domination tchèque pendant 11 ans. Casimir Ier le Restaurateur reprit la région en 1050.

Le Duché d'Opole Par le testament de Boleslas III Bouche-Torse en 1138, la Silésie fut accordée comme duché héréditaire au fils aîné du prince, Ladislas II le Banni, qui donna naissance à la lignée des Piasts silésiens. En 1179, le duché d'Opole est séparé du reste de la Silésie. À partir de 1211, le Duché est dirigé par Casimir Ier d'Opole. En 1228, il entreprend la construction d'un château en briques à l'emplacement de la place forte. Au , le château fut agrandi par Bolko et au milieu du , la tour Piast, conservée jusqu'à nos jours, fut construite. En 1236, un monastère franciscain est créé, toujours actif de nos jours.

Lors de la bataille d'Opole en 1241, les Mongols brûlèrent les environs de la ville. Dans la seconde moitié du , la ville est devenue un important carrefour commercial sur la route de Wrocław à Cracovie. Le , Opole fut officiellement incorporée au Saint Empire romain germanique par l'empereur Charles IV. En 1350, la population de la ville était d'environ 2300 habitants.

La domination des Habsbourg En 1474, Opole fut assiégée par les troupes du roi polonais Casimir IV Jagellon, en raison du soutien apporté par Nicolas d'Opole au roi hongrois Matthias Corvin. Après la mort du dernier Piast, le Duc Jean II le Bon, en 1532, l'empereur Ferdinand de Habsbourg céda la région d'Opole aux Hohenzollern de la lignée d'Ansbach pour 20 ans, puis la principauté passa sous la domination directe des Habsbourg. En 1552, la reine hongroise Isabelle Jagellon devint la nouvelle souveraine d'Opole, en tant que vassale de l'empereur Ferdinand de Habsbourg.

En 1565, la population juive est expulsée d'Opole. Le , un incendie détruit une grande partie de la ville. En 1655, le roi polonais Jean II Casimir Vasa, avec son épouse et toute la cour, vint à Opole pour se protéger de l'invasion suédoise de l'état polono-lituanien. Après avoir reçu la nouvelle de la victoire décisive à Krosno (), le roi quitta la ville le .

L'annexion par la Prusse À la suite du déclenchement des trois guerres de Silésie entre l'État des Habsbourg et le royaume de Prusse, les troupes prussiennes entrèrent à Opole. Après la paix de Breslau en 1742, mettant fin à la première guerre de Silésie, la ville fut rattachée à la Prusse et les juifs purent s'y réinstaller. A cette époque, Opole était la troisième plus grande ville de Haute-Silésie, après Prudnik et Racibórz.

Pendant la guerre de Sept Ans, la ville est capturée à deux reprises par les Autrichiens (1757, 1762) et par les Russes (1761). Le traité d'Hubertsburg laisse Opole sous domination prussienne. De 1807 à 1808, pendant les guerres napoléoniennes, les français occupent la ville. La première bibliothèque publique de la ville est créée en 1824. En 1828, le journal officiel de la ville Stadtblatt für Oppeln, rebaptisé plus tard Oppelner Stadtblatt, commence à paraître. En 1843, la première ligne ferroviaire de Silésie partait de Wrocław pour atteindre Opole. En 1862, la ville est équipée de 140 lampadaires à gaz. En 1910, un parc paysager est créé sur l'île Bolko, toujours existant.

Les deux guerres mondiales vignette|droite|Le Rynek en 1945, au lendemain des combats, avec la Cathédrale en fond vignette|droite|Reconstruction d'immeubles sur le Rynek (1951) vignette|droite|Le Rynek en 2019 vignette|droite|La cathédrale d'Opole Pendant la première guerre mondiale, les hommes d'Opole mobilisés combattent au sein du 4e régiment d'infanterie de Haute-Silésie (section n° 63) et sont envoyés sur tous les fronts : en Lorraine , en Champagne, près de Daugavpils, dans le Tyrol du Sud, sur la rivière Piave, en Italie.

Conformément au traité de Versailles, la région d'Opole est occupée par les troupes françaises en attente du plébiscite sur l'autodétermination de la Silésie, le , où la population doit choisir entre un maintien dans l'Allemagne ou un rattachement à la Pologne. Avec plus de 60% des voix, au total, pour un maintien dans l'Allemagne (et 90% à Opole même), la région reste allemande. Les habitants polonais suspectent des fraudes et des insurrections éclatent. De 1923 à 1933, le maire d'Opole est Michael von Matuschka, plus tard instigateur d'un attentat contre Adolf Hitler. Lors des dernières élections libres du Reichstag, le , le Zentrum chrétien-démocrate obtint 35,9 % des voix, devançant ainsi le NSDAP nazi (26,8 %), le KPD (16,8%) et le SPD (9,1%).

En 1934, lors de travaux de rénovation de la mairie, la tour de l'hôtel de ville s'effondre. Mais celui-ci fut reconstruit deux ans plus tard. Durant la nuit de cristal, en 1938, la synagogue d'Opole est incendiée et 13 commerces appartenant à des juifs sont saccagés. Une grande part de la population juive quitte la ville et émigre en Palestine ou aux États-Unis. Les autres seront déportés, entre 1942 et 1943, vers les camps d'Auschwitz et de Theresienstadt.

En 1944, la ville est bombardée régulièrement par des avions américains. Le , l'évacuation est décrétée face à l'avancée des troupes soviétiques à l'est. En 4 jours, 58 000 personnes quittent la ville, en direction de Kłodzko ou de Wrocław. Le , le général von Pfeil, incapable de tenir Opole, se suicide. Son successeur, le général Fritz Gräser, ordonne de se retirer au-delà de l'Oder vers une nouvelle ligne de défense et abandonne la ville, qui ne compte plus que 600 habitants. Le , l'Armée rouge s'empare de la majeure partie d'Opole mais la Wehrmacht tient la rive gauche jusqu'en mars. De nombreux viols sont commis durant cette période. À la suite des accords de Potsdam, la ville réintègre la Pologne.

Le retour à la Pologne vignette|droite|Architecture socialiste dans le quartier de Zaodrze (années 1970) En 1945, Opole a une fois de plus réintégré la Pologne mais conserve une minorité de population de langue allemande, ayant prêté serment de fidélité à l'état polonais. Le , la Fête des récoltes de Silésie a lieu à Opole sous la direction du président Bolesław Bierut et du vice-Premier ministre Władysław Gomułka, les deux hommes forts du régime, devant 300 000 délégués du PZPR (Parti Communiste) venus de tout le pays.

En 1946, les Allemands refusant d'abandonner leur citoyenneté furent expulsés par les autorités polonaises locales ou déportés vers des camps de travail dans la région, notamment à Łambinowice. L'administration polonaise a effacé les traces du passé allemand : les noms de rues et d'entreprises ont été remplacés par des noms polonais et les fonds des bibliothèques ont été détruits. Jusqu'au changement politique de 1989, L'allemand n'était plus enseigné dans les écoles.

Le , la crue historique de l'Oder entraine d'importants dégâts. Afin de protéger le patrimoine historique du centre-ville, les digues de l'Oder sont dynamitées par l'armée afin que l'eau s'écoule vers le quartier plus récent de Zaodrze, sur la rive gauche du fleuve. Les dégâts sont considérables et entrainent la construction de nouvelles digues et de canaux de dérivation.

Politique et administration

Armoiries et drapeau vignette|droite|Drapeau de la ville d'Opole avec armoiries Les armoiries de la ville d'Opole sont ainsi : en bleu à droite un demi aigle royal et à gauche une croix demi trèfle doré appuyée contre lui. Le bouclier est couronné d'une couronne murale à cinq pinacles. Ces couleurs héraldiques sont également les couleurs de la ville et se retrouvent dans le drapeau de la ville d'Opole. Il s'agit de deux bandes horizontales avec la couleur or en haut et la couleur bleue en bas.

Un sceau du XIIIe siècle contient la plus ancienne représentation connue des armoiries de la ville d'Opole. Elle a été créée comme une combinaison des armoiries des Piasts d'Opole et de la Sainte-Croix, qui ont donné son nom à la cathédrale de la Sainte-Croix.

Maires d'Opole vignette|170px|droite|Quartiers d'Opole 1809: Josef Storch 1812: Jäkel 1818–1841: Wilhelm Leopold Augustini 1841–1853: Franz Goretzki 1853–1855: Ernst Mouillard 1855–1871: Franz Goretzki 1872–1880: Wilhelm Goetz 1881–1892: Paul Trentin 1892–1904: Arthur Pagels 1904–1928: August Neugebauer 1928–1933: Ernst Berger 1934–1943: Konrad Leuschner 1945–1946 Maksymilian Tkocz 1946: Wilhelm Szafarczyk 1947–1948: Franciszek Gwiazda 1948–1952: Lucjan Skalski 1952–1953: Leonty Ogryzko 1953–1965: Karol Musioł 1965–1968: Henryk Tabor 1968–1969: Jan Radomański 1973: Franciszek Florkiewicz 1973–1974: Szymon Lachowicz 1975–1978: Feliks Hajduczek (PZPR) 1978–1982: Bronisław Błotnicki (PZPR) 1982–1986: Edward Bochyński (PZPR) 1986–1990: Tadeusz Berka (PZPR) 1990–1994: Jacek Kucharzewski (UD) 1994–2001: Leszek Pogan (SLD) 2001–2002: Piotr Synowiec (PO) 2002–2014: Ryszard Zembaczyński (PO) Depuis 2014: Arkadiusz Wiśniewski (PO)

Économie vignette|droite|Centrale électrique au charbon d'Opole vignette|droite|Parc Scientifique et Technologique d'Opole En raison de la présence d'importants gisements de calcaire dans les environs, Opole fut un centre majeur de production de ciment pour l'Allemagne au début du avec 9 cimenteries en activité en 1930. L'ex-entreprise d'état Cementownia Odra est, de nos jours, la dernière cimenterie active. Le groupe Lafarge dispose de deux usines à Opole, l'une pour sa division toiture Lafarge Roofing et l'autre pour sa filiale Schiedel, produisant des cheminées.