La cathédrale Saint-Louis de Blois est une cathédrale catholique romaine située à Blois, dans le département du Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loire.

Classée monument historique depuis le , elle est le siège du diocèse de Blois, érigé en 1697 par une bulle du pape Innocent XII, au moment de la reconstruction de l'église Saint-Solenne détruite lors d'une tempête. Auparavant, le pays blésois avait toujours été dépendant du diocèse de Chartres pour gérer son administration.

Depuis l'existence d'une chapelle Saint-Pierre attestée au , l'actuelle cathédrale est, après quatre campagnes de reconstruction, la cinquième église ayant existé à cet endroit.

Histoire

Origines : la chapelle Saint-Pierre Déjà au , une chapelle existait sous le vocable de saint Pierre, à l'époque mérovingienne, remplaçant probablement un sanctuaire établi au milieu d'un cimetière gallo-romain situé à la sortie de Blois, en direction d'Orléans.

L'église Saint-Solenne de Blois Une crypte fut ajoutée à cette église vers 977, à la demande de Liutgarde de Vermandois, veuve du comte , pour accueillir les reliques de saint Solenne, évêque de Chartres au temps du roi Clovis.. C'est à ce moment-là que l'église fut reconstruite une première fois et pris le vocable de saint Solenne. Un clocher fut accolé à la façade occidentale au .

En 1132, l'évêque Thierry de Chartres offre l'église à l'abbaye de Bourg-Moyen, établie à Blois, dont les moines ont adopté la règle de saint Augustin une dizaine d'années auparavant. Les moines entament la deuxième campagne de reconstruction totale de l'édifice.

Guerre de Cent Ans L'église semble avoir été reconstruite à partir du , notamment du côté inférieur de la tour-clocher. Dans un contexte de guerre de Cent Ans le siècle suivant, l'édifice est rapidement achevé par du bois richement décoré des emblèmes du roi Charles VI, du duc Louis d'OrléansLe duc a acquis le comté de Blois en 1397. et de son épouse Valentine Visconti. L'église se retrouve par ailleurs à l'intérieur d'un mur d'enceinte entourant les principaux bourgs de Blois. alt=Vue cavalière du rempart de Blois par François de Belleforest (1575).|vignette|Saint-Solenne est visible à droite sur la vue cavalière de François de Belleforest (1575).

Renaissance De l'église médiévale ne subsiste que le soubassement du clocher et la crypte, au-dessus de laquelle s'est construit le nouveau chœur. En effet, l'église est entièrement reconstruite une troisième fois à partir de 1544 en style Renaissance, avec un élargissement de la nef coté Nord. Ces travaux font écho à l'essor architectural que connaît Blois alors que les rois y ont élu résidence. La voûte était alors en bois comme beaucoup d'églises de la région (Mer, La Madeleine de Vendôme, Villiers-sur-Loir, etc.).

Le dôme de la tour-clocher est achevé en 1609.

Dernière campagne de reconstruction et élévation en cathédrale Dans la nuit du 6 au , l'église Saint-Solenne est dévastée par un ouraganAnnie Cosperec, .. Les vitraux sont brisés, la voûte s'effondre et les piliers détruits ; ne subsistent aujourd'hui de l'édifice d'origine que la façade et la tour-clocher. La quatrième reconstruction, cette fois en style gothique, eut lieu entre 1680 et 1702 sous la direction de l’architecte Arnoult-Séraphin Poictevin (mort en 1720), sous l’impulsion notamment du lieutenant-général du bailliage de BloisPoste équivalent à la charge actuelle de maire de Blois., Jacques II Belot, qui parvient à enjoindre le ministre Colbert, dont l’épouse était blésoiseMarie Charron est née à Nozieux (Montlivault) et a été baptisée à l'église Saint-Solenne. Fille de Guillaume Charron, riche marchand ayant acquis le château de Menars puis conseiller de Louis XIII et intendant des turcies et levées, elle épousa le ministre Colbert en 1648., de faire part du projet au roi Louis XIV, qui accorde son plein financement. Les maîtres maçons sélectionnés sont tous deux Blésois (Jean Habert et Jean Jacquet). Ces travaux amorcent d'autres grands aménagements dans la ville dans la première moitié du , dont la construction du palais épiscopal (actuel hôtel de ville) et des jardins de l'Évêché, mais également du pont Jacques-Gabriel et de l'aménagement des quais de Loire.

Entre-temps, on cherche à réduire la taille de l'immense diocèse de Chartres. Le diocèse de Blois est finalement érigé en 1697 et, après quelques hésitations avec la prestigieuse abbaye Saint-Laumer, c'est l'église Saint-Solenne encore inachevée qui est choisie pour devenir la cathédrale du nouvel évêché. Louis XIV offrit le maître-autel en 1698, puis le buffet d'orgue en 1704.

La cathédrale est officiellement consacrée par le second évêque de Blois, François Lefebvre de Caumartin, sous le vocable de saint Louis, roi de FranceOutre la référence directe à Louis IX et le remerciement pour le financement des travaux de reconstruction par Louis XIV, ce nouveau vocable de la cathédrale rend aussi hommage au petit-fils de : Louis XII, roi de France né en 1462 au château de Blois. Aussi, une chapelle Saint-Louis existe à Blois depuis 1670 (actuelle église Saint-Vincent-de-Paul)., le ..

Conséquences de la Révolution

Décennie 1790 La volonté révolutionnaire de supprimer l'influence de l'Église sur la société républicaine a bouleversé l'ensemble des lieux de culte de Blois.

Bien que de nombreuses églises ont été détruitesVoir notamment Église Saint-Martin-aux-Choux, Église Saint-Nicolas du Foix, Collégiale Saint-Sauveur et Paroisse Saint-Honoré de Blois., la majestueuse cathédrale est conservée et convertie en temple de la Raison pour les cultes décadaires. La présence de l'abbé Grégoire, évêque constitutionnel, ne suffira pas à préserver son état. Tout son mobilier sera vendu : autels, reliquaires, orfèvrerie, statuaire, etc. Seuls subsistent le maître autel et les grandes orgues.

Relégation en église Saint-Louis L'édifice redevient une église paroissiale et perd temporairement son statut de cathédrale quand le Concordat supprime le diocèse de Blois en le rattachant à celui d'Orléans.

L'abbé Mathurin Gallois, curé entre 1803 et 1817 entreprendra de restaurer l'église Saint-Louis le plus souvent sur ses propres deniers. Il restaure le maître autel, ajoute candélabres, tabernacle et croix. Il restaure les chapelles de semaines dévastées avec des nouveaux autels, retables, prédelles, confessionnaux... L'église retrouve son éclat à sa mort en 1817.

Rétablissement de la cathédrale En 1823, le diocèse de Blois est rétabli, et l'église redevient cathédrale : Philippe-François de Sauzin est nommé évêque en juillet, succédant au curé Jean-François Martin de Boisville.

Les derniers changements depuis 1850

Restauration du En 1850 est aménagée une chapelle latérale afin de recevoir la sépulture des évêques du diocèse.

Une grande campagne de travaux s'ouvre à partir de 1860 sous la direction de l’architecte blésois Jules de La Morandière. La chapelle axiale est ajoutée au déambulatoire, dédiée à Notre-Dame, selon le vœu de Louis XIII. Cinq vitraux illustrant la vie de saint Louis sont commandés chez le célèbre vitrailliste Lucien-Léopold Lobin à Tours pour être installés dans le chœur (baies à 104)Annie Cosperec, .. Ce dernier produisit neuf autres vitraux aux personnalités plus variées pour le déambulatoire.

Dans les années 1930, la crypte est fouillée et réhabilitée par le travail du docteur Frédéric Lesueur, historien blésois..

Les vitraux modernes de Jan Dibbets Le grand chantier de la cathédrale au fut la réalisation des vitraux, la cathédrale n'en ayant jamais eu depuis sa reconstruction après l'ouragan de 1678. L'œuvre fut confiée par Jack Lang, ministre de la Culture et maire de Blois, à l'artiste hollandais Jan Dibbets en 1992. Passionné de symbolisme chrétien, l'artiste trouva une belle la collaboration avec le chanoine Dominique Dupont (1944-2020), curé de la cathédrale pour élaborer un programme qui soit non seulement une catéchèse, mais une véritable œuvre théologique. Le talentueux maître-verrier Jean Mauret les réalisa. Les nouveaux vitraux couvrent trente-trois baies, hautes et basses, et représentent une surface totale de plus de ..

Les baies basses illustrent l'adage du concile Vatican II : « L'eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne ».

Les baies hautes sont ordonnées comme une progression vers le mystère divin. Les symboles chrétiens (vigne, ancre, tétragramme) accompagnent les chrétiens dans la nef, en compagnie des saints (saint Louis, saint Pierre et saint Paul) vers le seul du chœur marqué par le Christ et la Vierge Marie. Dans le sanctuaire, la Trinité est honorée en elle-même (verrière Nord), et telle qu'elle se révèle en Jésus Christ (verrières Sud).

La composition, sans se revendiquer iconoclaste, est aniconique, suivant une tradition très minoritaire dans l'Église catholique, mais qu'il est possible de rattacher à Raban Maur. Cette tradition est présente dans la vallée de la Loire grâce à l'œuvre notamment du P. Patrice de Saint-Dyé au .

En plus de leur esthétique et de leur signification catholique, les vitraux de Dibbets ont cet immense avantage de respecter la lumière qui inonde la cathédrale, dans l'esprit des bâtisseurs de la fin du .

Les vitraux ont été inaugurés en l'an 2000, en présence de la reine Béatrix des Pays-Bas, du maire Jack Lang, et de Maurice de Germiny, évêque de Blois.

La cathédrale au La moitié sud des vitraux modernes de la nef a été endommagée en à la suite d'une violente tempête de grêle.. En 2009, ces 18 vitraux de Jan Dibbets ont été les premiers éléments à être restaurés en profitant du « Plan Cathédrales » de la région Centre lancé la même année. L'ensemble des vitraux est depuis protégé.

Entre et , les façades latérales ont été rénovées, incluant également la toiture qui est désormais recouverte d'ardoises d'EspagneLes ardoisières de Trélazé (Maine-et-Loire), d'où provenaient les précédentes ardoises de la cathédrale, ont définitivement fermé en ()...

La campagne de restauration s'achève en avec la remise en état de la porte principale d'accès, retrouvant ainsi sa couleur ocre d'origine, restituée grâce à un mélange traditionnel à base de farine et d'huile de linÀ l'origine, le pigment était acheminé depuis la Puysaie sur la Loire, et se retrouve encore sur beaucoup d'ouvrages du val de Loire ()., tel qu'au ..

Architecture

Généralités

Structure et dimensions

Les principales dimensions de la cathédrale sont les suivantes : Longueur totaleLargeur totaleHauteur de la tour-clocherLongueur de la nef sans le chœurLargueur de la nefHauteur sous voûte de la nef

Matériaux de construction

La cathédrale est essentiellement bâtie en pierre de taille provenant des anciennes carrières de Beauce où le tuffeau (caractéristique de Blois et du val de Loire) est abondant.

La toiture est quant à elle composée d'ardoises, d'abord issues d'Anjou mais aujourd'hui remplacées par des ardoises originaires d'Espagne depuis 2015.

L’extérieur

La façade principale Datée du milieu du , la façade ouest témoigne d’un compromis entre le style gothique tardif traditionnel et les débuts du classicisme. On y trouve des éléments médiévaux tels les gargouilles, les contreforts coiffés de pinacles ainsi que le pignon aigu qui surmonte le tout, mais aussi des éléments classiques tels le fronton triangulaire, les médaillons en ronde-bosse dans les écoinçons.

Les façades latérales

La tour-clocher