Jean-Pierre Mourer, né le à Wittring dans le district de Lorraine (Empire allemand) et mort fusillé le à Mulhouse (Haut-Rhin), est un syndicaliste et homme politique français. Il s'engage activement dans la collaboration à partir de 1940.

Biographie Carrière politique Cheminot, Jean-Pierre Mourer milite très tôt dans les rangs du jeune Parti communiste. Également syndicaliste, il appartient à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), dont il est secrétaire de l'union locale strasbourgeoise. Candidat présenté par le Bloc ouvrier et paysan, appendice électoral du PCF, aux élections législatives de 1928, il est élu député de Strasbourg (par contre à son concurrent)..

Le soutien qu'il apporte aux revendications autonomistes alsaciennes lui vaut d'être exclu du Parti communiste en 1929. Il fonde alors le Parti alsacien ouvrier et paysan (Elsåssische Arbeiter-und Bauernpartei). Aux élections de 1932, il est réélu, face au candidat SFIO, Marcel-Edmond Naegelen (par contre ). Il se présente alors cette fois comme candidat du Bloc des travailleurs alsaciens, membre du « Parti communiste - Opposition ». Il rejoint alors le groupe de la Gauche indépendante, structure parlementaire de tendance centriste. Il devient, la même année, conseiller général de Strasbourg-Ouest. À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission de l'Algérie, des colonies et protectorats, de la commission des régions libérées, de la commission de l'hygiène et de celle des comptes définitifs et des économies.

Ses interventions en qualité de député concernent presque exclusivement sa circonscription et l'action du gouvernement à son égard. Il milite pour étendre les assurances sociales à l'Alsace-Lorraine. En 1932, il est élu conseiller général du canton ouest de Strasbourg. Aux élections de 1936, il est réélu député, à nouveau face à Marcel-Edmond Naegelen (par contre ) et rejoint le groupe des Indépendants d'action populaire et fait partie de la commission de l'Alsace-Lorraine. Il se situe alors à l’extrême droite et entre en contact avec les agents allemands, notamment Robert Ernst, soutien des Alsaciens-Lorrains réfugiés en Allemagne depuis 1918, qui lui fait parvenir des fonds.. Lorsqu'a lieu à l'Assemblée la discussion budgétaire au sujet de la loi budgétaire de 1936, il propose de rétablir la direction générale des services d'Alsace-Lorraine et de fixer son siège à Strasbourg. Aux discussions de 1939, il souligne . Il est arrêté en automne 1939 pour atteinte à la sûreté de l'État, grâce à un mandat d'arrêt du tribunal militaire de Nancy.

Collaboration et fin de vie En 1940, il est libéré par l'armée allemande, qui avance en territoire français, et s'engage alors ardemment dans la collaboration avec l'occupant. Il utilise la forme germanisée de son nom « Hans-Peter Murer ». En , le commandement allemand le nomme Kreisleiter de Mulhouse, bien que la Gestapo soit peu amène, notamment en raison de son passé communiste. Le Kreisleiter était le chef local à la fois du parti nazi et de l'administration.

Arrêté par l'US Army à la fin de la Seconde Guerre mondiale à Munich, en , il est interné au camp de Bad-Mergentheim. L'armée américaine le livre à la France un an plus tard ; il est incarcéré à la prison de Mulhouse. Il est jugé par la Cour de justice du Haut-Rhin qui le condamne à la peine capitale le « Le procès Hans-Peter Mourer s'ouvre aujourd'hui à Mulhouse », Dernières Nouvelles d'Alsace, 26 février 1947, « Le procès du traitre Mourer s'est ouvert en Cour de justice de Mulhouse », Ibid, 27 février 1947, « Le procès Mourer à Mulhouse. L'ex député et Kreisleiter était-il l'homme du contre-espionnage allemand ? », Ibid., 28 février 1947, « La mort pour Mourer », Ibid., mars 1947.. Il est fusillé à Mulhouse (plus précisément sur l'île Napoléon), le , de concert avec un autre Alsacien« L'ex Kreisleiter de Mulhouse, J.P. Mourer, a été exécuté », Les Dernières nouvelles d'Alsace, 11 juin 1947, « J.P. Mourer wurde gestern früh 4.30 Uhr in Mulhouse erschossen », Le Nouveau journal de Strasbourg, 11 juin 1947.. Les preuves utilisées contre lui lors de son procès ne se rapporteraient pas à l'époque de la Collaboration (1940-1945), mais principalement aux contacts qu'il aurait eus avec des Allemands avant la guerreBankwitz, ..

Notes et références

Sources

Voir aussi

Bibliographie Philip Charles Farwell Bankwitz, Alsatian autonomist leaders 1919—1947, The Regents Press of Kansas, Lawrence, 1978, . Charles Béné, L'Alsace dans les griffes nazies. Raon-l'Étape, Fetzer, 1971 . Samuel Goodfellow, « From Communism to Nazism: The Transformation of Alsatian Communists », in Journal of Contemporary History, Vol. 27, 2 (April 1992), . Hans Mayer, Ein Deutscher auf Widerruf. Erinnerungen I, Frankfurt/M., Suhrkamp, 1982 Léon Strauss, « Jean Pierre Mourer », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 27, . , .

Liens externes

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