Écogia est un hameau de la commune de Versoix, dans le canton de Genève, en Suisse.
De nos jours le hameau est essentiellement occupé par des bâtiments administratifs, des équipements culturels et une ferme.
Origine et étymologie gauche|vignette|Entrée du hameau. Un aqueduc reliait la source d'Écogia et une villa romaine située à VersoixDécouvert en 1924 lors d'un drainage dans un terrain riverain du nant de Braille, il fit l'objet d'une première étude par l'archéologue cantonal Louis Blondel publiée en 1925 dans Genava, citée avec illustrations dans Jean.-P. Ferrier, Histoire de la commune de Versoix, 1942. Voir aussi Genava, t. XII, 1964..
Le nom d'Écogia apparaît pour la première fois dans un document de 1022 sous la forme d'Adesgogia. Le linguiste Ferdinand de Saussure propose une origine latine de ce nom : « Ad » signifie « près de » et « Esgogia » peut être dérivé de « exagitare », qui signifie « pousser dehors ». Le nom du hameau viendrait de la source qui alimentait l'aqueducManuscrit de Ferdinand de Saussure à propos des noms de Genthod, Ecogia, Carouge et Jura, texte établi par Mirolad Arsenijevic, in Cahiers Ferdinand de Saussure, 1999..
Ce nom est parfois orthographié « Eccogia »Claudius Fontaine, Recherches historiques sur Versoix, Genève, 1863. ou « Ecorgia »« Plan de la commune de Versoix », Mayer, 1829. Reproduit dans Marcel Lacroix, Versoix genevoise, 1984, p. 54-55..
Histoire Le hameau a été la propriété de la famille du début du jusqu'en 1881. Des membres de cette famille originaire de Bardonnex s'étaient réfugiés à Versoix à la suite de la recatholicisation du bailliage de Ternier (Versoix était protestante de 1536 à 1662). Les noms de lieux trouvés dans les archives indiquent « chez Verrier » en 1665, « chez Verry alias à la fin » en 1667, « le Verry proche Versoix » en 1689 puis « chez Vuarin sur Versoix » en 1735. Sur un plan de 1829, on trouve les lieux dits « à Vari » et « la fin » de part et d’autre d'Écogia. Le nom « Écogia » n'apparaît pas avant le dans les archives concernant cette familleMichel Mégard, « La famille Mégard de Versoix », 1993-2004, sur le site famille.megard.ch. Les Mégard étaient aussi présents à Saint-Loup dès 1607.. En 2012, le nom « Champ de la fin » existe toujours et il est contigu à ÉcogiaCommune de Versoix, Nomenclature des noms locaux du canton de Genève..
vignette|gauche|Extrait de la carte Duvotenay de 1837, Versoix et environs immédiats. Au milieu du , Mathieu Mégard (1722-1793), avocat et « conseiller du Roi » est dit « le plus opulent des Versoisiens », ses trois fils seront tour à tour maires de la commune. En 1819, sa petite fille Marie Pierrette Émilie Mégard (1800-1881), dernière de la lignée, épouse le baron François Gabriel Girod de l'Ain (1783-1846). Deux enfants, Marie Louise Octavie (1820-1864) et Jean-Marie Léon (1824-1854), en naîtront. Veuve et six ans après le décès de son fils Léon, elle mandate l'architecte Charles Harent de Gex pour construire une chapelle en souvenir de son mari et de son fils défunts. La chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs est construite dans un style néogothique. Elle est construite entre 1860 et 1862 et est consacrée le par l'évêque Étienne Marilley (1846-1879). Après le décès de sa fille, en 1864, en l'absence d'héritier, elle lègue le domaine à des religieuses afin de créer un établissement philanthropique dans le bâtiment principal datant du . En 1881, Marie Pierrette Émilie Mégard est inhumée dans la chapelle.
En 1903, le bâtiment principal est transformé en orphelinat par « L'œuvre d’Écogia », une communauté de la congrégation des Filles du Cœur de Marie. Les bâtiments accueilleront ensuite une école ménagère et professionnelle, puis un jardin d’enfants et un centre d’accueil. L'institution morcèle son domaine en 1972, permettant la construction de 26 villas et la création du chemin Jean-Baptiste-TerrayMarcel Lacroix, Versoix genevoise, Commune de Versoix, 1984..
vignette|La chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs, le clocheton ainsi que le bâtiment principal.|gauche La commune de Versoix a racheté le domaine en 1993, constitué d'un total de dont de terres agricoles et de parc, jardins, bois et forêtsNihil novi sub sole : réhabilitation de l'horloge d'Ecogia, CFPT - École d'horlogerie de Genève, Association patrimoine versoisien, 2012, 109 p.. Deux bâtiments sont revendus, et des locaux accueillent ponctuellement l'armée, des fêtes, des ventes aux enchères ou encore des séminaires internationaux et la chapelle est cédée à l'Église catholique de GenèveNina Brissot-Carrel, « Depuis plus de vingt ans, Versoix est très prisée [...] », in la Tribune de Genève du décembre 1995. Le domaine de 97 ha est acquis pour 9,6 millions de francs.. En 1995, un centre consacré à l'astronomie, l'ISDC Data Centre for Astrophysics (ISDC), est établi à Écogia. Depuis 2001, Écogia abrite le Centre de formation du Comité international de la Croix-Rouge ; un droit de superficie de la commune de Versoix est accordé pour du Centre de formation du CICR.« L'œuvre d'Ecogia » se livre enfin, Versoix région, janvier 2012..
Afin de préserver la qualité architecturale et historique du domaine, un plan de site a été adopté par le Grand Conseil en 2004. Puis la commune de Versoix a commandé un aménagement des espaces publics en 2006« Domaine d'Ecogia à Versoix », ass architectes associés sa..
En 2012, l'horloge d'Écogia et son clocheton ont été rénovés. L'horloge a été placée dans le clocheton construit en 1862 sur le bâtiment jouxtant la nouvelle chapelle, mais son mécanisme signé « Baridon » pourrait dater de la fin du Aurélie Toninato, « Le domaine d’Ecogia célèbre la résurrection de son horloge », in la Tribune de Genève du 22 septembre 2012..
En 2019, la chapelle reçoit des travaux de restaurations.
Bibliographie Stanislas Anthonioz, Histoire de l'œuvre d'Écogia (1903-1993), Genève, 2011, 437 p.
Notes et références
Sources « Ecogia : notes historiques », sur le site de l'association Patrimoine versoisien. Lire en ligne.
Voir aussi
Articles connexes Émilie Girod de l’Ain Versoix
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