vignette|Un classement musical : le Billboard Hot 100 du magazine américain Billboard. Un classement musical, appelé également « palmarès » suivant le contexte, ou encore « hit-parade », littéralement « parade des succès »Jean Tournier, Les mots anglais du français, Belin, 1998, p. 433, rubrique Hit-parade. dans certaines aires de la francophonieL'emploi de hit-parade est usuel dans certaines aires de la francophonie, dont la France. Cet emprunt à l'anglais est toutefois critiqué en français normatif. Selon le Grand dictionnaire terminologique, le mot hit-parade est critiqué par le Conseil international de la langue française depuis les années 1970, alors que le mot « palmarès » a été normalisé par l'Académie française. En français québécois, l'usage du terme « palmarès » est usuel. Ce terme est consigné dans le dictionnaire Usito sans marque de variation diatopique ni remarque, ce qui suggère qu'il serait commun à l'ensemble de la francophonie contrairement à hit-parade, qui est absent de l'ouvrage., souvent désigné par l'anglicisme « charts », est une liste des chansons du moment classées suivant l'ordre croissant ou décroissant de leur popularité, et généralement en rapport avec les chiffres de ventes de disques et le nombre de passages à la radio.
En France, en plus du Top 50, classement officiel qui mesure la vente physique et numérique, plusieurs autres classements existent ou existaient selon des critères basés en rapport avec le goût du public (Hit-Parade) ou celui des DJ (Club 40). Parallèlement aux classements, ont aussi lieu des émissions annuelles de récompense musicale comme les Victoires de la musique.
Les classements musicaux dans les médias reflètent soit les ventes d'albums, singles ou compilations, auquel cas il s'agit d'un hit-parade national ou officiel comme le Top 50 en France ; soit l'indice de diffusion d'un morceau (le plus souvent en radio, mais des classements propres aux télévisions ou même aux discothèques existent aussi, par exemple le Club 40.) ; soit l'opinion de tout ou partie d'une équipe éditoriale concernant les sorties musicales sur une période donnée.
Histoire Aux États-Unis, les radios généralisent le Top 40, classement des quarante chansons ayant le plus de succès apparu en 1951 lorsque les juke-boxes contenaient quarante disques What Does Top 40 Mean? - Bill Lamb, About.com..
Your Hit Parade (1935–1954) Dès 1935, aux États-Unis, peu après la première crise du disque, la radio NBC diffuse le , un classement de 15 titres. L'année suivante, en 1936, la revue américaine Billboard publie Best Sellers in Stores, un classement des 20 à 50 singles les plus vendus, puis en 1940, le Music Popularity Chart, un classement de popularité et enfin en 1942, le classement The Harlem Hit Parade.
Il faut attendre l'année 1952, pour que le concept de publication traverse l'Atlantique et arrive d'abord en Grande-Bretagne. C'est le magazine NME (New Musical Express) qui publie en premier un Top 12 (du fait d'ex æquo, le premier chart comportait 15 disques), conçu à partir des ventes de 20 disquaires UK Chart History - UK Music ChartsLe 14 novembre 1952, le magazine New Musical Express a lancé son Top 12 (puis Top 20, 1954 et Top 30, 1956). Le NWE sera suivi par Record Mirror en 1955..
La Radio Luxembourg diffuse le classement dans son émission « The Great 208 » (Le Grand 208).. Pendant ce temps, aux États-Unis, un producteur-présentateur de radio, , diffusait déjà un « Top 40 »C'est en voyant que certaines chansons de juke-boxes à quarante disques étaient jouées à plusieurs reprises que a eu l'idée dès la mi-1951, d'arpenter les disquaires pour déterminer un « Top 40 » des singles les plus vendus puis de les diffuser à rebours à la radio, mais ce n'est que vers le milieu des années 1950 qu'il a inventé le terme « top 40 » pour décrire son format radio à succès. What Does Top 40 Mean? - Bill Lamb, About.com, aussitôt repris par d'autres radios américaines comme en 1953.
Classement par l'IFOP (1955) En 1954, la label discographique « Disques Barclay » est créée en France. À la fin de l'année, le rock'n roll connaît le début de ses cinq années de succès..
L'année suivante, 1955, voit le lancement de « La Bourse des chansons », un classement de 10 titres publié par le journal Le Figaro et diffusé par Radio Luxembourg (puis Europe 1) ainsi que le lancement du magazine Music Hall qui publie tout genre de classements dont un top 20 « généraliste » mixant plusieurs autres classements : ventes, radio ou juke-boxLe magazine Music Hall est lancé en octobre 1955.. De son côté, l'IFOP (Institut français d'opinion publique) relève chaque semaine le titre musical le plus vendu et le plus diffusé en radio..
Le Billboard publie « The Top 100 »Billboard publie le classement single sous le nom de « The Top 100 » du 12 novembre 1955 au 28 juillet 1958, la semaine suivante il est renommé Hot 100. en combinant ventes, airplay (passages à la radio) et juke-box. En 1956, Pathé-Marconi est la première société à remettre à Tino Rossi une guitare d’or pour la vente de ses de disques. Dès 1958, à son tour, la revue britannique publie son propre classement qui deviendra le futur UK Albums Chart.
Le premier disque d’or est certifié par l'association américaine RIAA.. De même, en France, les labels veulent aussi établir des comptabilités de ventes et décerner des disques d’or afin de promouvoir leurs artistes respectifs.
Le journal Le Figaro avec Pathé-Marconi, lance le premier 33 tours de « La Bourse des chansons » qui compile 8 titres (voir ici la première compilation). À partir de 1959, inspiré d’une émission américaine, Daniel Filipacchi présente tous les jours à 17 h sur la station de radio française Europe 1« Salut les copains » sera diffusé de 1959 à 1969 l'émission « Salut les copains » avec son hit-parade qui diffusera des titres non classées ailleurs, venant tous de labels tels que Atlantic, Elektra ou Warner, du groupe WEA - Filipacchi Music.
Affaire payola (1960)
Des labels ont une devant mettre leurs titres en le plus possible dans les radiosce qui a pour effet d’entraîner un cercle vicieux, mais rentable pour l'annonceur : dans un premier temps, les titres les plus vendus sont mis dans la revue du Hot 100, puis dans un second temps, le classement est diffusé en radio et télévision et enfin, et enfin, dans un troisième temps, le bouche à oreille amplifie la vente des titres qui sont déjà les plus vendus. ainsi que dans les clubs. En 1960, dans l'affaire payola, les premières audiences de la sur la Surveillance législative de la Chambre des représentants des États-Unis concluent que de radios ou de clubs, ont perçu des pots-de-vin de L'animateur Dick Clark a avoué que l'émission de télévision American Bandstand payait la moitié de leurs artistes et demandait aux compagnies de disques de payer pour leurs artistes lorsque l’émission n’avait plus d’argent.. De l'autre côté de la Manche, la revue britannique Record Retailer publie à son tour son propre classement sous le nom de « Top 50 » (futur UK Singles Chart)Le Top 50 deviendra l'UK Singles Chart en 1969 puis la revue Record Retailer se renommera Music Week en 1972.. Le succès de l'émission radiophonique Salut les copains sur Europe 1 va conduire à la création du numéro « juillet - », premier numéro du magazineSalut les copains, renommé Salut ! par la suite, est un magazine d'abord mensuel puis bimestriel pour la jeunesse, paru de l'été 1962 à 2006. au même nom qui va publier chaque mois un classement, Le Hit parade de Salut les copains (voir ici le premier classement).
Dès 1964, l'émission britannique Top of the Pops diffuse son chart sur la chaîne de télévision BBC One. En 1965, la station France Inter diffuse à son tour son hit-parade, présenté par Gérard KleinLe hit-parade de France Inter sera diffusé du 2 octobre 1965 à 1968, puis sera remplacé par le Top Inter (1973-1977), et enfin le hit-parade des clubs 1982-1990..
Depuis 1967, l'émission Pick of the Pop de BBC Radio 1 diffuse un classement d'un Top 20 singles. En 1968, à la demande du Billboard, le CIDD (Centre d'information et de documentation du disque) lance le classement de ventes de disques qui est diffusé par le journal Le Parisien (voir ici le premier hit-parade) ainsi que le Billboard. Un classement des ventes d'album est également mis en place.
Pendant les années 1960 et 1970, des classements des ventes de disques sont diffusés par des grossistes comme la Cogedep (top-20 hebdo des ventes)La Cogedep est une distributrice chargée d'alimenter les magasins de disques, créée en 1962 par Disques Barclay et Philips Records. En 2000, les actionnaires de la Cogedep étaient Universal Music, Warner Music, , EMI, Virgin Disque. À partir de la Cogedep et de la Savapc, Fabrice Ferment va établir des classements dans son site Top-France.fr. ou la Sapac. La différence des résultats diffusés amène une certaine confusion sur la fiabilité des classements.
Dès 1969, au Royaume-Uni, pour remédier à cela, la BBC s'associe au Top 50 du Record Retailer qui devient le UK Singles Chart, en lui adjoignant le résultat fourni par l'institut de sondage BMRB (British Market Research Bureau) qui collecte les ventes de 500 disquaires. Les classements UK Singles Chart et UK Albums Chart seront édités par l'organisation inter-professionnel Official Charts. Dès 1970, le réseau de radio diffuse chaque semaine l'émission , le classement des 40 meilleurs titres du Billboard Hot 100. La station de radio monégasque RMC diffuse à son tour son hit-parade inspiré du chart du magazine NME.
Ayant arrêté Salut les copains l'année dernière, Europe 1 continue le hit-parade qui est présenté par Sam Bernett qui diffusera des titres non classées ailleurs, venant toutes du label AZ distribué par Discodis en France et Vogue en Belgique. Dès 1971, une nouvelle revue mensuelle publie son hit-parade : Hit Magazine (publié de à ). À partir de 1973, le CIDD, pour le SNEP, certifie officiellement les disques d'or...
Hit-Parade (1972) Depuis , au Luxembourg, l’animateur radio-tv André Torrent présente sur la radio luxembourgeoise francophone RTL, Hit-Parade, un classement des titres préférés des auditeurs. En France, à la fin de l'année 1972, Europe 1 diffuse un classement de 20 titres.. Jusqu'en 1974, les titres des clubs de New York (quartiers de Brooklyn, du Bronx et d'Harlem) sont classés dans le Hot Soul Singles, classement réservé aux musiques « blacks ». L'arrivée de la boîte à rythmes programmable dans la soul et le funk, crée un nouveau genre de musique adaptée au marché blanc : le disco mais qui est encore trop « noir » pour faire partie du trop « blanc » Hot 100, alors le Billboard va lui créer son propre classement : le Disco Action, pour les titres les plus diffusés dans les clubs et discothèques de New York..
En 1975, en France, la revue Gold Magazine publie l'Extra Gold, premier hits des clubs sans chansons de variétés pop ou rock. Le hit-parade est à la fois diffusé sur la radio luxembourgeoise RTL ainsi que sur la chaîne de télévision RTL Télé-Luxembourg. La chaîne de télévision françaises TF1 en 1975 lance Studio 3, une émission de rock avec des chanteurs en direct, des découvertes, des nouveautés musicales, des clips et l'actualité des concerts et tournées. En 1976, conçu à partir de tous les États-Unis, le Disco Action devient le National Disco Action Top 30. Le hit-parade d'Europe 1 est présenté par Yann Hegann.