Le barrage de Vouglans est un barrage hydroélectrique de type voûte, situé sur la rivière de l'Ain, dans le département du Jura, en France. Sa mise en service en 1968 est à l'origine du lac de Vouglans, troisième plus grande retenue artificielle d'eau de France de par sa capacité (). L’édification du barrage a employé plus de pendant , tandis que sa mise en eau a duré plus de .

Par ses dimensions et le volume d'eau qu'il retient, le barrage de Vouglans est concerné par un plan particulier d'intervention (PPI) dans le cas d'un accident majeur pouvant mener à sa rupture et provoquer ainsi une vague de submersion.

Un reportage diffusé le met en cause la sûreté du barrage de Vouglans et pointe le risque de rupture du barrage. La vague de submersion induite par une rupture brutale s'étendrait dans toute la vallée de l'Ain en aval, ainsi que le long du Rhône jusqu'en Provence. Elle toucherait plusieurs centrales nucléaires, notamment celle du Bugey, avec un risque d'accident du type Fukushima.

Depuis la mise en place du plan Vigipirate à la suite des attentats du 11 septembre 2001« Des visites exceptionnelles du barrage de Vouglans », leprogres.fr du 15 juin 2016, consulté le 23 septembre 2018., le barrage de Vouglans ne peut plus être visité, à l’instar de beaucoup d’autres installations hydroélectriques.

Lancement du projet de construction du barrage Dans une France où le besoin d'énergie électrique se fait pressant et où le nucléaire civil n'est encore qu'une perspective lointaine, l'équipement de la rivière de l'Ain offre une belle opportunité ainsi que la possibilité de réguler un cours d’eau capricieux dont le débit au niveau de Pont-de-Poitte (en amont de la retenue actuelle) pouvait monter à alors que sa moyenne annuelle n'était que de . Cette irrégularité de débit aggravait sensiblement les crues du Rhône.

Dès 1956, le site actuel est retenu à cause de la configuration des lieux, et parce que la population de vivant dans le futur territoire inondé était considérée comme relativement faible. Il s’agit d’une gorge encaissée constituée de roches solides, censées permettre un bon ancrage et une étanchéité convenable. La décision fut toutefois prise à l’insu des habitants, pour n’être rendue publique qu'au printemps 1957..

Le , le dossier de la construction du barrage relatif à la déclaration d'utilité publique est mis à la disposition des habitants dans les mairies des communes concernées pour une période de dix jours.. La conjonction d'une période où la contestation de ce genre de projet n'était pas encore de mise, de la faible population directement affectée, et du court délai alloué aux éventuels opposants fit que la déclaration d'utilité publique fut signée dès .

Déboisement Les nombreux arbres de la vallée ont été coupés jusqu'à d'altitude et le bois évacué vers les scieries de la région et la papeterie de Bellegarde-sur-Valserine..

Pont de la Pyle

Avant la construction du barrage, deux ponts permettaient de franchir la rivière : le pont de Brillat et le pont de la Pyle. Ces deux ouvrages devant être largement submergés par la retenue, leur remplacement était indispensable. Le site du pont de la Pyle, plus encaissé, permettait un pont plus court () et la proximité des deux anciens ouvrages rendait superflue une reconstruction sur les deux sites. C'est donc un nouveau pont de la Pyle qui fut construit. La route entre Lons-le-Saunier et Saint-Claude empruntant le nouvel ouvrage est nettement plus facile et rapide puisqu'il n'y a plus besoin de descendre au fond de la vallée..

Chartreuse de Vaucluse

Il se dit que la Chartreuse de Vaucluse, à l'abandon depuis la Révolution, et déjà largement en ruine, ne fut pas totalement détruite avant sa submersion, seuls les toits subsistants étant démontés, et trois petits bâtiments démontés puis reconstruits à Chavia.. En fait, presque tous les murs restants ont été dynamités avant la mise en eauUne photo en page 69 du livre "La vallée de l'Ain" cité en référence montre des bâtiments largement éventrés..

Villages submergés Bien que peu peuplée, la vallée submergée comportait quelques hameaux et villages (Brillat, Bourget et Généria) dont les quelque ont dû quitter leurs maisons avant qu'elles ne soient détruites. Les destructions ont commencé en 1963 et les derniers réfractaires ont été chassés par en .

Construction du barrage Les travaux commencèrent par le forage en rive droite d'un tunnel de dérivation de de long, contournant le futur barrage. D'une section de il pouvait évacuer . Deux batardeaux permirent alors de détourner la rivière dans le tunnel et d'assécher l'emplacement du barrage. Dans le même temps des fouilles sont réalisées sur chaque rive pour assurer l'ancrage du barrage dans la roche et éliminer les risques de fuites par des failles présentes dans la roche. La maçonnerie s'encastre dans le roc de .

L'emplacement de l'usine de turbinage est également creusé dans la roche ainsi que les galeries d'arrivée d'eau et le canal de fuite..

En 1962-1963, une cité nouvelle est édifiée à Vouglans pour loger les ouvriers et cadres du barrage. Elle est composée de préfabriquées pour les familles, de dortoirs pouvant accueillir , d'une cantine pour , d'une école, d'une salle de spectacle d'un centre médico-social et d'une maison des cultes.

Le coulage du béton du barrage, proprement dit, commence en 1963. Il dure et consomme de béton et de ferraillage. Le béton est coulé en verticaux de de large adossés à d'extrémité.

Une route donnant accès à la vallée en amont du barrage traversait le bas de l'ouvrage. Elle ne fut fermée qu'en 1967 juste avant la mise en eau.

Mise en eau Lac de Vouglans

La mise en eau commença le . et atteignit la fin 1968. Après une année de surveillance du barrage, à cette cote, le remplissage final à la fut obtenu juste avant Noël en 1969Présentation de l’ouvrage hydroélectrique de Vouglans , page 10 : « Mise en eau : de juin 1969 à décembre 1969 », EDF UP Est hydraulique, 10 décembre 2013..

Reflet dans la littérature et à la télévision Le déplacement des de la vallée inspira à l'écrivain André Besson son roman à succès Le Village englouti. Lors d'une visite sur place en 1968, alors que le barrage finissait de se remplir, il fut touché par les regrets d'une femme pleurant sa ferme maintenant engloutie. Le roman, publié en 1973, fut transformé par Louis Grospierre en un feuilleton de qui furent diffusés à la fin de l'été 1976 sur TF1.

Un thème similaire avait également été traité dans un film de 1958, L'Eau vive.

Exploitation L’exploitation est régie par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques (LEMA)loi 2006 1772 consulté le 25 mai 2019., elle implique notamment les services de l’état, EDF et les acteurs locaux (tourisme, pêcheurs).

Surveillance en exploitation Depuis sa construction, il est auscultéJournée Technique du CFBR : Barrage de Vouglans. Auscultation et comportement ... Comportement de l'ouvrage, EDF, consulté le 28 mai 2019. et surveillé journellement notamment grâce à de galeries..

Production d’électricité L'usine hydroélectrique est logée dans une salle creusée dans le calcaire de de long, de large et de haut, dont la voûte est bétonnée par sécurité.. Deux ponts roulants de permettent la manutention. Elle contient quatre turbines Francis entraînant des alternateurs de . Le est réversible et peut servir en heures creuses à remonter de l'eau déjà turbinée dans la retenue, selon le système du pompage-turbinage.

La pleine puissance de de l’usine peut être atteinte en , c’est une réserve de puissance rapidement disponible pour participer au soutien du réseau en cas brusques fluctuations de la demande en électricitéVouglans, retenue de France : Un rôle majeur pour la sécurité du réseau d’électricité... rapidement mobilisable pour répondre aux brusques fluctuations de la demande en électricité, sur edf.fr..

La production annuelle d’électricité de la centrale de Vouglans est d’environ , ce qui correspond à un peu plus d’un mois et demi à pleine puissance.

Tourisme Le vaste plan d'eau s'étendant sur de vallée a été aménagé pour le tourisme. Trois zones ont été prévues et développées. : Surchauffant : Placée juste en amont du pont de la Pyle. Le programme initial très ambitieux a été fortement réduit avec la disparition des hôtels, des lotissements et du centre commercial envisagés. Il comporte actuellement un port, une plageBarrage de Vouglans: comment rendre la plage moins dangereuse, sur leprogres.fr du , consulté le ., un camping-caravaning et deux restaurants ; Bellecin : une plagePlage de Bellecin (Lac de Vouglans), sur jura-tourism.com, consulté le 21 avril 2019. ; La Mercantine : Avec un port, une plagePlage de la Mercantine (lac de Vouglans), sur jura-tourism.com, consulté le 21 avril 2019., un camping et un Village Vacances FamillesVVF Villages Lac de Vouglans, vvf-villages.fr, consulté le 28 mai 2019..

Les aménagements touristiques autour du lac sont gérés par la Régie départementale de Chalain-Vouglans« Audit de la Régie Départementale de Chalain Vouglans », Séance du Conseil général du 4 juillet 2014, consulté le 28 mai 2019..

Outre les installations « historiques », le port de la Saisse est créé en 2004 à l'extrémité amont du lac à Pont-de-Poitte..

Fresque monumentale vignette|redresse|Cordistes nettoyant le barrage pour réaliser une fresque. vignette|redresse|Vue depuis la rive gauche du début des travaux. vignette|redresse|Les cordistes en situation. vignette|redresse|Fresque sur le barrage de Vouglans à mi-travaux.

En , une équipe de six cordistes a réalisé une fresque sur la face aval du barrage. Le dessin, inspiré par la forêt jurassienne, est tracé sur la paroi en nettoyant au nettoyeur à haute pression les lichens ayant colonisé le béton depuis la construction. Après avoir tracé sur le barrage des points de couleur déterminant les zones à nettoyer les cordistes descendant depuis le couronnement du barrage nettoient les zones devant apparaitre plus claires. L'artiste créateur est l'Allemand Klaus DauvenPanneaux apposés par EDF devant le belvédère donnant sur le barrage. Le chantier est soutenu par EDF et par le fabricant de nettoyeurs haute-pression Kärcher dans le cadre d'un mécénat durant depuis 2005. Les supports de communication d'EDF (panneaux sur le site et site internet) datent la fresque du 6 au mais les pluies diluviennes à cette période ont contraint l'équipe à renoncer pour revenir à l’automne.

La fresque, réalisée uniquement avec de l'eau sous pression sans ajouts de produits chimiques devrait s'estomper progressivement pour disparaitre d'ici 2025 ou 2026.

L'inauguration de la fresque a eu lieu le vendredi .

Gestion concertée des ressources en eau La présence de ces trois unités touristiques oblige le gestionnaire du barrage (EDF) à maintenir, en été, un niveau suffisant dans le lac pour que les ports et les plages restent accessibles. Par exemple, du au , le niveau d’eau était maintenu à une cote comprise entre  NGF.

Par contre, dès septembre, des lâchers d'eau importants peuvent avoir lieu pour soutenir la production électrique de l’usine au pied du barrage, des six autres ouvrages de la vallée de l’Ain., et des usines hydroélectriques situées à l’aval de Lyon, dans le cadre d’un soutien d’étiage du Rhône.. En cas de fort besoin, le niveau du lac peut baisser jusqu’à 1 m par jour.

L’abaissement du niveau du lac de Vouglans a aussi pour but de libérer de la capacité afin de pouvoir amortir les crues d’automne.

Plan particulier d'intervention applicable Comme tous les de France de plus de vingt mètres et avec un réservoir d’une capacité égale ou supérieure à quinze millions de mètres cubes, le barrage de Vouglans fait aussi l’objet d’un plan particulier d’intervention (PPI).

Vague ou onde de submersion