, né sous le nom de François d’Angoulême le à Cognac et mort le à Rambouillet, est roi de France de 1515 jusqu’à sa mort. Fils de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.

est considéré comme le roi emblématique de la période de la Renaissance française.. Son règne, ponctué de guerres et d’importants faits diplomatiques, permet néanmoins un développement important des arts et des lettres en France.

Il possède un puissant rival en la personne de l'empereur Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi , toujours désireux de se placer en allié de l’un ou l’autre camp. enregistre succès et défaites mais interdit à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l’intégrité du royaume de France. L'antagonisme des deux souverains catholiques entraîne de lourdes conséquences pour l’Occident chrétien : il facilite la diffusion des idées de la Réforme naissante et surtout permet à l'Empire ottoman de s'installer aux portes de Vienne en s'emparant de la quasi-totalité du royaume de Hongrie.

La constitution de ce qui deviendra sous les Bourbons la monarchie absolue et les besoins financiers liés à la guerre et au développement des arts induisent la nécessité de contrôler et optimiser la gestion de l'État et du territoire. introduit une série de réformes touchant à l'administration du pouvoir et en particulier à l'amélioration du rendement de l'impôt, réformes mises en œuvre et poursuivies sous le règne de son fils et successeur, .

Enfance Naissance

François d’Angoulême naît le au château de Cognac, en Angoumois.. Il est le fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et de la princesse Louise de Savoie, le petit-fils de Jean d'Orléans (oncle du futur roi ), comte d'Angoulême, et de Marguerite de Rohan, l'arrière-petit-fils du duc (frère cadet du roi ), et de la fille du duc de Milan Valentine Visconti. Il descend directement du roi par la branche cadette de Valois, dite d'Angoulême.

Son nom lui vient du nom de François de Paule, lequel aurait prédit à sa mère la mise au monde d’un enfant-roi qui, à sa naissance, prendrait le nom de François..

Famille et origines François appartient à la branche cadette de la maison royale de Valois, et n'est donc pas destiné à régner bien qu’en bonne position dans l’ordre de succession. En 1496, son père meurt et François, âgé de deux ans, devient comte d'Angoulême. Sa mère, veuve à dix-neuf ans, se consacre à l'éducation de ses deux enfants. Le testament de son mari lui en confie la tutelle, mais le futur roi estime qu'elle n'a pas la majorité requise pour l'assumer seule et décide de partager cette tutelle..

Ordre de succession Pour son sacre, fait venir à la cour, en avril 1498, son jeune cousin François, accompagné de sa sœur aînée, Marguerite, et de leur mère, Louise de Savoie. François est fait duc de Valois l'année suivante. Il est, en vertu de la loi salique, l'héritier présomptif de la couronne et le premier prince du sang (titré « seconde personne de France » par Louis XII en 1507), en qualité d'aîné de la maison de Valois dans l'ordre de primogéniture (aucun des fils que Louis XII aura avec son épouse Anne de Bretagne n'a survécu plus de quelques jours).

Héritier du trône Éducation vignette|gauche|Enluminure représentant un dauphin bleu à côté du futur . L'enfant est guidé par sa mère, Louise de Savoie, jeune veuve vêtue de noir. Accompagnée de ses dames d'honneur, elle tient un compas, allégorie de la prudence. Louise entend que son devienne le dauphin en titre, héritier du trône de France, conformément à une prophétie de François de Paulehttp://classes.bnf.fr/pdf/parcours_FrIer.pdf. Maître de Philippe de Gueldre, « Le Compas du Dauphin », vers 1505, Paris, BnF, , . François grandit au château d'Amboise, sur les bords de la Loire. Adoré par sa mère et sa sœur, François grandit au sein de ce trio très soudé, comme le relatent le journal de Louise. et les écrits de Marguerite, qui parle même de « trinité »Marguerite écrit, dans une réponse à des vers que lui adressait le roi :

(cité par Champollion-Figeac, Poésies de , de Louise de Savoie et de Marguerite de Valois, 1847).. Le , François fait une chute de cheval et se retrouve dans un état critique. Sa mère en tombe malade et ne vit que pour la guérison de celui qu’elle appelle son ..

Louise doit composer avec le maréchal de Gié, gouverneur du jeune comte d'Angoulême et commandant du château, qui exerce un grand pouvoir sur ses enfants. Il a comme précepteurs Artus Gouffier et François de Moulins de Rochefort, son professeur de latin (langue que François assimilera avec beaucoup de peine), que François nommera plus tard grand aumônier du roi.. Vers 1519-1520, François de Moulins rédige pour lui des Commentaires de la guerre gallique, une adaptation des Commentaires sur la Guerre des Gaules dans lequel il imagine un dialogue entre le jeune roi et Jules César lui racontant ses campagnes militairesA.M. Lecoq, imaginaire : symbolique et politique à l'aube de la Renaissance française, Paris, 1987, et 426-427..

Le contact entre les cultures italienne et française pendant la longue période des guerres d'Italie, menées par ses deux prédécesseurs et Louis XII, introduit les nouvelles idées de la Renaissance en France au moment où François reçoit son éducation. Nombre de ses précepteurs, notamment l’Italien Giovanni Francesco Conti et Christophe de Longueil, inculquent au jeune François un enseignement inspiré de la pensée italienne.

La mère de François s’intéresse également de près à l’art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils qui, durant son règne, maîtrise la langue italienne à la perfection. On ne peut affirmer que François ait reçu une éducation humaniste ; en revanche, plus que tout autre de ses prédécesseurs, il a bénéficié d'une éducation qui le sensibilise à ce mouvement intellectuel.

Le jeune François s’entoure de compagnons qui resteront influents à l'âge adulte, tels Anne de Montmorency, Marin de Montchenu, Philippe de Brion et Robert de La Marck, à qui on doit une description de leurs jeux et exercices physiques en alternance avec l'apprentissage des humanités.

François gouverne le comté d'Angoulême lorsqu'il devient majeur en 1512. Avant cette date, c'est sa mère Louise de Savoie qui le gérait depuis la mort de son mari Charles d'Orléans en 1496. Ils y effectuent de fréquents séjours. Lorsque François devient roi en 1515, Louise gouverne à nouveau le comté d'Angoulême devenu duché, jusqu'à sa mort en 1531André Debord in ..

En , Anne de Bretagne, très affaiblie par une dizaine de couches en une vingtaine d'années, accouche à nouveau d'un fils mort-né. va alors se résoudre à traiter François en prince héritier, le fait entrer au Conseil du Roi et le nomme commandant en chef de l'armée de Guyenne le .

Mariage n'ayant pas d'héritier mâle, la question du mariage de sa fille aînée Claude est de première importance et semble faire hésiter le roi. Il décrète d'abord, en 1501 (traité de Lyon) et 1504 (traité de Blois), vouloir la marier à Charles de Habsbourg, futur Charles Quint. Sa santé se détériorant, il décide finalement, dans son testament du , de marier sa fille à François d'Angoulême. La cérémonie de fiançailles a lieu le 1506 dans le château de Plessis-lèz-Tours, clôturant la session des états généraux de Tours. Dès lors, François s'installe au château de Blois.. Le mariage est célébré le dans la chapelle royale de Saint-Germain-en-Laye. Les noces sont fastes mais marquées par le deuil d'Anne de Bretagne, morte quatre mois plus tôt.

Roi de France Accession au trône et sacre À la mort du roi Louis XII, le , il devient roi de France sous le nom de François , à l'âge de vingt ans. Il est sacré à la cathédrale de Reims le , date retenue à cause de sa guérison jugée miraculeuse survenue treize ans plus tôt, le même jour que la conversion de Paul.

Son emblème personnel représente une salamandre, animal légendaire réputé se nourrir du feu selon les auteurs antiques. Jadis utilisé brièvement par son aïeul Jean d'Angoulême, cet emblème reptilien figure dès 1504 sur une médaille frappée pour le jeune comte François d'Angoulême, avec l'inscription latine « » signifiant que la salamandre possède la double faculté d'entretenir le « bon feu » divin de la Charité et d'éteindre le « mauvais feu » infernal de la division et de la guerre..

L'entrée royale dans Paris le (rite politique majeur au cours duquel il accorde des grâces.), donne le ton de son règne. Vêtu d’un costume en toile d’argent incrusté de joyaux, il fait cabrer son cheval et jette des pièces de monnaie à la foule : .. Il participe avec fougue et éclat à un pas d'armes (joute à cheval avec lances selon un scénario élaboré)Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Âge, éd. Autrement, Paris, 2010..

Un prince de la Renaissance Le mécène et les artistes À l’époque où accède au trône, les idées de la Renaissance italienne se diffusent en France et le roi contribue à cette diffusion. Il commande de nombreux travaux pour les différents châteaux de la couronne à de grands artistes qu’il fait venir en France. Plusieurs travaillent pour lui, comme l’orfèvre Benvenuto Cellini et les peintres Rosso Fiorentino, Le Primatice, Andrea del Sarto et surtout Léonard de VinciDictionnaire Larousse de la Peinture, Fontainebleau (école de).. manifeste une véritable affection pour Léonard, qu’il appelle et qu’il installe au Clos Lucé, à Amboise, à quelques centaines de mètres du château royal. Le vieil artiste apporte, dans ses malles, ses œuvres les plus célèbres, parmi lesquelles La Joconde, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, Saint Jean Baptiste. Le roi lui confie de nombreuses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour, la création de costumes ainsi que l’étude de divers projets. Léonard reste en France de 1516 jusqu’à sa mort en 1519, dans les bras du roi, selon une légende battue en brèche par certains documents historiques« Léonard de Vinci expirant dans les bras de » est une belle image, traitée plusieurs fois en peinture, notamment en 1781, par François-Guillaume Ménageot et en 1835 par Jean Gigoux. La tradition à laquelle les peintres ont emprunté leur sujet repose uniquement sur une épitaphe latine conçue en termes fort amphibologiques. Elle est, il est vrai, rapportée par Giorgio Vasari (Les Vies, V), mais jamais vue sur aucun monument. En réalité, Léonard meurt au château de Cloux, à Amboise, le . Or, à cette époque, la Cour est à Saint-Germain-en-Laye, où la reine accouche du roi le 31 mars, et les ordonnances royales données le sont datées de cet endroit. De plus, le journal de ne signale aucun voyage du roi jusqu’au mois de juillet. Enfin, l’élève de Léonard de Vinci, Francesco Melzi, auquel il lègue ses livres et ses pinceaux, et qui est dépositaire de son testament, écrit au frère du grand peintre une lettre où il raconte la mort de son maître. Pas un mot ne fait allusion à la circonstance mentionnée plus haut, qui, si elle eût été vraie, n’aurait certainement pas été oubliée. Source : John Grand-Carteret, L'Histoire, la vie, les mœurs et la curiosité par l'Image, le Pamphlet et le document (1450-1900), Librairie de la curiosité et des beaux-arts, 1927..

emploie de nombreux agents, comme Pierre l'Arétin, chargés d’amener en France les œuvres de maîtres italiens comme Michel-Ange, Titien et Raphaël. C’est pendant le règne de que la collection d’œuvres d’art des rois de France, aujourd’hui exposée au Louvre, commence réellement. En 1530, il crée la collection des joyaux de la Couronne..

Le protecteur des Lettres vignette|gauche|Enluminure de dédicace dans L'Institution du prince, vers 1518-1519, Paris, Bibliothèque de l'Arsenal, Ms. 5103, . Destinataire du traité précité, le jeune consulte l'ouvrage. Entouré par Mercure et l'incarnation de la philologie, Guillaume Budé figure à sa table de travail.