Émile Zuccarelli (Émile Pierre Dominique), né le à Bastia (Haute-Corse), est une personnalité politique française. Il est actuellement le président d'honneur du Mouvement radical.
Deux fois ministre (Postes et Télécommunications entre 1992 et 1993 puis de la Fonction publique, de la décentralisation et de la réforme de l'État entre 1997 et 2000), il est élu député pour la première fois le et réélu sans discontinuité jusqu'au .
Il est élu maire de Bastia en , date à laquelle il succède à son père Jean Zuccarelli, et est réélu sans discontinuité jusqu'en .
Succédant au district urbain, il est également le président de la communauté d'agglomération de Bastia de à .
Biographie Origines Fils de Jean Zuccarelli et de Jacqueline Sari, il suit des études au lycée de Bastia, puis au lycée Thiers de Marseille avant d'intégrer l'École polytechnique (promotion 1960)Notice biographique. Il est directeur général adjoint des assurances Présence avant de s'engager en politique à la suite des événements d'Aléria.
Parcours politique de parti Formant l’aile républicaine du Parti radical de gauche (PRG), il participe au Groupe des douze, un collectif de députés de droite et de gauche à l’écoute des chefs d’entreprise.
Il devient porte-parole du MRG, sous la présidence de François Doubin, en 1986, puis président du parti en 1989, fonction qu'il abandonne en 1992 à son entrée au gouvernement.
En 1995, il s’oppose à la candidature présidentielle de Jean-François Hory et rejoint, après le retrait de celui-ci, l'équipe de campagne de Lionel Jospin au Parti socialiste. Après l’éviction de Jean-François Hory, il devient président délégué du Parti radical-socialiste (PRS, ex-MRG) et chargé des négociations électorales avec Lionel Jospin au PS.
Principal dirigeant de l'opposition interne à Jean-Michel Baylet au sein du PRG, il s'est rapproché de la mouvance « républicaine de gauche » en défendant notamment la candidature de Jean-Pierre Chevènement lors de l'élection présidentielle de 2002, avec qui il partage notamment une même vision de la place de la Corse dans la république, alors que le PRG présente Christiane Taubira.
Parcours local et parlementaire Il obtient son premier mandat électif comme vice-président de la nouvelle assemblée de Corse élue en 1982, au lendemain des lois Defferre dotant l'île d'un statut particulier. Il devient vice-président chargé des transports de cette assemblée.
Il est par la suite élu député de la de la Haute-Corse le en étant réélu sans discontinuité jusqu'au .
En , il succède à son père en étant élu maire de Bastia et est réélu sans discontinuité jusqu'en . À la suite de la disparition des district urbains au , il devient le président de la communauté d'agglomération de Bastia et le restera jusqu'en .
Disposant d’une très forte implantation locale, il s’oppose au nationalisme corse.
Il conduit, en , une liste aux élections territoriales en Corse baptisée « La Corse dans la République » arrivée . .
Le , il perd son siège de député au profit de Sauveur Gandolfi-Scheit en obtenant 46,11 % des suffrages exprimés hors bulletins blancs et nuls, . Il est toutefois nettement réélu maire de Bastia le avec 57 % des suffrages.
En , il décide de ne pas solliciter un nouveau mandat municipal. La liste dirigée par le nationaliste Gilles Simeoni l'emporte en recueillant, au deuxième tour, 55,4 % des voix contre 44,6 % à Jean Zuccarelli, fils d'Émile, qui conduisait une liste PRG-PCF..
Parcours ministériel et national vignette|Émile Zuccarelli (à gauche), en conversation avec Bernard Lang (2006). En 1992, il est nommé ministre des Postes et Télécommunications dans le gouvernement Bérégovoy, où il défend le service public des PTT et le reste jusqu'en 1993.
En 1997, à la suite de la victoire de la gauche plurielle aux élections législatives, il est nommé ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la décentralisation dans le gouvernement Jospin, qu'il quitte après le remaniement ministériel d'ampleur du compte tenu des désaccords apparus avec le premier ministre au lendemain de l'ouverture d'un dialogue sur l'avenir institutionnel de la Corse qui place, à ses yeux, les nationalistes au centre de négociations.
Positions Lors du référendum du organisé en Corse par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy (), il est avec notamment plus de 77 % obtenu sur la ville de Bastia. Ce résultat est .
Partisan d'une Europe fédérale, démocratique et sociale, il appelle à voter « non » lors du référendum du sur le projet de traité constitutionnel européen (TCE), dont il dénonce le contenu à ses yeux « ultralibéral »tribune cosignée avec 2 autres parlementaires, Chantal Robin-Rodrigo, Députée des Hautes-Pyréenées et Joël Giraud, Député des Hautes Alpes, parue dans Le Figaro en janvier 2005. Le « non » rassemble d'ailleurs plus de 56 % des suffrages en CorseLe site officiel du ministère de l'Intérieur de l'Outre-mer et des Collectivités Territoriales.
Par la suite, il demande au gouvernement et au parlement de tirer les conclusions de la victoire du « non » et dépose une proposition de loi constitutionnelle tendant à supprimer l'article de la constitution française selon lequel la le TCE. En effet, si cet article était maintenu, un gouvernement pourrait être tenté d'adopter le traité par voie parlementaire, et ce au mépris, selon Zuccarelli, du souhait exprimé démocratiquement par les Français.
Pendant l'élection présidentielle de 2007, il soutient la candidature de Ségolène Royal qui, à l'occasion de sa visite à Bastia, en , s'est engagée à ne pas rouvrir le débat institutionnel dans l'île.
À l'élection présidentielle de 2012, il soutient la candidature de François Hollande qu'il accueille à Bastia durant la campagne électorale. Lors de son départ de l'Élysée en , ce dernier le nomme commandeur de la Légion d'honneur.
Le , il remet à la ministre de la Fonction publique Annick Girardin le rapport « Laïcité et fonction publique » comportant vingt propositions. La ministre s'engage alors à en mettre en œuvre six prioritairement (une formation obligatoire des fonctionnaires à la laïcité, un référent laïcité dans chaque administration, la création d'un portail Internet sur le sujet, une journée d'échange sur la laïcité ou encore une brochure remise aux agents publics lors de leur prise de fonction)Stéphane Kovacs, « Laïcité : les fonctionnaires bientôt formés », Le Figaro, samedi 10 / dimanche 11 décembre 2016, page 10..
Synthèse des mandats et fonctions
Au Gouvernement
- : Ministre des Postes et Télécommunications - : Ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la décentralisation, dans le gouvernement Jospin
À l'Assemblée nationale - : Député de la Haute-Corse - : Député de la Haute-Corse - : Député de la de la Haute-Corse (démission pour cause de nomination au gouvernement) - : Député de la de Haute-Corse - : Député de la de Haute-Corse (démission pour cause de nomination au gouvernement) - : Député de la de Haute-Corse
Au niveau territorial
- : Conseiller de l'Assemblée territoriale de Corse - Vice-président chargé des transports - : Conseiller de l'Assemblée territoriale de Corse (démission pour cause de cumul de mandats) - : Conseiller de l'Assemblée territoriale de Corse (démission pour cause de cumul de mandats)
À la ville de Bastia et l'agglomération bastiaise - : Maire de Bastia - : Maire de Bastia (démission pour cause d'entrée au gouvernement) - : au maire de Bastia - : Maire de Bastia - : Maire de Bastia - : Maire de Bastia - : Président de la communauté d'agglomération de Bastia
Honneurs (2017). ; officier (2011) ; chevalier (2000)
Notes et références
Voir aussi Liens externes
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