Jean Bosco , dit don Bosco, né le à Castelnuovo d'Asti (Piémont-Sardaigne) et mort le à Turin (Italie), est un prêtre piémontais puis italien.
Il a voué sa vie à l'éducation des jeunes enfants issus de milieux défavorisés et a fondé, en 1859, la congrégation des Salésiens. L'Église catholique l'a canonisé le sous le nom de saint Jean Bosco. Il est fêté le selon le Martyrologe romain et selon le calendrier anglican. C'est le saint patron des éditeurs, des éducateurs, des apprentis et des prestidigitateurs.
Biographie Enfance thumb|left|210px|La ferme familiale aux Becchi. Jean Bosco est né le aux Becchi, un hameau de petites fermes près de Castelnuovo d'Asti (maintenant Castelnuovo Don Bosco), au Piémont. Ses parents sont des paysans pauvres et sa mère (Marguerite Occhiena, reconnue vénérable depuis 2006) devint veuve avec trois enfants en 1817.
Par son caractère et ses qualités intellectuelles, il avait une grande influence sur les enfants de son âge, qu'il entraînait avec lui vers les divertissements et la prière. Doté d'une mémoire extraordinaire et d'une intelligence hors du commun, il s’ingéniait à répéter à ses amis les sermons qu'il avait entendus à l'église. Ce sont là les premiers signes de sa vocation apostolique. Sa mission sacerdotale fut extraordinairement féconde.
Formation et ordination Sa famille étant très pauvre, il fit ses études avec l'aide de bienfaiteurs et avec l'argent qu'il a gagné en travaillant, comme serveur dans un café ou comme palefrenier. Pendant ses études, il en a profité pour apprendre les différents métiers de ceux qui le logeaient. C'est ainsi qu'il fut tour à tour apprenti cordonnier, apprenti forgeron, apprenti menuisier. Sans le savoir, il se préparait à fonder différentes écoles de métiers à l'intention de ses futurs élèves. Ordonné prêtre en , il se consacra aux jeunes pauvres et abandonnés des quartiers populaires de Turin, notamment aux jeunes ouvriers. On l'appelle « Don Bosco ».
Ému par les misères matérielles et spirituelles de cette jeunesse abandonnée, il décida de les réunir tous les dimanches, pour les instruire et les éduquer, tout en leur procurant des divertissements. Plusieurs de ces jeunes étaient errants, sans ressource ni famille. Beaucoup d'entre eux avaient connu la prison, souvent accusés d'avoir volé pour pouvoir se nourrir.
L'abbé Joseph Cafasso (1811-1860, canonisé en 1947), qui fut son ancien professeur de théologie morale et son conseiller spirituel au début de sa carrière sacerdotale, aussi aumônier des prisons de Turin, l'avait sensibilisé à cette dure réalité. Les premières fois que Don Bosco eut un contact des jeunes pour les aider, ce fut comme sa rencontre avec le jeune Barthelemy Garelli, le . C'est au cours de cette rencontre, que Don Bosco a perçu l'appel de toute la jeunesse abandonnée.
Par ailleurs, ces jeunes étaient devenus farouches et agressifs et comprenaient mal l'intérêt qu'un prêtre pouvait leur porter, eux qui étaient abandonnés, désillusionnés et rejetés de partout. Aussi leurs premières réactions furent parfois des injures. Certains citoyens bien-pensants soupçonnaient aussi Don Bosco de rassembler des jeunes délinquants et désœuvrés pour fomenter des manifestations et des désordres, voire des révolutions.
Aussi, à la demande des citoyens et des autorités de la ville de Turin, fut-il expulsé de bien des endroits avec ses jeunes jugés bruyants et dérangeants avant de pouvoir s'établir définitivement dans le quartier de Valdocco, en banlieue de Turin. Deux chanoines, dont l'histoire a retenu les noms, Don Nasi et Don Alsoneti, pensèrent même que ses projets étaient la manifestation de la folie des grandeurs et tentèrent de le faire interner dans un asile de malades mentaux, appelé à l'époque « maison de santé ».
La perception de la population et des autorités de la ville changea rapidement à la suite du dévouement que déployèrent plusieurs de ces jeunes , dirigés par Don Bosco au cours de l'épidémie de choléra qui sévit à Turin dans les années 1854-1855. Miraculeusement, aucun de ces jeunes infirmiers ne fut contaminé. Il devint alors évident qu'il fallait prendre au sérieux les activités de Don Bosco et des jeunes garçons qu'il accueillait. Il est mondialement connu de nos jours pour avoir aidé à réhabiliter des délinquants, parfois même très endurcis.
Des récits marquants de sa vie à ce sujet sont rapportés par Charles d'Espiney (1821-1894) dans son ouvrage intitulé "Don Bosco".
Établissement de l'oratoire Saint-François-de-Sales Sans autre ressource que son ardent désir d'aider cette jeunesse, confrontée à un profond sentiment de désespérance, de lui redonner l'estime de soi, de prendre conscience de son potentiel, de la possibilité pour eux de s'insérer dans la société et d'y jouer un rôle, il ouvrit un refuge avec l'aide de sa mère, Marguerite Occhiena, dite Maman Marguerite (reconnue vénérable depuis 2006), celle-ci ayant accepté de l'accompagner à Turin, pour l'aider à offrir le toit et le couvert aux plus déshérités. thumb|upright 0.7|Jean Bosco à Turin vers 1865. Ce furent les débuts de l'Oratoire Saint-François-de-Sales, dans le Valdocco, dont les activités s'élargiront sans cesse : cours du soir en 1844, foyer d'apprentis en 1847, école secondaire, camps de vacances (1848) et cours professionnels. Don Bosco rédigea aussi plusieurs manuels scolaires à l'intention de ses jeunes élèves. Il publia enfin une revue mensuelle, les Lectures catholiques, dont le tirage atteignit exemplaires, chiffre énorme pour l'époque (1853). Les retombées et l'influence des idées diffusées dans ces publications furent telles que certains adversaires frustrés attentèrent à sa vie, Don Bosco en fait état dans ses Mémoires, avec l'apparition d'un énorme chien gris, « le Grigio », surgissant mystérieusement, on ne sut jamais d'où, mais toujours au bon moment, doux et patient avec les enfants de son patronage, mais féroce envers les agresseurs.
Don Bosco développa l'idée, assez nouvelle pour l'époque, que l'éducation intellectuelle et professionnelle permet d'empêcher la délinquance. Pour cela, l'éducateur doit être ferme avec les jeunes, tout en étant bienveillant et en leur faisant confiance, en attendant de chacun le meilleur (amorevolezza en italien). À ce titre, Don Bosco figure parmi les grands éducateurs et pédagogues du Jean Bosco est évoqué par Philippe Meirieu dans Pédagogie, le devoir de résister, ESF, 2008..
Les Salésiens et les Salésiennes thumb|upright|Armoiries des Salésiens de saint Jean Bosco. Pour assurer le développement de son action, il s'entoura de prêtres éducateurs avec lesquels il fonda, le , la Société de saint François de Sales, dont les membres sont appelés « Salésiens ». Leur mission est l'éducation des enfants défavorisés. La Société de saint François de Sales fut approuvée en 1869 par Pie IX.
En 1872, avec Marie-Dominique Mazzarello, Jean Bosco fonda l'institut des Filles de Marie Auxiliatrice (ou Salésiennes). En 1876, il a fait approuver une manière de tiers-ordre, la Pieuse Union des coopérateurs salésiens.
Il est fondateur de maisons d'accueil pour étudiants, de foyers pour jeunes ouvriers et de séminaires pour vocations tardives. Son activité au service de la jeunesse des milieux populaires, les résultats qu'il obtient auprès d'elle dans les divers domaines de la formation générale, professionnelle, religieuse et ses recherches pédagogiques, sont bientôt connus à travers l'Europe, où les fondations d'instituts se multiplient.
Influence thumb|180px|Statue de Don Bosco à Taïwan. Don Bosco a œuvré dans le nord de l'Italie, région profondément anticléricale à l'époque. Victor-Emmanuel II avait pour ambition d'unifier et de donner une véritable indépendance politique à l'Italie morcelée en diverses principautés et royaumes alliés (pour ne pas dire vassaux) de l'empire d'Autriche, possession de la très catholique maison de Habsbourg-Lorraine. Pour ce faire, le roi de Sardaigne devait non seulement annexer les différents états Italiens (dont les souverains étaient ses parents liés par la même politique cléricale et conservatrice) mais aussi annexer les États pontificaux sur lesquels les papes régnaient depuis plus de mille ans. Pourtant, Don Bosco réussit à maintenir de bonnes relations à la fois auprès du pape Pie IX, des dirigeants politiques, entre autres le marquis Michele Benso de Cavour, père de Camillo Cavour, le roi Victor-Emmanuel II, et le premier ministre du royaume d'Italie, Urbano Rattazzi, qui s'était pourtant attaqué aux privilèges des congrégations religieuses.
Reçu en audience par le roi, Don Bosco lui aurait prédit que s'il ne mettait pas un terme à sa politique anticléricale, il serait frappé par deux fois dans les affections qui lui étaient le plus chères. En effet, la reine-mère et la reine moururent en à quelques jours d'intervalle.
Rattazzi fut même l'un de ceux qui suggérèrent à Don Bosco de fonder l'ordre des Salésiens, pour continuer son œuvre, dont il reconnaissait l'utilité et la nécessité, et pour laquelle il avait beaucoup de considération. Il lui a d'ailleurs suggéré une formule juridique pour le statut des membres de sa congrégation pour que les gouvernements anticléricaux ne s'y opposent pas : .
Cette formule confère aux Salésiens le statut de citoyens aux yeux de l'État et de religieux aux yeux de l'Église, le vœu de pauvreté des Salésiens est différent de celui qui est prononcé dans d'autres ordres religieux. Les Salésiens ne font pas vœu de pauvreté proprement dit, mais s'engagent à laisser l'usufruit des biens qu'ils pourraient posséder à la société salésienne. Ils conservent la liberté de tester (Droit : déclarer par un acte ce que l’on veut qui soit exécuté après sa mort).
Ces modalités particulières du vœu de pauvreté des Salésiens entérinent les suggestions du ministre Rattazzi qui s'était attaqué aux privilèges des congrégations religieuses en Italie notamment en raison de la mainmorte. Les membres des congrégations religieuses n'avaient pas d'enfant et ne pouvaient posséder personnellement des biens qu'ils transmettaient à des héritiers. Lors du décès d'un religieux, ses biens étaient dévolus à la congrégation qui pouvait ainsi les accumuler indéfiniment, sans rendre de compte.
Don Bosco a su s'entourer de personnes compétentes et dévouées, provenant de toutes les couches de la société. Il a aussi assuré la relève nécessaire à la pérennité de son œuvre en formant, en instruisant et entraînant à cette fin les jeunes disciples les plus prometteurs qu'il avait accueillis. Une grande partie des premiers Salésiens sont des jeunes que Don Bosco avait accueillis en sa maison. Ainsi, l'abbé Michel Rua (depuis proclamé bienheureux) qui fut son premier successeur, l'abbé Jean Cagliero qui partit en 1875 pour établir les premières missions salésiennes en Amérique du Sud, avant de devenir cardinal en 1915, et Joseph Buzzetti qui fréquenta l'oratoire dès l'âge de dix ans et s'y dévoua pendant toute sa vie dans les fonctions les plus diverses, illustrent bien ce fait. Don Bosco a été aussi l'un des premiers à concevoir des contrats de travail pour protéger les droits et la santé des jeunes dont il s'occupait et qui étaient souvent exploités par les industries et le monde de la construction. Il est ainsi devenu un des précurseurs du droit et des normes du travail. Au début de la révolution industrielle, Turin était une ville en plein développement, avec les problèmes sociaux que cela comportait. thumb|La basilique Don Bosco près de Castelnuovo Don Bosco, dans le nord de l'Italie. Une partie de la population de cette région lui a attribué des miracles, le don de lire dans les consciences et de prédire l'avenir, ce qui expliquerait en partie sa popularité.