Elio Di Rupo, né le à Morlanwelz-Mariemont, est un homme d'État belge francophone, président du Parti socialiste (PS) de 1999 à 2019, Premier ministre de Belgique de 2011 à 2014 et trois fois ministre-président de WallonieWallonie - Les ministres - Élio Di Rupo, Ministre-Président de la WallonieSite personnel du Ministre-Président de la Wallonie de 1999 à 2000, de 2005 à 2007 et de 2019 à 2024.
Il entre au gouvernement fédéral en 1994, comme vice-Premier ministre et ministre des Entreprises publiques, puis de l'Économie à partir de 1995. En 1999, il prend la présidence du PS, tout en devenant ministre-président du gouvernement wallon, un poste auquel il renonce dès l'année suivante, quelques mois avant d'être élu bourgmestre de Mons. Il retrouve, en 2005, la tête du gouvernement wallon, deux ans après avoir été « informateur » à la suite des élections législatives fédérales.
Après la défaite historique du PS aux élections fédérales de 2007, il renonce à diriger la Région wallonne et se concentre sur la direction du parti, qui parvient à redevenir le premier parti francophone dès les élections régionales de 2009. À la suite des élections fédérales anticipées de 2010 et dans un contexte de crise politique, il est désigné préformateur, puis formateur en 2011. Le , il remet au roi la composition du gouvernement, et celui-ci le nomme Premier ministre. Il prête serment le mardi devant le roi, et obtient la confiance de la Chambre le samedi . Le , il cède le poste de Premier ministre au libéral Charles Michel.
Le , il devient pour la troisième fois ministre-président de Wallonie.
Il est aussi le premier chef de gouvernement ouvertement homosexuel de l'Union européenne.
Enfance et études
Elio Di Rupo naît le , à Morlanwelz-Mariemont, de parents d'origine italienne, arrivés en Belgique en 1947Dans le cadre d'un accord entre l'Italie et la Belgique visant à l'apport de italiens. Un article complet du Soir sur les origines de Di Rupo, datant d'avril 1997. Sa famille est originaire de la petite commune de San Valentino in Abruzzo Citeriore, dans les Abruzzes « Avec Elio Di Rupo, la Belgique veut croire au conte de fées », Le Monde, . Son père meurt d'un accident de la route en . Sa mère s'occupe seule de la famille de sept enfants. De condition très modeste, . Son parcours lui permet de mener à bien un doctorat en chimie, à l'université de l'État à Mons, université au sein de laquelle il exerce par la suite un mandat comme conseiller d'administration.
Durant ses études, le jeune Elio Di Rupo commence à se construire une conscience politique. Il milite ensuite au sein du Parti socialiste, dans lequel il dit avoir trouvé un écho à ses idéaux humanistes de justice sociale et de liberté individuelle.
Parcours politique Les débuts dans la politique locale En 1982, Di Rupo entame sa carrière politique avec son élection à la fonction de conseiller communal de Mons, et devient, en 1986, l'échevin de la Santé, de la Rénovation urbaine et des Affaires sociales de la commune. En février 1983, dans le cadre de ses fonctions, il crée le Festival international du film d'amour.
Du 13 décembre 1987 au , il occupe les fonctions de député pour l'arrondissement de Mons, durant les et de la Chambre des représentants de Belgique). Lors des élections communales de 1988, à Mons, le député Di Rupo obtient le meilleur score de la liste socialiste, devançant la tête de liste. Les tensions qui s'ensuivent donnent lieu à des attaques à tonalité xénophobe, et Di Rupo s'efface, acceptant une place de combat pour les élections européennes du , lors desquelles il décroche un poste de député européenPierre-Yves Lambert, La participation politique des allochtones en Belgique - Historique et situation bruxelloise, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant (coll. Sybidi Papers), juin 1999, 122 p., Version en ligne sur le site du Suffrage universel.
Dans les gouvernements
Lors des élections législatives du , Elio Di Rupo est élu sénateur. Il le reste jusqu'au .
Du au , il fut ministre à la Communauté française, dans laquelle les ministres-présidents socialistes successifs, Bernard Anselme puis Laurette Onkelinx, lui attribuent le titre de ministre de l'Éducation. Entre le et le , il reprend également le poste de ministre de l'Audiovisuel, ainsi que celui de la Fonction publique jusqu'au .
Le , Elio Di Rupo remplace Guy Coëme, démissionnaire à la suite de sa mise en cause dans l'affaire Agusta, pour la fonction de ministre des Communications et des Entreprises publiques et occupe le titre de vice-Premier ministre. Reconduit dans son titre de vice-Premier ministre, il est nommé, par la suite, ministre de l'Économie et des Télécommunications dans le premier gouvernement fédéral de coalition rouge - romaine du Premier ministre Jean-Luc Dehaene (CVP). Ayant retrouvé un siège de député fédéral pour la circonscription de Mons-Soignies, lors des élections législatives du 21 mai 1995, il est reconduit dans le gouvernement Dehaene II, lors du remaniement ministériel du suivant, restant vice-Premier ministre. Un remaniement de l'exécutif fédéral faisant suite à la démission du vice-Premier ministre chargé des Finances et du Commerce extérieur, Philippe Maystadt, le ministre Di Rupo reçoit de plus les compétences du portefeuille ministériel du Commerce extérieur du au , accompagnant notamment le prince héritier Philippe dans ses missions économiques à l'étranger.
Sa maîtrise limitée du néerlandais et de ses intonations s'explique selon lui à la fois par son apprentissage tardif et une surdité partielleCommentaires donnés par Bart de Wever à un journaliste RTBF, septembre 2010. « Elio Di Rupo n'entend pas bien le néerlandais », La Libre, .
Vie privée
En 1996, dans le contexte de l'affaire Dutroux, Elio Di Rupo, qui est alors Vice-Premier ministre et Ministre de l'Économie et des TélécommunicationsEt non ministre de la justice comme indiqué dans Isabelle Garcin-Marrou, L’affaire Dutroux : de l’émotion à la mobilisation, est accusé de pédophilie ; cette accusation, relayée « par une certaine presse », s'avère finalement sans fondement, et semble s'être apparentée à une manœuvre de déstabilisationMarie-Thérèse Coenen, Serge Govaert et Jean Heinen, L’État de la Belgique : 1989-2004 : quinze années à la charnière du siècle, éd. De Boeck, 2004, . En 2001, le politicien évoque ouvertement son homosexualité « Mais, manifestement, le fait que je me sois assumé et que j'en ai parlé ouvertement a servi d'exemple. J'ai reçu énormément de courriers de très jeunes me disant que cela leur a permis d'affronter plus simplement leurs parents car ils pensaient qu'en étant gay on était forcément banni de la société. Et le fait que j'ai parlé ainsi a fait que les parents ne peuvent plus dire que les gays sont des vauriens. ». En Belgique, il reste l'un des premiers hommes politiques belges de haut rang à l'avoir fait « Le premier coming-out public d'un homme politique », La Libre, .
En 2011, Elio Di Rupo devient le deuxième chef de gouvernement au monde à s'être ouvertement déclaré homosexuel (après la Première ministre islandaise, Jóhanna Sigurðardóttir, en 2009) et le premier chef du gouvernement belge dans ce cas « La Belgique a (enfin) un nouveau Premier ministre… et il est gai » sur Être en ligne.
Ministre-président du gouvernement wallon et président du PS
À la suite des élections législatives fédérales du (qui le voient être reconduit député pour la circonscription de Mons-Soignies), il est l'un des principaux négociateurs des accords du nouveau gouvernement « Arc-en-ciel » dirigé par le libéral flamand Guy Verhofstadt. Cette tâche accomplie, il devient ministre-président du gouvernement wallon le . Il reproduit à l'échelle régionale la coalition arc-en-ciel entre le PS, le Parti réformateur libéral (PRL) et Ecolo. En quelques mois de travail intense, il rédige le « Contrat d’avenir pour la Wallonie » : un programme décennal qui réunit l’ensemble des forces vives de la Région autour d’un objectif de développement économique et social.
En , il est élu à la présidence du PS, au suffrage universel des membres. Il remporte 71 % des voix face à trois autres candidats. Il quitte la présidence régionale le pour se concentrer sur la transformation et la modernisation du parti, et retrouve à cette occasion le siège de député fédéral pour lequel il s'était fait élire en 1999 (et qu'il abandonne le ).
Depuis , il est vice-président de l'Internationale socialiste.
Bourgmestre de Mons et nouveau projet socialiste
Le , à la suite de sa victoire aux élections communales (le PS obtient 61,35 % des voix et trente sièges sur quarante-cinqCentre d'étude de la vie politique de l'Université libre de Bruxelles - Résultat de l'élection communale du 8 octobre 2000 à Mons (consulté le 27 avril 2007).), il devient bourgmestre de Mons. En 2002, il reçoit le titre honorifique de ministre d'État du roi Albert II et participe à la Convention sur l'avenir de l'Europe.
Lors du , Di Rupo lança un appel en faveur de la création d'un « pôle des gauches ». Cet appel se concrétisera le par l'établissement des « convergences à gauche » avec Ecolo.
En , il publie Le Progrès partagé, un livre de réflexion qui synthétise le travail effectué durant 500 jours au sein des Ateliers du Progrès par les militants du PS et par les très nombreux progressistes venus les rejoindre pour repenser le message socialiste. Rajeuni, féminisé, ouvert à l’ensemble des sensibilités de gauche, le PS s’est ainsi doté d’un tout nouveau projet.
Son premier échevin, Nicolas Martin, désigné tête de liste PS pour les communales 2018 a annoncé le qu'Elio Di Rupo ne serait pas candidat bourgmestre à l'occasion de ce scrutin.
Informateur en 2003
vignette|Elio di Rupo en 2003.
Le , aux législatives fédérales, le PS effectue un bond en avant considérable, tant à Bruxelles qu’en Wallonie, et conforte sa position de premier parti francophone. C’est la première fois qu’une telle progression est enregistrée par un parti au pouvoir.
Élu député fédéral désormais pour la circonscription du Hainaut, Elio Di Rupo est nommé informateur par le Roi, le . Il consulte l’ensemble de la société civile et remet au chef de l’État un rapport, intitulé « Pour une Belgique créative et solidaire ». Ce texte servira de base lors des négociations qui déboucheront sur la formation de la nouvelle coalition « violette » entre socialistes et libéraux, en , toujours sous la direction de Guy Verhofstadt.
Administrateur
Du au , Elio Di Rupo est membre du conseil d'administration de la banque Dexia, actuelle BelfiusPage 111 : Monsieur Elio Di Rupo, qui avait été coopté par le conseil d’administration de Dexia SA le 16 novembre 2004. Monsieur Elio Di Rupo a démissionné du conseil d’administration de Dexia SA le 6 octobre 2005..
À nouveau ministre-président wallon
Le , il redevient ministre-président du gouvernement wallon, à la suite de la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe qui lui avait succédé en 2000. Il conjugue ainsi les fonctions de président du PS et de « Premier » wallon. Il ne reconduit pas la coalition arc-en-ciel au pouvoir au niveau régional depuis 1999, mais forme à la place une coalition rouge - romaine avec le Centre démocrate humaniste (cdH). Il reste le bourgmestre en titre de Mons, mais, considéré comme bourgmestre empêché, il est remplacé par un bourgmestre faisant fonction, Jean-Claude Carpentier jusqu'à son décès, puis par le premier échevin Richard Biefnot. En , selon La Dernière Heure, pour aider les étudiants orphelins à accomplir des études supérieures, il crée la fondation Franz Aubry, du nom d’un professeur de Morlanwelz qui a exercé une influence déterminante dans son parcours scolaire.
En , il est l’un des principaux initiateurs d’un « Plan Marshall » pour la Région wallonne, qui vise à démultiplier les efforts entrepris afin que la Région renoue avec la prospérité.