(en latin Lupus) est un noble du , et duc d'Aquitaine au milieu des années 670. Il est considéré comme le premier duc d'Aquitaine historiquement attesté et comme un acteur majeur de l'autonomie régionale face au pouvoir franc dans le sud-ouest de la Gaule. Son rôle sur la Vasconie et l'Aquitaine méridionale souligne la complexité politique et ethnique de la région au haut Moyen Âge..

Contexte historique Au , l'Aquitaine est un ancien territoire wisigothique conquis par à la suite de la bataille de Vouillé (507). Dans la seconde moitié du siècle, la région échappe largement au contrôle effectif des rois Mérovingiens.

Le territoire concerné correspond approximativement à l'ancienne Aquitaine romaine : au sud de la Loire, à l'ouest du Rhône et jusqu'aux Pyrénées. Il englobe une large partie de la Vasconie. Les ducs d'Aquitaine disposent d'un pouvoir étendu, que certains historiens ont parfois qualifié de quasi royal. Les ducs d'Aquitaine, titre sous lequel est reconnu, pouvaient être appelés par certains historiens « rois » en raison de leur pouvoir considérable dans la région. Le dernier duc avant la conquête carolingienne fut Waïfre.

Origines du duché Les origines du duché d'Aquitaine au sont incertaines. Un certain Félix est parfois présenté comme premier duc ou patrice, mais il n'apparaît que dans le manuscrit de Bruxelles du recueil des « Miracles de saint Martial » de Limoges et non dans d'autres sources contemporaines. Ce Félix pourrait correspondre à un évêque de Limoges du même nom, et sa mention dans le manuscrit est probablement une confusion entre l'anthroponymie épiscopale locale et l'histoire politique. Dans d'autres recensions du texte, Félix est complètement absent, et Loup apparaît directement comme le premier duc connu.

Biographie Sources historiques Loup est principalement connu pour ses rapports avec le pouvoir franc et son influence dans le sud-ouest de la Gaule, notamment sur la Vasconie et l'Aquitaine méridionale. Loup est attesté dans plusieurs sources :

le concile de Saint-Pierre de Granon (vers 673-675), dont les actes mentionnent que la réunion s'est tenue « sous les auspices de l'illustre duc Loup », convoqué par Childéric II, alors roi des Francs.'« illustre duc Loup » comme garant de l'ordre dans la région, sous l'autorité du roi Childéric II ; la Vie de saint Julien de Lescar et la Vie de Lambert (Lambert de Fontenelle), hagiographies mentionnant Loup ; l'Historia Wambae Regis (fin du ) de l'évêque Julien II de Tolède, qui pourrait mentionner Loup comme allié du roi wisigoth Wamba (672-680 ). Il mentionne par ailleurs un dux franc attaquant Béziers lors de la révolte de Paul en 673 ; l'identification de ce duc avec Loup relève d'hypothèses discutées. les Miracles de saint Martial de Limoges, où il apparaît dans le récit du premier miracle du .

Selon Bellarbre, les informations concernant Loup reposent sur un dossier documentaire lacunaire. Une part importante de la tradition le concernant provient de sources hagiographiques, notamment le premier recueil des Miracles de saint Martial de Limoges, écrits principalement au et conservés dans des manuscrits du (Bruxelles et Paris) et dont l'exploitation pose un problème pour la reconstitution des débuts du pouvoir ducal en Aquitaine au . Il souligne que, si un certain Loup est attesté comme dux dans les années 670, les reconstructions chronologiques précises et les titres ultérieurement attribués reposent sur des interprétations historiographiques discutées, dans un contexte marqué par ce qu'il qualifie d'« oubli des origines » du premier duché aquitain.

Loup et la Vasconie Le duché d'Aquitaine sous Loup incluait des territoires méridionaux englobant une partie de la Vasconie, qui correspond approximativement à l'Aquitaine actuelle au sud de la Garonne. Les sources franques de l'époque sont muettes sur l'expansion exacte de l'Aquitaine sous Loup, mais il est probable que son influence ait couvert la région entre la Dordogne et les Pyrénées. La mention de la Vasconie dans le manuscrit de Bruxelles place Loup comme détenteur de la souveraineté sur le peuple vascon, désigné comme « exécrable » par le texte hagiographique.

Selon les Miracles de saint Martial, Loup est présenté comme un fidèle de Félix et associé aux conflits autour de Léger d'Autun et du maire du palais Ébroïn. Cette tradition rapporte notamment une expédition dirigée depuis Toulouse vers le nord et une tentative contre Limoges, ainsi qu'une blessure grave laissant incertain son destin ultérieur ; ces éléments doivent être replacés dans le cadre d'une source hagiographique. Il exerçait l'autorité sur les cités environnantes et sur la « mauvaise nation des Vascons ». Le texte indique que Loup est reconnu par les habitants et rassemble autour de lui des groupes de fugitifs. Il aurait ensuite constitué une armée et envisagé d'affronter le roi des Francs.

.

Pour Bellarbre, une partie de l'historiographie a présenté Loup comme duc d'Aquitaine, voire comme duc de Vasconie. Les études récentes invitent toutefois à distinguer ce que permettent d'établir les sources contemporaines et ce qui relève de constructions postérieures : l'existence d'un « duché de Vasconie » constitué au et l'attribution assurée de ce titre à Loup ne font pas l'objet d'un consensus.

Origine de Loup Selon Bellarbre, Loup pourrait ne pas être originaire d'Aquitaine. Certaines sources suggèrent qu'il possédait des terres dans l'Orléanais et qu'il aurait été nommé duc par le pouvoir mérovingien pour gouverner la région méridionale et y défendre les intérêts francs, notamment face aux Vascons. D'autres historiens, comme Michel Rouche, supposent qu'il était natif du pays et incarnait l'autorité locale.

Les données relatives à l'ascendance et à la descendance de Loup sont incertaines. Les propositions généalogiques reposent principalement sur des rapprochements onomastiques et des reconstructions historiographiques, sans documentation continue permettant d'établir des filiations certaines pour le .

Un autre duc nommé Loup est mentionné en 769, allié d' ; l'existence d'un lien de parenté avec Loup n'est pas démontrée. Les tentatives d'établir une filiation entre les deux s'appuient notamment sur la charte d'Alaon, document reconnu comme un faux fabriqué au .

Mort Vers 675-676, Loup se révolta contre l'autorité franque, probablement à la suite de l'assassinat du roi Childéric II. La révolte se concentra sur Limoges, où, selon les Miracles de saint Martial, il fut poignardé par un habitant nommé Proculus. Selon Bellarbre, la véracité de cet épisode est douteuse et relève probablement d'un développement hagiographique pour glorifier saint Martial. Après Loup , l'Aquitaine continua son expansion et passa sous la domination d'autres ducs, notamment Eudes d'Aquitaine au début du . Les vingt-cinq années séparant Loup et Eudes restent largement dans l'ombre, faute de sources fiables.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi Articles connexes Liste des comtes et ducs de Gascogne Liste des ducs d'Aquitaine

Liens externes

Catégorie:Personnalité française du VIIe siècle Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Maison de Gascogne Catégorie:Duc d'Aquitaine au haut Moyen Âge Catégorie:Duc de Gascogne Catégorie:Noblesse du duché de Vasconie