Les forces aériennes stratégiques (FAS) françaises sont créées le et sont chargées de l'emploi des armes nucléaires dans l'Armée de l'air et de l'espace française.
Elles sont l'une des trois composantes de la force de dissuasion nucléaire française avec la force océanique stratégique (FOST) qui met en œuvre les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et la force aéronavale nucléaire (FANU) qui sont chargées de l'emploi des armes nucléaires de la Marine nationale.
Historique vignette|gauche|Le Mirage IVP codé CI de l'escadron de bombardement 1/91 Gascogne. et dernier Mirage IV construit, il été reçu par l'Armée de l'air en janvier 1968.. vignette|Mirage 2000N de l'escadron de chasse 2/4 La Fayette en 2006. thumb|Dassault Rafale B de l'escadron de chasse 1/91 Gascogne, en 2009.
Elles sont historiquement les premières forces sur lesquelles repose la dissuasion nucléaire française. La première prise d'alerte d'un bombardier armé de la bombe AN-11 et d'un avion ravitailleur est effectuée le : cette date marque le début de la permanence opérationnelle de la Force de dissuasion nucléaire française.. Entre 1958 et 1961 la construction du porte-avions Verdun est envisagée, pour déployer des bombardiers nucléaires en mer.
En est confirmée la volonté d'établir une base de lancement de missiles « sol-sol balistiques stratégiques » (SSBS), sous le commandement de la Force aérienne stratégique. C'est sur le plateau d'Albion qu'est construite la base aérienne 200 Apt-Saint-Christol équipée de silos souterrains de lancement de ces missiles, base opérationnelle le , jusqu'à son démantèlement le .
Au printemps 1966, avec de dotés de la bombe AN-11, l'ensemble de la de la force de dissuasion est réalisée. Le remplacement de l'AN-11 par la bombe AN-22 a commencé en 1967. En 1973, elle comprend répartis sur neuf bases du territoire métropolitain français.
Le retrait du Mirage IV, prévu en 1976 a été repoussé à 1985. Alors que les Mirage IV de reconnaissance dotés du pod CT52 auraient dû être les seuls à rester en service, en le ministère de la Défense français prend la décision de transformer quinze Mirage IV 'A' en Mirage IV 'P' (pour Pénétration) capables d'emporter le missile Aérospatiale ASMP, destiné à remplacer l'AN-22, et dont le contrat de développement est signé en . Le Mirage IVP est opérationnel à partir de , le dernier avion étant livré en 1987. En 1988, la mission de bombardement nucléaire est confiée au nouveau Mirage 2000N. Le , les seize Mirage IVP restants abandonnent leur mission nucléaire.
Depuis les années 1990, les avions des FAS interviennent également en OPEX pour des missions de combat conventionnelles.
La version Mirage 2000N spécialisée dans la frappe nucléaire emporte le missile ASMP (Mirage 2000 NK1 et NK2). En 2010 les Mirage 2000 NK3 sont équipés du missile Air-sol moyenne portée amélioré ASMP-A.
L'escadron de chasse 1/91 Gascogne doté de Rafale B au standard F3 destiné à la frappe nucléaire, a été créé le et a pris pour la première fois l'alerte nucléaire dans un exercice le , équipée du nouveau missile ASMP-A.
Avec le retrait des Mirage 2000N le , les FAS passent au tout Rafale.
Organisation De 1963 jusqu'en 2011, le commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS) est situé à la base de Taverny sous la forêt de Montmorency qui accueille la même année le centre d’opérations des forces aériennes stratégiques (COFAS). Le PC Gypse est alors construit à sous la terre, avec un abri antiatomique destiné au pouvoir exécutif en cas de guerre nucléaire ; ce PC est opérationnel en 1967..
En , la base aérienne de Taverny est dissoute : toutes ses unités sont transférées. L'état-major des FAS est déplacé à la base aérienne 107 de Villacoublay. Une activité résiduelle avec un centre d'opérations est maintenue à Taverny avec quelques dizaines de personnes. Le centre d'opérations principal est transféré à la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun située près de Lyon.
Au cours du printemps 2020, il est décidé le retour de l'état-major en 2024, soit une centaine de personnes à la base aérienne 921 de Taverny. Cela est effectif le https://www.opex360.com/2024/09/05/dissuasion-dissoute-en-2011-la-base-aerienne-921-freres-mahe-a-ete-reactivee-a-taverny/.
Avant , le Commandement des Forces aériennes stratégiques (CFAS) comprend :
un état-major à la base aérienne 107 de Villacoublay, un centre d’opérations (COFAS) situé à la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun (COFAS de dévolution sur la base aérienne 921 de Taverny) qui assure « le suivi permanent des moyens, la capacité de réaliser une montée en puissance immédiate de ces moyens, la planification et la conduite des missions ».
En 1968, au plus fort de la dotation, soixante-deux Mirage IV (dont neuf en alerte opérationnelle pouvant être engagé[s] dans les et le reste dans l'heure.Puis 15 min, de 1964 à 1990) forment l'ossature de trois escadres de bombardement (les 91e, 93e et 94e Escadre de bombardement) représentant neuf escadrons de bombardement (EB) et un centre d'instruction.
l'EB 1/91 « Gascogne » créé le dans la BA 118 à Mont-de-Marsan ; l'EB 2/94 « Marne » le de la BA 113 à Saint-Dizier ; l'EB 2/91 « Bretagne » le Dissous en juillet 1996, à la BA 120 à Cazaux ; l'EB 3/91 « Beauvaisis » le de la BA 110 à Creil ; l'EB 3/93 « Sambre » le à la BA 103 à Cambrai ; l'EB 2/93 « Cévennes » le Puis 3/91 « Cévennes »Dissous en 1983 à la BA 115 à Orange ; l'EB 1/93 « Guyenne » le Renommé en EB 1/94 le 30 juin 1976 et transféré à la BA 702 sur la BA 125 à Istres ; l'EB 1/94 « Bourbonnais » le Dissous le 30 juin 1976 sur la BA 702 à Avord ; l'EB 3/94 « Arbois » le de la BA 116 à Luxeuil ; le Centre d'instruction des Forces aériennes stratégiques (CIFAS) 328 créé le de la BA 106 à Bordeaux-Mérignac.
S'y adjoignent douze avions ravitailleurs Boeing C-135F (dont trois en alerte opérationnelle), organisés en trois escadrons (ERV), créés en 1964 :
l'ERV 4/91 « Landes » créé le à la BA 118 à Mont-de-Marsan ; l'ERV 4/93 « Aunis » le Puis ERV 4/94 « Bretagne » dans la BA 125 à Istres ; l'ERV 4/94 « Sologne » le à la BA 702 à Avord.
S'y ajoutent :
le de missiles stratégiques ( GMS) créé en avril 1967 sur la Base aérienne 200 d'Apt Saint-Cristol (Plateau d'Albion)Transformée et renommée le 16 juin 1999 en Quartier Maréchal Kœnig, abritant le étranger de génie ( REG) et la station de veille par satellite GRAVES de la DGSE jusqu'à son démantèlement en 1999.
Ne dépendant pas de la FAS, plusieurs installations ont été utilisées par celle-ci : le Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) en Polynésie française, créé , comprenant : un QG à Papeete, la BA 185 avancée à Hao ( au nord-ouest de Moruroa), créée le Dissoute le 30 juin 2000, le polygone de tir de Moruroa, le polygone de tir de Fangataufa.
En 2008, les des FAS entrés en service en 1988 sont stationnés à la base aérienne 116 Luxeuil-Saint Sauveur et la base aérienne 125 Istres-Le tubé. vignette|300px|Rafale B de l'escadron "Gascogne" & ASMPA.
En 2014, deux escadrons nucléaires équipés de quarante-trois avions composent les FAS et sont servis par : l'escadron de chasse 1/4 Gascogne de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson équipé de 20 ; l'escadron de chasse 2/4 La Fayette à la base aérienne 125 de Istres équipé de 23
Ils font partie de la 4e escadre de chasse recréée le .
En , les Mirage 2000N sont retirés du service et les deux escadrons équipés de Rafale regroupés à Saint-Dizier. En 2019, ils comptent quarante-huit Rafale B dont environ vingt-cinq sont aptes au vol immédiatement. La moitié de ces derniers est employée pour réaliser les missions opérationnelles et l’autre moitié, au maintien en condition opérationnelle des équipages.
Entre 1988 et 2018, douze Mirage 2000N ont été perdus sur un total de soixante-quinze appareils..
Les FAS comprennent également la escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique ( EARTS) exploitant quatorze et basée à Istres, en 2018. Seulement 4% de leur activité est effectuée pour la FAShttps://www.asafrance.fr/images/dossier_force-de-dissuasion-nucleaire_asaf_aout-2019_v2.pdf ; ces appareils seront remplacés progressivement par quinze Airbus A330 MRTT « Phénix » entre 2018 et 2028.., dont 12 déjà en service en 2024. Un C-135F () a été perdu, s'étant écrasé le au cours de la campagne des essais nucléaires français entrainant la mort des six membres d'équipage..
Le renouvellement des ravitailleurs permettra aux FAS d'avoir une capacité de frappe mondiale. En 2019, il est prévu qu'en 2023, elle pourra parcourir avec vingt Rafale et dix MRTT en , tout en emportant le fret et le personnel pour soutenir le rythme d’une campagne aérienne.
Depuis le , les FAS ont gagné un escadron supplémentaire : il s'agit de l'Escadron de transport 3/60 Esterel stationné à la base aérienne 110 de Creil. Cette unité rejoint la Base aérienne 125 d'Istres en 2023, dans la Escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégiques.
Dépôts d'armes nucléaires vignette|gauche|Maquette à l'échelle de l'ASMPA. Lors du retrait du service, entre 1986 et 1989, des équipant le bombardier , une nouvelle génération d'armes aéroportées appelée « missile ASMP » est mise en service. Ces armes sont maintenues en condition opérationnelle et stockées dans les Dépôts ateliers munitions spéciales (DAMS), sites très protégés sur les bases aériennes à vocation nucléaire.
À compter de 2010, le missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP-A) de nouvelle génération est destiné aux FAS de l'Armée de l'air et à la Force aéronavale nucléaire (FANu) de la Marine nationale. Il est porteur de la nouvelle tête nucléaire aéroportée (TNA) d'une puissance estimée à 300 kt.
À partir de fin 2008 et jusqu'en 2012, les dépôts sont réorganisés et perdent leur nom à l'occasion de l'arrivée du missile ASMP-A pour être rebaptisés « Dépôts vecteurs ASMPA » (DVA). Sur les cinq DAMS alors existants, trois sont rénovés (Istres, Saint-Dizier et Avord) et les deux autres fermés. Le DAMS de Mont-De-Marsan (1er DAMS à avoir pris l'alerte nucléaire en 1964) fut dissous le 30/06/2011. Jusqu'alors, les vecteurs et têtes nucléaires étaient stockés ensemble dans les DAMS ; désormais, seul le vecteur est stocké dans le DVA et est confié à l'escadron lors de la mise en œuvre, alors que les têtes nucléaires sont entreposées dans un bâtiment séparé, dans une zone spécialisée et très protégée.
Bases aériennes stratégiques En 2025, trois bases aériennes sont qualifiées de stratégiques par l'Armée de l'air. : la base aérienne 113 de Saint-Dizier, la base aérienne 125 d'Istres, la base aérienne 702 d'Avord.
La base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur sera réhabilitée (elle a joué ce rôle jusqu'en 2011) en vue de l'accueil de deux nouveaux escadrons de bombardement stratégique qui seront créés. Les travaux (1,4 milliards d'euros) débuteront en 2027. En 2035 elle sera la première base à accueillir la version F5 du Rafale et son nouveau missile ASN4G.
Entraînement Pour maintenir leur niveau opérationnel, les forces aériennes stratégiques françaises conduisent chaque année des exercices de prise d'alerte et de raid aérien. Ces entraînements sont constitués de deux grandes opérations : « Banco » et « Poker ».