Le traité de Troyes est un traité signé le à Troyes entre et , faisant du premier l'héritier légitime du second.
Il marque l'apogée de la suprématie anglaise lors de la guerre de Cent Ans, faisant suite à la conquête de la Normandie et à plusieurs victoires anglaises, notamment celle d'Azincourt en 1415.
Permise par l'alliance des Anglais avec les Bourguignons, la ratification de ce traité ouvre une nouvelle phase de la guerre civile française, entre les partisans de la double monarchie franco-anglaise et ceux du dauphin Charles, qui perdure jusqu'en 1435, date de sa résolution par le traité d'Arras.
Historique vignette|gauche| et Isabeau de Bavière durant le traité de Troyes. Chroniques de Jean Froissart, British Library, Harley 4380, 40, 1470-1472. vignette|Mariage de et de Catherine de Valois, fille de de France. British Library, Jean Chartier, Chronique de , vers 1490, Royal 20 E. vi, 9.
Signé le dans la cathédrale Saint-PierreAuguste Vallet de Viriville, Histoire de , roi de France, et de son époque, 1403-1461, Vve J. Renouard, 1862, 217.. à Troyes, il prévoit que le roi de France, , aura pour successeur après sa mort, son gendre, le roi d'Angleterre .
Ce traité est avant tout l'œuvre du duc , dit Philippe le Bon. C'est son chancelier Jean de Thoisy qui le conçoit et le négocie. Philippe le Bon exerce alors la régence pour qui, du fait de sa maladie, ne dirige plus directement le pays depuis 1392. Philippe de Bourgogne et d'Angleterre forment à cette occasion une alliance contre le dauphin Charles, futur .
En effet, la légitimité à succéder du « soi-disant dauphin » est niée dans le traité, en raison de ses « crimes énormes ». On lui reproche essentiellement d'avoir commandité l'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur, père de Philippe le Bon, le , sur le pont de Montereau. Les rumeurs concernant une illégitimité liée à une infidélité de la reine Isabeau de Bavière furent colportées par les Bourguignons, mais une telle affirmation ne pouvait être inscrite sans heurter le roi de France.
Charles, réfugié à Bourges, voit ainsi ses prétentions à la Couronne remises en cause, mais conserve de fait le gouvernement du Sud de la France. Les signataires du traité prévoient par ailleurs le mariage d' avec Catherine de Valois, fille de et de la reine Isabeau. Henri aspire, à ce titre, à être le seul héritier de la couronne de France et prend immédiatement la tête de la régence. Mort, léguera donc sa couronne à son gendre, puis, éventuellement, à un petit-fils à naître. Le mariage d'Henri et de Catherine est célébré le , jour de la Trinité, dans l'église Saint-Jean-du-Marché de TroyesAmédée Aufauvre, Les Tablettes historiques de Troyes depuis les temps anciens jusqu'à l', Éditeur Bouquot, 1858, 29...
Le , fait une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi et du duc Philippe le Bon. L'université de Paris, avec à sa tête le recteur Pierre Cauchon, et les états généraux de langue d'oïl lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes.
Le , meurt, peu avant , le suivant. Le fils d', âgé de dix mois, est ainsi proclamé « roi de France et d'Angleterre » (il devient d'Angleterre, et, hypothétiquement, de France). Le duc de Bedford assure dès lors la régence en France, et met le siège devant Orléans, la dernière ville au nord de la Loire fidèle à , le .
Par la suite, les victoires du parti de avec l'aide de Jeanne d'Arc (bataille de Patay et chevauchée vers Reims), rendent caduc le traité de Troyes, par ailleurs cassé par les juristes fidèles à la maison de Valois, arguant, d'une part, que la couronne de France n'appartient pas au roi de France, qui ne pouvait donc en disposer et que, d'autre part, la succession au trône de France est liée à l'application de la loi salique, qui interdit aux filles de transmettre des droits à la couronne. Cependant, les rois d'Angleterre, bien que ne possédant de facto aucun pouvoir au royaume de France, conservent officiellement le titre de roi de France pendant près de quatre siècles, avant que Georges III ne l'abandonne en 1801, lorsque la Grande-Bretagne s'unit avec l'Irlande.
Extrait
Postérité du traité de Troyes Ironie historique, , bénéficiaire (involontaire) du traité de Troyes, se retrouvera plus tard dans la position de , contraint par l'Acte d'Accord de déshériter son propre fils de la couronne d'Angleterre en 1460 durant la guerre des Deux-Roses.
Accords anglo-français Le traité de Picquigny en 1475 qui met officiellement fin à la guerre de Cent Ans après la bataille de Castillon en 1453 Un en 1564 où restitue officiellement le port du Havre aux Français contre paiement d'une compensation de
Postérité littéraire La pièce de Shakespeare (1599) se termine avec l'adoption du traité de Troyes durant l'.
Commémorations historiques
Les fêtes johanniques et commémoration du cinquième centenaire du passage de Jeanne d'Arc à Troyes (1919-1929) Une exposition Troyes 1420, Un Roi pour deux couronnes célèbre les du Traité à l'hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes, du au Troyes 1420 Arnaud Baudin et Valérie Toureille en sont les commissaires scientifiques, sont présentées dans cette exposition, elles sont prêtées par et particuliers. Ce travail donne lieu à la publication d'un catalogue : Troyes 1420 : un roi pour deux couronnes, Snoeck, « Histoire et patrimoine », 2020, 407
Notes et références
Voir aussi Sources primaires .
Bibliographie
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Articles connexes
Guerre de Cent Ans
Jean de Lancastre Traité d'Amiens (1423) Traité d'Arras (1435)
Royaume de Bourges Double monarchie franco-anglaise
Liens externes
Copie en français du traité de Troyes dans le Grand Cartulaire de la Ville (fin -fin ), Département de l'Aube, Direction des Archives et du patrimoine
Troyes Troyes Troyes Catégorie:Traité de paix signé en France Catégorie:Maison de Valois Catégorie:Maison de Lancastre Catégorie:Histoire de l'Angleterre médiévale Catégorie:Mai 1420 Catégorie:Histoire de Troyes Catégorie:1420 en Europe Catégorie:Henri V (roi d'Angleterre) Catégorie:Charles VI (roi de France)