Le bois énergie ou sylviculture énergétique est une bioénergie issue de la biomasse. Surtout utilisé comme combustible primaire, il est de plus en plus transformé industriellement en sous-produit combustible (liquide, gazeux, ou solide). C'est une énergie considérée comme renouvelable par le ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer français, mais sa contribution à la pollution de l'air est Impact sur la qualité de l'air des émissions dues à la combustion du bois , document archivé par Internet Archive. Page d'origine : Le bois-énergie pour les chaufferies collectives, DRIRE du Limousin.Présentation OA 9.5 : Influence of ignition and operation type on particle emissions from residential woom combustion , European Biomass Conference and Exhibition, 2–6 juin 2008, Valence, Espagne.. En particulier, la combustion du bois engendre beaucoup plus de particules en suspension que d'autres combustibles tels que le gaz naturel, le fioul ou même le charbon.
Des préoccupations et des normes de rejets plus sévères voient le jour, notamment en matière d'émissions de particules et de monoxyde de carbone.
Le combustible bois, autrefois utilisé sous forme de « bois de feu » (bois de corde et fagots), est de plus en plus utilisé sous forme de plaquettes forestières, granulés de bois (ou ) et parfois de briques de bois reconstituées. Il a servi dans les gazogènes, peut être converti en charbon de bois et combustibles plus élaborés ( alcool ou gaz naturel de synthèse (GNS)Gazéification du bois , EPFL , 34 pages ; voir section GNS de cet article.).
Le bois énergie est la première énergie renouvelable en France : produits en 2012, contre pour l'énergie hydraulique, éoliens et solaires (thermique et photovoltaïque)Chiffres clés des énergies renouvelables : bilan 2012 , sur developpement-durable.gouv.fr, octobre 2014, pages 5 et 6.. Dans le premier quart du , les filières plaquettes et pellets sont en fort développement, chez les industriels (appels d'offres « BCIAT » et de la Commission de régulation de l'énergie) et les particuliersD'après une étude réalisée par Observ'er, soutenue par l'ADEME (publiée le 28 mars 2018), la vente d'appareils domestiques de chauffage au bois a augmenté de 11,5 % en 2017. ..
thumb|Section d'un tronc d'arbre. thumb|Copeaux frais issus d'une coupe de saules en TCR. thumb|Bois sous forme de bûches pour chauffage. Le bois énergie est un type de bioénergie utilisant la biomasse. thumb|Briquettes de paille. thumb|Granulés de bois.
Historique thumb|« CharroyageLe mot charroyage, signifie, en ancien français québécois, « Action de transporter une charge sur un véhicule à traction animale ». du bois de chauffage au Labrador » (1871). Gravure tirée de L'Opinion publique, périodique canadien-français.
Origines Depuis la Préhistoire jusqu'au début de l'exploitation du charbon, le bois est de loin la plus importanteD'autres sources, comme la bouse de bovins ou la tourbe, ont été, et sont encore parfois, localement plus accessibles. source d'énergie disponible pour le chauffage et pour la cuisson des aliments.
Moyen Âge et époque moderne Au Moyen Âge puis à l'époque moderne, l'usage du bois permet le développement de certaines industries gourmandes en énergie comme la sidérurgie et la verrerie qui nécessitaient des températures élevées. À cet effet, le bois est transformé par pyrolyse (par carbonisation, carbonation ou distillation selon les sources) en charbon de bois, par des artisans spécialisés, les charbonniers. Ce métier disparaît quasiment au à la suite de la propagation de l'usage du coke, produit par la pyrolyse de la houille. L'usage de la houille démarre en Angleterre pour les besoins de la métallurgie, à la suite de la raréfaction inquiétante du charbon de bois.
Les anciennes cheminées du Moyen Âge, immenses de hauteur et de profondeur formaient pour ainsi dire au milieu des vastes salles un petit cabinet où en hiver on se mettait des deux côtés sous le manteau de la cheminée. On jetait alors des arbres entiers dans le foyer, la consommation du combustible était excessive, mais minime au regard des étendues de forêt qui couvraient la majeure partie du sol. Peu à peu on défriche les terrains, les grandes forêts disparaissent et à mesure que le combustible diminue en quantité alors que la population s'accroît en progression inverse, les formes et les dispositions des chambres et des cheminées anciennes, leurs dimensions, sont revues à la baisseJules Burat, Pierre Joseph Challamel. Exposition de l'industrie française, année 1844 : description méthodique accompagnée d'un grand nombre de planches et de vignettes et précédée... et d'un historique sur les expositions, Volume 2. Challamel 1845. Consulter en ligne. Les cheminées sont alors et restent un moyen de chauffage des plus médiocres. L'air réchauffé est aussitôt aspiré par la cheminée. La cheminée ne chauffe dès lors que par rayonnement. Un foyer ordinaire d'appartement peut alors déterminer par son tirage une évacuation de 800 à cubes d'air par heure et malheureusement c'est là le rôle principal des cheminées: la ventilationV. C. Joly, Traité pratique du chauffage, de la ventilation, et de la distribution des eaux dans les habitations particulières: à l'usage des architectes, des entrepreneurs, et des propriétaires], 1869 (lire en ligne)..
Un encyclopédiste s'indigne au que si les cheminées du Moyen Âge permettent de retirer 3 à 4 % de l'énergie développée par la combustion du bois, les cheminées du ne retirent que le huitième ou le dixième de la chaleur produite dans le foyer, ce qui n'est pas beaucoup plus. Paris reçoit alors annuellement de bois par an pour les besoins du chauffageLouis Figuier, Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes, Furne, Jouvet et Cie., 1870 (lire en ligne)..
Époque contemporaine vignette|Femmes ramassant du bois de chauffageJean-François Millet, début des années 1850Musée des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou D'autre part le poêle; qui est alors mobile, au à l'usage des pauvres, acquiert une telle perfection que, dit-on à l'époque, toute la chaleur du combustible qu'on y brûle reste dans l'appartement, les produits gazeux non susceptibles de se condenser s'échappent seuls par les tuyaux dont ils sont munis.
Tout l'intérêt se porte toutefois vers les calorifères, l'ancêtre du chauffage central, beaucoup plus rentables, qui peuvent brûler indifféremment la houille, le charbon de tourbe, le bois, l'anthracite ou les lignites. La vue du feu crépitant dans l'âtre et le désir de ne pas en être privé est l'un des grands obstacles qu'il faut vaincre avant de répandre quelque peu l'usage des calorifères.
D'autres sources d'énergie, en particulier le gaz naturel ainsi que les différents produits du raffinage du pétrole, apparaissent par la suite qui vont achever de marginaliser l'usage du bois comme combustible.
En Europe, la pénurie de charbon due à la Seconde Guerre mondiale engendre une forte augmentation de la consommation de bois. Ainsi en Suisse pendant les dernières années du conflit, la consommation est de plus de deux fois supérieure à la production naturelle.
Gaz de bois
Entre 1785 et 1786, l'ingénieur français Philippe Lebon travaille à mettre en évidence les propriétés des gaz provenant de la pyrolyse du bois. En , il publie un mémoire sous le titre Thermolampes ou poêles qui chauffent, éclairent avec économie, et offrent, avec plusieurs produits précieux, une force applicable à toutes espèces de machineDésiré Magnier, Nouveau manuel complet de l'éclairage au gaz, ou Traité élémentaire et pratique à l'usage des ingénieurs, directeurs. Librairie encyclopédique de Roret, 1849 (Livre numérique Google). Dans ses premiers appareils, Lebon distille du bois pour recueillir, les gaz, l'huile, le goudron, l'acide pyroligneux, mais son mémoire annonce la possibilité de distiller toutes substances grasse et la houille. Il ne se borne pas à annoncer ses résultats mais il les met en pratique : sa Thermolampe trouve sa première application avec l'éclairage de Paris. Il installe pour la première fois ce système dans l'hôtel de Seignelay à Paris le Michel Raoult, Histoire du chauffage urbain, Éditions L'Harmattan, 2007, .. Le système se compose d'un vaste four à bois dont les gaz produits par pyrolyse sont acheminés dans les différentes pièces de l'hôtel par différents tuyaux pour les éclairer, tandis que l'hôtel est chauffé par la chaleur produite par le four. Son système et la mauvaise qualité de son gaz ne connaissent pas le succès escompté. On considère Philippe Lebon comme l'inventeur du gaz d'éclairage. Toutefois c'est le gaz de houille qui sera produit industriellement à des fins de gaz d'éclairage et de gaz de ville, jusque dans les années 1960 où il est remplacé par le gaz naturel. Le gaz de bois connaît une période d'intérêt particulier pendant la Seconde Guerre mondiale, où il est produit dans les gazogènes, dignes descendant du thermolampe de Lebon, pour alimenter en carburant les véhicules.
Dès le milieu des années 1970, le bois énergie suscite un regain d'intérêt en raison de l'élévation du prix des énergies fossiles, des préoccupations écologiques, ainsi que de la disponibilité et du caractère durable et renouvelable de la ressource en boisJoseph Pousset, Chauffage au bois, , 1978. Les publications du Centre technique du Bois de Saint-Mandé attestent ce revirement, dans le cadre du premier plan des économies d'énergie lancé en 1974..
Applications L'énergie provient aujourd'hui du brûlage de bois dans des foyers ou cheminées ouverts ou fermés. Dans les pays riches notamment on utilise de plus en plus des poêles à bois (poêle à bûches, granulés, de masse, hydrauliques à bûches et hydrauliques à granulés), des foyers fermés et des inserts (à bûches ou à granulés), et des chaudières individuelles ou collectives (à bûches, à granulés, bi-énergie ou à plaquettes...). Les cuisinières (cuisinière simples à bûches, simples à granulés, cuisinières-chaudières à bûches et cuisinières-chaudières à granulés) contribuent à la fois à chauffer la maison et à faire la cuisine.
Le chauffage au bois sous forme de bûches a un succès moindre qu'autrefois, mais persistant, y compris dans l'habitat individuel, malgré ses contraintes pratiques et la pollution que produisent les foyers ouverts ou des appareils trop anciens (peu performants) ou en cas d'utilisation incorrecte d'un appareil moderne ; interviennent notamment la qualité du combustibleUne bonne combustion nécessite l'utilisation d'un bois sec ; la résine des résineux (sapin, épicéa, douglas, mélèze, pin) provoque un encrassage (bistrage, goudronnage) plus rapide des conduits ; la combustion de déchets impropres tels que les bois traités dégagent d'autres substances toxiques comme des dioxines. et les façons de procéder, depuis la manière d'allumer le feu jusqu'au choix du mode de fonctionnement de l'appareilE. Carcano, #Bibliographie : chaufferies : , 56 et 82 - granulés de bois : , 46, 54 à 56, 58 - cheminées à foyer ouvert : , 72, 73 – pollution : à 28, qualité du bois bûche : à 53, bonnes et mauvaises pratiques : , 53 (encadré), 94 à 101 et conclusion - ouvrage avalisé par l'Institut des bioénergies.. Un bois humide augmente de deux à quatre fois les émissions (par rapport au bois sec), et la manière de l'utiliser joue aussi : le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a montré qu'un insert fonctionnant en allure réduite peut multiplier par six ou sept les émissions de polluants par rapport à l'allure nominale. Il faut idéalement faire tourner son poêle à la puissance nominale indiquée par le fabricant (puissance à laquelle est testé le poêle en laboratoire), et éviter les combustions incomplètesLe chauffage au bois pollue-t-il ?, article d'E. Carcano, consulté le 23 juin 2012.. En outre, la combustion d'un bois humide augmente les risques de bistrage et de feu de cheminée.