La collégiale Saint-Pierre-et-Saint-Gaudens est l'église principale de la ville de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). C'est un des édifices représentatifs de l'art roman dans cette région.

La collégiale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840..

Histoire Le lieu, hauteur dominant la plaine de la Garonne au sortir des Pyrénées, s'appelait le Petit Mas, ou Mas Saint-Pierre. Il a été habité bien avant l'ère chrétienne, ce que confirment les découvertes d'inscriptions et de marbres gallo-romains. Des lieux de cultes païens existaient à l'emplacement de la collégiale. C'est dans les troubles consécutifs aux invasions, vers le , qui dévastent la région des Convènes (le Comminges actuel), qu'on situe la légende de saint Gaudens.

Ce jeune berger fut sommé de renoncer à sa religion chrétienne par un parti de guerriers envahisseurs sous les ordres d'un général nommé Malet, refusa, et fut tué. La tradition populaire semble hésiter entre des Romains ou des Sarrasins, ennemis traditionnels de la foi chrétienne, mais historiquement les envahisseurs étaient plutôt des Wisigoths, adeptes de l'arianisme. À cette époque l'évêché de Lugdunum Convenarum (le futur Saint-Bertrand de Comminges) est détruit. L'évêque se réfugie alors au Mas, et on élève des lieux de culte chrétien. Une communauté religieuse se forme.

Une charte datée approximativement de 1059, signée de Bernard II, évêque, remet aux chanoines l'église Saint-Pierre-et-Saint-Gaudens, dont la construction vient d'être entreprise. Le nombre des chanoines est augmenté et le titre d'abbé est donné à un certain Fort, ou Fortin. À la fin du , avec le développement des pèlerinages de Compostelle, l'afflux des pèlerins honorant les reliques de saint Gaudens et de sa mère, sainte QuitterieCette Quitterie, mère de saint Gaudens, n'a rien à voir avec la sainte Quitterie honorée à Aire-sur-l'Adour. À remarquer toutefois la similitude des noms des deux villes : Aire-sur-Adour s'appelait Le Mas d'Aire, et Saint-Gaudens, Le Mas Saint-Pierre., enrichit considérablement la cité, située sur la via Tolosana.

Le chapitre entreprend donc de grands travaux destinés à élever un édifice ambitieux, à l'exemple de Saint-Sernin de Toulouse. Sur les bases de l'église de Bernard II, dont on conserve le gros œuvre, on commence à édifier les tribunes dans les deux premières travées du chœur. La voûte est surélevée. Des tailleurs de pierre venus d'Aragon et de Navarre sculptent les chapiteaux de la deuxième travée du chœur. Puis, les ressources s'épuisant rapidement, les programmes sont quelque peu modifiés. Entre 1180 et 1185, on édifie au sud de l'église un cloître.

Les conflits dus au catharisme amènent, outre les guerriers croisés, de nouveaux ordres religieux, dont les frères prêcheurs, dits Jacobins, et avec eux des styles architecturaux venus du Nord. Les chanoines construisent ainsi une salle capitulaire à l'angle nord du cloître.

L'évêché est revenu depuis l'évêque saint Bertrand de Comminges à Lugdunum, qui a pris son nom. Mais les évêques préfèrent séjourner à Saint-Gaudens ou dans leur palais épiscopal d'Alan, plutôt que dans ce lieu retiré. Toutefois, ils ne parviendront pas à faire transférer officiellement le siège de l'évêché. Lors des guerres de Religion, les troupes de Montgommery, le , détruisent l'intérieur de l'église et y mettent le feu. La toiture et le clocher sont détruits. La collégiale restera dans cet état, avec une toiture sommairement reconstruite, le clocher à la flèche octogonale vaguement consolidé, jusqu'en 1874.

À la Révolution, en 1791, l'église est désaffectée, vendue comme bien national. Le cloître est démoli pour servir de carrière de matériaux. L'église est rendue au culte en 1804.

La collégiale est restaurée progressivement à la fin du sous la direction de trois architectes, Laval, Laffolye et Louziers. La toiture à deux pentes est remplacée par un toit à décrochements suivant la nef et les bas-côtés. La base carrée du clocher est rehaussée pour lui donner son aspect actuel.

La collégiale Saint-Pierre-et-Saint-Gaudens fut entièrement rénovée de 2017 à 2019.

Le cloître Le cloître et la salle capitulaire ont été édifiés aux .

Sur la façade sud, était adossé le cloître, démoli en 1810. Des vestiges de la salle capitulaire et de la maison épiscopale subsistent dans le bâtiment voisin. Dans le mur de l'église on peut voir des remplois de pierres gallo-romaines.

Le cloître a été reconstitué en 1989 par des restaurateurs des Monuments historiques et d'historiens avec les chapiteaux authentiques ou de moulages d'œuvres qui sont aujourd'hui conservés dans des musées et chez des collectionneurs particuliers dans le monde entier. Les chapiteaux ont été remontés sur des colonnes en marbre de Saint-Béat.

Les chapiteaux de la galerie nord sont d'époque romane du . Les chapiteaux de la galerie est sont de style méridional du .

Architecture Extérieur L'église date du , elle était de plan basilical à trois nefs et couverte d'une charpente, une partie est encore présente aujourd'hui. Elle est agrandie surélevée et voûtée à la fin du et début du . L'actuel plan basilical est de type pyrénéen, il est dépourvu de transept, et a trois nefs parallèles menant sur trois absides. La corniche de l'abside et des deux absidioles est soutenue par de beaux modillons.

Le chevet et la façade latérale nord, ainsi que le clocher à l'ouest, sont parfaitement visibles depuis la place. Les murs portent la trace des multiples remaniements effectués. Le toit à décrochement montre la disposition intérieure de la nef centrale et ses bas-côtés. Jusqu'en 1867 une toiture à deux pentes reposait sur les murs gouttereaux rehaussés en brique, avec des espacements qui donnaient l'illusion d'une église fortifiée, avec des créneaux. Une tourelle en saillie abrite un escalier menant aux tribunes.

Le clocher Le clocher d'aspect roman et à toiture octogonale a été construit avec du calcaire gréseux. La partie basse date du et la partie haute du . Il fut démoli en 1804 à au-dessus de la toiture de l'église. Lors de sa restauration, on lui substitua un toit très plat, soutenu par une charpente à claire-voie sur deux côtés. La partie haute avec ses trois étages supérieurs et la flèche pyramidale furent élevées en 1874 par l'architecte Laffolye, la hauteur du clocher est alors de .

Portail Ouest L'entrée ouest à la base du clocher, très endommagée en 1569, a été refaite au . L'entrée est composée de quatre piliers, deux à droite et deux à gauche, chaque pilier est surmonté d'un chapiteau corinthien. Sur les deux premiers sont représentées des scènes avec des personnages humains, sur les seconds sont représentées des feuilles d’acanthe. Une frise végétale est sculptée tout autour de l'arc roman.

Au-dessus du portail, une frise horizontale de fleurs sur laquelle sont sculptés douze supports d'une corniche, sur chaque support est représenté un décor végétal différent, un ange, un animal, un couple d'oiseaux et des figures géométriques.

Portail Nord Le porche est de style gothique flamboyant, il a remplacé au le portail roman d'origine détruit lors des guerres de Religion, la façade nord est percée de quatre petites fenêtres en plein cintre. Il est flanqué de deux dais qui ne semblent jamais avoir abrité de statues. Il présente un arc brisé en accolade. Le tympan porte un chrisme du , sans doute provenant du portail primitif, taillé dans un bloc de marbre carré et présentant dans son décor les caractéristiques de la sculpture toulousaine.

Chevet Le chevet a lui aussi été fortement remanié. Il est surmonté d'une petite tour carrée sans utilité précise, dont les ouvertures et le décor ont été réalisés au .

Intérieur thumb|La nef La collégiale présente une nef à collatéraux, avec une longueur totale de , une largeur de , et une hauteur sous voûte de . La nef se compose de cinq travées inégales, sous une voûte en berceau sur doubleaux reposant sur des piles cruciformes, avec des colonnes entre les grandes arcades et vers la nef, et un pilastre vers les collatéraux, qui sont, eux, voûtés en quart de cercle. Le chœur possède deux travées inégales, à bas-côtés couverts de voûtes d'arêtes, surmontés de tribunes, l'abside et les deux absidioles ont une voûte en cul-de-four. Les chapiteaux historiés, œuvres des tailleurs de pierre aragonais et navarrais, sont parmi les plus beaux de la sculpture du premier âge roman. Très détériorés par l'incendie de 1569, ils ont subi des grattages et nettoyages trop radicaux au .

La nef est dépourvue de tribunes, les chanoines ayant dû y renoncer pour des raisons budgétaires.

Chapelle arrière - Lieu de prière Chapelle arrière - Crèche de Noël, Crèche dans le monde

À l'entrée de la chapelle se trouve la crèche de Noël de la ville de Saint-Gaudens, à l'intérieur des crèches du monde ont été installées en 2019, on peut y voir les crèches d'Amérique, d'Océanie, d'Europe, de France, d'Afrique et d'Asie.

Le chœur et l'abside L'abside est la partie la plus ancienne de l'édifice, elle date des , . La première restauration a été fait après le Concordat, au début du en style classique, une seconde restauration a été faite au milieu du en imitation de l'ancien, les décorations architecturales romane des fenêtres, des colonnettes et de la corniche ne sont pas d'origine.

Les peintures murales ont été faites par Dominique Denvelle et Lamothe Pierre vers 1860.

Le maître-autel est en bois sculpté. Devant ont été installées 4 bougies représentant les 4 dimanches de l'Avent. Au centre la Nativité est représentée par l'enfant Jésus.

Derrière l'autel, un Christ en croix sculpté en bois datant du , il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 2013.

Au milieu de l'abside sont représentés quatre saints, de gauche à droite : saint Benoît Labre, saint Étienne, saint Jean le Baptiste, saint Éxupère.

Sur la voûte du chœur sont représentés : au centre le Christ pantocrator assis sur un trône où coule la source d'eau vive qui donne la vie éternelle (Jn 4.13-14), au-dessus la main de Dieu bénit le Christ et les saints, à gauche saint Saturnin à genoux donnant la main à saint Pierre, à droite saint Bertrand à genoux donnant la main à saint Gaudens.

Sur l'arc sont représentés cinq médaillons, quatre d'entre eux représentent les bustes portraits des archanges saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël et saint Uriel, ils tiennent le globe terrestre surmonté d'une croix dans la main droite et une lance dans la main gauche. Au centre le médaillon représente un chrisme.

Derrière les médaillons est écrit le message en latin : "Salus Deo Nostro Qui Sedet Super Thronum" signifiant "Salut à notre Dieu qui est assis sur le trône".

Les stalles et autel latéral Les stalles datent du , six de chaque côté du chœur.

Côté droit du chœur, un autel latéral en bois où sont sculptés 6 des 12 apôtres : saint Jean l'Évangéliste, saint Matthieu, saint Barthélemy, saint Jacques le Majeur, saint Thomas et saint Philippe. Côté gauche du chœur, un autel latéral en bois où sont sculptés 6 des 12 apôtres : saint André, saint Jacques le Mineur, saint Simon le Zélote, saint Jude (appelé aussi Thaddée), saint Paul et saint Pierre.

Les chapiteaux corinthien Il y a 5 ensembles de chapiteaux romans, ils montrent l'évolution de la sculpture monumentale commingeoise du : bas-côtés des travées orientales, tribunes, nef, porche, cloître.

Les chapiteaux de la nef représentent des feuilles d’acanthe, des hommes, des monstres et animaux.

Orgue Sont classés au titre objet des monuments historiques :

L'orgue de tribune depuis 1972. La partie instrumentale de l'orgue depuis 1972. Le buffet d'orgue depuis 1980.

L'orgue de tribune a été créé par Dominique Cavaillé-Coll de 1829 à 1831, il remplace l'ancien instrument du endommagé. L'orgue a été restaurée en 1980 par Robert Chauvin.

L'actuel buffet d'orgue date d'avant 1662, il a été endommagé lors de la Révolution française.