vignette|droite|upright=1.25|La butte du Lion et la rotonde du Panorama de la bataille de Waterloo. La campagne de Belgique de 1815 (ou campagne de Waterloo) est la dernière des guerres napoléoniennes et marque la fin définitive de l'ère de . Cette campagne oppose la France à la Septième Coalition formée en réaction au retour au pouvoir de Napoléon. Celui-ci entre en Belgique, alors partie du royaume uni des Pays-Bas, en espérant remporter un succès décisif sur les Britanniques, les Prussiens et leurs alliés qui lui permettrait de se maintenir sur le trône. Après des succès initiaux, son armée est mise en déroute le quatrième jour à la bataille de Waterloo le ; le corps de Grouchy, détaché pour une manœuvre latérale contre les Prussiens, ne regagne le territoire français que le . La France est de nouveau envahie, ce qui entraîne l'abdication définitive de Napoléon, la prise de Paris par les coalisés le et la Seconde Restauration.

Contexte

Au début de l'année 1815, l'Europe a sa première période de paix complète depuis l'année 1805. En effet, les coalisés, vainqueurs de Napoléon en 1814, se sont réunis à Vienne et sont en train de refaire la carte de l'Europe tandis que Napoléon est exilé à l'île d'Elbe. Les négociations, entre les souverains de l'Europe à Vienne, traînent depuis la fin de l'année 1814 mais ils sont sur le point de trouver une entente mutuelle quand Napoléon débarque le à Golfe Juan sur la côte française.

La Septième Coalition Immédiatement après le débarquement, les souverains de l'Europe tout entière se coalisent contre la France : les des armées russes passent le Niémen en , les marchent vers le Rhin et l'Italie. L'armée anglaise de Wellington et l'armée prussienne de Blücher () se réunissent avec de nombreux alliés de la Confédération germanique, qui seront répartis dans l'armée anglo-hollandaise de Wellington (), en Belgique au printemps 1815. Les coalisés disposent de . Napoléon parvient à lever une armée de mais son armée du Nord n'en compte que , les autres hommes en garnison gardant les places fortes, les camps retranchés ou étant placés aux frontières, notamment à l'est où se concentrent Russes, Autrichiens et Piémontais et au sud Portugais et Espagnols. Afin d'éviter la concentration des armées coalisées et l'invasion de la France, le Napoléon part de Paris pour se mettre à la tête de ses armées, et commencer la campagne.

Les plans des coalisés Le , les puissances réunies à Vienne déclarent Napoléon « ennemi public » et commencent leurs préparatifs de guerre. Le duc de Wellington reçoit le commandement d'une armée comprenant les forces du Royaume-Uni, du royaume uni des Pays-Bas (dessiné par le congrès de Vienne et comprenant l'ancien royaume de Hollande, la Belgique et le Luxembourg), et de plusieurs principautés d'Allemagne du Nord, royaume de Hanovre, Nassau et Brunswick. Wellington aurait d'abord voulu intégrer le contingent prussien sous son commandement mais dans le plan général de défense conclu le , la Prusse obtient une armée indépendante sous les ordres de Blücher.. Le jeune Guillaume d'Orange, prince héritier des Pays-Bas, reçoit le commandement des forces néerlandaises ; il propose aussitôt à Louis XVIII, réfugié à Gand, de l'emmener combattre en France, offre qui crée une certaine perplexité chez les Alliés. Les Pays-Bas ont peu de troupes professionnelles sur pied, hormis une « brigade indienne » de , commandée par le général Anthing et qui était sur le point de partir en garnison aux Indes orientales néerlandaises ; elle est aussitôt dirigée vers Maastricht. Avec la levée de supplémentaires, le royaume dispose d'un contingent appréciable. Des canonnières sont disposées sur la Meuse et l'Escaut et les forteresses d'Anvers, Maastricht et Venlo reçoivent des approvisionnements pour un long siège : les Alliés savent que leur possession peut être vitale si la guerre se prolonge..

L'armée du Rhin inférieur, sous commandement prussien, se rassemble en Rhénanie et doit compter au total dont 4 des 7 corps de l'armée prussienne. Elle comprend des unités hétérogènes et de valeur très inégale : la conscription donne beaucoup de jeunes recrues inexpérimentées qui se révéleront sujets à la panique, des unités peu entraînées de la Landwehr considérés comme assez médiocres, tandis que les corps de volontaires venus de toute l'Allemagne montrent une tendance à l'indiscipline. Cependant, l'état-major et le corps des officiers, ainsi que la cavalerie légère, ont tiré profit de l'expérience des campagnes de 1813 et de 1814 et ont un haut degré de professionnalisme.. Les petits contingents confédérés d'Allemagne du Nord, venus du grand-duché de Hesse et des principautés de Saxe-Weimar, Anhalt, Lippe, Waldeck et Oldenbourg, sont commandés par le Prussien Kleist von Nollendorf, totalisent sur le papier mais ne dépasseront pas en réalité, avec un niveau d'entraînement et d'équipement généralement faible..

Le , jour où l'armée du Nord de Napoléon quitte Paris pour marcher vers la frontière belge, les forces coalisées se répartissent ainsi : Armée des Alliés (Wellington) Corps néerlandais (Guillaume d'Orange) autour de Braine-le-Comte et Nivelles Corps britannique et alliés (Hill) autour de Grammont et Ath Cavalerie autour de Grammont Réserve et quartier général autour de Bruxelles Armée prussienne (Blücher) (Zieten) à Charleroi, Fontaine-l’Évêque, Fleurus et Onoz (Pirch I) autour de Namur (Johann von Thielmann) autour de Ciney (Bülow) autour de Liège Corps d'Allemagne Kleist autour de Trèves Armée russe, en marche vers le Rhin Armée autrichienne d'Allemagne () à Fribourg-en-Brisgau (Hohenzollern) autour d'Emmendingen et Offenbourg (Guillaume de Wurtemberg) autour de Schwetzingen et Kehl (Carl Philipp von Wrede) autour de Mannheim Réserve de l'archiduc Ferdinand à Cannstatt Armée autrichienne d'Italie Corps de dans le Valais Corps de Ferdinand von Bubna entre Turin et le col du Mont-CenisGuillaume de Vaudoncourt, La Campagne de 1815, livre I, Paris, 1846, ..

Le plan de Napoléon En France, Napoléon entre triomphalement à Paris à la fin du mois de , réorganise l'armée et apprend que le roi Louis XVIII s'est réfugié en Belgique, qui est le point de concentration des armées ennemies capables d'envahir la France le plus rapidement possible.

Napoléon décide de se diriger vers Charleroi pour vaincre les Prussiens puis l'armée anglaise stationnée plus au nord-ouest, et ensuite d'en finir avec les Autrichiens et les Russes de l'autre côté du Rhin.

Le corps de bataille de l'Empereur est constitué par l'Armée du Nord. Il décide de donner le titre de major général de l'armée à Soult, de confier le commandement de l'aile droite à Grouchy, qui a été promu maréchal d'Empire après le retour de Napoléon, de donner le commandement de l'aile gauche à Ney, son intention étant d'attaquer l'ennemi par surprise le en envahissant la Belgique alors que les coalisés ne l'attendaient qu'en Napoléon empereur des Belges, Éditions J. M. COLLET.

Déroulement alt=plan représentant les mouvement des différents corps d'armée.|centré|vignette

Le jeudi 15 juin thumb|right|Cavalerie hollando-belge pendant la campagne de 1815, d'après Richard Knötel. Le , Napoléon envahit la Belgique avec et surprend ainsi Wellington et Blücher. À la fin de la journée, Charleroi a été pris et la route de Charleroi est aussi prise. La première bataille se déroule à Gilly qui oppose l'armée française commandée par Napoléon à l'arrière-garde de l'armée prussienne composée d'environ , sous les ordres du général von Ziethen. Au cours de ce combat, le général Letort, commandant des dragons de la Garde impériale et aide de camp de Napoléon, poursuit l'infanterie prussienne en la sabrant, enfonce deux carrés d'infanterie et détruit un régiment entier. Il est cependant mortellement blessé par balle au bas-ventre. Napoléon observe du haut d'un vieux moulin la bataille engagée dans les bois de Soleilmont entre les Prussiens et les Français du général Letort.

Ney est arrivé en début de matinée et a pris le commandement de l'aile gauche. Napoléon prépare le plan du lendemain dans le cadre duquel il affrontera, avec le gros de l'armée et l'aile droite de Grouchy, Blücher à Ligny tandis que Ney attaquera les Quatre-Bras.

Le vendredi 16 juin

Le , Ney avance sur les Quatre-Bras, mais les troupes Hollandaises présentes parviennent à tenir jusqu'à ce que, progressivement, d'autres unités et Wellington les rejoignent. Au terme des combats de la journée, aucun des deux adversaires n'a clairement pris l'avantage. Pendant ce temps, Blücher est battu à Ligny par le gros des forces de Napoléon ; il se replie pendant la nuit en lançant une contre-attaque pour couvrir sa retraite. Le corps de d'Erlon, pris entre les instructions contradictoires de Napoléon et de Ney, reste pratiquement inutilisé entre les deux champs de bataille..

Le samedi 17 juin Pendant la nuit du 16 au 17, les Prussiens se retirent vers le Nord se coupant ainsi volontairement de leur base d'opérations situé à Liège à l'est. Seuls les fuyards et les deserteurs de la bataille de Ligny s'avancent vers l'est.. Au matin du , Wellington se replie en bon ordre vers le mont Saint-Jean qu'il a repéré à l'avance comme une bonne position défensive. Napoléon organise la poursuite de l'armée anglo-hollandaise de Wellington qui reste son principal objectif. Il donne le commandement complet de l'aile droite à Grouchy et lui indique de poursuivre les Prussiens et d'empêcher leur jonction avec les Britanniques. Grouchy dispose, pour réussir cet objectif, de 108 canons et de . Cependant, Grouchy ne reçoit l'ordre de se mettre en route que vers midi et reste longtemps incertain sur la direction à suivre car il ignore si Blücher se replie vers Liège pour attendre des renforts ou s'il veut faire sa jonction avec Wellington sur la route de Bruxelles. Ce n'est que dans la nuit et au matin du 18 qu'il est certain que les Prussiens sont à Wavre..

Durant toute l'après-midi, sous l'orage, Napoléon poursuit l'armée de Wellington. Vers 18h00, il est arrêté par l'artillerie anglo-hollandaise et passe la nuit à la ferme du Caillou, pensant apparemment que Wellington continuera sa retraite le 18.

Celui-ci, au contraire, se prépare à affronter Napoléon pour autant que les prussiens puissent lui fournir un corps d'armée en soutien. Dans la nuit, Blücher lui répond qu'il viendra avec toute son armée. Les prussiens se mettent progressivement en marche dès 04h00 du matin pour venir appuyer les anglo-hollandais à Mont Saint-Jean - mais ce mouvement passe totalement inapperçu dans le camp français.

Le dimanche 18 juin

thumb|right|Blücher et le Duc de Wellington à la veille de la bataille de Waterloo par Robert Alexander Hillingford. Le , Napoléon constate que Wellington a maintenu ses positions et prend position en face du mont Saint-Jean, avec une supériorité numérique sur l'armée anglo-hollandaise en canons, en infanterie et en cavaliers. La ferme de la Haie-Sainte et le château d'Hougoumont sont occupées par des unités de l'armée de Wellington. Napoléon décide de prendre ces positions et de lancer l'attaque ensuite. Les attaques contre la Haie-Sainte ne vont servir à rien (Hougoumont ne sera jamais pris) et Napoléon décide de lancer la première attaque d'infanterie avant que la Haie-Sainte ne soit prise. Cette décision fera perdre de l'élan à ses attaques car elles se feront tirer sur les flancs pendant les attaques.

Pendant que Napoléon prépare une deuxième attaque d'infanterie pour prendre le mont Saint-Jean, Ney prend l'initiative de lancer une charge de cavalerie importante pour prendre le mont Saint-Jean. Il va échouer car les Anglais ont eu le temps de se former en carrés et repoussent la charge.