Philémon, en grec ancien / , « amical, affectueux » (Syracuse, Sicile, vers -360 - Athènes vers -262) est un poète grec de la Nouvelle comédie.
Carrière et traits principaux Philémon se rendit tôt à Athènes, où l'on trouve sa trace comme poète comique en Tout comme Diphile, mais sans doute plus souvent, il vainquit un certain nombre de fois le grand Ménandre dans les concours de comédies : Aulu-Gelle attribue ces victoires imméritées à la flatterie ou à la corruption, XVII, 4, 2. L'auteur enchaîne avec cette anecdote : « Le trouvant un jour par hasard sur sa route, Ménandre lui demanda : . et Apulée les juge honteusesApulée, Florides, 16, 6. . Le comique fit un court séjour à Alexandrie auprès de Ptolémée II Philadelphe avant de rentrer à Athènes.
Il décéda à un âge très avancé, presque centenaireLe Pseudo-Lucien (voir infra, note 5) le fait mourir comme Cratinos à l'âge de 97 ans.. Sa mort nous est contée de manière fort diverse selon les auteurs. D’après Plutarque, il mourut comme Alexis, au moment d'être couronné sur scènePlutarque, Si les vieillards doivent faire de la politique, 3, 785 B.. Apulée, qui consacre à la mort de Philémon un assez long développement oratoire, raconte que, comme sa lecture publique de sa dernière composition avait été interrompue par la pluie, et que les nombreux spectateurs, impatients de la reprise et ne voyant pas l'auteur revenir, avaient fini par le faire chercher, on le trouva chez lui, mort, et tenant à la main le texte de sa dernière œuvreApulée, Florides, 16, 10-18.. Claude Élien lui aussi, dans son que cite la Souda, le fait mourir son dernier manuscrit à la main, mais après un songe où il aurait vu sept jeunes filles sortir de chez luiSuidae Lexicon, éd. A. Adler, Pars IV (19351, 1971), p. 722.. Une dernière tradition veut que Philémon soit mort de rire après avoir vu un âne se gaver des figues qui lui étaient destinéesValère Maxime, IX, 12, ext. 6 ; Pseudo-Lucien, Μακρόβιοι / Longaevi, 25.Valère Maxime, Les Faits et dits mémorables, Livre IX, Chapitre XII, Exemples étrangers, 6 (lire en ligne) « Quant à Philémon, c'est l'excès du rire qui le tua. On avait acheté des figues pour lui et on les avait placées sous ses yeux. Voyant qu'un âne les mangeait, il cria à son esclave de le chasser. Mais celui-ci n'arriva que lorsque les figues eurent été toutes mangées. "Puisque tu es venu si lentement, donne maintenant du vin à cet âne." Et cette plaisanterie fut aussitôt suivie d'un accès de rire qui le mit hors d'haleine, si bien que sa gorge affaiblie par l'âge ne put résister à la violence de ses hoquets ». ; cette version est d'autant plus suspecte que le même genre de décès est attribué au philosophe ChrysippeDiogène Laërce, VII, 185..
Philémon aurait écrit 97 comédies, dont aucune n'est conservée. Nous en connaissons 57, soit par des fragments, soit seulement par la mention de leur titre. Deux d'entre elles ont été adaptées par Plaute dans « Le Marchand » (Mercator) et « Les Trois écus » (Trinummus), et la pièce du même Plaute intitulée Mostellaria (« La Comédie du Fantôme ») est peut-être inspirée du Phasma (« Le Fantôme ») de Philémon.
Les comédies de Philémon se recommandaient par leur bon goût et leur modération. Apulée, qui juge notre comique inférieur à Ménandre, lui concède toutefois « beaucoup de traits spirituels, d'intrigues agréablement nouées, de reconnaissances naturellement amenées, de pensées qui sont le reflet de la vie »Apulée, Florides, 16, 7.. On ne trouvait point chez lui les plaisanteries scabreuses auxquelles se complaisait son rival Diphile.
Philémon fait partie du Canon alexandrin.
Titres connus
Adelphoi (« Les Frères »)
Agroikos (« Le Rustre »)
Agyrtès (« Le Prêtre mendiant » ou « Le Diseur de bonne aventure »)
Aitôlos (« L'Étolien »)
Anakalyptôn (« Le Dévoileur »)
Ananeoumenè (« La Femme renouvelée »)
Androphonos (« L'Assassin »)
Apokarterôn (« L'Homme qui se laisse mourir de faim »)
Apolis (« Le Banni », « L'Apatride »)
Aulètès (« Le Joueur de flûte »)
Babylônios (« Le Babylonien »)
Chèra (« La Veuve »)
Emporos (« Le Marchand »)
Encheiridion (« Le Poignard »)
Enoikizomenos (« L'Immigré »)
Epidikazomenos (« Le Plaignant »)
Euripos (« L'Euripe »)
Ephèbos (« L'Adolescent »)
Ephedritai
Gamos (« Le Mariage »)
Harpazomenos (« Le Capturé »)
Hèrôes (« Les Héros »)
Hypobolimaios (« L'Enfant substitué »)
Iatros (« Le Médecin »)
Katapseudomenos (« Le menteur malveillant »)
Koinônoi (« Les Associés »)
Kolax (« Le Flatteur »)
Korinthia (« La Corinthienne »)
Lithoglyphos (« Le Graveur »)
Metiôn ou Zômion
Moichos (« L'Adultère »)
Myrmidones (« Les Myrmidons »)
Mystis (« La Myste », « L'Initiée »)
Neaira (« Néaira » [courtisane fameuse])
Nemomenoi (« Les Partageurs »)
Nothos (« Le Bâtard »)
Nyx (« La Nuit »)
Paides (« Les Enfants »)
Palamèdès (« Palamède »)
Panègyris (« La Grande foire »)
Pankratiastès (« Le Pancratiaste »)
Pareisiôn (« L'Intrus »)
Phasma (« Le Fantôme »)
Philosophoi (« Les Philosophes »)
Pittokopoumenos (« L'Homme qui s'épile »)
Pterygion
Ptôchè (« La Mendiante »), ou Rhodia (« La Rhodienne »)
Pyrphoros (« Le Porte-flambeau »)
Pyrrhos (« Le Roux » [?])
Sardios (« L'Homme de Sardes »)
Sikelikos (« Le Sicilien », peut-être de Diphile)
Stratiôtès (« Le Soldat »)
Synapothnèskontes (« Ceux qui meurent ensemble »)
Synephèboi (« L'adolescence partagée »)
Thèbaioi (« Les Thébains »)
Thèsauros (« Le Trésor »)
Thyrôros (« Le Portier »)
Bibliographie
Édition des fragments Theodor Kock, Comicorum Atticorum fragmenta. Volumen II : Novae comoediae fragmenta. Leipzig, Teubner, 1884, p. 478-539. R. Kassel & C. Austin, Poetae comici Graeci, 7 (1989), p. 221-317.
Références
Catégorie:Dramaturge de la Grèce antique Catégorie:Littérature grecque hellénistique Catégorie:Canon alexandrin Catégorie:Athènes hellénistique Catégorie:Décès en 262 av. J.-C. Catégorie:Anagnorisis Catégorie:Poète grec du IVe siècle av. J.-C. Catégorie:Poète grec du IIIe siècle av. J.-C.