Bullion est une commune française située dans le département des Yvelines en région Île-de-France.
Ses habitants sont appelés les Bullionnais.
Géographie
Situation La commune de Bullion se situe à environ à l'est de Rambouillet, au sud-sud-ouest de Versailles et 45 km au sud-ouest de Paris.
Communes limitrophes
Hydrographie Le village est arrosé par la petite rivière dite de la Celle prenant sa source au-dessus de la Celle-les-Bordes et descendant par Bandeville, Saint-Cyr-sous-Dourdan, pour aller se jeter dans la Rémarde, et pour le hameau de Moutiers par la petite rivière de Sainte-Anne, prenant ses sources dans les bois de Moutiers et dans la fontaine de Sainte-Anne à MoutiersAbbé Vitry, curé de Bullion, note à la Société Archéologique de Rambouillet (1869)..
Transports et voies de communications Réseau routier La commune est traversée par la route départementale 149 qui mène à Dampierre-en-Yvelines vers le nord et à Rochefort-en-Yvelines vers le sud ainsi que par la route départementale 132 qui mène à Bonnelles vers l'est et vers Saint-Arnoult-en-Yvelines au sud-ouest.
Desserte ferroviaire Gare la plus proche à Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
Gare de Orsay Ville à 18,5 km.
Bus La commune est desservie par les lignes 04, 29, 39.07, 39.07A, 39.07B et 39.30C du réseau de bus Centre et Sud Yvelines.
Sentier de randonnée Le sentier de grande randonnée GR 1 traverse le territoire de la commune.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dourdan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Bullion est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...
Occupation des sols simplifiée Le territoire de la commune se compose en 2017 de 93,2 % d'espaces agricoles, forestiers et naturels, 2,9 % d'espaces ouverts artificialisés et 3,9 % d'espaces construits artificialisés..
Occupation des sols détaillée Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 6,6 %141Terres arables hors périmètres d'irrigation 22,1 %469Prairies et autres surfaces toujours en herbe 10,0 %213Forêts de feuillus 61,3 %1303Source : Corine Land Cover.
Hameaux de la commune Moutiers, Longchêne (l'écrivaine russe Nina Berberova y séjourna de 1938 à 1948). les Carneaux Ronqueux, la Claye, la Boulaye, la Grouaille, le Moulin de Béchereau, Gué d'Aulne : les aulnes, des arbres repères, ils étaient souvent plantés en limite de propriétés ou servaient de repère lorsqu'ils avaient quelque caractéristique remarquable, la route qui relie Bullion, les Carneaux ou Moutiers passe sur le pont au-dessus l'Aulne. la Galetterie, la Picardie, Aumont.
Toponymie La commune s'appelait auparavant Boullon. En 1621, son nouveau seigneur, Claude de Bullion, échangea l'ancien nom pour celui de sa famille. Il était surintendant des finances du roi Louis XIII, qui par décret autorisa ce changement en décembre 1621.
La forme la plus ancienne de Bullion est Villa Bualone en 615BREQUIGNY (L. G. de) PORTE du THEIL (F.) Diplomata chartae, epistolae, leges aliaque instrumenta ad res Gallo...(1843), t.1, Testamentum Bertranni, episcopi cenomensis (ann. 615), .Marianne Mulon - Noms de lieu d'Île-de-France – (1997), .PICARD (Daniel ) Historique de Bullion, ch. 7Dans le testament de Bertrand, évêque du Mans., Bualone au COCHERIS (Hippolyte) Anciens noms des communes de Seine-et-Oise, (1874), ouvrage mis en ligne par le Corpus Etampois., Bualo, Budalo, Buedelone en 1085, Boolon, Boolum, Boolun, Boolum, Boolun, Boelon au , Boolon, Boulon, Boeleium et Bollon au , Boolin en 1347, Boolon et Boulon au , Boulonnio, Boullon au , Boulon au (certains noms ont une écriture assez proche, cette similitude pourrait être due à des recopies manuscrites approximatives au fil des siècles).
L'étymologie de villa Bualone est composée du latin villa (domaine) et de l'anthroponyme Bualone, d'où « domaine de Bualo »; le nom de Bualone serait issu de l’anthroponyme gaulois Bullius et enfin pour Marianne Mulon c'est le « domaine de Budalo ».
Histoire Période gallo-romaine Au Bullion se trouvait à proximité de l'ancienne voie gauloise reliant Lutèce à Carnotum et passant par Limours, Bonnelles, Rochefort, Saint-Arnoult puis par la voie romaine allant de Dreux à Corbeil par Vieille-Église, La Celle-les-Bordes, Bonnelles, Rochefort, Limours, Briis et Arpajon. Une sépulture renfermant vases de verre, poteries de terre rouge, haches et lances, fers, bague, datant de l'époque gallo-romaine est mise au jour dans une carrière par monsieur Ledeuil d'Enquin en 1903. Monsieur Toussaint, dans son répertoire archéologique de Seine-et-Oise, estime que par son mobilier funéraire et en particulier par les armes, cette tombe date plutôt de l'époque franque que de l'époque gallo-romaine.
Mérovingiens En 615, Bertrand, évêque du Mans (586 à 623), renouvelle par son testament la donation qu'il avait faite du domaine de Bualone en faveur de son arrière-petit-neveu Leuthrannus, le jour de ses noces. Par cette phrase : Villam Bualone, sitam in Stampense, secus Æqualinam il nous apprend que village de Bullion faisait partie du Pagus Stampensis ou Pays d'Étampes, près des Yvelines et de l'ancienne cité des Carnutes, situé à la limite du Hurepoix et du pays chartrain. Bullion dépendait du diocèse de Chartres et du doyenné de Rochefort.
Carolingiens Son histoire sera alors liée à celle de la région environnante et du pays d'Étampes qui, au début du , furent ravagés et totalement dévastés par Rollon et ses Normands. En 911, le traité de Saint-Clair-sur-Epte mit fin à leur pillage et les « asiles » (donjons et châteaux) désormais inutiles servirent aux seigneurs contre le roi et le peuple ; c'est le début de la féodalité rendue encore plus puissante par l'hérédité des fiefs. C'est ainsi que se constituèrent les seigneuries de Montfort puis de Rochefort-en-Yvelines.
Capétiens Dès le début du , l’Yveline était composée de trois domaines : - celui des seigneurs de Montfort, - celui du seigneur ou comte de Rochefort qui avait le sud-est de la forêt avec Rochefort, Bullion et Saint Arnoult et beaucoup d'autres territoires situés en dehors des Yvelines à l'est et au nord de Rochefort, - celui de la prévôté de Saint-Léger.
La paroisse de Boullon, alors Boeleium, existe depuis le GAUTIER (abbé) « Poullié du diocèse de Versailles » (1876). En 1061, une église devait s'élever au milieu du village au , sans doute à la place de l'édifice actuelLes registres de baptêmes de la paroisse de la fin de l'année 1734 nous dressent un « inventaire de tous les titres, papiers et contrats qui sont actuellement dans le coffre-fort de l'église de Bullion », dont la septième liasse concernant les biens de l'église et de la paroisse renferme plusieurs dossiers : le dossier numéro 1, qui nous intéresse plus particulièrement, fait mention (d'une dotation faite le janvier 1061 par Claude Vallet).. La paroisse et l'église de Boullon est sous le vocable de Saint-Vincent. Elle appartient dès sa fondation au diocèse de Chartres, au grand archidiaconé et au doyenné de Rochefort. Le présentateur de la cure en était le grand archidiacre. Dès le début du en effet, ce territoire était partagé entre trois seigneuries : celle des Montfort, celle du comte de Rochefort qui avait le sud-est de la forêt avec Rochefort et Saint-Arnoult et beaucoup d'autres endroits situés en dehors des Yvelines à l'est et au nord de Rochefort, et enfin le domaine royal d'Yveline ou prévôté de Saint-Léger.
Le pouillé de 1272 fait état de 150 paroissiens à Boullon.
Du au Le 5 mars 1482, Jean de la Motte, écuyer, se trouve en possession de la terre et seigneurie de Boullon. Il avait pour femme Mathurine Lecomte. Le 6 septembre 1489 il fit l'acquisition du fief, terre et seigneurie de Guédonne, paroisse de Boullon, de Jean Belin, tailleur en robes, demeurant à Paris, puis, le 22 décembre 1494, du fief terre et seigneurie de Longchêne, d'Antoine Davelluys, seigneur de Beauvilliers et de Longchêne, chambellan du Roy. Le 17 janvier 1495, il prend le titre de seigneur des Carnaux et de Boullon et meurt en 1509.
Nous connaissons par les registres paroissiaux conservés depuis 1557, les noms des curés de Boullon.
À la suite d'un acte de baptême consigné le 7 octobre 1562, le curé de Bullion note ce qui suit : « Noter que depuis ces baptesmes précédents, les huguenots (protestants) commencèrent à courir le pays et agasser et détruire les églises, cherchant les prêtres pour les mettre à mort, (c'est) pourquoy les curés, vicaires et prêtres furent fugitifz, ce qui fut cause que les cérémonies de baptesmes nont esté pu enregistrées »Archives départementales des Yvelines, registre de baptême de Bullion, 1562.(la France va connaître 8 guerres de religion jusqu'en 1598).
Les arrière-arrière-petites-filles de Jean de la Motte — Marguerite et Sydonye de Vendômois — devaient, par contrat passé devant Bideault, notaire à Paris, vendre à Claude de Bullion, conseiller du roy, la seigneurie de Boullon.
Aux et , de Boullon à Bullion En juin 1611, Claude de Bullion (1559-1640) acquiert le château, les terres et seigneuries de Boullon et des Carneaux avec haute et basse justice et devient Seigneur de Bullion, car c'est ainsi, selon la décision du nouvel acquéreur, que se nommera son nouveau domaine. Selon le cartulaire de Saint-Rémy des Landes, paroisse de Clairefontaine : "Monseigneur de Bullion cognu de tout le monde à cause de sa surintendance dans les finances de sa majesté, ne fut pas à peine seigneur de la Paroisse de Boullon qu'il en changea le nom et lui fit porter le sien et présent s'y est-il que personne ne l'appelle plus autrement ".