Intolérance () est un film américain muet écrit et réalisé par D. W. Griffith, sorti en 1916.
Griffith veut répondre par ce film à l'accusation de racisme prononcée à son égard après Naissance d'une nation. Intolérance est parfois considéré comme le chef-d'œuvre de Griffith, aussi bien pour l'écriture du scénario, que pour la direction des acteurs, le découpage en plans et le montage. Ce fut un désastre commercial.
Synopsis
Quatre époques sont présentées en alternance pour dénoncer l'intolérance : la répression des grèves, le massacre de la Saint-Barthélemy, la Passion du Christ et Babylone. De la Babylone antique au début du , une illustration métaphorique de la cruauté et de la férocité de l'homme envers son prochain.
Dans l'ordre d'apparitionVoir le découpage sur le site du Ciné-Club de Caen : Début du Aucune date n'est indiquée mais plusieurs indices situent l'histoire dans les années 1910 : les intertitres mentionnant simplement que l'histoire se déroule aux États-Unis à l'époque du tournage et une courte scène de combat de la Première Guerre mondiale est visible à la fin du film. L'intolérance d'un groupe de femmes, décidées à combattre l'immoralité, va être l'élément déclencheur d'une grève dans une minoterie, qui mènera le héros à la pauvreté et à être soupçonné à tort d'un crime... Début de l'ère chrétienne L'intolérance des pharisiens va mener à la crucifixion de Jésus, après les épisodes des noces de Cana et de la femme adultère. Massacre de la Saint-Barthélemy (1572)Cet épisode était censuré lors de la sortie du film en France mais est désormais visible dans les versions actuelles. À la cour de Charles IX (roi de France), l'intolérance des catholiques menés par Catherine de Médicis va être la cause du massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Babylone (-539) Lors du conflit entre Balthazar et Cyrus, la chute de Babylone en -539 est due à des dissensions entre les adeptes de Baal et d'Ishtar.
Fiche technique vignette|Griffith sur le plateau d'Intolérance. Titre original : Titre français : Intolérance Réalisation : D. W. Griffith Assistants réalisation : George Siegmann, W. S. Van Dyke Allan Dwan, Victor Fleming, Joseph Henabery, Lloyd Ingraham et Christy Cabanne (non crédité) Scénario : D. W. Griffith et Tod Browning, intertitres d'Anita Loos et Frank E. Woods Décors : Frank Wortman, Walter L. Hall Photographie : G. W. Bitzer, Karl Brown Montage : D. W. Griffith, , Musique : Joseph Carl Breil (partition originale) ; Felix Günther (1924) ; Carl Davis (1989) Chorégraphie : Ruth Saint Denis et Gertrude Bambrick Maquillage : D. W. Griffith, Robert Anderson Producteur : D. W. Griffith Société de production: D.W. Griffith Productions Société de distribution : Triangle Distributing Corporation Budget : Pays de production : Langue originale : film muet (intertitres anglais) Genre : épopée historique Durée : 163 minutes Dates de sortie : États-Unis : (première à Riverside) États-Unis : (sortie nationale) France :
Distribution Lillian Gish : la femme au berceau
en Judée Saint-Barthélemy droite|200 px|thumb|Jésus prêche contre les pharisiens. Howard Gaye : Jésus Lillian Langdon : Marie Olga Grey : Marie Madeleine Bessie Love : la mariée à Cana George Walsh : le marié à Cana Erich von Ritzau : le premier pharisien (crédité comme « Gunther von Ritzau ») Erich von Stroheim : le second pharisien 200 px|droite|thumb|Un meurtre de la Saint-Barthélemy. Spottiswoode Aitken : son père Ruth Handforth : sa mère Eugene Pallette : Prosper Latour, son fiancé Frank Bennett : Charles IX Maxfield Stanley : Henri, duc d'Anjou Josephine Crowell : Catherine de Médicis Constance Talmadge : Marguerite de Valois (créditée comme « Georgia Pearce ») W. E. Lawrence : Henri de Navarre Joseph Henabery : l'amiral de Coligny Morris Levy : Henri, duc de Guise Howard Gaye : Cardinal de Lorraine Babylone époque moderne200 px|droite|thumb|La fille de la montagne et le prince Balthazar. Constance Talmadge : la fille de la montagne Frank Brownlee : son frère Elmer Clifton : le Rhapsode Alfred Paget : le prince Balthazar Seena Owen : la Princesse Attarea Loyola O'Connor : l'esclave d'Attarea Carl Stockdale : le roi Nabonide Tully Marshall : le grand-prêtre de Baal George Siegmann : Cyrus Elmo Lincoln : le puissant garde de Balthazar Ruth Saint Denis : une danseuse de Tammuz200 px|droite|thumb|La police tire sur les grévistes. Mae Marsh : la Bien-Aimée Fred Turner : son père Robert Harron : le garçon Sam De Grasse : Arthur Jenkins Clyde Hopkins : son secrétaire Ralph Lewis : le gouverneur Vera Lewis : Mary T. Jenkins Miriam Cooper : la fille sans amis, l'ancienne voisine Walter Long : le « Mousquetaire des bidonvilles » Tom Wilson : « Grand Cœur », le gentil policier Lloyd Ingraham : le juge Max Davidson, le voisin de la Bien-Aimée Tully Marshall : un ami du « Mousquetaire des bidonvilles » Marguerite Marsh Monte Blue : meneur de la grève
Production La genèse dIntolérance remonte à 1914, alors que Griffith termine un film intitulé La Mère et la Loi, un drame social inspiré par deux histoires vraies : une erreur judiciaire (l'affaire Stielow) et la répression d'une grève de mineurs à Ludlow, au Colorado.
150 px|droite|vignette|Tournage : à gauche, Billy Bitzer, au centre, une comédienne dirigée par Griffith, à droite, Erich von Stroheim supervise la tenue d'un soldat. Après le succès retentissant qu'obtient Naissance d'une nation, son premier long-métrage, Griffith entreprend d'englober La Mère et la Loi dans une œuvre plus vaste où seraient racontées simultanément quatre histoires distinctes se déroulant à quatre époques différentes, mais rattachées entre elles par le thème central du fanatisme et de l'intolérance. Griffith espère ainsi répondre à la controverse suscitée par Naissance d'une nation, qui, malgré son succès, se voit accusé de racisme.
La avance les premiers fonds pour la production de ce film, puis D. W. Griffith et Harry E. Aitken créent la pour terminer le film et l'exploiterSelon une note de la fiche du film sur le site de l'American Film Institute.
Superproduction qui coûte plus de , Intolérance fait travailler , ouvriers, techniciens et acteurs. Le film est tourné aux studios à Hollywood.
Selon certaines sources Griffith aurait eu aussi comme assistants sur ce film Erich von Stroheim, Edward Dillon, Tod Browning, Joseph Henabery, Allan Dwan, Monte Blue, Elmer Clifton, George Hill, W. Christy Cabanne, Jack Conway, George Nichols et Victor Fleming.
Accueil et influences Intolérance est présenté en . C'est un échec commercial, certaines scènes S.M. Eisenstein, Dickens et Griffith, 1938, traduit du russe par Marina Berger, Paris, Stalker éditeur, 2007, , 248 pages, citation de la page 222. Après cette sortie catastrophique, Griffith prend conscience qu’il s’est trompé dès la conception du film. Il tente de ressortir les deux parties les plus réussies et les plus complètes, la destruction de Babylone et l’histoire moderne du faux coupable (sous-titrée La Mère et la Loi), en films indépendants qui réussissent à atteindre un public qui les avait dédaignées lorsqu’elles étaient artificiellement mêlées. Mais il était trop tard pour bénéficier de l’énorme battage publicitaire qui avait été organisé autour de ce tournage peu ordinaire.
S.M. Eisenstein, Dickens et Griffith, 1938, traduit du russe par Marina Berger, Paris, Stalker éditeur, 2007, , 248 pages, citation de la page 221
Il est évident d’autre part que le thème de l’intolérance n’est absolument pas le point commun des quatre récits.
En 1923, Buster Keaton propose une parodie d'''Intolérance intitulée Les Trois Âges. Mais ce film, son deuxième long-métrage, n'est pas considéré comme l'une des œuvres majeures du célèbre comique.
En 1982, une version dIntolérance restaurée par les soins de Raymond Rohauer est présentée en ouverture du Festival de Cannes. Selon Rohauer, impliqué dans la succession de D.W. Griffith depuis 1959, il ne manque à sa version qu'à peu près cinq minutes du film original.
L'intrigue de Good Morning, Babylon (1987) des frères Taviani se déroule en partie sur le tournage de Intolérance, les deux personnages principaux participant à la création des décors.
En 1989, Intolérance fait partie de la première sélection de films conservés par le National Film Registry.
Le lieu de tournage de ce film peut être visité. Il est en partie détruit par le héros Cole Phelps dans le jeu vidéo L.A. Noire (2011). 200px|centre|thumb|Intolérance
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie William M. Drew, D.W. Griffith's Intolerance : Its Genesis and Its Vision'', Jefferson (New Jersey), McFarland & Company, 2001 ( édition : 1986), .
Articles connexes Filmographie de David Wark Griffith
Liens externes
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