Le genre grivois désigne les poésies chantant le vin et l’amour avec joyeuse humeur et sans vergogne.
Historique Après avoir appelé « grivois » les soldats pillards et ivres de leur butin, par allusion aux grives qui vont piller le raisin dans les vignes, on a donné le même nom aux hommes gais et bons vivants avant de l’appliquer à la littérature.
Le genre grivois se rattache aux genres anacréontique et érotique par le sujet ; il en diffère surtout parce qu’il préfère à la grâce et à l’élégance une liberté d’allures qui le mène souvent jusqu’aux limites du trivial. Il se rapproche par là du grotesque qui, dans ses diverses variétés, affecte aussi d’unir à la gaieté une franche indépendance.
Tandis que le grotesque, voisin de la caricature, cherche de vigoureux effets, accentue les contrastes, exagère le pittoresque, le grivois se contente d’une touche superficielle, d’allusions badines, sans grande préoccupation des recherches de l’art. Saint-Amant n’est pas grivois, même quand Bacchus lui . Scarron ne l’est pas davantage, même lorsqu’il écrit sa fameuse chanson bachique de treize pieds :
Le genre grivois s’est épanoui au , et il est bien en accord avec les mœurs d’une partie de la société du temps. On trouverait pourtant, dans le grave , des pièces où le passage du bachique au grivois est assez marqué, comme dans ce couplet d’Antoinette Des Houlières :
Collé, Panard et les chansonniers de leur école tirent dans le genre grivois des vers dont le succès a été d’assez longue durée. Désaugiers, leur disciple, s’y est créé une grande réputation, en célébrant avec plus de verve que de délicatesse la folie, le vin et l’amour. Le genre grivois est d’abord resté confiné à la chanson et au conte ; au commencement du , Pigault-Lebrun l’a introduit dans le roman, où il a été maintenu surtout par Paul de Kock..
Le Contemporain se montre beaucoup moins charitable à l’égard de ce genre : Et d’en donner une liste en prenant la précaution d’écarter les plus égrillards : V’là c’que c’est d’embrasser les filles ! — Je voudrions ben en tâter ! — Ah ! maman ! — L’Apollon du sexe de rebut. — Le soupé de Lise. — Ça fait plaisir aux filles. — Ça n’se peut pas d’uant le monde. — Les hommes se croient tout permis. — On y prend goût. — La Cuisinière enflammée. — Mais quai que j’ai donc qui les attire ? — Ce n’est pas Arthur qui s’en plaindra. — Faut prendre les hommes par la douceur. — Rien n’est sacré pour un sapeur…
Notes et références
Voir aussi Poésie anacréontique Chanson paillarde Gauloiserie Chanson à boire
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