Émile Taudière, né le à L'Absie (Deux-Sèvres) et mort le à Verrières (Vienne), est un industriel et homme politique français.

Biographie Milieu social et formation Émile Taudière est le petit-fils et le fils de députés, de la droite catholique, Jacques Taudière et Henry Taudière, et le gendre d'un député, Émile Marot. Formé à l'Institut catholique de Paris - où son père Henry a enseigné le droit -, et à la Conférence OlivaintDavid Colon, la conférence Olivaint et le Parlement de 1875 à nos jours, il est licencié en droitDocteur en droit selon Jean Philippet, Le temps des ligues : Pierre Taittinger et les Jeunesses patriotes, 1919-1944, Presses universitaires du Septentrion, vol. 5, . Il est élu membre du conseil d'administration de l'association des anciens élèves de l'Institut en 1931Bulletin de l'Institut catholique de Paris, 25 février 1931.

L'ancien combattant Il prépare le concours de l'Inspection des finances lorsqu'il est mobilisé en 1914 comme lieutenant de réserve. Titulaire de la croix de guerre et de la Légion d'honneur, il est après la guerre très actif au sein du mouvement des anciens combattants, à l'Union nationale des combattants (président du groupe départemental des Deux-Sèvres en 1922 et 1923, puis secrétaire général de 1924 à , membre du bureau national à partir de 1929) et à la Fédération interalliée des anciens combattants (FIDAC) où il préside la commission des statuts et financesBulletin de l'Institut catholique de Paris, 1915 (citation à l'ordre de la division)Le Combattant des Deux-Sèvres, juillet 1940, "Vingt années de l'UNC dans les Deux-Sèvres" la Voix du combattant, 26 septembre 1925Le Mutilé de l'Algérie, mars 1932La Voix du combattant, 6 octobre 1934.

L'homme politique En 1919, il est élu conseiller général des Deux-Sèvres, puis, en 1928, député. Réélu en 1932 et 1936, il siège au groupe des Indépendants puis des Républicains indépendants et d'action sociale. Son activité à la Chambre des députés concerne essentiellement les questions économiques et commerciales ; il défend une politique protectionniste. Il est proche des Jeunesses patriotesCf. Jean Philippet, Le temps des ligues : Pierre Taittinger et les Jeunesses patriotes, 1919-1944, Presses universitaires du Septentrion.

Le , il vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il est désigné, en 1943, membre du Conseil départemental (qui remplace le conseil général) des Deux-SèvresInformations générales, 8 juin 1943. Il ne retrouve pas de mandat parlementaire après la Seconde Guerre mondiale.

L'industriel Par son mariage avec Germaine Marot, fille d'Émile MarotBulletin de l'Institut catholique de Paris, 26 juin 1921, il entre dans l'entreprise de son beau-père, les Éts Marot de Niort, qui fabriquent des trieurs de grains, le seconde jusqu'en 1950, puis prend sa suite, jusqu'à son décès, ce qui lui vaut d'être promu officier de la Légion d'honneur en 1951. Il préside la Chambre syndicale des constructeurs français de machines agricoles, de 1936 à 1940, la vieille et protectionniste Association de l'industrie et de l'agriculture françaises, de 1934 à 1945 (il est élu à ce poste en comme rapporteur de la commission des douanes à la Chambre des députés, patron et propriétaire de domaines agricoles dans les Deux-Sèvres), et est désigné vice-président en 1936 de la Confédération générale du patronat français, et réélu en 1938La Croix, 10 avril 1938.

Durant l'Occupation, il préside le Comité d'organisation du machinisme agricoleLes Annuaires des temps nouveaux, 1942-1943, de à , et le Comité d'organisation des industries de la mécanique, d'avril 1941 à 1942, en remplacement de Pierre Pucheu, appelé au gouvernement du maréchal PétainInformations générales, 14 janvier 1941Ibid., 27 juillet 1943, Ibid., 8/4/1941Le génie civil, 15 septembre 1942. Il est aussi désigné membre du Conseil national (gouvernement de Vichy), en tant que patron, en 1941, et membre en 1942 du Comité consultatif du commerce extérieurInformations générales, 28 janvier 1941Ibid., 20 janvier 1942Académie d'agriculture, 1943.

Il préside après la guerre le syndicat général des tracteurs et machines agricoles. Après s'être présenté sans succès en 1931 et 1938, il accède en 1959 à l'Académie d'agricultureAcadémie d'agriculture, 1959.

Le défenseur de la « banane française » Il est le rapporteur, au nom de la commission des douanes de la Chambre, d'un projet de loi qui entend instituer « une taxe spéciale applicable à toute importation de bananes en France et dont le montant sera intégralement affecté à la sauvegarde des plantations bananières ». La loi, votée en , établit une taxe spéciale et des contingentements,La France active, 15 février 1932 André Lassoudière, L'histoire du bananier, Éd. Quae, 2010, . Taudière est à partir de 1932 le représentant élu de la Guinée, l'un des deux gros producteurs de bananes avec la Martinique, au Conseil supérieur de la France d'outre-merBec et ongles, 1932Le Matin, 26 octobre 1932- et il est le président-fondateur du Comité interprofessionnel bananier, de 1932 à 1940, qui vise avec succès à « protéger et vendre la banane française » Revue des questions coloniales et maritimes, novembre-décembre 1932Les Annales coloniales, 1934Les Annales coloniales, 6 décembre 1935Les Annales coloniales, 23 décembre 1936Le Figaro, 9 avril 1938Les Annales coloniales, 20 juin 1938Le Courrier colonial, 30 juin 1939. Il est aussi désigné en 1932 vice-président du Comité central des oléagineux et corps gras des colonies françaises, fondé à l'initiative de l'Institut colonialLe Réveil de la Côte-Ouest, 15 décembre 1932la Petite Tunisie, novembre 1932, membre en 1935 du comité d'action colonisatrice et de paysannat indigène, institué par le ministre des colonies Louis RollinLa Dépêche de Madagascar, 23 novembre 1935Les Annales coloniales, 1935, et vice-président de l'Association Colonies-SciencesLe Madécasse, 22 juillet 1936, cf. Christophe Bonneuil, Des savants pour l'Empire : la structuration des recherches scientifiques coloniales au temps de la « mise en valeur des colonies françaises », 1917-1945, Orstom éditions, 1991 (en ligne).

Distinctions

Sources

Émile Taudière sur assemblee-nationale.fr Dossier de Légion d'honneur d'Émile Taudière sur la base Léonore Académie d'agriculture, nécrologie, 1968

Notes et références

Liens externes

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