Un côtes-de-gascogne est un vin français d'indication géographique protégée (IGP), remplaçant depuis 2009 le vin de pays des côtes de Gascogne, celui des côtes de Montestruc et des côtes du Condomois.
C'est l'une des IGP du vignoble du Sud-Ouest, produite sur le même territoire que l'armagnac, c'est-à-dire principalement dans le département du Gers, mais aussi des Landes et du Lot-et-Garonne. Les vins produits sont majoritairement des blancs, complétés par des rouges et des rosés.
Histoire Si la vigne est représentée sur les mosaïques de la villa gallo-romaine de Séviac. (près de Montréal-du-Gers), datant du Bas-Empire romain, rien ne permet de dater les débuts de la viticulture en Armagnac avant le Moyen Âge.
Vin de pays du Gers Le décret du donne naissance aux vins de pays en les distinguant des vins de table et en y ajoutant obligatoirement le nom du département, d'où l'apparition du « vin de pays du Gers »Décret 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin et portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du août 1905 sur la répression des fraudes en ce qui concerne les vins, publié au JORF du 15 septembre 1968 page 08801.. En 1973, un décret y rajoute quelques contraintes (notamment des rendements limités à 100 hl/ha)Décret du 29 novembre 1973 fixant les conditions de production des « vins de pays », publié au JORF du décembre 1973 page 12759..
Vin de pays des côtes de Gascogne Le nom de « vin de pays du Gers » est remplacé en 1974 par celui de « vin de pays des côtes de Gascogne », autorisé à être produit sur l'ensemble du département du GersArrêté du 29 juillet 1974 portant délimitation de la zone de production des vins de pays répondant aux exigences fixées par le décret 731067 du 29 novembre 1973, paragraphe « VIN DE PAYS DES COTES DE GASCOGNE », publié au JORF du 9 août 8397 et 8398.. Le syndicat des producteurs de vins des Côtes de Gascogne est créé le . ; le décret fournissant les conditions de production pour l'obtention de l'agrément « vins de pays des côtes de Gascogne » date du Décret du 25 janvier 1982 définissant les conditions de production des vins de pays des côtes de Gascogne, publié au JORF du 31 janvier 1982 numéro complémentaire page 1226., suivi de celui du vin de pays du comté Tolosan (s'étendant sur onze départements, dont le Gers)Décret du 6 avril 1982 définissant les conditions de production des vins de pays du comté Tolosan (départements de : l'Ariège, l'Aveyron, de la Haute-Garonne, du Gers, Des Landes, du Lot, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, du Tarn et du Tarn-et-Garonne), disponible sur le JORF du 10 avril 1982 page 53514., du vin de pays des côtes du Condomois (produit autour de la ville de Condom, dans le Nord-Ouest du Gers)Décret du 26 août 1982 sur les conditions de production des vins de pays des côtes du Condomois (Gers et Lot-et-Garonne), publié au JORF du septembre 1982 page 58111. et du vin de pays des côtes de Montestruc (produit autour du village de Montestruc-sur-Gers, dans le Nord du Gers)Décret du 26 août 1982 sur les conditions de production des vins de pays des côtes de Montestruc (Gers), publié au JORF du septembre 58111 et 58112..
À la suite de la forte baisse des ventes d'armagnac, de nombreuses exploitations spécialisées dans la fabrication du vin léger et de faible qualité destiné à être distillé pour l'élaboration de cette eau-de-vie ont cherché à se diversifier voir à se reconvertir dans la production de vin de pays des années 1970 à 2000.. Les exploitants ont alors soit utilisé leurs plants d'ugni blanc et de folle blanche (les cépages utilisés pour l'armagnac, très productifs mais peu aromatiques), soit arraché tout ou partie de leurs vignes pour replanter avec des cépages locaux plus expressifs (colombard et tannat) ou avec des cépages plus connus internationalement : sauvignon, merlot, cabernet sauvignon et dans une moindre mesure chardonnay..
IGP côtes-de-gascogne Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; le vin de pays des côtes de Gascogne devient donc le l'IGP , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du ., en compagnie de l'IGP départementale gers et de l'IGP régionale comté-tolosan. Le cahier des charges spécifique aux côtes-de-gascogne. a été homologué en relatif à l'indication géographique protégée « Côtes de Gascogne », publié au JORF du 9 novembre 2011, page 18834., avec notamment une reconnaissance des vins blancs issus de raisins surmûris (à la demande du syndicat des producteurs)Avis relatif à l'ouverture d'une procédure nationale d'opposition pour la demande de modification du cahier des charges relatif à l'indication géographique protégée « Côtes de Gascogne », publié au JORF du 28 avril 2011 page 7451, disponible en ligne.. Le cahier des charges a été modifié en (mention de l'acidité volatile), publié au JORF du . et en (actualisation de la liste des communes ; ajout de six cépages), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
En 2013, deux tiers de la surface du vignoble armagnacais () étaient consacrés à la production des vins des côtes de Gascogne., mais la production d'IGP est concurrencée par celles des vins sans indication géographique (VSIG, les anciens vins de table) encore moins contraignante (on n'impose pas aux VSIG de limite de rendement)...
Vignoble Aire de production
vignette|alt=Rangs de ceps de vigne palissés sur des fils de fer tendus entre des piquets de bois. Aurore en arrière-plan. |Vignoble à Castelnau-d'Auzan en novembre. L'aire autorisée à produire l'IGP côtes-de-gascogne s'étend sur trois départements., principalement sur celui du Gers, dont toutes les communes sont autorisées à produire du côtes-de-gascogne.. Presque deux tiers des vignes, soit . (en 2011, le Gers comptait au total de vignes, dont en Appellation d'origine contrôlée)., y sont consacrées à la production de côtes-de-gascogne, mais les surfaces de ce département consacrées à la viticulture sont presque uniquement sur sa moitié occidentale, notamment les cantons de Cazaubon, de Condom, d'Eauze, de Fleurance, de Jegun, de Lectoure, de Montesquiou, de Montréal, de Nogaro, de Riscle, de Plaisance, d'Aignan, de Valence-sur-Baïse et de Vic-Fezensac.
Les Landes et le Lot-et-Garonne sont les deux autres départements producteurs, mais seulement sur leurs zones frontalières avec le Gers, sur une aire de production un peu plus restreinte que celle de l'armagnac. Dans les Landes, les suivantes sont concernées : Aire-sur-l'Adour, Arthez-d'Armagnac, Betbezer-d'Armagnac, Bourdalat, Castandet, Cazères-sur-l'Adour, Créon-d'Armagnac, Escalans, Le Frêche, Gabarret, Hontanx, Labastide-d'Armagnac, Lacquy, Lagrange, Lussagnet, Mauvezin-d'Armagnac, Montégut, Parleboscq, Perquie, Sainte-Foy, Saint-Gein, Saint-Julien-d'Armagnac, Saint-Justin, Le Vignau et Villeneuve-de-Marsan.
En Lot-et-Garonne, il s'agit de : Andiran, Fieux, Francescas, Fréchou, Lannes, Lasserre, Mézin, Moncrabeau, Nérac, Poudenas, Réaup-Lisse, Sainte-Maure-de-Peyriac, Saint-Pé-Saint-Simon et Sos.
Géologie et orographie L'aire de production du vin des côtes de Gascogne comporte trois zones géographiques avec des caractéristiques géologiques différentes : le Bas-Armagnac, la Condomois et le Haut-Armagnac. Les trois sont implantés sur le cône de déjection de Lannemezan, cône formé des débris (argiles, sables et galets) arrachés par l'érosion aux Pyrénées.. L'ensemble est très vallonné, les vallées presque parallèles présentant un profil dissymétrique caractéristique de la Gascogne : le versant de rive droite, exposé aux vents d'ouest, est court et abrupt, tandis que le versant gauche est relativement long et en pente douce..
Le Bas-Armagnac ou « Armagnac noir » car un peu boisé, se situe à l'ouest de l'Armagnac, à cheval sur l'Ouest du Gers (autour de Nogaro et d'Eauze) et le Sud-Est des Landes (près de Villeneuve-de-Marsan). Le relief y est constitué de coteaux aux pentes faibles découpés par les vallées de la Douze et du Midou (ou Midour) qui coulent vers le nord-ouest (pour se jeter dans l'Adour). Le sous-sol est composé de formations de la fin du Tertiaire, avec en sommet quelques lambeaux de glaise bigarrée du Tortonien (Miocène supérieur) recouvrant la principale formation dite des sables fauves, c'est-à-dire des sables argileux (kaolinite), ferrugineux, roux à orangés et très micacés du Serravallien (Miocène moyen) formant une épaisse couche (jusqu'à La puissance atteinte par les sables fauves au forage de Lacquy 1 (pour la recherche pétrolière) est de , où la formation est presque complète car protégée par les glaises bigarrées. Source : de la .). Le sol qui en résulte est argilo-sableux, localement appelé boulbène. Quant aux pentes des coteaux, elles sont formées de molasses, qui sont des argiles plus ou moins carbonatées ou sableuses datant du Chattien au Burdigalien (Oligo-Miocène). Les terrasses fluviales (du Riss) et les fonds de vallée (de l'Holocène) ne sont pas plantés de vignes. On peut aussi se référer à la notice de la carte du BRGM ...
Le Condomois ou « Ténarèze » s'étend à cheval sur le Nord du Gers (autour de Condom) et le sud du Lot-et-Garonne. Le paysage est découpé par les vallées de la Gélise, de l'Auzoue, de l'Osse, de la Baïse et de l'Auvignon, qui coulent vers le nord (pour se jeter dans la Garonne). Les hauteurs entre ces vallées sont constituées de formations argilo-calcaires (successions de marnes et de bancs de calcaire terreux avec des lentilles sableuses) dites de Gondrin et de Herret datant du Burdigalien (Miocène inférieur), parfois surmontés de dépôts mêlés de débris calcaires. Ce sous-sol donne des sols variés, argilo-calcaires peu profond de rendzine (appelé localement les « peyrusquets ») ou plus épais (les « terreforts »), ou vers l'ouest argilo-sableux (les « boulbènes »). Les versants des coteaux sont formés de molasses donnant des sols argileux avec galets. On peut aussi consulter la notice de la carte du BRGM 927 (Montréal-du-Gers), disponible sur le site infoterre.brgm.fr..
Le Haut-Armagnac est à l'est de la zone de production, il est dit « Armagnac blanc » à cause des collines composées de calcaires marneux, surmontés de boulbènes très argileuses avec des galets (sols difficiles à travailler, proche des terreforts)., les versants des coteaux étant surtout composés de molasses..
Climatologie
La Gascogne bénéficie d'un climat océanique (les précipitations sont réparties toute l'année). avec des influences méditerranéennes (l'hiver reste doux, l'été est chaud avec des orages violents) et continentales (baisse des précipitations vers l'est). Le vent d'ouest apporte de l'humidité, le vent d'est (vent d'autan) de la chaleur. Les nuances climatiques sont marquées dans l'aire de production entre la partie occidentale (le Bas-Armagnac) qui est plus humide et la partie orientale (Condomois et Haut-Armagnac) qui est plus sèche.
La station météo de Mont-de-Marsan (à d'altitude) se trouve en bordure occidentale de la zone de production (à proximité du Bas-Armagnac). Ses valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :