Le Ménez Hom Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. prononcé localement [mene'om] et ['mine'xum] (en breton : Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API.) est une montagne située en Bretagne, dans le département du Finistère, en pays de Cornouaille, entre l'Aulne et le terroir de Porzay, sur le territoire des communes de Plomodiern, Saint-Nic, Trégarvan et Dinéault où elle culmine à 329 mètres d'altitude. Elle domine la rade de Brest et la baie de Douarnenez, et termine les montagnes Noires. Le site a été classé patrimoine naturel en 2004 pour sa faune et sa flore.

Toponymie Le Ménez Hom, également orthographié Menez HomMikael Bodlore-Penlaez, Divi Kervella, Atlas de Bretagne / Atlas Breizh, Coop Breizh, 2011, pages 34-35, se dit en breton Menez C'homm.

Plusieurs explications étymologiques existent : le mot breton Menez signifie « mont » ou « montagne ». Komm (mutée ici en C'homm) signifie en vieux et moyen breton « vallée », et ressemble au gallois « Cwm » (même définition). La vallée est celle de l'Aulne, située en contrebas ; Menez Hom signifiant ainsi « le mont de la vallée (de l'Aulne) »Albert Deshayes, Dictionnaire des noms de lieux bretons, Chasse-marée/ArMen, 1999 . ; une autre explication viendrait du fait que komm signifie également en breton « auge », nom donné d'après la forme dessinée par les deux sommets principauxDivi Kervella, Petit guide des noms de lieux bretons, Coop Breizh, 2007, . ; une explication plus fantaisiste donne ; ce nom pourrait être en . Une chapelle Saint-Come se trouve à Saint-Nic et .

Géographie Topographie vignette|gauche|Carte topographique du Ménez Hom. vignette|gauche|Vue depuis le Ménez Hom. vignette|gauche|Le Petit Ménez Hom ou Yelc'h, sommet annexe du sommet principal.

Culminant à 329 mètres d'altitude, mais paraissant plus haute car elle est très proche de la mer (), elle est l’une des montagnes sacrées de l’Armorique ; les autres étant le Karrek an Tan, le Roc'h an Aotroù, le Roc de Toulaëron (Roc'h Toull al Laeron en breton), le Menez Bré et le mont Saint-Michel de Brasparts (Menez Mikael-an-Are). Le Ménez Hom se compose de deux sommets principaux distants d'environ 800 mètres : le Petit Menez ou Yelc'h et le sommet principal, appelé le Yed (Yed en breton signifie « guet », ce qui illustre que c'était un endroit propice à la surveillance d'envahisseurs éventuels). À proximité immédiate du Yed, vers le nord-est, se trouve le Yedig. Vers le sud-ouest, après le Yelc'h, on trouve le Menig et le Menez Yan.

À proximité se trouvent trois autres collines plus petites : Run Vras (249 m), Run Vihan (225 m) et le Run Askol (235 m). Vers l'est-sud-est, juste au nord de la route menant à Châteaulin, le Ménez Hom se prolonge par un alignement de trois buttes dénommées « les Trois Canards » ; vers l'ouest, en direction de Telgruc, le Ménez Luz est le sommet le plus occidental des montagnes Noires. Édouard Vallin parle des « sept mamelons du Ménez-Hom »Édouard Vallin, Voyage en Bretagne, Finistère : précédé d'une notice sur la Bretagne au , Comptoir de la Librairie de province, Paris, 1857, lire en ligne.

Du sommet, par temps clair, un vaste panorama est offert : la rade de Brest jusqu'à la pointe Saint-Mathieu, la presqu'île de Crozon jusqu'à la pointe de Pen-Hir et jusqu'aux Tas de Pois, y compris la presqu'île de Roscanvel qui se termine par la pointe des Espagnols, le cap de la Chèvre, la baie de Douarnenez jusqu'à la pointe du Raz. Côté terre, l'Aulne maritime, avec le pont de Térénez, le village de Rosnoën et jusqu'à Dirinon, les monts d'Arrée jusqu'au mont Saint-Michel de Brasparts, les montagnes Noires et leurs prolongements occidentaux, y compris la montagne de Locronan, la plaine du Porzay et Sainte-Anne-la-Palud.

Le col du Ménez-Hom culmine à 212 mètres d'altitude.

Géologie

vignette|Carte géologique simplifiée du Massif armoricain.

Le Ménez Hom est le sommet le plus occidental des montagnes Noires, qui se prolongent toutefois dans la presqu'île de CrozonYves Plusquellec et al, Curiosités géologiques de la presqu'île de Crozon, coédition SGMB, éditions Apogée et BRGM éditions, 2010 jusqu'au-delà de Toul-ar-groas via le Menez Luz situé près de Telgruc, par une longue bande de quartzites dévoniens. C'est une colline principalement constituée de grès armoricain datant de 480 millions d’années qui est, d'après la légende locale, imperçable et incassable ; il forme les points hauts du relief alors que l'érosion a excavé les schistes plus tendres. Assimilé à tort à un volcan dans certains guides touristiques et magazines, le Ménez Hom est un relief résiduel correspondant à une crête d'interfluve. L'origine de cette erreur qui traîne dans des publications touristiques et des magazines est à rechercher dans une ancienne publication scientifique de Charles Barrois .

Par le passé, plusieurs carrières, dont les traces sont visibles dans le paysage, l'ont exploité et celle du Hinguer, à Cast, l'exploite encore. Le versant oriental voit affleurer des roches plutoniques (diabases, porphyres, phyllades (dénommées localement « tufau »), tufs, cinérites), restes d'une éruption paléovolcanique sous-marine datée de l'Ordovicien et du Silurien Site Natura 2000 n°FR5300019 « Presqu'île de Crozon », document d'objectifs - : état des lieux, avril 2005, visibles en contrebas du sommet, le long de l'Aulne sur le territoire de la commune de Trégarvan.

Atteintes environnementales Des incendies ravagent périodiquement le Ménez Hom et ses abords, le plus important de l'après Seconde Guerre mondiale étant celui de 1976 : le , un incendie dû à « une main criminelle qui a allumé près d'une dizaine de foyers » se déclenche ; « malgré les efforts de 250 pompiers, un centre équestre et deux habitations sont entièrement détruits, ainsi que de pinèdes ».. D'autres incendies se sont produits en 1979, 1986, 1989, 2005, 2006 : ce dernier incendie a dévasté 450 hectares de landes sur les flancs de la montagne.

Depuis le , des brebis de race Landes de BretagneMouton des Landes de Bretagne et de race avranchin entretiennent en période estivale quelques parcelles de landes dans le but de prévenir les incendiesAgneaux et laines du Ménez-Hom à Dineault. Le dispositif demande à être achevé.

En parallèle, le conseil départemental du Finistère a créé des pistes de défense contre les incendiesLe Menez-Hom, finistere.fr, Le conseil départemental.

Histoire Préhistoire, Antiquité et Moyen Âge thumb|left|Le paysage en direction de Dinéault et Trégarvan vu du sommet du Ménez Hom ; le cairn censé être la tombe du roi Marc'h se trouve au milieu du sommet annexe visible au milieu de la photographie. L'histoire ancienne du Ménez Hom est mal connue. La montagne, considérée comme sacrée depuis la Préhistoire : au Bachelot de la Pylaie trouva sur « cette montagne de solitude, 21 monuments celtiques [en fait préhistoriques] prouvant, selon lui, l’importance religieuse de la montagne avant l’introduction du christianisme » (probablement un lieu de culte consacré à Beltaine dans la religion celte), comporte encore quelques monuments mégalithiques : le docteur Antoine Vourc'h rapporte en 1935 que huit mégalithes existaient sur son versant sud. Sur le versant sud du Yelc'h ou « Petit Ménez Hom », se trouve également un grand cercle de pierres, un cromlech, qui n'est pas datéMaurice Halna du Fretay, « Les cromlechs du Menez-C'hom », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1892 .. Il a également trouvé sur le versant nord du Ménez Hom (sur le territoire de la commune de Trégarvan) des centaines de tombelles (tombe formée par une éminence de terre, un petit tumulus) souvent agglomérées en six îlots principaux, parfois disséminées, et cinq enceintes (à proximité du point de jonction entre les trois communes de Trégarvan, Argol et Saint-Nic). Leur interprétation reste inexpliquée et l'ensemble demeure non daté pour l'instant. Le docteur Vourc'h fait remarquer toutefois que ces traces d'habitat humain préhistorique sont situées sur le versant nord, abrité des vents dominants d'ouest et du sud-ouestDocteur Vourc'h, « Tombelles et enceintes du Ménez-Hom », Bulletin de la Société préhistorique de France, 1935, , pages 351 et suivantes, lire en ligne. Le versant est porte également une enceinte de pierre en forme de fer-à-cheval dénommée ar c'horn-tro (le « virage » en breton)..

thumb|Vue d'une partie de l'enclos circulaire du flanc sud du Yelc'h (Petit Ménez Hom). thumb|left|Le « tas de pierres » (Ar-Bern-Mein en breton) situé à l'est du sommet principal du Ménez Hom, censé selon la légende être la tombe du roi Marc'h. L'aspect de ce cairn a été très modifié par les touristes qui ont empilé des pierres les unes sur les autres.

Les légendes font du Ménez Hom une montagne sacrée des Celtes. Le roi Marc'h, roi légendaire, aurait été enterré dans les parages. Anatole Le Braz a écrit en 1905 : « Sur les flancs du Ménez est une pyramide de pierres brutes qu'on appelle dans le pays le Bern-Mein. Un roi, dit-on, est enterré sous ce cairnAnatole Le Braz, « La Noël de Jean Rumengol », Vieilles histoires du pays breton, tome 2, 1905, lire en ligne ».

Le Ménez Hom constituait un point stratégique de la presqu'île de Crozon car il permettait de surveiller toute la région ainsi que la mer. Selon certains, comme Léon FleuriotLéon Fleuriot, "Les origines de la Bretagne", Librairie Payot, Paris, 1980, le Ménez Hom pourrait correspondre au cruc ochidient cité par NenniusHistoria Brittonum, chap. 27 en donnant les limites de l'Armorique : « ... multas regiones a stagno quod est super verticem montis Jovis usque ad civitatem quae vocatur Cant Guic, et usque ad cumulum occidentalem, id est Cruc Ochidient » (« ... plusieurs régions situées entre l'étang qui se trouve au sommet du mont Jovis, jusqu'à la cité que l'on nomme Cant Guic, et jusqu'au sommet occidental qui est cruc ochidient »).

Ce belvédère a joué un rôle de poste de guet (le surnom de Yed donné au sommet principal du Ménez Hom signifie « guet » en celte) dès l'époque des incursions vikings, sinon auparavant, puis celles des pirates (au ) ou des Anglais Presqu'île de Crozon - Châteaulin, Porzay, guide découverte 2010 : une vigie guettait un éventuel signal (un feu) allumé par un guetteur de l'île d'Ouessant et, si l'on en croit la légende de Karreg an Tan, un brasier était alors allumé au sommet du Ménez Hom afin de donner l'alerte aux populations avoisinantes qui auraient fait de même à partir de sommets des monts d'Arrée (mont Saint-Michel de Brasparts peut-être) et des montagnes Noires, d'où le toponyme de Karreg An Tan (« la Roche du Feu ») donné à un sommet des montagnes Noires situé à Gouézec.

Dans les pages qu'il consacre à Saint-Nic dans son Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne publié en 1778, Jean-Baptiste Ogée décrit longuement les trois sommets du Ménez-Hom et les pratiques, y compris les sacrifices humains, qu'il attribue aux druidesJean-Baptiste Ogée, Dictionaire historique et géographique de la province de Bretagne, tome 4, 1778 , ce qui a été par la suite largement contesté par les historiens.

Selon Alexandre BouëtAlexandre Bouët, né à Brest le à Brest, décédé le à Brest, homme de lettres, fondateur du journal L'Armoricain., saint Corentin aurait bâti un monastère sur un terrain donné par le roi Gradlon au pied du « Ménéhom, ou montagne de Saint-Com, montagne alors couverte de bois, qui malheureusement n'existe plus, et où l'on trouve encore des vestiges du culte druidique [en fait des mégalithes] »Alexandre Bouët, Épître à Mgr Graveran, évêque de Quimper et Léon, 1854 .

La déesse dite Brigitte du Ménez Hom