Le Haflinger est une race montagnarde de petit cheval de selle et de trait léger. Originaire du Tyrol, région historique désormais partagée entre le nord de l'Italie et l'Autriche, le Haflinger est peut-être issu de populations d'équidés arrivées dans la région dès le Moyen Âge. Il émerge réellement en tant que race à la fin du . Il est caractérisé par sa robe, toujours alezane aux crins lavés, ses allures confortables mais énergiques, sa musculature et son élégance. De son élevage pour le travail en terrain accidenté, le Haflinger a hérité d'une grande robustesse. Sa morphologie et son apparence sont le résultat de croisements réguliers entre le cheval arabe et des poneys de travail tyroliens. L'étalon fondateur de la race, Folie, naît en 1874. La première coopérative d'élevage voit le jour en 1904. Tous les Haflingers actuels descendent de Folie, à travers sept lignées.
Les deux guerres mondiales et la Grande Dépression affectent la race, des animaux de moindre qualité sont parfois utilisés pour la sauver de l'extinction. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les efforts des éleveurs portent sur de petits chevaux proches d'animaux de trait, favorisés par l'armée qui en utilise abondamment au bât. Après la guerre, l'accent est mis sur l'élevage d'animaux plus grands et plus raffinés. Le Haflinger est alors croisé sans contrôle avec d'autres races, et le risque d'extinction ressurgit. Toutefois, dès 1946, des éleveurs s'emploient à faire naître des chevaux de race pure, un stud-book fermé est créé. L’intérêt pour le Haflinger s'accroit dans les autres pays. Entre 1950 et 1974, sa population mondiale augmente alors que le nombre global de chevaux en Europe connaît une sévère baisse. La hausse générale se poursuit si bien qu'en 2005, environ existent dans le monde. Les élevages sont implantés dans un grand nombre de pays, bien que la majorité des chevaux proviennent d'Autriche. En 2003, une jument Haflinger devient le premier cheval cloné au monde, donnant naissance à une pouliche nommée Prometea.
Les Haflinger sont employés dans une grande variété de disciplines équestres, et notamment la traction légère et l'attelage, ou bien sous la selle, entre autres en endurance, le dressage, voltige en cercle, saut d'obstacles et équithérapie. Les armées autrichienne et allemande continuent de les employer comme animaux de travail en terrain difficile. La World Haflinger Federation (WHF) est la structure mondiale qui contrôle le standard de la race. Elle est constituée de nationales, et gère les objectifs d'orientation de l'élevage, les lignes directrices et les règles pour ses organisations membres.
Terminologie Le nom « Haflinger » provient du village tyrolien de Hafling, situé au Nord de l'Italie. Ce nom est officialisé le par décret du ministère de l'agriculture autrichien.
La population italienne de la race est désignée sous le nom d'Avelignese.. Sur la base de données de référence de la FAO, DAD-IS, le Haflinger est indiqué comme une race indigène originaire à la fois de l’Autriche. et de l'Italie, dans ce dernier cas connue également sous le nom local italien d'Avelignese..
Histoire
La race Haflinger est caractérisée par son homogénéité, résultat d'une sélection rigoureuse par ses éleveurs, dans un environnement isolé des influences extérieures. Cela a forgé un petit cheval de montagne robuste, solide et rustique. Il est devenu très populaire. et ses qualités lui ont permis, au , de voir son élevage s'étendre aux cinq continents.
Du Moyen Âge au thumb|Haflinger à Seiser Alm. thumb|left|Haflingers employés comme chevaux de bât pendant une reconstitution médiévale à Ravensbourg dans le Bade-Wurtemberg(Allemagne). L'histoire de la race peut être retracée, sans certitude toutefoisCes théories n'ont pas fait l'objet d'études scientifiques rigoureuses., jusqu'au Moyen Âge. Plusieurs théories existent. La première y voit une population de chevaux descendant d'animaux abandonnés dans les vallées du Tyrol, en Europe centrale, par des Goths venus de l'Est en fuyant les troupes byzantines après la chute de Conza en 555. Ces chevaux abandonnés sont supposés influencés par du sang oriental, ce qui expliquerait le physique « arabisé » caractéristique de la race Haflinger.. Un « poney des montagnes léger » est signalé pour la première fois dans la vallée de l'Adige en 1282, il s'agit sans doute d'un ancêtre des Haflingers actuels. La seconde théorie est de voir dans les représentants de la race les descendants d'un étalon du royaume burgonde, envoyé à Louis V de Bavière par son père, Louis IV du Saint-Empire, quand Jean II de Brandebourg a épousé la princesse Margarete Maultasch du Tyrol en 1342. Il a également été suggéré que les Haflingers descendent du Tarpan préhistorique, puis d'un « cheval lourd des Alpes », originaire des régions de Morano et Bolzano, désormais disparu.
Quoi qu'il en soit, on retrouve trace au Moyen Âge du lourd Noriker dans les vallées, de petits chevaux vifs dans les montagnes du Tyrol et d'animaux de traction alpins dans les régions de Merano, Bolzano, et du Tyrol du Sud. Les deux premiers types ont probablement été croisés dans le but d'obtenir le troisième, apte à la traction en montagne... Les Haflingers sont en effet très proches des Norikers, et les zones géographiques dont proviennent ces deux races se chevauchent.. Les chevaux se sont adaptés au climat montagnard, il en résulte un animal capable de prospérer dans des conditions difficiles avec un entretien minimal..
vignette|Un Haflinger dans son berceau d'origine, le Tyrol du Sud. La race telle qu'elle est connue provient officiellement du village de Hafling, dans le Trentin-Haut-Adige, appartenant alors à l'Autriche-Hongrie.. L'influence du cheval arabe se renforce nettement avec l'introduction de l'étalon El Bedavi, importé d'Autriche au . L'arrière-petit-fils demi-arabe d'El-Bedavi, El-Bedavi XXII, provient du célèbre haras austro-hongrois de Rădăuți. El Bedavi est le père de l'étalon fondateur de la race Haflinger, Folie, né en 1874 chez un modeste agriculteur. Folie est l'étalon dont descendent tous les Haflingers. Il a pour mère une jument de Galicie alezane mâtinée de sang arabe, portant une raie de mulet. La robe de Folie est alezane aux crins lavés, il porte lui aussi une raie de mulet et des zébrures sur les membres.. Cet étalon est examiné par François-Joseph Ier d'Autriche qui le déclare étalon fondateur, aussi ses produits se répandent dans toute la région durant ses dix-neuf ans de carrière de reproducteur. L'empereur lui-même adopte un Haflinger comme monture durant les dernières années de sa vie, participant sans doute à la mise en lumière de la race.
Le pool génique originel et l'environnement montagneux dont proviennent la majorité des représentants de la race ont pour résultat un physique très fixé et une homogénéité dans l'apparence, il y a probablement eu croisements consanguins pour fixer la robe au . Durant les premières années du développement de la race, des étalons orientaux comme Dahoman, Tajar et Gidran se reproduisent avec des juments Haflinger, mais leurs descendants perdent de nombreux traits propres à la race, aussi l'emploi de ces étalons s'arrête-t-il.. À la suite de la naissance de Folie en 1874, plusieurs nobles hongrois s'intéressent au Haflinger et demandent l'appui du gouvernement ainsi que la direction des procédures de sélection organisées. En 1899, le gouvernement autrichien accepte de soutenir les programmes d'élevage à travers la mise en place de subventions, des pouliches Haflinger de haute qualité sont choisies pour ce programme. Dès lors, les meilleurs animaux sont élevés exclusivement pour maintenir la qualité de la race, tandis que ceux qui ne satisfont pas aux normes de qualité sont utilisés comme bêtes de somme par l'armée.. À la fin du , les Haflingers sont devenus très communs du nord au sud de la province tyrolienne, des haras sont également établis en Styrie, à Salzbourg et en Basse-Autriche..
1900-1945
En 1904, la première coopérative d'éleveurs du Haflinger est créée à Mölten, au Tyrol du Sud, dans le but d'améliorer les procédures de sélection, d'encourager l'élevage pur, et d'établir un stud-book enregistrant les étalons. La Première Guerre mondiale entraîne l'enrôlement militaire de nombreux chevaux et l'interruption des programmes d'élevage. Selon les termes du Traité de Saint-Germain-en-Laye, le Tyrol du Sud (y compris Hafling) est cédé à l'Italie, tandis que le Nord reste en Autriche. Les chevaux passés du côté italien prennent alors le nom d'« ». Cette séparation est extrêmement néfaste pour la race puisque la majorité des juments reproductrices se trouve au sud, en Italie, pendant que les meilleurs étalons reproducteurs sont gardés dans les haras autrichiens du nord. Quelques tentatives de coopérations entre éleveurs du nord et du sud sont entrepris dans les années 1920, et une nouvelle commission d'élevage voit le jour à Bolzano en Italie. Elle est habilitée à donner l'autorité gouvernementale pour inspecter les étalons reproducteurs d’État, inscrire les étalons privés appartenant à des membres de la Commission, et distribuer des gains en compétition de race. Cette commission supervise l'élevage des deux races autrichiennes nouvellement intégrées à l'Italie, à savoir le Haflinger et le Noriker. En 1921, en raison du manque de bons étalons en Italie, un croisé Anglo-arabe sarde/Arabe est mis à la reproduction chez la race Haflinger, de même qu'un bon nombre d'étalons de pure race Haflinger de mauvaise qualité.
Si des étalons Haflinger n'avaient pas été conservés au haras de Stadl-Paura, en Haute-Autriche, après la Première Guerre mondiale, la race pourrait bien avoir disparu d'Autriche. Malgré la présence de ces étalons, les programmes de sélection du Haflinger sont mal implantés en Autriche, mettant l'accent sur d'autres races nationales. Les programmes d'élevage privés ne sont pas assez puissants pour influencer les pratiques de sélection nationales.. La race se maintient grâce aux croisements avec des Huçuls, poneys bosniaques, Koniks et Norikers.
En 1919 et 1920, les étalons restants sont distribués à travers toute l'Autriche, la plupart dans les régions qui hébergent des élevages privés datant d'avant la guerre. En 1921, la coopérative des éleveurs de chevaux Haflinger du Tyrol du Nord est créée à Zams, l'année suivante le premier show national des éleveurs et de leurs chevaux est organisé dans la même ville. Beaucoup de juments Haflinger d'Autriche sont considérées comme de trop basse qualité pour être des poulinières, tout est fait pour importer des poulinières de qualité supérieure depuis les troupeaux du Tyrol du Sud, en Italie. En 1926, le premier livre généalogique de la race est créé au Tyrol du Nord pour enregistrer les juments. À la fin des années 1920, d'autres coopératives s'établissent pour les éleveurs de Haflinger à Weer et Wildschönau, et sont en mesure d'obtenir la permission du gouvernement pour l'achat de 100 juments Haflinger du Tyrol du Sud, afin de les répartir entre le Tyrol du Nord, la Haute-Autriche et la Styrie. Cette seule transaction représente un tiers de toutes les juments enregistrées au Tyrol du Sud, beaucoup d'autres sont vendues à des élevages privés, finissant par placer les deux régions au même niveau au regard de la population de chevaux d'élevage. En 1931, une autre coopérative d'éleveurs est créée dans le Tyrol de l'Est, en Autriche, et l'élevage de la race gagne ainsi l’entièreté de l'ancienne province tyrolienne..