vignette|redresse=1.0|La Tentation de saint Antoine, tableau de Jérôme Bosch (entre 1500 et 1525). La démonologie est l'étude des démons et des mauvais esprits, élaborée à partir de l’histoire des religions ou explicitement formulée dans des archives et documents historiques. Par extension, elle renvoie aussi aux « chasseurs de sorcières », des intellectuels et théologiens de la RenaissanceVoir par exemple l'ouvrage Malleus Maleficarum de Henri Institoris et de Jacques Sprenger (?), paru à Strasbourg en 1486.. Les représentations de la théologie chrétienne contiennent parfois une doctrine démoniaque en annexe de l’angélologie car les démons sont conceptualisés comme des anges déchus.
Le mot provient du grec , , , Autenrieth, A Homeric Lexicon et de , « la science », « l'étude ».
Jusqu'à la fin du , peu d'intérêt était porté aux démons. Le Traité sur le mal de Thomas d'Aquin en 1272 rappelle que le diable est un hérétique, et la sorcellerie un crime d'hérésie.
Définitions Les objectifs de la démonologie sont d'opérer une classification hiérarchique des démons, de connaître leurs histoires et de comprendre leur façon d'opérer. À cela, il existe deux parties : le Bien, représenté par Dieu, et le Mal, représenté par le Diable "Demon" from Funk & Wagnalls New Encyclopedia, © 2006 World Almanac Education Group, deouishistory.com/ history.com].
Satan, LéviathanJob, XL, 19, Bélial et Lucifer sont quatre êtres différents.
Le nombre 666 est couramment associé à Satan, provenant de la Bible, et symbolise ce qui est humain Demon, entry in the Online Etymology Dictionary, © 2001 Douglas Harper, dictionary.com. Les démons bibliques répondent à une hiérarchie stricte.
D'après Richelmus de Schental, abbé cistercien de Wurtemberg au , les démons se comptent par centaines de milliards. En 1467, Alphonsus de Spina en calcule Fortalicium fidei, Strasbourg, 1460. Au , Jean Wier n'en enregistre que , divisés en 666 légions commandées par 66 princes. D'autres savants démonologues contestent ces chiffres : Pannethorne Hugues en recense , Martin Barshaus et Jean Oswald .
Chaque démon possède ses propres caractéristiques, et certains ont un nom tiré de leurs manières de se manifester (Belzébuth : le seigneur des mouches, etc.).
Développements Les premières traces de l'étude démonologique remontent au Banquet de Platon lorsque le « démonique » est identifié comme intermédiaire entre mortel et immortel, une notion que Plutarque affine sans la détourner. Ce dernier admet cependant que le démon se positionne en rival du divin, et cela malgré sa conception du bien divin universel.
Michel Psellos est considéré comme une source incontournable de la démonologie par les théologiens de la Renaissance, une époque où le diable revient au centre des débats philosophiques. En 1580, Jean Bodin propose le terme « démonomanie » pour mieux cerner la discipline. Nicolas Rémy publie le traité dæmonolatreia (Démonolâtrie) en 1595, et Jacques VI d’Écosse introduit le terme « dæmonologie » en 1597. C'est le terme « démonologie » qui s'impose lors du siècle suivant.
Pour Stuart Clark (auteur de Thinking with Demons), lors des , le concept de démonologie évolue en fonction des changements radicaux opérés dans le domaine des sciences et devient une activité épistémologique, même si le concept de démonologie reste encore mal cerné (nombreux entrecroisements avec la sorcellerie, par exemple). Toujours selon Clark, la démonologie disparaît des débats littéraires vers 1740, une époque de transition philosophique de la théologie naturelle (théisme) vers la théologie rationnelle (déisme).
L’étude de l’action dans le monde des esprits infernaux a été renouvelée à la fin du par trois auteurs. Le précurseur est le chevalier Gougenot des Mousseaux (1805-1876) qui a écrit Mœurs et pratiques des démons (1854), La Magie au dix-neuvième siècle, ses agents, ses vérités, ses mensonges (1860), Les Médiateurs et les moyens de la magie (1863) et Les Hauts Phénomènes de la magie, précédés du Spiritisme antique (1864). Il a collaboré avec le marquis de Mirville (1802-1873) qui a écrit Des esprits et de leurs manifestations diverses (1863), ouvrage en 5 Tomes, ainsi qu’avec l’avocat Joseph Bizouard (1797-1870), auteur de l’ouvrage Des rapports de l'homme avec le démon (1863), en 6 tomes.
Dans la tradition orientale
La démonologie orientale s'articule autour de trois piliers : Djinn (pluriel: j'noun) : nom donné aux démons par l'exégèse islamique. On les combat par la récitation assidue des versets du Coran, contenant les sourates de conjuration. Cheitan (Satan) : nom donné au diable par les Arabes. S'hour : sort ou mauvais œil que l'on jette sur une personne. Ce mot est employé couramment chez les Maghrébins pour désigner une action de sorcellerie ou un objet d'ensorcellement. Ce dernier est composé spécialement à cet effet et placé à un endroit précis. Par exemple, les Sépharades et les Arabes l'utilisent pour rompre un mariage (les femmes brûlent de l'encens sur une mixture contenant du jasmin et du romarin).
Notes et références
Annexes Bibliographie . Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers, (Paris, 1580) Nicolas Remy, La démonolâtrie, (1582) — Ouvrage écrit par le secrétaire du duc de Lorraine Charles III, qui condamna à mort 900 sorcières en 15 ans. Henry Boguet, Discours exécrable des sorciers (Lyon, 1602) — L'auteur de cet ouvrage prononça 600 sentences contre des sorcières ; son livre connut onze rééditions. Pierre de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons (Paris, 1612, réédition Aubier-Montaigne, 1982) — Ouvrage dans lequel il est beaucoup question des sorciers et de la sorcellerie. Liste authentique des religieuses et séculières possédées, obsédées, maléficiées, le nom de leurs démons, le lieu de leur résidence, avec les signes de leurs sorties (1634) Confessions et histoire de Madeleine Bavent, religieuse de Louviers, avec son interrogatoire, (Rouen, 1652) Jacques Auguste Simon Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, (Paris, 1818) - Ce livre recense toutes les connaissances de l'époque concernant la(les) superstition(s) et la démonologie. Walter Scott, Histoire de la démonologie et de la sorcellerie, dans les Œuvres de Walter Scott, traduit par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, Paris, Furne, Charles Gosselin, Perrotin, 1836, vol. 25, p. 225-505 Gougenot des Mousseaux, Mœurs et pratiques des démons (1854), La Magie au dix-neuvième siècle, ses agents, ses vérités, ses mensonges (1860), Les Médiateurs et les moyens de la magie (1863) et Les Hauts Phénomènes de la magie, précédés du Spiritisme antique (1864). Jules de Mirville, Des esprits et de leurs manifestations diverses (1863) Joseph Bizouard, Des rapports de l'homme avec le démon (1863) Alexander Hislop, Les deux Babylones (1916) Henry Ansgar Kelly, Le Diable et ses Démons, Paris, Le cerf, 1977. Kurt Koch, La démonologie dans le passé et aujourd’hui (en anglais) Weirus, De praetistigiis (réédité en 1958) Roland Villeneuve, Dictionnaire du Diable (Bordas, 1989) Laurence Wuidar, Fuga Satanae. Musique et démonologie à l'aube des temps modernes, Genève, Droz, 2018 (344p) Laurence Wuidar, Au-delà des mots. Musique, mystique et possession diabolique dans la Chrétienté occidentale, préface de Jean-Claude Schmitt, Milano, Mimesis, collection Philosophie n° 85, 2022. André Frossard, 36 preuves de l'existence du Diable (2000)
Articles connexes Angélologie Goétie Péché capital Clavicula Salomonis Lemegeton Pseudomonarchia daemonum Vampirologie Exorcisme, Adorcisme Daimôn
Liens externes Louis Du Bois (1773-1855) :
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