Frédéric Lordon, né le , est un économiste et un philosophe français. Il est chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE), directeur de recherche au CNRS et est membre des Économistes atterrés, collectif soutenant une pensée économique hétérodoxe.

Biographie Famille et formation Frédéric Lordon est né dans une famille bourgeoise de l'ouest parisien. Son père est dirigeant d'entreprise et sa mère femme au foyer .

En 1985, il sort diplômé de l'École nationale des ponts et chaussées. En 1987, il poursuit sa formation en intégrant l'Institut supérieur des affaires (ISA)., devenu depuis un diplôme de maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC).

D'abord électeur de droite, il se rapproche ensuite du communisme à la fin de ses études.

Souhaitant proposer un point de vue critique sur le monde social, il se tourne vers le travail de recherche universitaire en économie.

En 1993, il soutient sa thèse de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) intitulée », sous la direction de Robert Boyer. Celui-ci en parle comme et le qualifie ..

Carrière professionnelle et politique Il publie ensuite des travaux sur la .. Parallèlement à ses études doctorales, il est chargé d'étude à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et chargé d'enseignement à l'Institut d'études politiques de Paris« Pour une socionoétique des objets économiques. Entretien avec Frédéric Lordon », Frédéric Lordon, Mickaël Clévenot, Agnès Labrousse, Thomas Lamarche et Sabine Montagne, Revue de la régulation [En ligne], 2 janvier 2008.. Il est signataire en 2010 du Manifeste d'économistes atterrés...

Il est chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE).

En 2012, il passe de l’économie à la philosophie au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) où il est directeur de recherche.. Il est membre de la section 35 en sciences philosophiques et philologiques, Sciences de l'art...

Au printemps 2016, il intervient à de nombreuses reprises dans le cadre du mouvement Nuit debout, dont il serait d'après Pierre Tremblay, journaliste au HuffPost..

Il est un collaborateur régulier du mensuel Le Monde diplomatique, sur le site web duquel il tient un blog, « La pompe à phynance »... Il intervient régulièrement sur France Culture..

Selon Le Figaro et d'autres organes médiatiques, sa liaison avec la journaliste Aude Lancelin a été l'une des causes de l'éviction de cette dernière de L'Obs....

Travaux et publications Ses premières publications consistent en de courts essais critiques, , publiés chez Raisons d'agir, une maison d'édition décrite par Le Monde comme étant un éditeur dont Pierre Bourdieu fut l’un des créateurs..

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche dit « spinoziste » Vidéo de Frédéric Lordon de 1:40 à 1:50. en sciences socialesVoir sur son site. et en sociologie économiqueEHESS, Centre de sociologie européenne, Présentation de Frédéric Lordon.. Il vise à rapprocher étroitement la science économique de la sociologieNotes de lecture : Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Thomas Lamarche, Revue de la régulation - Capitalisme, institutions, pouvoirs, janvier 2008 : .

Il décrit sa position dans le champ des sciences économiques comme hétérodoxe et, ce faisant, partage les thèses de régulationnistes et particulièrement celles qui posent le caractère ontologique des luttes au sein des faits sociaux. Il reprend la formule de Michel Foucault selon laquelle Foucault M., 1975-1976 : Il faut défendre la société, Gallimard, Paris, 1997, 283 ., paraphrase retournée de la formule de Carl von Clausewitz : ..

Il réinterprète le conatus spinoziste afin de se dégager de l'emprise du structuralisme althusserien et permettre que soit réintroduite la dimension de l'action des individus-sujets au cœur des rapports sociaux et des sociétésLordon F., 2008, « Métaphysique des luttes », , in Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Presses de la Fondation des sciences politiques, Paris, coll. « Gouvernances », dir., 339. Considérés comme des élans de puissance, les individus, selon une lecture spinoziste, sont déterminés par des causes extérieures qui orientent leur comportement. Lordon oppose cette thèse à celle de l’humanisme subjectiviste fondé sur l'autodétermination individuelle..

En , il cosigne Pulsion avec la romancière et psychologue Sandra Lucbert, une œuvre de philosophie politique, poétique et littéraire sur le capitalisme néolibéral comme régime de pulsionnalité.

Influences intellectuelles et orientation théoriques Les travaux de Frédéric Lordon s'inscrivent dans une filiation critique reliant la pensée de Karl Marx, la sociologie de Pierre Bourdieu et la philosophie de Baruch Spinoza. Il cherche à articuler les affects, la production économique et les rapports de pouvoir au sein des sociétés contemporaines, notamment dans ses ouvrages Capitalisme, désir et servitude (2010) et La société des affects (2013). Son approche spinoziste vise à comprendre les comportements économiques à partir des passions collectives, tout en se démarquant des théories néoclassiques centrées sur l'individu rationnel. Cette orientation, partagée par d'autres chercheurs en sciences sociales critiques, nourrit une réflexion sur la souveraineté démocratique et les formes possibles d'émancipation politique dans le capitalisme contemporain.

Affinités politiques D'abord électeur de droite, Frédéric Lordon devient communiste à la fin de ses études... Il a lu les travaux de Karl Marx, Pierre Bourdieu, Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser, Baruch Spinoza. Et il effectue une analyse critique du ...

Selon HuffPost, depuis le mouvement Nuit debout, au printemps 2016, il est devenu . En , un article de France Info le présente comme vis-à-vis des partis politiques et, selon son entourage, il est inenvisageable pour lui d'être lié à un parti : il se situe uniquement à une place de chercheur. Il est sollicité par le Front de gauche et les frondeurs du Parti socialiste, mais refuse toute implication ; et selon France Info, le fait qu'il soit resté indépendant plaît aux « milieux altermondialistes et radicaux de gauche ».

Lors de la présidentielle de 2017, il déclare auprès de l'émission Là-bas si j'y suis au sujet de la candidature de Jean-Luc Mélenchon . Toutefois, lors d'un entretien avec Judith Bernard pour le site Hors-Série en 2019, il déclare désormais Lordon, Mélenchon et la révolution [YouTube], Judith Bernard, dans Dans le texte sur Hors-Série, 19 octobre 2019 (consulté le 28 avril 2020)..

Concernant son rapport au marxisme, il est généralement considéré comme marxiste hétérodoxe, notamment de par sa proximité avec la théorie de la régulation, critique de l'analyse marxiste orthodoxe. Pour se situer, il cite Pierre Bourdieu : .

D'après le politologue Eddy Fougier, il est parfois associé aux « démondialisateurs français », comme l'économiste Jacques Sapir ou Emmanuel Todd, qui sont comme lui pour une relocalisation de l’économie, en recréant des conditions économiques qui permettent une politique de type keynésien grâce à . À ce titre, il fait partie des qui prolongent et renouvellent l'altermondialisme..

Il est présent lors du congrès de fondation de l'organisation Révolution permanente en ..

Prises de positions Critique de l'Union européenne et réflexions sur la souveraineté économique et politique En 2014, dans son ouvrage La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique, aux éditions Les Liens qui libèrent, il soutient que les traités européens ont ôté aux États de la zone euro leur souveraineté économique en les privant de la maîtrise de la politique monétaire et en faisant passer leurs politiques budgétaires sous la surveillance des institutions européennes et des marchés financiers. L'Union européenne est devenue de ce fait . Selon Lordon, il n'existe pas de peuple européen, l'Union européenne ne saurait être transformée en profondeur car la souveraineté populaire ne peut s'y exercer, et la seule façon de retrouver la souveraineté populaire, serait de revenir aux États.

État d'urgence en France en 2015

Le , plusieurs intellectuels français publient dans Libération une tribune appelant à manifester le à Paris malgré l'interdiction. Ils notent que . Selon eux, . Parmi les signataires : Frédéric Lordon, Pierre Alferi, Hugues Jallon, Éric Hazan, Jacques Fradin, Ivan Segré, Nathalie Quintane, Serge Quadruppani, François Cusset..

Le , il signe l'Appel des 58 : ...

Réforme du code du travail et Nuit debout Au printemps 2016, Frédéric Lordon s’engage contre la réforme du Code du travail portée par la ministre Myriam El Khomri. Il intervient en lisant son texte dans un amphithéâtre de l'université Panthéon-Sorbonne et prend la parole lors de la première Nuit debout, place de la République à Paris. dont il est présenté comme le . ou le . En , il couvre (avec les auteurs Serge Quadruppani, Nathalie Quintane et Alain Damasio) pour le site d'informations Lundimatin le procès des auteurs présumés de l'incendie d'une voiture de police le à Paris en marge d'une contre-manifestation contre les violences policières.

Critique de l'anticomplotisme Dans un article de 2012, Frédéric Lordon écarte les explications psychologiques du conspirationnisme, estimant que celui-ci traduit la contradiction entre la volonté de savoir des classes dominées et leur absence d’accès aux moyens de savoir. Pour le philosophe Philippe Huneman, cette idée que le complotiste par manque d'accès au savoir ..

En 2015, il est l'auteur d'un article dans un dossier du Monde diplomatique consacré aux théories du complot. Il envisage l'adhésion à celles-ci comme la contrepartie d'un manque de transparence répandu. Selon lui, . Dans cet article, il déclare que le conspirationnisme .

Opposition à Emmanuel Macron Le , il est intervenant lors de la journée de rencontre « Tout le monde déteste le travail », une journée dont il est l'un des instigateurs au sein d'un collectif. Sur la thématique « penser le travail », il y fait une conférence où il évoque le salaire à vie théorisé par Bernard Friot Conférence de Lordon., ainsi que le problème de ..

Le , il débat avec l'économiste Bernard Friot au Centre Pierre-Mendès-France de l’Université Panthéon-Sorbonne, sur le sujet « En quoi la révolution est-elle encore d'actualité ? », alors que des étudiants protestent contre la loi Vidal dont ils contestent le mode de sélection concernant l'entrée à l'université. Lordon conseille aux étudiants de prendre conscience de leur force et préconise une convergence avec d'autres foyers de contestation, que ce soit dans les universités, les hôpitaux, à la SNCF, ou encore à La Poste...

Le , il participe à un « colloque intempestif » organisé à l'École normale supérieure pour débattre du Plan Étudiants.

Avec François Ruffin, entre autres, il organise le la manifestation « La fête à Macron » pour protester contre la politique du président de la République Emmanuel Macron. Il prend la parole et, visant le président, demande : ..

En , il reçoit une invitation à participer à l'Élysée à un « Grand débat avec le Président » en compagnie d'une centaine d'intellectuels. Il refuse, affirmant notamment au sujet du Grand débat national qui se déroule alors en France que , et il ajoute dans sa réponse au chef de l’État, Emmanuel Macron : .

Critique La position de Frédéric Lordon à propos du complotisme et de l'anticomplotisme, élaborée dans son article du monde diplomatique, est durement critiquée par Conspiracy Watch et Rudy Reichstadt qui déplore. : « un texte dont la fonction évidente est de sauver le conspirationnisme ». Les thèses qu'il défend dans son blog sont également critiquées par les mêmes sur leur site..